Le dernier volet de la guerre Amazon – Hachette

Posté le 18/09/2014 à 22h49. Modifié il y a 3 ans 0 mois 1 jours

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Actu, Politique et Société

Amazon et Hachette sont en guerre, et parfois on a l’impression que ça été toujours été ainsi.

Comme outil de pression dans sa bataille contre Hachette, qui concerne le prix des ebooks, Amazon incite ses clients à ne pas acheter la version papier de l’éditeur Hachette. Après avoir été lésée par cette querelle six mois durant, il faut rappeler qu’Amazon est l’un des plus gros vendeurs de livres en ligne, plusieurs auteurs publiant chez l’éditeur Hachette sont en colère et ont peur pour leur revenue. Alors cette semaine, ils essaient une nouvelle tactique afin de pouvoir vivre du fruit de leur travail.

L’union des auteurs, un groupe d’écrivains Hachette et leurs alliés, on interpellés directement Amazon. Ils mettent en garde les cadres dirigeants des conséquences, pour leur société et pour les directeurs eux-mêmes, que pourrait avoir la poursuite de cette querelle.

“Les tentatives de censures de livres ont une longue et triste histoire”, publiait le groupe d’auteurs sur leur site internet. « Voulez-vous vraiment faire partie de cette histoire ? »

Amazon prend très au sérieux sa réputation. Dans le sondage Harris sur la réputation des entreprises, il gagne cette année encore l’une des places d’honneur. Mais, cette place prestigieuse prend du plomb dans l’aile chaque jour de plus que le combat avec Hachette continue. L’accueil désastreux du nouveau mobile d’Amazon aux États-Unis, où il a été obligé de baisser le prix à 99 centimes (avec abonnement), participe aussi à cette baisse de la réputation de l’entreprise.

Dans la suite de leur lettre, les auteurs avertissent Amazon que le mécontentement pourrait se propager à d’autres auteurs autres que ceux publiés par Hachette.

« Depuis sa création, Amazon s’est construit progressivement une très bonne réputation de marque, mais si c’est comme cela qu’Amazon traite la communauté littéraire, combien de temps la compagnie pourra maintenir cette réputation ? »

Parmi le comité de direction d’Amazon se trouve Patricia Q. Stonesifer, l’ancienne directrice de la fondation Gates ; Jamie S. Gorelick, procureur général adjoint pendant le mandat présidentiel de Bill Clinton ; John Seely Brown, l’ancien directeur de Xerox recherche ; Thomas O. Ryder, l’ancien directeur général de Reader’s Digest ; et Judith McGrath, l’ancienne présidente de MTV, qui a pris son poste officiellement ce mois. Jeffrey P. Bezos, le fondateur et directeur général d’Amazon, et aussi président de la société.

L’attaché de presse d’Amazon n’a pas voulu commenter cette affaire.

Les 1 100 membres de l’union des auteurs, qui comprend entre autres Stephen King, John Grisham et Robert A. Caro, ont jusqu’à demain pour signer la lettre qui sera ensuite envoyée aux membres du comité de direction d’Amazon.

Cette lettre, parue dans le New York Times, était accompagnée d’une publicité invitant les lecteurs à envoyer un email à Mr. Bezos lui demandant de renoncer à ses projets. La publicité, comme la lettre, était le fruit du travail de Douglas Preston, un écrivain de thriller dont les livres sont publiés par Hachette.

Les ventes de M. Preston ont considérablement baissé depuis qu’Amazon a commencé sa campagne contre Hachette ce printemps.  Tous ceux qui ont voulu se procurer son dernier roman, « the Lost Island », préviennent qu’il faut un long temps d’attende (trois semaines) pour le recevoir.

Amazon veut diminuer la somme versée à Hachette pour ses ebooks, argumentant que cette économie bénéficiera au consommateur. La position de Hachette est que 80 pour cent de ses ebooks sont déjà au prix qu’Amazon veut, soit $ 9.99, et que « Amazon cherche à faire plus de profit et augmenter sa part de marché » aux dépens des auteurs, des librairies et des éditeurs.

« Si nous n’avions pas résisté, je crois qu’Amazon aurait continué en ciblant Simon & Schuster books maintenant, puisque nous savons que des négociations similaires avaient commencés avec eux », a déclaré M. Preston. «  Je peux seulement espérer qu’Amazon va réfléchir à deux fois avant d’employer la tactique de la terre brulée contre un autre éditeur ».

Les gens qui ont écrit à M. Bezos disent qu’ils n’ont pas reçu de réponse. Amazon a refusé de dire combien d’email ils ont reçu.

