Booklab.fr: Tous les nouveaux articleshttp://www.booklab.fr/frhttp://www.booklab.fr/web/booklabico.pngBooklab.fr: Tous les nouveaux articleshttp://www.booklab.fr/Sat, 19 Aug 2017 22:27:23 +0000Les nouveaux articles partagés par la communauté !Tu me manques de Harlan COBEN | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/tu-me-manques-harlan-coben/121Mon, 18 May 2015 05:41:27 +0000Image de l'article

Harlan Coben est passé maître dans l’art de commencer ses romans par des énigmes et en tire habilement profit tout le long. Au fil de l’histoire, les énigmes s’emboitent pour former un tout, mais le défi du lecteur c’est de deviner comment exactement.


Dans « Tu me manques », Coben nous présente Kat Donovan, une femme flic, représentant la troisième génération d’une famille de policier de New York, qui à l’air « mignonne et pétillante », mais « fracassée », tel que la décrit sa meilleure amie Stacy. Le grand-père de Kat s’est suicidé, et son père avait un petit faible pour la boisson. Aussi, il pouvait disparaître des jours entiers sans prévenir. L’histoire du livre se déroule vingt ans après l’assassinat du père de Kat, et il est clair que son histoire familiale continue de l’affecter profondément.
Dès le début de « Tu me manques », plusieurs évènements se succèdent rapidement : Stacy informe Kat qu’elle l’a inscrite sur un site de rencontre en ligne appelé YouAreJustMyType.com. En surfant sur le site à contrecœur, Kat tombe sur quelqu’un qu’elle connaît, son ex-fiancé, qui est sorti de sa vie dix-huit ans plus tôt. Cette escapade numérique se conclut donc par des chagrins d’amour et des souvenirs de l’amour perdu – car, il n’est pas tout à fait clair à ce stade pourquoi cet homme l’avait abandonnée. Pendant ce temps, un homme malheureux, Gerard Remington, a pris un coup sur la tête et est emprisonné sous terre. Autre moment, autre endroit, Monte Leburne, l’homme qui a avoué avoir assassiné le père de Kat sur les ordres d’un parrain de la mafia, se meurt d’un cancer et, n’ayant plus rien à perdre, fini par admettre qu’il n’était pas le véritable assassin du père de Kat.

Puis l’intrigue Remington permet à l’auteur d’introduire les personnages de Titus, Dmitry et Reynaldo, des voyous notoires, et le roman tentaculaire de Coben commence vraiment à décoller. L’intrigue atteint son paroxysme quand un mystérieux adolescent, Brandon Phelps, essaie de rentrer désespérément en contact avec Kat : il est convaincu que sa mère a disparu et que seule Kat peut l’aider à la retrouver.

Comme toujours, la narration de Coben est habile et les mots bien choisis – grâce notamment à la traductrice du roman Roxane AZIMI. En fait, ce roman est assimilable à un combustible lent mais régulier qui s’embrasse complètement dans la seconde moitié. On reconnaît la patte de l’auteur au fur et à mesure du développement de l’histoire et à mesure que les personnages deviennent de plus en plus attachants. Kat, qui s’attend à toutes sortes de découvertes et à toutes les éventualités, est bien au fait de la complexité des choses, cependant, elle se garde de tomber dans les travers classiques des flics :

« Les flics se targuent de savoir décrypter les gens, façon détecteur de mensonges ambulant. Kat, pour sa part, n’y croyait pas une seconde. Pire, elle pensait que ce genre d’attitude pouvait avoir des conséquences désastreuses. »

Coben est un écrivain formidable, mais dans ce roman en particulier, les passages descriptifs sont souvent plus réussis et fluides que les dialogues. La scène du bar au début du roman, où Kat et Stacy se font draguer est révélatrice. L’auteur nous sert les baratins classiques – certains plus drôles que d’autres — que les hommes, surtout les nullos, utilisent sur les femmes. Dans d’autres scénarios, le dialogue semble s’éterniser plus que de raison, malgré le fait qu’ils sont cruciaux pour exposer les points essentiels et les révélations de l’intrigue. Et, tandis que l’histoire de Kat est franchement passionnante, d’autres personnages manquent clairement de présence. Ceci est d’autant plus frappant pour moi qui suis une lectrice fidèle de Coben. Son style percutant, ses dialogues vifs et chauds, ainsi que la présence vibrante de ses personnages, même secondaires, nous manquent un peu…
Cela dit, « Tu me manques » est un roman truffé de rebondissements, y compris une scène de vengeance effarante, horrible et complètement méritée qui ajoute plus de piquant au roman.

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Soumission de Michel Houellebecq | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/soumission-michel-houellebecq/120Thu, 07 May 2015 15:50:19 +0000Image de l'article

Être laïque serait d’avoir des mœurs légères et être croyants impliquerait de s’habiller plus « décemment » et avoir un sens moral plus élevé. Imaginons qu’un jour la France, par la démographie ou les conflits absurdes entre politiques, devient musulmane. Cela impliquerait-il un islam rigoriste à l’image de l’Arabie Saoudite ou serait-ce un islam plus modéré comme on peut le voir dans d’autres pays musulmans ? La dernière fiction – futuriste ? - de Michel Houellebecq répond à cette question selon un point de vue tout à fait personnel.

Nous sommes en 2022, le renoncement de la gauche, les deux mandats présidentiels absolument désastreux de François Hollande et les éternelles querelles entre la droite et la gauche – « deux gangs rivaux » se partageant le pouvoir - et leur incapacité à répondre aux inquiétudes des Français ont permis l’émergence du Front National qui est désormais le premier parti de France avec 34 % des votes exprimés. De fait, le parti d’extrême droite arrive au second tour de l’élection présidentielle. En revanche, une incertitude subsiste concernant la seconde place : la gauche, le parti socialiste, est ballotée de près par le parti musulman de Mohammed Ben Abbes. Après une soirée électorale sous haute tension, un présentateur célèbre du journal de 20h de France 2 annonce la qualification du candidat de la Fraternité musulmane au second tour. C’est une double consternation pour les laïques et les républicains !

La droite républicaine, arrivée en quatrième position avec seulement 12,1% des voix, se refuse à donner des consignes de vote et la gauche, à qui le parti musulman a promis la moitié des ministères, prévoit déjà de faire alliance avec la Fraternité musulmane. Après quelques jours de tractation et une guerre civile entre identitaires de l’extrême droite, « les indigènes de l’Europe », et jeunes musulmans djihadistes, « les colonisateurs », originaires essentiellement de cité ; droite, gauche et centre décident de faire un « front républicain élargi » contre le parti d’extrême droite propulsant ainsi le parti musulman au pouvoir avec comme président Mohammed Ben Abbes. Dès lors, fini les mini-jupes, le travail des femmes et leur admission dans certaines filières universitaires, promotion de la polygamie et des élites musulmanes, d’où la conversion à l’islam d’un certain nombre intellectuel, élargissement de l’Europe aux pays maghrébins, « Eurabia », sous l’impulsion du nouveau président de la République, exile des juifs en Israël… Voilà en substance la fiction que nous propose Michel Houellebecq sur la « montée en puissance » de l’islam en France. Alors alarmiste ou visionnaire ?

Cette fiction est racontée du point de vue d’un professeur de lettre, spécialiste de Joris-Karl Huysmans, qui voit son paysage changé à mesure que la société française s’islamise. Alors qu’avant, les femmes voilées rasaient les murs, les voilà maintenant se promener fièrement dans les rues et les couloirs des universités. Le héros du roman ne tarit pas d’éloges à l’égard des Asiatiques qui ont toujours refusé l’installation des Noirs et des Arabes dans leur quartier leur évitant ainsi d’être touchés par les transformations qui s’opéraient dans le pays. C’est le raccourci classique: Noir ou Arabe égal musulman, mais aussi délinquant égal membre de ces communautés. Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin. On retrouve pêle-mêle: la dénonciation de l’antisémitisme d’une partie de gauche et le projet secret de la droite et de la gauche pour la dissolution de la France au sein d’un « ensemble fédéral européen », le plaidoyer pour le patriarcat, valeur qui a permis la pérennisation de la civilisation européenne jusqu’à présent, retour au mariage de raison par opposition au mariage d’amour… En fait, dans « Soumission », tout le monde en prend pour son grade. Ce livre, présenté comme islamophobe, égratigne plus les médias dont « l’absence de curiosité (est) vraiment une bénédiction pour les intellectuels » et la classe politique, des « crétins » sans vision, que l’islam en réalité. Il pointe du doigt la résignation des Français face à la montée en puissance du religieux et des conservatismes les plus archaïques, en plus du désamour pour la politique. Profitant de cette situation, les extrémistes de droite s’arrogent la propriété de la citoyenneté française alors que la plupart connaissent finalement très peu du pays dont ils se réclament les enfants légitimes. Le renoncement de la gauche à critiquer certains comportements dès lors que cela implique des Français d’origines étrangères, car elle associerait cela à du racisme.

