L’écrivain national - Serge Joncour

Posté le 08/11/2014 à 08h49. Modifié il y a 2 ans 7 mois 9 jours Voir le livre

Titre:
L’écrivain national
Genre:
Policier, Polar et Suspense
Editeur:
Flammarion
( 27/08/2014 )
ISBN:
2081249154
389 pages
21,00 euros

Il y a parfois des attirances qu’on ne maitrise pas. Qui n’a jamais rencontré dans la rue une belle inconnue avec un regard tellement magnétique, tellement intense, qu’on a envie de lui décrocher la lune ? À partir de là, il y a deux catégories d’hommes (en excluant d’office les lourds dingues), ceux qui oseront s’approcher de l’inconnue pour lui faire part de ce qu’ils ont sur le cœur et ceux qui s’en abstiendront et passeront le restant de leur existence à le regretter. Serge Joncour dans son autofiction « L’écrivain national » semble faire partie de la première catégorie. Il hésite à peine à sauter le pas vers l’inconnu(e) même si cela veut dire aller au-devant de gros ennui. « Vivre, c’est accepter de perdre, quitte à en être gorgé de remords, quitte à regretter », écrit-il.

Le théâtre du roman « l’écrivain national » se situe dans le canton de Donzières, un petit village de deux mille habitants niché entre la Nièvre et Morvan. Le maire du village, sous l’impulsion d’un couple de libraires, invita Serge Joncour afin qu’il vienne parler de son métier d’écrivain, de ses livres et indirectement redorer le blason du maire lui-même en passant. En contrepartie de cette villégiature, « L’écrivain national », comme l’appelle ironiquement le maire, devra écrire une chronique pour vanter les mérites du village. En gros, des vacances aux frais de la princesse, mais avec un article complaisant à la fin.

Le jour de son arrivée dans la région, pour flatter légèrement son égo, notre « écrivain national » se mit à parcourir le journal local, la Voix du Centre, afin de savoir ce qu’on dit à son propos. Il tomba certes sur un article parlant de sa venue à Donzières, mais ce qui attira le plus son attention c’est un autre article relatant la disparition d’un certain Henry Commodore,  un octogénaire illuminé qui a fait fortune en vendant des moutons, qu’il faisait « tomber du ciel », et d’autres articles de contrebande alors qu’il était en faction en Indochine. Les accusés dans l’affaire? Un couple de « néoruraux », Dora Karalik et son compagnon Aurélik Biljac. Aurélik est décrit comme un marginal, shooté la plupart du temps à la marijuana et Dora, sa compagne, tient le rôle de « la belle brune » aux jambes interminables.

La photo présentant Dora dans le journal ne manqua pas de titiller l’intérêt de notre « écrivain national », Serge Joncour. Cette belle brune aux yeux hypnotiques happa l’auteur dans son univers du premier regard. Par la suite, il essayera tant bien que mal à rentrer en contact avec la jeune fille, mais « il y a des gens comme ça, s’y frotter c’est s’y rayer, dès qu’on les fréquente on est perdu ». À l’image de Milon de Crotone, il devint lui-même son propre piège.

Dans un petit village, comme vous le savez surement, tout se sait. Les escapades de « l’auteur national » ne tarderont pas à faire les choux gras des villageois et de la presse locale. Il se retrouvera malgré lui associé à la disparition de Commodore.

Ce roman, magnifiquement écrit, se développera ensuite dans une ambiance quasi burlesque sur fond de ragots de villageois, d’écologistes voulant empêcher la construction d’une centrale d’énergie « propre » (le comble !) et de tentatives de séduction de Serge Jancour se retrouvant ainsi complètement assujetti à notre belle brune Dora.

« L’écrivain national », c’est aussi une photographie du milieu rural. Chacun ses petites magouilles, mais ne manquant de pointer du doigt celles du voisin. Les apparences sont souvent trompeuses dans ces milieux, et finalement, beaucoup ne sont pas ce qu’ils prétendent être... Un roman savoureux à déguster sans modération ! 

2 Commentaires

clara
Par clara il y a 2 ans 7 mois 12 jours

Ah les hommes, vous ne changerez jamais ! 

Plus sérieusement, il a l'air interessant ce roman. Il montre, d'après la critique, que la folie n'est pas seulement le lot des femmes en amour.

 
user
Par jol il y a 2 ans 7 mois 11 jours

Eh oui, nous sommes pareil quand il s'agit d'amour... 

  clara aime ça.

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