L'ère du peuple - Jean-Luc Mélenchon

Posté le 06/11/2014 à 17h24. Modifié il y a 3 ans 0 mois 4 jours Voir le livre

Titre:
L'ère du peuple
Genre:
Actu, Politique et Société
Editeur:
Fayard
( 08/10/2014 )
ISBN:
2147483647
144 pages
10,00 euros

La démocratie, c’est aussi l’équilibre des pouvoirs. Après avoir donné la parole à Éric Zemmour et ses amis de la droite (de la droite), intéressons-nous maintenant à un homme à la gauche de la gauche. En ces temps, où il est de plus en plus dur d’afficher ses convictions socialistes, Jean-Luc Mélenchon enfonce le clou avec son dernier livre « L’ère du peuple ». Le président Hollande aura réussi l’exploit, en seulement deux ans et demi de mandat, de se mettre à dos la droite (logique, me diront certains), mais aussi la gauche y comprit certains élus du parti socialiste.

L’ère du peuple est un livre politique écrit par un tribun imbibé de convictions : Jean-Luc Mélenchon. Il retrace l’engouement puis la désillusion et la déception à l’égard du président Hollande « Aucun reniement à gauche n’égale celui de François Hollande en deux ans et demi », écrit-il. Autant vous dire tout de suite, François Hollande en prend pour son grade dans tout le livre. L’amalgame, « la gauche et la droite, c’est pareil », serait dû aux renoncements et aux reculades de François Hollande selon Jean-Luc Mélenchon. Bizarrement, Nicolas Sarkozy s’en sort à bon compte dans ce livre, n’étant plus au pouvoir, il est un peu épargné par les diatribes de Mélenchon. Fermons le volet Hollande, d’ailleurs, ce n’est pas ce qui a de plus intéressant dans L’ère du peuple.

L’une des parties intéressantes du livre, à mon sens, c’est allégeance de la France et par extension de l’Europe aux États-Unis d’Amérique. Cette entrée du loup américain dans la bergerie européenne est selon l’auteur la cause de nombreux maux dans notre pays. Le capitalisme débridé à l’Américaine conduirait à « L’infinie cupidité des puissants, la perversité de l’égoïsme édicté en norme suprême dans tous les domaines », écrit-il. Il enfonce le clou en rappelant que le « billet vert n’a plus de contrepartie matérielle » et que son effondrement serait inéluctable. Sachant que 80% des transactions mondiales se font en dollars, et vu que le dollar n’est plus que du papier ordinaire, n’étant pas indexé sur la richesse réelle des États-Unis, Jean-Luc Mélenchon estime que l’Europe devrait s’en éloigner le plus vite possible avant d’être éclaboussé par sa chute.

L’allégeance de l’Europe à l’Amérique, amène l’auteur a abordé le sujet délicat de la finance. Finance dont le but serait de « formater les rêves qui suscitent notre servitude volontaire » avec la complicité des « médiacrates qui envoutent les esprits ». Cet avènement de la finance creuserait des inégalités sans précédent entre les citoyens. Ainsi, « 3% des humains possèdent autant que 85% des autres. Moins de 1% des entreprises contrôlent 80% des richesses mondiales. 147 d’entre elles contrôlent 40% de l’activité mondiale », écrit-il. Les états et donc le peuple auraient perdu « face au parti invisible de la finance globalisée … qui gouverne tout ».

Après les dénonciations, il faut bien proposer des solutions. En la matière, Jean-Luc Mélenchon n’est pas non plus en reste. Il propose carrément un programme d’éco-socialisme face à « l’incroyable défi écologique et géopolitique qui menace d’anéantir la civilisation humaine ». Il précise bien que son écologie politique n’est pas à confondre avec « la firme qui truste le label ». Cet éco-socialisme sera son point d’entrée dans sa lutte pour rendre le pouvoir au peuple. Il se défend toutefois d’être populiste et quand bien même « La haine du populisme n’est rien d’autre qu’un avatar de la peur du peuple », ajoute-t-il.

Jean-Luc Mélenchon déteste cette comparaison, mais je trouve beaucoup des idées de l’extrême droite dans l’extrême gauche ou vice versa. Le peuple, la souveraineté, le protectionnisme, la lutte contre les oligarchies, l’encensement des referendums populaires, l’amour de la patrie… La seule différence que je constate, c’est que l’humanisme de l’extrême gauche ne s’arrête pas aux portes de leur patrie, mais s’étend à tous les peuples et toutes les civilisations humaines, là où l’extrême droite se borne à défendre uniquement ses concitoyens d’un certain type. En gros, l’universalisme contre le repli sur soi. Jean-Luc Mélenchon l’illustre parfaitement avec cette phrase : « Notre république n’est fondée ni sur la référence à une ethnie comme en Allemagne... - mais - la France est une nation fondée sur un contrat politique ».

Pour clore cette critique, citons cette phrase de Maximilien Robespierre qui semble être taillée pour Jean-Luc Mélenchon : « je suis du peuple. Je ne veux être que cela et je méprise ceux qui voudraient être quelque chose de plus ».

3 Commentaires

clara
Par clara il y a 3 ans 0 mois 11 jours

Ecrire tout un article sur Mélenchon sans parler du FN ni de Marine Le Pen, franchement chapeau !

Sinon, il a des idées intéressantes Mélenchon. C'est dommage qu'il soit aussi virulent à la télé...

Parfois, on a l'impression qu'il est fou et qu'il est à deux doigts de sortir la potence pour les "riches".

 
user
Par jol il y a 3 ans 0 mois 6 jours

Oui, parce qu'il n'y avait pas besoin de la citer.

Et puis, l'extrême droite française ne se limite pas au FN, mais c'est le parti le plus connu.

Quant à Mélenchon, il a souvent des critiques à l’emporte-pièce, surtout à l’endroit des journalistes. 

 
clara
Par clara il y a 3 ans 0 mois 4 jours

"Le pouvoir au peuple !". Voila que je deviens populiste moi aussi ^^

  jol aime ça.

Laisser un commentaire (Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire)

user