Pour les protagonistes du livre, la civilisation européenne est en train de se suicider. Le retour aux valeurs traditionalistes, à savoir la soumission de la femme à l’homme et la soumission de ce dernier à Dieu, pourrait permettre de rectifier le tir. Car, le « sommet du bonheur humain réside dans la soumission » et de citer l’« Histoire d’O », une fiction de Pauline Réage racontant le récit d’une femme libre et indépendante qui décide volontairement de devenir l’esclave de son amant, pour appuyer leur dire. Aussi, « les femmes musulmanes (seraient) dévouées et soumises ». Les femmes asiatiques sont également dévouées et soumises. Il s’agit ici plus d’une tradition que de la religion en elle-même. La femme européenne aussi était soumise, catholicisme oblige, avant les combats pour leur droit. Combat d’ailleurs complètement dénaturé par des féministes « chiennes de garde » qui font plus de mal que de bien au féminisme.

On peut tout de même reconnaitre à Houellebecq d’être un très bon écrivain, d’avoir de l’imagination, beaucoup d’imagination, et même une certaine connaissance de l’islam. Mais rien n’est plus différent d’un musulman qu’un autre musulman. On entend souvent des théories sur le « grand remplacement », la mort de la civilisation européenne pour une autre civilisation musulmane celle-là. Mais qu’est-ce qu’une civilisation et par extension un citoyen ? Un Noir ou un Arabe, d’ailleurs le mot berbère serait plus approprié pour désigner les personnes d’origine Magrébines, né en France, ayant grandi en France, et ayant épousé la culture française, ne pourra-t-il jamais, quoi qu’il fasse, faire partie de la civilisation française, et par extension européenne ? Des citoyens qui aiment profondément leur pays, peu importe leur couleur de peau, devront-ils toujours être considérés comme des citoyens de seconde zone et être soupçonnés de trahison en faveur d’autres pays notamment les pétromonarchies du Golfe ?

Contrairement aux journalistes qui affirment que le livre de Houellebecq est raciste et attise la haine, moi au contraire, je pense que ce livre invite à réfléchir. Cela ne veut pas dire que j’adhère aux idées de Houellebecq, mais si nous nous refusons d’aborder des problèmes épineux, car ils peuvent avoir une connotation « raciale » nous ne sommes finalement pas mieux que les gens qui prêchent l’obscurantisme et vont jusqu’à liquider des journalistes parce qu’ils ne se soumettent pas à la volonté d’une quelconque religion.

Le héros du roman, « Français de souche », au fil des pages montre et admet sa méconnaissance de l’autre, celui qu’il voit comme un « étranger ». On tombe dans les raccourcis courants de l’extrême droite, ou une couleur correspond à une religion. Mais au risque de me répéter sait-on qu’il y a des Noirs chrétiens, des Arabes juifs, des Israéliens athées ? Le renoncement à la laïcité est le péril qui guette notre pays et non un hypothétique péril musulman. C’est la soumission de la république, du fait de l’antiracisme le plus aveugle,  qui conduira à la guerre civile et autre situation alarmiste décrite dans ce livre. Soyons tous vigilants et tâchons de faire en sortes que la religion reste ce qu’elle aurait toujours dû être : des convictions personnelles. Nul ne doit imposer ses vues, quelle que soit sa religion, aux autres, car la religion est une affaire personnelle. Et les religions, qui sont politiques par nature, doivent faire leur dépoussiérage pour qu’elle soit en accord avec la république. Car, oui, c’est bien aux religions de se soumettre à la république et non le contraire. Enfin, l’auteur, ou plutôt son personnage, admet son côté un peu réac puisqu’il écrit à la fin du livre : « le passé est toujours beau, et le futur aussi d’ailleurs, il n’y a que le présent qui fasse mal ». Eh bien, j’ai envie de dire croyons en l’avenir et si cette œuvre de Houellebecq contribue à éveiller la vigilance des citoyens pour la sauvegarde de la laïcité, c’est tant mieux !

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Les Frères Karamazov de Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/les-freres-karamazov/119Wed, 15 Apr 2015 07:38:37 +0000Image de l'article

Il y a des tabous dans nos sociétés que tout un chacun se garde bien de transgresser dans la mesure du possible. Parmi ces tabous figurent le meurtre, les relations charnelles avec ascendant, ou plus communément nuire à son prochain. Pourtant, certaines personnes s’adonnent allègrement au parricide et sombrent sans retenue dans le complexe d’Œdipe. Il se peut même que quand un certain sang coule dans vos veines, il soit difficile de résister à la sensualité et aux conséquences qui vont avec. Un exemple de ce type de sang est celui des Karamazov, la famille au cœur du merveilleux roman dramatique de Dostoïevski : « Les Frères Karamazov ».

Les frères Karamazov sont une fratrie de trois enfants : Dmitri, né d’un premier mariage, est l’ainé de la famille et le farouche rival de son père, Fiodor ; ses deux autres frères, Ivan et Alexéi – Aliocha pour les intimes —, étant nés d’un second mariage. À l’image de leur père, tous les Karamazov sont « méchants et sentimentaux » à l’exception du benjamin Aliocha qui ne prendra que le côté sentimental et rentrera même dans les ordres.

Comme Amlet, le personnage de Shakespeare, ou Œdipe, celui de Sophocle, Dmitri, le personnage central du roman « Les frères Karamazov », rêve de tuer son père, Fiodor Pavlovitch Karamazov, et coucher non pas avec sa mère qui est décédée, mais avec la femme convoitée par son père. Père et fils sont irréconciliables à tel point que dans un excès de colère ce dernier se demande : « Pourquoi un tel homme existe-t-il ? » Dmitri veut voir son père six pieds sous terre, d’ailleurs il ne s’en cache nullement et l’affirme à qui veut l’entendre.

Mais, disons-le tout de suite, Fiodor est un père spécial, un vrai « bouffon » comme il aime à s’appeler lui-même. Quand il s’agit de s’humilier en public, s’adonner à la boisson et à la sensualité, Fiodor répond toujours présent. « Je veux vivre jusqu’à la fin dans le libertinage », affirmait-il. En revanche, il ne faut pas compter sur lui pour s’occuper de ses enfants, tâche ardue qu’il délègue volontiers à son valet, Grigori, et ainsi dégager de ses obligations parentales, il pouvait s’adonner librement à ses vices. « Il ne suffit pas d’engendrer pour être père, il faut encore mériter ce titre », diront certains.

Son comportement est certes condamnable, mais Fiodor n’est pas le seul « mauvais » géniteur de la planète, d’autres comme lui se dérobent à leurs obligations. Non, ce qui fait la particularité de Fiodor, c’est qu’en plus de duper ses enfants sur l’héritage de leurs mères, il s’est amouraché d’une femme « fatale », Grouchegnka, trois fois plus jeune que lui et à qui il est prêt à léguer toute sa fortune y compris l’héritage de ses enfants. Et c’est pour cette même Grouchegnka qu’il tente d’envoyer son fils Dmitri en prison, se débarrassant ainsi d’un rival devenu un peu trop encombrant. Fiodor est décidément un être bien infâme et il pousse cette infamie jusqu’à engrosser une simple d’esprit qui errait dans la rue, lors d’une soirée de beuverie, et qui lui donnera un fils du nom de Smerdiakov qui jouera également un rôle prépondérant dans ce drame familial.

Si Fiodor est loin d’être le papa de l’année, Dmitri, son fils, a lui aussi son lot de casseroles. Hédoniste comme son père, il a lui aussi la mauvaise idée de s’amouracher de Grouchegnka alors qu’il était parti la voir au départ pour la battre. Il faut dire que Grouchegnka « était belle, fort belle, une beauté russe, celle qui suscite tant de passions (…) c’était la beauté du diable, beauté éphémère, si fréquente chez la femme russe. » Tout un programme donc ! Depuis, atteint d’une jalousie maladive, Dmitri passe son temps à épier la maison de son père afin d’empêcher que ce dernier possède Grouchegnka à qui il avait promis trois mille roubles si elle daignait venir chez lui.

Pendant ce temps, la fiancée de Dmitri, Catherine Ivanovna, est l’objet d’une cour assidue de la part de son beau-frère et le tout avec la bénédiction de son fiancé… Drôle d’histoire ? Non, drôle de famille !

Quoi qu’il en soit, sur fond de jalousie entre fils et père, ce dernier sera assassiné un soir chez lui alors qu’il attendait anxieusement, comme tous les soirs, la venue de Grouchegnka. Dmitri est tout naturellement suspecté. Mais est-ce vraiment lui le parricide ?