Hachette et Amazon sont toujours en négociations, et aboutir à un accord n’est pas exclue. Mais, les deux parties semblent prêtes à une guerre d’usure.

En réponse aux attaques de M. Preston, Amazon a contre-attaqué, la société a mis en place son propre groupe, les lecteurs unis. Amazon a écrit aux écrivains qu’il publie à travers différents programmes, dont celui du Kindle autopublication, leur demandant d’envoyer une lettre au comité de direction de Hachette.

Pour être sûr que le message sera envoyé correctement, Amazon a fourni une liste des points de discussion. La première était, « Nous avons pris note de votre coalition illégale », une référence aux poursuites antitrust lancées par le gouvernement américain contre Hachette et d’autres éditeurs en 2012. Enfin Amazon a demandé une copie de tous les emails qui seront envoyés à Hachette.

Pour défendre sa cause auprès des écrivains, Amazon a déclaré que George Orwell a été en faveur de la suppression des livres, une déclaration d’Orwell appelé « Ministry of Truth » en 1984.

La demande d’Amazon a suscité quelques controverses au sein de la communauté d'écrivains qui utilisent sa plateforme. Un point de discussion suggéré par Amazon était que Hachette « arrête utiliser les auteurs comme point de pression ». Mais, selon certains écrivains, Amazon essaie de faire exactement la même chose avec eux.

“Je ne fais pas partie de votre armée, O.K?" a écrit Chuck Wendig, blogueur romancier populaire, sur son blog.

Bien qu’Amazon ait fait référence aux poursuites antitrust contre les éditeurs, il a ses propres problèmes avec les autorités. Il est poursuivi en ce moment par la Federal Trade Commision pour avoir facturé à des parents, pour des millions de dollars, des applications non autorisées utilisées par leurs enfants. Amazon a nié ses accusations.

Ceux qui ont écrit au président de Hachette, Michael Pietsch, ont reçu une longue lettre expliquant la position de l’éditeur. Hachette n’a pas voulu dire le nombre d’emails reçus.

Si un écrivain pouvait être réceptif à l’appel aux armes d’Amazon, ce serait probablement Mishka Shubaly. M. Shubaly était un alcoolique invétéré qui a finalement repris sa vie en main il y a 5 ans. Il a commencé à écrire pour le Kindle d’Amazon. L’histoire sur sa vie mouvementée a reçu un très bon accueil du public et la saga complète lui a rapporté plus de 200 000 dollars.

« Je ne pourrais jamais exprimer toute ma gratitude à Amazon », dit l’écrivain. « Si Jeff Bezos m’appelle au milieu de la nuit et me demande de porter un cadavre, je le ferai ».

Aussi, M. Shubaly, 37 ans, est issus du milieu punk, ce qui veut suspicion à l’égard du capitalisme. « Je suis un fan des petites entreprises », dit-il. « Plus il y a de librairies et d’éditeurs, mieux c’est ».

Ainsi quand Amazon lui a envoyé un email lui demandant de mener une campagne contre Hachette, il l’a supprimé après avoir lu seulement quelques paragraphes.

« Je pense que l’ambivalence est la seule réponse appropriée qu’un écrivain peut avoir à l’égard de cette dispute », a déclaré M. Shubaly.

Les écrivains de Hachette, étant impliqués directement, sont moins ambivalents.

Quant à nous simples amateurs de littérature, nous espérons que cette affaire se tasse rapidement afin que nous puissions profiter de toutes les formes de littérature, publiées chez Hachette ou pas.

A bientot sur Booklab, le site sans conflit ;).

3 Commentaires

user
Par jol il y a 3 ans 0 mois 1 jours

Wow, très bon article, sinon tu es de quel coté Amazon ou Hachette?

 
clara
Par clara il y a 3 ans 0 mois 1 jours

Je pense que l'article est assez neutre, il denonce la position de monopole d'Amazon a mon sens, mais aussi l'utilisation des auteurs par Hachette...

Quoi qu'il en soit, c'est nous consommateurs, qui seront les dindons de la farce...

Edit:

J'ai fait une petite recherche google, et l'article semble être ecrit par Bookadmin entièrement, franchement chapeau !

 
BookAdmin
Par BookAdmin il y a 3 ans 0 mois 1 jours

@jol, ni pour l'un ni pour l'autre, Amazon et Hachette ont toujours travaillé mains dans la main, ils trouveront une solution j'en suis sûr.

@clara, bonne analyse, et non ce n'est pas du copié collé

 

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