Le monde « merveilleux » des adolescents

Posté le 21/11/2014 à 08h33. Modifié il y a 2 ans 10 mois 1 jours Voir le livre

Titre:
Qui es-tu, Alaska ?
Genre:
Adolescence et Jeunesse
Editeur:
Gallimard Jeunesse
( 17/03/2011 )
ISBN:
2070695794
416 pages
7,75 euros

Les adolescents ne tarissent pas d’éloges sur John Green. Il est pour ainsi dire leur gourou de la littérature. Pour ma part, je n'avais jamais lu une seule de ses œuvres, mais si tout le monde dit beaucoup de bien de lui, pourquoi ne pas se laisser tenter et se faire une opinion par soi-même ?

Je vais tout de suite être honnête avec vous : j’ai adoré « Qui es-tu, Alaska ? ». Tout d’abord, la structure du roman est excellente, et surtout, très originale. Pour vous en donner une idée, le livre commence « cent trente-six jours » dans le passé et se termine « cent trente-six jours » après. En fait, jusqu’à ce que j’écrive cette critique, je n’avais pas remarqué que les chiffres étaient les mêmes, ce qui le rend, en quelque sorte, encore plus poétique.

Avec une telle structure, le lecteur est immergé dans l’avant et l’après-évènement principal, ce qui n’est pas commun dans les romans. Généralement, on nous propose des histoires qui commencent à un temps quelconque sans que l’on puisse réellement connaitre les personnages, leurs rapports entre eux et comment ils se sont rencontrés. Ici, nous commençons l’histoire dès le début, nous rencontrons Alaska et le Colonel exactement au même moment que le personnage principal, Miles Halter surnommé Pudge, les rencontre.

Pudge est un personnage sympathique ; il est un peu « chelou » comme diraient les « djeun’s », et comme beaucoup d’adolescents, il tombe amoureux trop facilement et bien trop rapidement. Tout le contraire d’Alaska qui est une jeune fille insouciante, amatrice d’alcool et de tabac (Pétronille sort de ce corps) et n’accorde que peu d’importance aux sentiments de Pudge. Elle semble antipathique, en tout cas de mon point de vue, et je me demandais si Pudge n’avait pas commis une erreur en jetant son dévolu sur elle.

Pourtant, j’avais le sentiment que ni moi, ni Pudge, n’avaient réellement appris à connaitre Alaska comme nous le devrions. Elle a une vie assez courte dans le roman alors que celui-ci lui est consacré. Pour une fille qu’il connaissait à peine, j’avais l’impression que Pudge idolâtrait trop Alaska. Je comprends qu’il veuille savoir le fin mot de ce qui lui est arrivé, mais allé aussi loin pour ne trouver presque pas grand-chose à l’arrivée, sonne comme une perte de temps.

Il semblait clair, pour moi, à la moitié du roman, quand Alaska s’enfonçait dans la nuit que quelque chose de tragique lui était arrivé, mais Pudge semblait prendre un chemin détourné pour arriver à la même conclusion. Elle est morte dans un accident de voiture : intentionnel ou pas, ni le lecteur ni Pudge ne le sauront probablement jamais, alors pourquoi passer autant de temps là-dessus pour revenir exactement au même point ? On peut se poser la question de la motivation des personnages principaux, si leurs actes ne sont pas parfois destinés à rendre le livre un peu plus long que « Pudge rencontre Alaska. Alaska meurt. Fin de l’histoire ».

Toutefois, je pense que c’est exactement ce que Greene a essayé de faire. Il voulait, à mon sens, raconter l’histoire d’un garçon qui voulait tourner la page de son  histoire sentimentale, mais il n’y parviendra pas, et c’est exactement ce que l’auteur a réussi à transcrire dans son roman.

Il est indéniable que John Green est un très bon écrivain, et c’est peut-être la raison pour laquelle autant de personnes adorent ses romans. Il écrit ce que les adolescents veulent lire et il l’écrit plutôt bien. « Qui es-tu, Alaska ? » mérite amplement les honneurs et les bonnes critiques qui lui ont été faits, car il traite de sujets très courants chez les adolescents, comme la découverte de soi et la perte. C’est assurément un livre qui vous plonge dans l’univers des adolescents, les premiers amours et les choses stupides qu’on fait souvent à ce stade de la vie pour impressionner les copain(e)s.

 « Je pars en quête d'un grand Peut-Être », disait le jeune Pudge, mais ne sommes-nous pas tous à la recherche d’un grand Peut-être ? En cherchant à savoir qui est Alaska, peut-être que nous trouverons, nous aussi, ce que nous cherchons.

2 Commentaires

BookAdmin
Par BookAdmin il y a 2 ans 10 mois 1 jours

Merci pour ta critique clara. Alors, nostalgique de ton adolescence !?

 
clara
Par clara il y a 2 ans 9 mois 29 jours

Non du tout ! Comme tout le monde, j'ai vécu des moments heureux et  d'autres de solitude. Je n’en ai pas vraiment la nostalgie, il me reste encore beaucoup à vivre (j'espère), donc je me concentre plus sur les moments agréables du présent sans pour autant m'interdire de puiser du réconfort dans le passé quand j'en ai besoin.

  BookAdmin aime ça.

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