Dans « Les Frères Karamazov », Dostoievski montre, plus que jamais, son côté moralisateur comme pour marteler une énième fois, au cas où cela n’aurait pas été assimilé, que le crime ne payait pas. Mais sous ses airs moralisateurs, Dostoïevski est lui-même un grand pécheur et un joueur invétéré, qualité qui lui vaudra beaucoup d’ennuis. « Tout homme recèle un démon en lui », écrivait-il. « Chez les riches, la solitude et le suicide spirituel ; chez les pauvres, l’envie et le meurtre ». Et comme souvent chez Dostoïevski, les questions existentielles — comme : « Pourquoi a-t-on des remords ? », quel serait le rapport de l’homme à la vertu si Dieu n’existait pas ? — sont abordées sous un angle philosophique. À travers « Les Frères Karamazov », l’auteur dresse également un tableau de l’état de la justice russe de son époque et de ce que devrait être la justice : un outil du vivre ensemble qui « n’a pas uniquement pour but de châtier, mais aussi de relever un être perdu ». Dans nos sociétés actuelles, nous oublions volontiers le côté rédemption pour nous concentrer sur la punition. Et enfin, parce que ce chef-d’œuvre de Dostoevski nous invite à voir l’être humain dans sa globalité et à prendre en compte sa dualité, il mériterait d’être lu et relu par le plus grand nombre.

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Le Chardonneret de Donna TARTT | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/le-chardonneret-donna-tartt/118Mon, 06 Apr 2015 05:26:58 +0000Image de l'article

Le chardonneret est un oiseau passereau chanteur au plumage coloré, qui se nourrit de graines de chardon. C’est aussi le titre du nouveau roman fantastique de Donna Tartt comme un clin d’œil à la charmante peinture, datant de 1654, de l’artiste néerlandais Carel Fabritius. Bien qu’étant de petite taille, l’œuvre de Fabritius est considérée comme étant l’un des joyeux de la peinture hollandaise. Il n’en fallait pas plus pour que Tartt fasse de l’oiseau de Fabritius la pièce maitresse de son fabuleux et dickensien roman, un roman qui démontre tout le talent de conteur de l’auteure, le tout orchestré de façon remarquable piégeant le lecteur dans un univers immersif qui invite à se délecter de chacune des pages jusqu’au bout de la nuit.

« Le Chardonneret » est à la fois un thriller impliquant le vol et la disparition de la peinture de Fabritius, mais aussi un portrait panoramique de New York, et d’une certaine manière de l’Amérique post 11 septembre. Les intrigues du roman ont la saveur des romans d’antan comme « Les grandes Espérances » de Dickens, où il est question de l’histoire d’un orphelin, de son éducation morale et sentimentale et de son mystérieux bienfaiteur. Ce nouveau roman démontre une fois de plus l’incroyable de talent de Tartt dans l’écriture de roman à suspense et sa façon unique de faire vivre ses personnages comme elle le faisait déjà magistralement dans son roman « Le maitre des illusions ».

Cette œuvre nous montre combien Tartt arrive à émouvoir ses lecteurs, comment elle peut traiter de questions philosophiques graves et les incorporés dans des questions plus générales - comme distingués une véritable antiquité de contrefaçons -.

Le côté théâtral et presque volontairement gothique dans « Le Maître des illusions » laisse ici la place à une prise de conscience profonde sur ce qu’est la mortalité et les pertes qui définissent la condition humaine ; sa maitrise et l’approche cérébrale de ses personnages dans ce roman font place à une vive évaluation des complexités de l’esprit et du cœur.

Le narrateur et héros de « Le Chardonneret » est Theo Decker, un gamin intelligent de 13 ans, vivant seul à New York avec sa mère dans un petit appartement à Manhattan, son père, alcoolique invétéré, les ayant abandonnés un jour, subitement, sans laisser de traces. Aussi, Théo a développé une peur profonde de la solitude, craignant que sa mère aussi l’abandonne. Les mathématiques que Theo apprenait à l’école lui servaient donc surtout à compter les heures et les minutes depuis le départ de sa mère de la maison et à faire des suppositions sur le lieu où elle pourrait se trouver et quand elle rentrerait.

Puis un jour, c’est le drame ! Theo et sa mère sont au Metropolitan Museum of Art pour voir une exposition de son tableau préféré – « Le Chardonneret » - lorsque des terroristes font sauter une bombe. La mère de Theo est tuée et la vie du gamin ne sera plus jamais la même.

Dans la confusion générale, Théo fait une étrange rencontre avec un vieil homme blessé et en plein délire. L’homme, qui s’avère être l’oncle d’une belle jeune fille nommée Pippa que Theo avait entrevu au musée avant l’explosion, supplie Theo de sauver « Le Chardonneret » du déluge de feu et lui remet une bague puis lui chuchote des mots énigmatiques : « Hobart et Blackwell. Appuie sur la sonnette verte. » Au sortir du musée, avec les mystérieux objets en sa possession, Theo entre dans un nouveau chapitre de sa vie.

Bientôt, Theo vit à Park Avenue avec les Barbour, riche famille de son ami d’école Andy, tout en travaillant comme apprenti auprès James Hobart, ancien partenaire d’affaires du mourant dans le musée et expert en restauration d’antiquités vivant au-dessus de sa vieille boutique de curiosité à Greenwich Village. Bien que Theo avait l’intention de rendre l’œuvre qu’il avait subtilisée au musée, avec le temps passant, il lui était de plus en plus difficile de se séparer de cette peinture ayant développé un attachement émotionnel profond à l’œuvre, qu’il considère désormais comme un talisman de sa mère bien-aimée.

Quoique cet enchainement d’évènements semble hautement improbable, Tartt est adepte des codes du roman Dickensien – y compris les coïncidences surprenantes qui se muent en soudaine bonne fortune – qu’elle emprunte pour donner à l’histoire de Theo une dimension dure, ainsi que le caractère profondément aléatoire de la vie et le sens de l’humour parfois cruel du destin.

En même temps, les rebondissements puis le retour au calme dans la vie de Theo en disent long sur le rêve américain en lui-même : la promesse du renouveau et de secondes chances, la perpétuelle capacité à se réinventer. De la même manière, les pérégrinations de Theo sont une fenêtre ouverte sur l’évolution du paysage américain et ses bouleversements sociaux. Toujours est-il qu’à peine Theo commence à avoir un semblant de stabilité, apporté par les Barbour et les Hobart, que son vaurien de père, Larry, refait surface avec l’intention de faire valoir ses droits parentaux et étrangement désireux de débarrasser l’appartement de sa défunte femme. Parieurs invétérés, Larry et sa copine ne tardent pas à amener Theo loin de son quotidien pour le désert du Texas.

Tart capture « le vide sidéral » de ce lieu, plein de maisons vides saisies, aussi fidèlement qu’elle l’a fait avec New York. En effet, elle restitue merveilleusement l’anonymat et la ruche qu’est Midtown Manhattan sous la pluie que les rythmes d’un petit village et les néons de Vegas avec précision et acuité.

Il est clair que Theo souffre d’un stresse post-traumatique dû à l’attentat du musée couplé au chagrin de la perte de sa mère, sentiments qui s’accroit bien évidemment dans le désert solitaire du Nevada. Il trouvera son salut en faisant la connaissance d’un nouvel ami : Boris, un enfant de la rue aussi drôle que grossier qui a grandi dans plusieurs pays notamment l’Australie, la Russie et l’Ukraine et qui jouera le rôle de Artful Dodger dans le « Oliver Twist » de Theo. Le personnage de Boris montre la capacité de Tartt à insuffler de la vie et de la profondeur à ses personnages donnant l’impression au lecteur qu’ils ont une vie propre au-delà des pages.

Même les personnages secondaires sont finement dépeints dans « Le Chardonneret » : la mère de Théo, vive et squelettique, une fille du Kansas devenu mannequin puis étudiante en histoire de l’art, source intarissable de connaissances à propos de New York et maman poule de son unique enfant ; Pippa, l’espiègle, une jeune fille rousse que Theo considère également comme une survivante et une sorte d’âme sœur.

A Las Vegas, Theo et Boris vont passer beaucoup de temps à boire et à se défoncer, mais avec des motivations différentes. Comme Boris l’avouera plus tard : « J’essayais de m’amuser et d’être heureux [...] Toi, tu voulais mourir. C’est différent. » En fait, le traumatisme de la mort de sa mère et l’angoisse que quelque chose de terrible soit arriver à son père ont amené Theo à développer une forte dépendance aux opiacés.

De retour à New York, Theo rejoint la boutique d’antiquité d’Hobart et tente de reprendre sa vie en main. Il ne fallut pas longtemps pour qu’il se retrouve dans une situation délicate de nouveau : un client menace de dévoiler qu’ils vont passer des faux pour des antiquités rares et couteux, et les enquêtes sur la disparition du tableau « Le Chardonneret » battent leur plein. Il y a même des théories absconses comme quoi la peinture servirait de monnaie d’échange dans les transactions de trafic de drogues.

Tartt raconte ces évènements avec une maitrise complète et la verve narrative, donnant même un sentiment de fatalisme aux évènements les plus improbables, le tout orchestrer d’une main de maitre et des actions gagnant en intensité à mesure que l’histoire se développe, en témoigne la rencontre de Theo avec de dangereux criminels qui convoitent eux aussi le « Le Chardonneret ». Mais ce livre n’est pas seulement un récit narratif à suspense, il s’agit aussi d’une histoire d’amitié entre deux personnes, Theo et Boris, et ils auront à n’en point douter une place de choix dans l’esprit et le cœur du lecteur.

