L’Évangile selon Matthieu, Marc, Luc, Jean et Emmanuel – Le royaume – Emmanuel Carrère

Posté le 17/10/2014 à 08h30. Modifié il y a 2 ans 9 mois 5 jours Voir le livre

Titre:
Le royaume
Genre:
Religions et Spiritualités
Editeur:
P.O.L
( 28/08/2014 )
ISBN:
2147483647
640 pages
23,90 euros

Il est bien admis que les chrétiens sont les seuls dont il semble qu’on ait le droit de se moquer impunément, en mettant les rieurs de son côté.

Emmanuel Carrère ne s’en prive pas dans son dernier roman « Le royaume », dans lequel il essaie de raconter comment a pu s’écrire l’Évangile.

La partie qui suit n’étonnera pas ceux qui connaissent un tant soit peu Emmanuel Carrère, car cette partie est consacrée à une seule et unique personne : lui-même. Moi qui ne connaissais pas Emmanuel Carrère, après les 1/5 du livre dédié à sa personne j’en sais plus sur lui quiconque ! Même si je m’en serais bien passé, je goûte peu aux livres témoignages et autres livres qui ont pour unique but de flatter l'ego de l'auteur.

Dans cette première partie (longue, très longue) sur lui-même, l’auteur nous parle de ses névroses, de son alcoolisme, de son couple qui battait de l’aile à l'époque, de sa marraine qu’il affectionne tant et de son ami Hervé. Je fais court, n’étant pas fan de ce type de « littérature », mais les amateurs de presses people y trouveront leur compte pour les autres vous pouvez passer tout de suite à la deuxième partie ! L’auteur se décrivant lui-même comme « égocentrique », rien d’étonnant donc…

Après le supplice de la première partie, nous arrivons donc à la deuxième partie qui sera dédiée aux prémices de la formation de « quelque chose que l’antiquité n’a pas connu : le clergé. »

Tout ce que j’ai, comment dire..., détesté dans la première partie, le récit à la première personne avec l’auteur au centre, son égocentrisme..., trouvait tout à coup tout son sens dans cette deuxième partie. L’auteur essaie de raconter, de façon absolument incroyable et à la première personne s'il vous plaît, ce qui a pu historiquement se passer conduisant aux débuts du christianisme avec comme personnage central Luc.

Luc n’était pas un compagnon de Jésus. Il ne l’a pas connu. Le récit tourne donc autour de la rencontre entre Luc et Paul (de son ancien nom Saul qui harcelait et massacrait les chrétiens…). L’auteur nous développe une théorie intéressante sur la façon dont les deux hommes ont pu se lier d’amitié, le premier devenant par la suite le disciple du second.

Les premières querellent entre Paul le mondialiste (« il n’y a plus ni Juif, ni Grec, ni esclave, ni homme libre, ni mâle ni femelle ») et les vieux de la vieille Jacques, Pierre et Jean, le clan judéo-chrétien donc. Qui l’emporta ? Je vous laisse le découvrir dans le livre. Ce que je peux vous dire, c’est que ce n’était pas encore les Borgia, mais ça bagarrait quand même pas mal.

Quelques siècles plus tard, un empereur romain, Constantin, accédait au pouvoir et se convertissait au christianisme et marquait ainsi l’ascension fulgurante de cette religion.

E. Carrère va se faire beaucoup d’amis dans le milieu « catho » traditionnel, moi en tout cas il m’aura bien fait rire avec cet excellent livre.

«  La foi c’est croire quelque chose dont on sait que ce n’est pas vrai. »

Allez va, n’enlevons pas au peuple son opium !

1 Commentaires

BookAdmin
Par BookAdmin il y a 2 ans 10 mois 2 jours

Très bel article, il manquerait plus qu'il fasse la même chose avec les autres religions, mais je ne suis pas sûr que les fidèles de ces religions l'accueillent aussi bien que les chrétiens...

  jol aime ça.

Laisser un commentaire (Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire)

user