Ce sont des choses qui arrivent - Pauline Dreyfus

Posté le 18/09/2014 à 12h28. Voir le livre

Titre:
Ce sont des choses qui arrivent
Genre:
Histoire
Editeur:
Grasset
( 20/08/2014 )
ISBN:
2147483647
234 pages
18,00 euros

Pauline Dreyfus nous présente son dernier roman « Ce sont des choses qui arrivent », une comédie grinçante sur l’Occupation. La scène inaugurale se tient à l’église Saint-Pierre-de-Chaillot, en 1945, où l’on célèbre les obsèques de Natalie de Sorrente, reine des bals, « dame d’ouvres de l’avant-garde », mère de deux enfants, morte à 37 ans. Qui était ce cygne des beaux quartiers ? Par rétrospection légère, nous allons traverser sa guerre, à la fois intime et socialement surdéterminée – pour parler comme les marxistes d’autrefois.

Cela commence avec la chronique d’un passé fleuri. Pendant l’été 1940, la belle Natalie se retrouve réfugiée sur la Riviera française en compagnie de son mari, un gandin détaché des choses de l’amour autant qu’il est prompt à célébrer le Maréchal. Réfugiée, le mot est fort, car il s’agit plutôt d’une villégiature où l’on maintient des usages au milieu du chaos. Reynaldo Hahn et quelques amis de Proust passent en coup de vent – ils sont juifs et cherchent des sauf-conduits-, mais le train du monde et du demi-monde continue, en cet univers mental où «  la vie des ancêtres tient lieu de carte de visite », où « un être humain est avant tout un pedigree ». Bals, mariages, adultères parfumés, les palmiers de Cannes et les villas du cap d’Ail font décor pour le simulacre des supériorités inventées.

Pourtant, Natalie est troublée. Entre un nouveau bébé, des prises médicamenteuses de morphine qui pourraient devenir addictives et le mystère de sa propre naissance, le tissu d’un univers de chintz se déchire. Les choses se tendent encore plus avec la réinstallation de la famille à Paris, en 1943, dans son hôtel particulier de la rue d’Astrorg. Comme l’aristocratie, le régime de Vichy était obsédé de généalogie : il comptait les grands-parents juifs. En cette époque où Charles Swann aurait fini à Drancy, les cattleyas trempaient dans un vase d’acide. C’est là que Pauline Dreyfus promène son pinceau : autour de l’énigme d’une femme rongée par l’incertitude de son origine, une madame Klein comme le « Monsieur Klein » de Losey.

2 Commentaires

clara
Par clara il y a 2 ans 11 mois 1 jours

Bonjour, je viens de découvrir votre site qui est très bien fait. Je passerai à l'occasion écrire des articles si ça ne vous derange pas.

 
BookAdmin
Par BookAdmin il y a 2 ans 11 mois 1 jours

Salut @clara, bienvenue sur le site. Toute la communauté accueillera tes articles avec plaisir. wink
 

 

Laisser un commentaire (Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire)

user