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Crime et châtiment de Fedor M Dostoievski | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/crime-et-chatiment/117Tue, 24 Mar 2015 21:25:24 +0000Image de l'article

De nos jours, quand on pense à la Russie, on pense surtout aux goulags, aux opposants politiques, et autres journalistes, assassinés en pleine rue et surtout au Kremlin, ancienne résidence des tsars, aujourd’hui occupé par un ancien agent du KGB qui dirige la Russie, apparemment, d’une main de fer. Alors propagande occidentale ou réalité ? Chacun se fera son idée. Mais on pense moins aux œufs de Fabergé, créé par le génial joaillier Pierre-Karl Fabergé, et encore moins au monument de la littérature russe qu’est Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski.

Les romans de Dostoïevski sont empreints d’une ambiance angoissante. Le libre arbitre ainsi que la question du divin y sont souvent évoqués. Son roman « Crime et Châtiment » paru en 1866 n’échappe pas à la règle.

Dans « Crime et Châtiment », Dostoïevski nous fait découvrir la Russie de l’époque tsarine, la misère extrême du peuple et une question existentielle : la fin justifie-t-elle les moyens ? Ainsi, l’auteur nous amène dans les coulisses de la vie de Raskolnikov, ancien étudiant pétersbourgeois, endetté jusqu’au cou. Un jour, en manque d’argent, Raskolnikov  se rend chez une vieille prêteuse à gage, Alona Ivanovna,  pour mettre en gage les derniers objets qu’il possède. C’est alors que tout se déclenche. Pourquoi cette vieille possède-t-elle autant d’argent alors que d’autres, plus jeunes et pleins de vie, meurent de faim ? Assassiner cette seule personne pour permettre à des milliers de personnes de vivre décemment grâce à ses biens est-ce vraiment un crime ? Ne serait-ce pas plutôt un bienfait pour toute l’humanité ? De plus, cette vieille, particulièrement méchante et cupide, prévoit de léguer toute sa fortune au monastère du coin, laissant pour seul héritage à sa sœur, Lisaveta, les meubles… Alors, se débarrasser d’un être aussi méchant, est-ce vraiment un crime ? « Est-ce que des milliers d’actes bons et utiles n’effaceront pas ce tout petit meurtre ? » Les choses ne sont, bien évidemment, pas aussi simples.

Quoi qu’il en soit, la graine du crime - crapuleux - et du meurtre - odieux -, à l’encontre de la vieille Ivanovna, avait germé dans l’esprit de Raskolnikov. Aussi, un soir en apprenant par hasard que la sœur de cette dernière, Lisaveta, serait absente le lendemain au matin, il décide de mettre en œuvre l’attentat qu’il murissait depuis longtemps. N’étant pas un meurtrier « professionnel », les choses ne se déroulent pas tout à fait comme prévu et la sœur de la vieille perd aussi la vie dans le drame. Dès lors, Raskolnikov ne sera plus jamais le même. « Le terrible aveu dansait sur ses lèvres », il ressentait le besoin grandissant de soulager sa conscience alors qu’il n’était nullement soupçonné du meurtre. C’est là qu’entre en scène un inspecteur de police, une espèce de « lieutenant Colombo », qui ne va arrêter de le harceler dans le but de lui faire avouer son abominable crime.

Au travers de la vie de Raskolnikov, Dostoievski se fend aussi d’une critique de la société de façon générale et de la société russe en particulier. Il dénonce la misère, le manque de compassion envers son prochain et l’avènement du « pognon » roi. « La compassion est même interdite par la science et que l’on fait déjà ainsi en Angleterre, où il y a de l’économie politique. »

Cette œuvre est aussi emprunt d’un discours philosophique sur ce que représente le crime, « réaction contre un ordre social anormal », et ce qu’est la conscience. Certaines personnes affirment que l’infamie de l’homme se fait à tout. À lire l’auteur, je n’en suis plus aussi sur. Car, voyez-vous, il y a une chose qu’on appelle la conscience et on ne cause pas impunément du tort à son prochain sans que cette conscience nous pousse à faire notre mea-culpa. Pour jouir de son crime en toute impunité, il faudrait contester à son prochain sa condition humaine. D’ailleurs, Raskolnikov compare, pour justifier son acte, la victime à un pou. Cela rappelle furieusement les théories fumeuses sur les « êtres inférieurs » lors des grandes conquêtes coloniales et l’extermination des Indiens d’Amérique qui n’étaient, aux yeux de leur bourreau, que des « sauvages », des bêtes en somme. Sans conscience, l’être humain n’est pas mieux qu’une meute de loups dont les membres sont capables de s’entre-dévorer entre eux ! Et il se trouve que Raskolnikov n’est pas dépourvu de conscience puisqu’il comprendra plus tard qu’en mettant à mort la vieille Ivanovna ce matin-là, c’est aussi lui-même qu’il mettait à mort…

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Que ta volonté soit faite de Maxime Chattam | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/que-ta-volonte-soit-faite/116Fri, 06 Mar 2015 05:40:33 +0000Image de l'article

Le Mal est quelque chose d’intangible et de fascinant. Quant à savoir si c’est la société qui rend l’homme mauvais ou ce serait à cause de sa nature foncièrement mauvaise, chacun a plus ou moins son avis sur le sujet. Il y a cette psychiatre formidable, Magali Bodon-Bruzel, dont le quotidien consiste à aider les fous dangereux, des hommes que toute la société considère comme perdus, qu’elle raconte formidablement dans son livre « L’homme qui voulait cuire sa mère », et à l’extrême opposé il y a ce politique, dont je tairais le nom, qui voulait détecter les troubles du comportement chez l’enfant et le prendre ainsi en charge avant qu’il ne passe à l’acte comme s’il y avait un gène de la délinquance… Soyons sérieux, l’être humain est beaucoup plus complexe que cela ! Des personnes, ayant reçu tout l’amour du monde, peuvent s’adonner au Mal tandis que d’autres ayant vécu une enfance extrêmement difficile essaieront de s’en éloigner le plus possible. Maxime Chattam, dont la fascination pour la Mal n’est plus à démontrer, a décidé dans son dernier livre, « Que ta volonté soit faite », de traiter de ce concept et de raconter l’histoire d’un homme né dans la violence.

Dans « Que ta volonté soit faite », Maxime Chattam nous raconte l’histoire d’une petite ville, Carson Mills, et d’un enfant, Jon Petersen, né dans le sang. Quand les enfants « [normaux] pénètrent dans le monde par le biais des vivants, [Jon] lui ne rencontra que des morts pour l’accueillir ».

L’histoire de la naissance de Jon est compliquée, son père et sa mère sont issus de deux courants différents du christianisme, méthodiste et luthérien, qui n’ont pas l’habitude de se mélanger, chacun tenant à son église. Aussi, quand la mère de Jon, Willema, tombe enceinte le père de cette dernière voit rouge et interdit formellement aux deux amants de se revoir. À la naissance de Jon, tout dégénère. Son père, Lars Petersen, bien décidé à voir son enfant, voulut se débarrasser du vieux père de Willema, Saul. Ce dernier dans un dernier excès de rage tire dans le tas et tue toutes âmes qui vivent dans la maisonnette avant de passer lui-même l’arme à gauche. Jon échappe miraculeusement à la mort, mais c’est dans ce climat de haine et dans une marre de sang qu’il arrive dans le monde des vivants.

Cette histoire n’est pas sans rappeler la célèbre série télévisée « Dexter » diffusée par Showtime et adapter du roman de Jeff Lindsay « Ce cher Dexter ». Comme Jon, Dexter Morgan et son frère baignent dans le sang de leur mère, une nuit durant, dans un container. Ces évènements traumatisants vont forger sa future personnalité. Dexter se mue alors en véritable tueur en série dont le credo est de se débarrasser (comprendre : assassiner, démembrer et se débarrasser des restes dans une baie) des autres tueurs en série "maléfiques" contrairement à son frère qui lui devient un tueur en série « classique »…

Dexter et Jon partagent le même Mal, mais il ne se manifeste pas de la même manière. Le premier tue pour rendre « justice » et le second s’adonne au Mal dans l’unique but de se sentir tout puissant et briser la vie des jeunes fleurs qu’il cueille et souille avec ses penchants malsains. D’ailleurs, Jon est un grand amateur de coquelicot, une fleur qui se fane dès l’instant où on la cueille. Mais nous allons un peu trop vite.

