La femme qui dit non - Gilles Martin-Chauffier

Posté le 28/10/2014 à 18h03. Modifié il y a 3 ans 0 mois 20 jours Voir le livre

Titre:
La femme qui dit non
Genre:
Histoire
Editeur:
Grasset
( 27/08/2014 )
ISBN:
2147483647
352 pages
19,00 euros

Il parait que les anglaises ont la cuisse légère, elles seraient toujours partantes pour une bonne beuverie avec en prime une clope au bec. Le dernier roman de Gilles Martin-Chauffier ne va vraisemblablement pas redorer leur blason. L’héroïne du roman, Marge Evans, est presque une caricature des adolescentes de la série télévisée « Skins », de Jamie Brittain, l’élégance en plus. En effet, elle dit oui à l’alcool, oui aux escapades extra-conjugales, oui à la cigarette… alors vous vous demandez peut-être si le titre du roman c’est « La femme qui dit oui » ? Eh bah non, Gilles Martin-Chauffier a intitulé son roman « La femme qui dit non ». Pourquoi ? Nous allons y venir.

Alors, c’est l’histoire d’une jeune anglaise, Marge donc, qui par le plus grand des hasards débarques sur l’Iles-aux-Moines, en Bretagne, ou ils seront accueillis, avec son père, dans le manoir de Kergantelec par le maitre des lieux Blaise de Méaban et son ami Mathias. Marge ne tarda pas à tomber amoureuse de Blaise qui l’épousera en 1938 alors que la Seconde Guerre mondiale pointait déjà le bout de son nez. C’est là que le titre du livre « La femme qui dit non » prend tout son sens, car ce petit bout de femme, anglaise, enceinte, coincée sur une ile française, détestée par sa belle-mère, va aussi jouer son rôle dans la guerre qui se profilait en entrant dans la Résistance (un peu par hasard d'ailleurs) et fera fortune en faisant chanter les anciens « collabos » à Libération.

Gilles Martin-Chauffier nous livre un roman raconté à la première personne par l’héroïne elle-même, à l’aube de ses 90 ans, qui revient sur les moments forts de sa vie. La Seconde Guerre mondiale, de 1939 à 1945, le comportement des Allemands dans la France de Vichy, les différentes facettes de la collaboration pendant l’Occupation, les « serpents de mer » comme François Mitterand, Morvan et bien d’autres qui réussiront à passer entre les mailles du filet à la Libération et tout cela sur fond de lutte pour la liberté de la Bretagne. Oui, parce que pendant que certains se préparaient à libérer la France, des groupuscules bretons rêvaient eux aussi d’indépendance et iront jusqu'à s’associer au « Führer». En plus des querelles incessantes entre Marge et sa belle-mère, on retrouve dans le roman les diatribes habituelles entre « froggies » et « roast-beef », cette xénophobie presque affectueuse entre les deux pays, la France et l’Angleterre.

Toutes ces histoires, bien qu’intéressantes, sont presque en toile de fond de la vie de femme de l’héroïne. Alcoolique, joueuse invétérée, fumeuse, presque nymphomane (une anglaise quoi), elle va tomber amoureuse du meilleur ami de son mari, Mathias. Cette idylle conduira à un lourd secret de familiale qui se soldera par la sortie des cadavres du placard à la fin du livre.

Ce roman, très bien écrit, est fort agréable à lire. L’histoire est si réaliste que je n’ai pu résister à la tentation de googler le nom de l’héroïne sachant pertinemment qu’il s’agissait d’un personnage de fiction… je sais cela n’était pas très malin, mais l’auteur à une plume absolument magnifique et on arrive à s’immerger totalement dans le décor du livre.

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