Pétronille – Amélie Nothomb

Posté le 30/10/2014 à 14h11. Voir le livre

Titre:
Pétronille
Genre:
Adolescence et Jeunesse
Editeur:
ALBIN MICHEL
( 20/08/2014 )
ISBN:
2147483647
180 pages
16,50 euros

La littérature est aussi diverse que variée. Avec un soupçon de talent, il est possible d’écrire sur n’importe quel sujet même le plus banal : le pelage de son chien, son embonpoint et même son œil qui louche. C’est fou ! Bon, d’après les dernières statistiques, seulement 1% des écrivains arriveraient à vivre de leur plume... ceci expliquerait peut-être cela. Donc plus que le sujet, c’est le talent qui compte. Quitte à lire un livre sur un sujet banal, autant lire un auteur talentueux !

Une écrivaine comme Amélie Nothomb, qui depuis 1992 publie chaque année un nouveau roman, peut, elle aussi, tomber dans cette banalité. Sauf qu’elle a du talent, elle. Ainsi, dans son dernier roman, « Pétronille », Nothomb nous parle de son accoutumance à l’alcool, plutôt au champagne, et de sa vie de façon générale. Quelle est la part de vérité ou de fiction dans le livre ? Je ne le sais point, ne la connaissant pas personnellement. Romancière de 30 ans, elle débarque à Paris pour commencer sa nouvelle vie d’auteure. Elle expérimente différentes façons de s’enivrer, va jusqu’à jeûner des jours pour savourer au maximum l’effet enivrant de son champagne, dans « l’espoir d’atteindre la griserie qui aurait rendu l’existence acceptable » écrit-elle. Non contente de ces expérimentations, elle se lance à la recherche d’un compagnon de beuverie : « Dans la ville lumière, il doit y avoir quelqu’un avec qui boire la lumière », écrit-elle. Lors d’une séance de dédicace, elle rencontre une de ses correspondantes: une certaine « Pétronille Fanto » qui lui avait envoyé, pendant les 3 mois précédents, deux ou trois lettres manuscrites. Les deux femmes se lient d’amitié et se bourrent surtout souvent la gueule ensemble.

« Pétronille » est aussi un livre drôle, comme le passage de l’interview de la styliste Vivienne Westwood, que l’auteur qualifie de « vieille punk déguisée en Élisabeth Ire » (elle appréciera, enfin si elle est encore en vie), qui, après le profond mépris dont elle la gratifiera, aura l’outrance de lui demander d’aller promener sa chienne, Beatrice, pour qu’elle fasse ses besoins…

Au début de la critique, je parlais de sujet banal. Eh bien, sous ses apparences simplistes le roman aborde des sujets plus graves. La précarité des écrivains, surtout les débutants, le snobisme parisien du monde de la littérature dont elle fera l’expérience quand elle cherchera un éditeur pour son amie Pétronille Fanto : « Ne vous donnez pas tant de mal pour cette Fanto. Vous savez bien que dans le monde des lettres, les prolétaires n’ont aucune chance », lui dit une jeune éditrice. Et Fanto, malgré son talent, va être amené à jouer les cobayes pour des laboratoires pharmaceutiques, animatrice dans un bar où elle jouera à un jeu aussi dangereux que la roulette russe (la vraie !) pour gagner son pain quotidien. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a le gout du  risque. Nothomb effleure un autre sujet que j’aurai voulu qu’elle développe un peu plus « la contamination des adultes par les valeurs d’adolescentes ».

À la lecture du roman, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’Amélie Nothomb a un grain de folie, mais tous les écrivains de génie n’en ont-ils pas ? Quoi qu’il en soit, le roman se termine en apothéose, et contrairement à l’alcool, il est à consommer sans modération.

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