Avant d’en arriver là, il faut dire que Jon a eu une enfance particulière à cause de la tragédie qui entoure sa naissance. Il est rejeté par les enfants de son âge, qui ne manquent pas une occasion pour lui balancer des propos cruels à la figure, et les adultes le prennent pour un demeuré. « Le monde ne l’aimait pas, il en était parfaitement conscient » et tout cela laissait Jon de marbre, pourvu qu’il y ait des fourmilières à détruire. En effet, le défouloir favori de Jon Petersen c’est la destruction de fourmilières jusqu’au jour où des gamins, venus l’embêter dans son havre de paix, lui suggèrent qu’il y a des jeux bien plus amusants.

Non contents de le malmener de manière bien cruelle, ses assaillants lui suggèrent de regarder la plus jeune de ses tantes, Hanna, d’une autre manière. Elle aurait « la chatte plus chaude que l’enfer ». Et Jon aime l’enfer. À partir de ce jour, ce garçon qui se bornait à torturer quelques malheureuses fourmis va changer du tout au tout. Jon se met à détester encore plus les faibles et la faiblesse. D’abord, il va se venger de façon terrible sur le chef de ses assaillants, troquer ses fourmis contre les chiens et chats de ses voisins qu'il torture et met à mort, et pour couronner le tout, obnubiler par la chatte de sa tante plus chaude que l’enfer, il ne manquera pas de la violer de la façon la plus ignoble !

Cet évènement marquera un tournant dans la vie de l’adolescent, la quête pour retrouver les sensations ressenties cette nuit-là, alors qu’il violait sa tante, le hantera tout le restant de sa vie. Sa capacité de nuisance et le Mal qui l’habite ne cesseront de grandir depuis. Et comme tous ceux qui s’adonnent au Mal, il ne l’emportera pas au paradis…

Au-delà de la fiction, Maxime Chattam touche du doigt ce qu’est réellement le Mal. On ne peut qu’être d’accord avec lui quand il compare l’être humain à une série d’interrupteurs qui s’activent et se désactivent au gré des évènements qu’il traverse. D’ailleurs, le fils que Jon aura plus tard, Riley, suivra un chemin diamétralement opposé à celui choisi par son père. Comme quoi une mauvaise terre n’engendre pas forcément une mauvaise récolte et on est tous des acteurs actifs de nos destins.

La fin du livre est emmaillée d’un discours mystico-spirituel qui fait un peu de tort au livre à mon avis, mais donne tout son sens au titre « Que ta volonté soit faite »... Quoi qu’il en soit, ce thriller fort intéressant signé Maxime Chattam aurait gagné plus de puissance si l’auteur avait décidé d’embarquer le lecteur vers une fin dans le même esprit que le début du livre, c’est-à-dire une histoire savoureuse, parfois effroyable, bien ficelée et magnifiquement racontée !

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Nocturne indien de Antonio Tabucchi | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/nocturne-indien/115Tue, 24 Feb 2015 16:37:29 +0000Image de l'article

La littérature française est très riche et tous les genres littéraires y sont plus ou moins représentés. Mais connaissez-vous beaucoup d’auteurs italiens ? Si je vous demandais de m’en citer un seul, en seriez-vous capable ? Pour ma part, je commencerais par Saint François d’Assise, Dante Alighieri, l’auteur de la Divine Comédie, ou encore Carlo Collodi, le père de Pinocchio. Oui, mais tous ces romanciers ont œuvré entre le début du XIIIe et la fin du XIXe siècle.

En revanche, il m’est impossible de citer un seul auteur italien contemporain. Non parce qu’il n’y en a pas, mais seulement parce qu’ils ne semblent pas avoir un écho international. Aussi, quand j’ai découvert « Nocturne indien » de Antonio Tabucchi, je me suis dit que c’était l’occasion idéale de faire découvrir cet auteur qui vaut vraiment le détour ! Cela me permet également de sortir du schéma franco-français qui semble faire la loi sur le site (attention, ce n’est pas une critique, hein ! Quoique …).

« Nocturne indien » raconte l’histoire d’un homme à la recherche de son ami. Ce dernier a été aperçu pour la dernière fois en Inde. L’Inde, le pays de tous les mystères, des « intouchables », du mysticisme, et des dieux en tout genre. D’ailleurs, en Inde, « être athée, c’est la pire des malédictions. » Les pro-religions de tout bord apprécieront… Bref.

Le héros d’Antonio Tabucchi part donc sur les traces de son ami, Xavier Janata Pinto, disparu en Inde depuis presque un an. Son aventure l’amènera à rencontrer des personnages hauts en couleur, à se frotter à l’Inde profonde et finira par trouver en quelque sorte ce qu’il recherchait...

Ce court roman de 119 pages est très bien écrit, et, contrairement aux apparences, il s’agit ici d’une quête de soi. Comme quoi « il faut [vraiment] voir les choses de loin [et se méfier] des morceaux choisis ».

L’auteur, Antonio Tabucchi, n’est, quant à lui, pas très connu, mais cela n’a pas empêché le succès de l’adaptation de son roman au cinéma en 1989, sous le même titre, par le réalisateur Alain Corneau avec comme acteurs principaux Jean-Hugues Anglade et Clémentine Célarié entre autres.

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Tromper la mort de Maryse Rivière | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/tromper-la-mort/114Sun, 08 Feb 2015 14:02:32 +0000Image de l'article

Que veulent réellement dire les prix littéraires ? Un comité qui se réunit pour décerner le prix du meilleur livre dans telles ou telles catégories me laisse souvent perplexe. La lecture étant quelque chose de très personnel, le choix du jury rencontre rarement les faveurs du public (sauf pour les prix prestigieux pour lesquels l’effet médiatique joue un rôle prépondérant). Je fais partie de cette frange de la population qui fait de la résistance aux prix littéraires. Mais, ne dit-on pas qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis?

Que dire ensuite si ce prix est décerné pas par des professionnels de la littérature, mais par des gens dont le métier est décrit et encensé dans les livres en question ? Ce curieux mélange donne le "Prix du quai des Orfèvres" qui récompense le meilleur roman policier, en langue française, de l’année. L’heureux gagnant reçoit la somme de 777 euros, et est assuré d’une bonne vente - bénéficiant de plus de visibilité dans les librairies -. Cette année, c'est Maryse Rivière qui remporte ce Graal avec son roman « Tromper la mort ».

« Tromper la mort » est le récit d'un libraire sans histoire, qui, après un choc à la tête, se mue en véritable tueur en série. L'homme en question s'appelle Yann Morlaix et son histoire débute avec sa traque dans les catacombes de Paris. Le croyant mort, les policiers bouchent les entrées des catacombes sans se rendre compte que Morlaix a réussi à s'échapper. Ce dernier parvient ensuite à fuir le pays pour l'Irlande avec l'aide de son ami d'enfance Michel Le Bihan, un professeur indépendantiste œuvrant pour la libération de la Bretagne.

À ce sujet, on se demande parfois s'il s'agit d'un roman policier ou d’un roman en faveur de l'indépendance de l'Irlande. N'ayant aucune opinion là-dessus, j'aurais souhaité que l'auteure ait la main moins lourde sur ce sujet qui est quand même très récurrent dans son roman. Je n'ai rien contre les romans idéologiques, bien au contraire, mais j'apprécie quand c'est fait avec finesse… Et l'incrustation de mots anglais à tout bout de champ est pénible. Pour la défense de l'auteure, je crois qu'elle voulait initier le lecteur à ce pays beau pays qu’est l’Irlande. Les amoureux de ce pays et de sa culture y trouveront surement leur compte. Mais me concernant, cela ne m'a pas trop donné l'envie d'aller en pèlerinage dans ce pays des mythes et légendes.

Quoi qu'il en soit, Yann Morlaix se retrouve dans la bande à Charlie, un mafieux Irlandais, ancien membre de l'IRA (Armée Républicaine Irlandaise). Charlie le prend sous son aile comme homme de main dans sa "multinationale" du crime pour effectuer diverses commissions, notamment le transport de stupéfiants. La nature reprenant toujours le dessus, Morlaix ne tarde pas à faire de nouvelles victimes dans son nouveau pays d'adoption. Les flics du 36, quai des Orfèvres mis au parfum par leurs collègues irlandais s’en voudront de s'être laissé berner aussi facilement par Morlaix. Afin de rattraper leur boulette, ils enverront Damien Escoffier, flic du 36, pour assister la police irlandaise dans la traque du criminel aux poings d'acier. En effet, Morlaix à une prédilection pour la strangulation de ses victimes, de préférences blondes et ayant des prénoms tirés de la mythologie irlandaise. Et comme tout bon psychopathe, Morlaix se sent investi d’une mission : celle de délivrer ses victimes de leurs malheurs ! Le roman présente aussi une dimension religieuse puisqu’après chaque passage à l’acte, Morlaix envoie des extraits du « Livre de Kells » à son ex-femme internée, comme pour confesser son crime…

« Tromper la mort » est une enquête policière haletante entre Paris et Dublin, en passant par la Bretagne. Nos supers flics du 36 nous montrent encore une fois à quel point ils sont passionnés. Sous leur vigilance, vous pouvez dormir tranquille braves gens – d’un œil tout de même, car comme dirait Molière, ce sont souvent des médecins après la mort - !

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Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique de Michel Onfray | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/essai/haine-et-religion/113Wed, 21 Jan 2015 06:03:18 +0000Image de l'article

Après les attentats du 7 janvier, je crois qu’il était nécessaire de prendre du recul afin de traiter correctement les évènements. Face à tant de barbarie, une seule question me revenait sans cesse, en boucle : pourquoi tant de haine ?

Les terroristes se réclamant eux-mêmes de groupes islamistes radicaux, je me suis alors demandé ce qu’était la religion ? Les trois grandes religions monothéistes cautionnent-elles ce type d’actes ? Si tel n’est pas le cas, comment des extrémistes justifient-ils leurs appartenances, sans vergogne, à telle ou telle religion pour justifier leurs méfaits ?

C’est alors que je me suis souvenu d’un essai de Michel Onfray, « Traité d’Athéologie », que j’avais lu il y a quelque temps déjà. Je laisserai tout un chacun être le juge du plaidoyer en faveur de l’athéisme, mais ce qui m'intéresse présentement dans ce livre, c’est la biographie très fournie sur les trois grandes religions monothéistes. En effet, Michel Onfray étant un universitaire, ses livres fourmillent souvent de références bibliographiques. Et, n’ayant ni le temps ni l’envie de m’immerger dans les trois grands Livres, puiser mes références dans « Traité d’Athéologie » me convenait très bien. J’espère à mon tour qu’en vous faisant une critique de ce livre, vous apprendrez vous aussi beaucoup de choses sur la religion, sur les religions.

La religion et la raison : Le réel n’est pas, en revanche la fiction si.

Michel Onfray débute son livre « Traité d’Athéologie » par expliquer ce qui selon lui a permis l’émergence de la religion. En effet, la naissance de la religion (mono ou polythéiste) serait due à « la peur, la crainte, l’incapacité à regarder la mort en face ». Aussi, plutôt que d’accepter un réel qui consiste à accepter le néant, le vide, après la mort, les hommes préfèrent croire à des « fables » comme le paradis et autres joyeusetés afin de rendre l’inéluctable plus facile à appréhender. On préfère alors se réfugier dans « la foi qui apaise – plutôt - que la raison qui soucie ».

L’avènement des religions monothéistes à amener, selon l’auteur, au refoulement du vivant pour produire la passion de la mort. Aussi, les grandes religions prêcheraient la haine du monde d’en bas (le réel) au profil du monde d’en haut (utopique et fantasmé). Pour arriver à un tel tour de force, les religions se sont munies de préceptes invitant à la dissociation de la raison et de la religion. Aussi, aucun croyant d’aucune religion n’accepte un débat sur le bien-fondé des enseignements dispensés dans son Livre « car, en déclarant ces deux mondes séparés, la raison renonce à ses pouvoirs, elle épargne la foi, la religion est sauvée ».

D’ailleurs, les religions, quelles qu’elles soient, ne souffrent qu’on leur résiste. Le courroux divin n’est jamais très loin pour mettre à mort la Raison, l’Intelligence et l’Esprit Critique, selon l’auteur. Il poursuit, en citant la Genèse, qui invite les fidèles à se contenter de croire et d’obéir, le Coran qui invite à la même chose, d’ailleurs le mot musulman signifie étymologiquement « soumis à Dieu et à Mahomet ».

Aussi, depuis des siècles, on aime mieux la soumission à la Loi, donc aux prétendus dépositaires de la parole divine, plutôt qu’à la Pensée, au Raisonnement et à la Connaissance. Le Coran et la Torah vont d’ailleurs plus loin en détaillant de façon millimétrique le quotidien de leurs fidèles. Les usages de la table, les comportements au lit, les récoltes des champs, la texture et les couleurs de la garde-robe, l’emploi du temps heure par heure… tout y passe. Yahvé aurait d’ailleurs explicitement demandé à Moïse de veiller au respect scrupuleux de ces règles - Lévitique (XXI, 16).

Cette haine de l’intelligence des religions monothéistes a conduit à une régression de l’humanité selon l’auteur. Et de rappeler les innombrables scientifiques condamnés, et parfois guillotinés, par le Clergé parce qu’ils véhiculaient des « pensées dangereuses » au gout de l’Église. Galilée représenterait l’emblématique « haine de l’Église pour la science et du conflit entre Foi et Raison », écrit Onfray.

Les trois livres s’accordent sur cette haine de la science : transformisme ? Évolutionnisme ? Inconnu au bataillon. Les sciences sont acceptées uniquement si elles servent le fait religieux.

Le dernier dieu disparaîtra avec le dernier des hommes, selon l’auteur, car c’est ancré dans l’imaginaire populaire que « si Dieu n’existe pas, alors tout est permis ».

L’origine des trois Livres

La date de parution des trois Livres est inconnue ainsi que les péripéties de leur établissement. Les tenants des religions maintiennent volontairement le flou et mettent en garde quiconque s’intéressant de trop près à cette question. Ce qui permettrait d’entretenir le mythe selon lequel ces Livres auraient des origines divines.

La Bible est un ouvrage composé par divers auteurs et relève d’une composition historique selon l’auteur. Je vous conseille d’ailleurs l’excellent livre d’Emmanuel Carrere – Le royaume (Edition P.O.L, 2014). Aucun évangéliste n’a connu personnellement Jésus. La haine judéo-chrétienne de soi, du monde et du corps serait l’œuvre de Paul de Tarse qui aurait détourné l’enseignement initial de Jésus. Le premier corpus de la Bible chrétienne voit le jour sous l’empereur Constantin sous la plume d’Eusèbe de Césarée à partir vingt-sept versions dans la première moitié du VIe siècle. Le corpus définitif est établi par le concile de Trente en 1546, à partir de la Vulgate, elle-même issue de la traduction d’un texte hébreu, par saint Jérôme, entre le IVe et Ve siècle.

Les juifs mettent autant de temps à établir leur corpus. Certains textes de la Torah dateraient du XIIe siècle avant J.-C. Vers l’an 100, les rabbins fixent le détail de la Bible hébraïque. Au début du IIIe siècle, ils calligraphient sur des rouleaux l’enseignement de la Torah (la Mishna). Vers 500, des rabbins émigrés de la Palestine achèvent le Talmud de Babylone, un commentaire de la Mishna. Mais ce n’est qu’en l’an 1000 que le texte de la Bible hébraïque est définitivement fixé.

C’est également à cette période que les musulmans établissent une version définitive du Coran à partir de plusieurs versions. Pour cela, il a fallu confronter des dialectes, unifier la syntaxe, séparer versets abrogeant et versets abrogés pour « éviter une incohérence trop criante ». Mahomet n’aurait pas écrit le Coran, le livre aurait vu le jour « en tant que tel seulement vingt-cinq ans après sa mort ». Comme les chrétiens avec la résurrection de Jésus et la Vierge Marie, les musulmans ont choisi, eux aussi, de mettre dans le Coran une sourate « imprudente »  affirmant que le Coran provient directement d’Allah (IV, 82). Pour preuve, ils avancent l’inexistence de contradictions dans le livre divin qui aurait été dicté sur vingt années, à la Mecque et à Médine. Michel Onfray s’évertue d’ailleurs à déconstruire ce mythe avec des exemples bien concrets. Les Hadiths dateraient du IXe siècle soit deux siècles après la disparition du Prophète. Marwan, gouverneur de Médine à l’époque, récupère et fait détruire les versions existantes afin d’en garder une seule pour éviter toute confrontation historique.

Les paroles divines que les fidèles revendiquent en tant que telles auraient donc des « origines très humaines ». Les trois Livres monothéistes auraient le don de la contorsion. Ainsi, le même livre permettrait de justifier deux hommes évoluant aux antipodes de l’humanité : l’un tendant vers la sainteté et l’autre vers la barbarie.

En effet, les contradictions dans les Livres permettraient de dédouaner le barbare aussi bien que le saint. Pourtant, les adeptes des religions sont souvent prompts à remarquer la paille dans l’œil du voisin sans se soucier de la poutre dans le sien. « La tolérance n’est pas leur vertu première », écrit Onfray.

Ainsi, mollahs et ayatollahs tâchent de donner du sens et de la cohérence à des textes contradictoires en jonglant avec les sourates, les versets et les milliers de hadiths conduisant à des situations incongrues et des interprétations parfois farfelues.

Vous avez dit amour du prochain ?

Toutes les trois grandes religions monothéistes prêchent la paix, la non-violence, l’amour du prochain, la tolérance… Tout le contraire de guerre, violence, peine de mort, Croisades, Inquisition, colonialisme, jihad.

Étymologiquement, jésus signifie « Dieu sauve, a sauvé, sauvera ». La religion chrétienne est une religion très spirituelle au départ et fondamentalement non violente comme le laisse penser la parabole de l’autre joue tendue pour un coup donné à une joue (Matthieu, V, 39 ou Luc, VI, 29). Mais la colère christique s’abattant sur les marchands du Temple, chassés à coups de fouet (Jean II, 14), laisse songeuse. Le même Jésus qui refuse de rendre coup pour coup, chasse violemment des marchands accusés de faire du commerce devant la maison de son Père. À cause de cet acte, on justifie « les Croisades, l’Inquisition, les guerres de Religion, la Saint-Barthélemy, les bûchers, l’Index, mais aussi le colonialisme planétaire, les ethnocides nord-américains… », écrit Onfray. Ce n’est pas tout, ce même Jésus qui prône la non-violence, maudit les pharisiens et scribes hypocrites (Luc XI, 42-52), promet l’Enfer aux individus qui ne croient pas en lui (Luc X, 15), déclare que qui n’est pas avec lui est contre lui (Luc XI, 23) ou encore quand il dit être venu non pas pour la paix, mais pour le glaive (Mat. X, 34). Il en fallait peu à Constantin, le chef de guerre auto-proclamé treizième apôtre, pour mettre sur pied un Empire totalitaire qui édicte des lois violentes à l’endroit des non-chrétiens. Dès 380, les non-chrétiens sont condamnés à l’infamie, et pendant ce temps, les chrétiens pillent, ravagent et persécutent les païens…

« Au nom de Dieu : celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux » (I, 1). Le Coran comporte cent vingt-quatre sourates qui, à l’exception de la neuvième, commencent toutes par cette phrase. La tradition islamique donnerait quatre-vingt-dix-neuf noms à Dieu, le centième étant révélé seulement dans la vie future. Parmi ces noms, certains interpellent : celui qui avilit – Al-Mouhill –, celui qui fait mourir – Al-Moumit –, le vengeur – Al Mountaqim –, celui qui peut nuire aux personnes qui l’offensent – Al-Darr. L’histoire aurait pu s’arrêter là – après tout, ce ne sont que des noms – sauf que Mahomet est décrit comme un brillant stratège et tacticien de guerre (VIII, 30) utilisant la ruse – qui est une vertu des cyniques - avec brio (III, 54). Il n’hésite pas à recourir à la violence et décide de la mort (II, 156), réserve des châtiments exemplaires aux incrédules (IV, 102), Maître de la vengeance (V, 95 et III, 4), anéantit les mécréants (III, 141), invite à tuer les incrédules (VIII, 39) et les polythéistes (IX, 5), mais leur offre aussi l’asile (dhimma) (IX, 6) – Sous réserve de payer un impôt (jizya) ; mais, miséricorde oblige, célèbre aussi le pardon (VIII, 199), l’oubli (V, 13) et la paix (XLVII, 29). Michel Onfray cite également une sourate qui sert souvent de refuge aux adeptes modérés de l’islam : « tuer un homme qui n’a pas commis de violence sur terre, c’est tuer tous les hommes, de même en sauver un seul, c’est les sauver tous (V, 32) ». Ceci ferait de l’islam une religion de paix. Il faudrait alors faire abstraction des sourates suivantes : interdiction de se marier avec un non-musulman (III, 28) ; interdiction de prendre pour amis des juifs ou des chrétiens (V, 51), mais permission pour les hommes d’épouser une femme pratiquant la religion des deux autres Livres (V, 5).  Au travers de ces différents versets du Coran, on voit bien qu’on peut prôner soit un islam modéré tendant vers la paix et l’amour du prochain, soit un islam fondamentaliste visant à détruire tout ce qui n’est pas dans la communauté !

Fermons cette partie sur la bonté du cœur avec la Torah. On se souvient tous des dix commandements, remis à Moïse par Yahvé sur le mont Sinaï. Le cinquième commandement, le plus célèbre, disait en substance : « Tu ne tueras pas » (Deut. V, 17). Le même Yahvé, quelques versets plus loin, justifie l’extermination, par les juifs, de pas moins de sept peuples à majorité originaires de la région correspond à l’actuelle Palestine – Canaan -(Deut. VII, 1). Ensuite (Deut. VII, 6), il annonce que les juifs sont le peuple élu, choisi par Dieu, contre tous les autres, malgré tous les autres. Cela serait à l’origine de la légitimation de la colonisation par les Juifs selon l’auteur. Puis plus loin, il est question de l’extermination du peuple de Canaan, « tout doit passer au fil de l’épée (Jos. VI, 21) ». Cela serait « le premier génocide » depuis l’avènement du monothéisme d’après Onfray. L’auteur poursuit en dénonçant la nature résolument guerrière de certains passages de la Torah. Ainsi, la lecture correcte de « Tu ne tueras pas » serait plutôt, «  toi, juif, tu ne tueras pas de juifs ». En revanche, massacrer les « non-juifs, les goys … ne relève plus des dix commandements ». Par cela, la Torah invente l’inégalité éthique, ontologique et métaphysique des races, selon l’auteur. Et bien sûr, illégalité du mariage avec un non-juif.

Les religions monothéistes partageraient une culture de mort, de haine, de mépris et d’intolérance. Aussi, « à cause de l’existence de Dieu tout est permis » au nom d’un Dieu miséricordieux.

De la haine des femmes

Les trois grandes religions partageraient un autre point commun : la haine des femmes et du féminin. Cette haine de la femme serait-elle « la conséquence logique de la haine de l’intelligence ? », se demande Onfray. En effet, l’histoire du jardin d’Eden, commune aux monothéismes, nous enseigne que le péché originel proviendrait de la volonté de savoir de Eve, malgré les mises en garde de Dieu, ce qui conduira l’humanité à l’exil forcé du jardin d’Eden. Depuis, pour elles, point de répit sur terre. Et comme au ciel, elles feront parties de ces éternelles vierges que les heureux élus auront tout loisir de déflorer encore et encore, point de salut pour elles même au royaume de Dieu. Il faut ajouter à cela « la haine de tout ce qu’elles représentent pour les hommes : le désir, le plaisir, la vie ».

À cause de ce péché originel, les trois Livres ne sont pas tendres envers nos semblables féminins. Droit d’ainesse oblige, ouvrons le bal avec le judaïsme. Dès la prière du matin, qui invite chaque homme juif à bénir Dieu, le fidèle est invité à remercier son Seigneur de « l’avoir fait juif, non-esclave et … pas femme (Men. 43b) ». Bah oui, la femme a été créée accessoirement, à partir de la côte d’Adam (Gen. II, 22). Interdiction pour les femmes d’étudier la Torah et bien sûr soumission à son mari.

On enchaine avec le Coran. La femme a été créée secondairement (sourate III, 1), supériorité des mâles sur les femelles, car Dieu préfère les hommes aux femmes (IV, 34), interdiction de laisser ses cheveux à l’air libre, port du voile (XXIV, 30), posséder plusieurs épouses (IV, 3), invitation à se soumettre à tous les désirs sexuels du mari – qui laboure sa femme à volonté, comme sa terre (II, 223), légitimation des coups portés à sa femme en cas de suspicion (IV, 34).

En plus des « traditionnelles » soumissions, la misogynie catholique franchit une étape supplémentaire quand ils vont jusqu’à discuter au concile de Mâcon, en 585, d’un livre intitulé « Dissertation paradoxale où l’on essaie de prouver que les femmes ne sont pas des créatures humaines » d’un certain Alcidalus Valeus…

Les grands perdants de l’histoire : laïc, polythéiste, athée et « peuples primitifs »

Rendons à César ce qui lui revient de droit. Les juifs sont les premiers à s’adonner au monothéisme, mais ce sont aussi les premiers à inventer le concept de guerre sainte avec l’extermination des Cananéens (Ex. XXIII, 23). Il s’agissait ici d’une « guerre totale » n’épargnant ni femme, ni enfant, ni vieillard, ni animal et encore moins les hommes (Ex. XII, 12). Lors de cette guerre pour la conquête de l’actuelle Palestine, Yahvé se propose même d’arrêter le soleil afin que les Hébreux aient le temps d’exterminer leurs ennemis amorrites (Jos. X, 12-14).

Les trois religions monothéistes sont toutes également en faveur de l’esclavage. La traite des noirs, l’humiliation, l’exploitation, le servage, le commerce des hommes, des femmes et des enfants; les génocides, les ethnocides des conquistadores. Dans le domaine, les chrétiens vont exceller. Les conquêtes ethnocidaires des peuples dits primitifs sont un concept très chrétien sans compter les guerres coloniales pour évangéliser tous les continents. D’ailleurs, en dehors de leur coreligionnaire, l’Autre n’est jamais rien d’autre qu’une bête de somme qu’on peut arraisonné et traité comme un objet, écrit Onfray. « Le goy pour le juif, le polythéiste, l’animiste pour le chrétien, le juif, le chrétien pour le musulman, l’athée pour tous, bien sûr ». La malédiction de Noé (Genèse IX), ivre mort qui, dégrisé, apprend que son fils l’a surpris nu dans son sommeil, s’étend à tout un peuple – Canaan pour ne pas le citer. Il se trouve que les Cananéens ne sont autres que les descendants de Cham, le fils en question. Ce texte biblique a justifié pendant des siècles l’infériorité de certains peuples. Le médecin et anthropologue britannique, Charles Gabriel Seligman, avance alors une théorie nauséabonde expliquant la supériorité de la race caucasienne sur la race hamitique - regroupant les populations d’Afrique du Nord, la corne de l’Afrique, l’Arabie du Sud, l’ancienne Égypte -, mais aussi les Sémites, elle-même supérieure aux populations d’Afrique noire, permettant ainsi à des esclavagistes de s’en donner à cœur joie et créant de fait une race d’esclave ! Les chrétiens poussent le vice encore plus loin avec Augustin qui avance que l’esclave doit servir son maitre avec dévolution pour espérer entrer un jour au paradis !  Les musulmans ne sont pas en reste, ils ont pratiqué l’esclave et le Coran ne l’interdit pas.  D’ailleurs, on doit à l’islam l’invention du commerce des esclaves, soutient l’auteur. En l’an mil, un trafic régulier existe entre le Kenya et la Chine, soit neuf siècles avant la traite transatlantique. On estime « à dix millions d’hommes déportés sur mille deux cents ans par les fidèles d’Allah le Miséricordieux, le Très Grand, le Très Humain », écrit l’auteur. On comprend mieux l’attitude de certains noirs qui ne se réclament d’aucune des 3 religions monothéistes et regardent avec incrédulité les extrémistes noirs chrétiens tout comme musulmans se faire la guerre pour défendre leur Dieu…

Impérialisme des 3 Livres

L'Église catholique, apostolique et romaine excelle dans la destruction de civilisations, selon Onfray. On se souvient de la conquête du Nouveau Monde, mais aussi des ethnocides qui suivirent. Tout est bon pour conquérir de nouvelles terres, quitte à tuer, bruler, piller… car il y a toujours des missionnaires qui passeront derrière pour purifier la terre, la Foi est donc sauve !

Les musulmans ne sont pas en reste. Avec l’accession de l’ayatollah Khomeyni au pouvoir, après la chute du shah d’Iran en 1978, le monde musulman a basculé. On utilise désormais le Coran et les hadiths du Prophète pour imposer la charia, gouverner les esprits, les corps et les âmes, selon Onfray. Fini le religieux pour soi, avènement de la religion pour autrui, poursuit-il. Éloge du jihad, justifié par près de « deux cent cinquante versets » (sur un total de six mille deux cent trente-cinq). Paix, amour et miséricorde, mais uniquement pour les membres de l’umma (la communauté musulmane). L’ayatollah Khomeyni présente lui même l’iman comme un guide spirituel, mais aussi politique. « Lui seul dispose du monopole de la lecture correcte du livre saint ». Dès lors, si on prend le cas de la France, il ne peut y avoir que des tensions. D’un côté, vous avez une institution imbibée de tradition judéo-chrétienne et de l’autre vous avez une religion qui est une institution en elle-même…

Le peuple juif, quant à lui, a souhaité n’établir sa domination que sur un territoire, son territoire, sans jamais viser autre chose.

Alors quoi ?

Alors est-on condamné ? Le refus du cynisme à l’Occidental nous condamne-t-il à choisir la barbarie des extrémistes ?

Que Dieu existe ou pas, là n’est pas la question, il est dommage que des fidèles des trois religions monothéistes se voient confisquer leur religion par de prétendus dépositaires de la parole divine qui choisissent sciemment les passages prônant la haine, la destruction et l’anéantissement.  Ces invites, bien qu’existant dans les 3 Livres, sont finalement minoritaires par rapport aux passages invitant à l’amour du prochain, à l’altruisme, à la bonté. Est-il encore possible de rêver d’un monde où « l’Autre ne s’y penserait pas comme un ennemi, un adversaire, une différence à supprimer » ?

Sous couvert de religion, je soupçonne fortement certains groupes mafieux de couvrir leurs méfaits. Les textes religieux sont rarement interprétés de façon universaliste. La bonté est associée aux membres de sa communauté et la fureur, le courroux à tous les autres. Il serait temps qu’on arrête de faire payer au Peuple «  les frais de la perfidie théocratique ». Les prétendus guides spirituels ont à disposition, pour leur plus grand bonheur, des miséreux qui n’ont plus beaucoup à perdre. Le nord du Nigeria avec Boko Haram, le nord du Mali, le sud de l’Algérie, les banlieues françaises… voilà des endroits où les difficultés s’accumulent et où les politiques ont échoué à intégrer parfaitement les individus à la société. Ces types d’endroits constituent, et ont toujours constitués, un terreau fertile pour les intégristes de tout bord. Les politiques doivent prendre leur responsabilité et s’occuper de ces populations. Cette haine viscérale de la France ne peut pas être uniquement à cause d’une divergence de religion. Il y a, je pense, un malaise plus profond dans la société française.

Pour finir, que ce soit à l’égard de cette critique ou des morceaux de versets que l’on vous présente, tacher de voir les choses de loin et méfiez-vous des morceaux choisis !

Nous avons bien évidemment une pensée pour les policiers, les civils et les dessinateurs de Charlie Hebdo tombés à cause de la bêtise humaine. Aux partisans de la théorie du complot, je vous demande un peu de décence à l’égard des familles des victimes. Si vous rejetez tout en bloc, admettez au moins que des gens sont morts parce qu’ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment, parce qu’ils étaient dans l’exercice de leurs fonctions ou parce qu’ils s’amusaient à dessiner. Un peu de compassion, que diable !

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BooklaB de BooklaB | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/bonnes-fetes-a-tous/112Thu, 18 Dec 2014 17:10:19 +0000Image de l'article

Cela fait quelques mois que l’aventure BooklaB a débuté. Nous avons de plus en plus de membres fidèles qui partagent leurs lectures avec toute la communauté. Un grand merci à eux.

Nous prenons un repos bien mérité et revenons l’année prochaine avec de nouvelles critiques toujours plus sérieuses, toujours plus décalées et en une phrase : toujours plus personnelles !

Nous en profitons pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d’année.

À bientôt sur BooklaB et vive la littérature !

L’équipe BooklaB.

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Les Partenaires de John Grisham | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/les-partenaires-de-john-grisham/111Sun, 14 Dec 2014 14:54:00 +0000Image de l'article

Certains thèmes semblent usés dans la fiction juridique. L’histoire d’un bon avocat qui fait plier une grosse société à l’éthique douteuse, malgré les obstacles apparemment insurmontables qui se dressent sur son chemin, a été visitée, revisitée et mise à toutes les sauces. John Grisham est bien au fait de cela, mais pendant que son roman « Les Partenaires » contient tous les ingrédients d’une histoire classique de David contre Goliath, il s’avère être bien plus que cela.

C’est vrai, le héros principal du roman est un David. David Zinc, 31 ans, avocat d’entreprises, qui a passé les cinq dernières années de sa vie à trimer pour Rogan Rothberg, un prestigieux cabinet d’avocats de Chicago, qui est « cinquième par le nombre d’heures facturées par avocat … premier si l’on compte le nombre de nazes au mètre carré ». Un matin, il en a eu assez, il prend alors l’ascenseur pour se rendre au 93e étage, où il travaille, et passe le reste de la journée joyeusement bourré. Après cette petite incartade, il se retrouve dans un cabinet d’avocat médiocre à l’éthique douteuse fondé par deux associés : Finley & Figg. Décrit comme la « boutique » par les deux partenaires, la vraie spécialité de Finley & Figg est le droit des dommages corporels – de vrais chasseurs d’ambulance !

Ayant désespérément envie de changer de vie, David, diplômé en droit d’Harvard, décide de rejoindre la « dernière division » et les persuade de l’embaucher. Il se retrouve rapidement mêlé aux affaires tordues de Wally Figg qui consiste à se faire beaucoup d’argent en rejoignant un recours collectif contre le médicament anti-cholestérol, le Krayoxx, du géant pharmaceutique Varrick Labs, médicament qui serait à l’origine de crise cardiaque et d’accidents vasculaires cérébraux.

Wally et Oscar sont loin d’être le prototype du bon petit avocat véreux. Ils sont plus sournois, ce qui les rend remarquablement amusants. Wally est un alcoolique portant une grosse arme de poing, couche avec une jolie cliente qui n’a pas les moyens de le payer et est l’auteur de réclames décoiffant du style : « Nous Défendons Vos Droits ! », « Tremblez, compagnies d’Assurances ! » etc. Oscar est un ancien flic qui avait « entrepris d’attaquer en justice quiconque passait par là » et mourrait d’envie de divorcer d’avec son épouvantable femme, mais s’y était résigné ne pouvant pas se le permettre.

Wally convainc Oscar et le perplexe David d’intenter un procès contre Varrick pour leur soutirer 100 millions de dollars en s’engouffrant dans la brèche du recours collectif. Mais Varrick croit à son Krayoxx et a une armée d’experts pour attester de sa qualité alors que le petit, minable et inexpérimenté cabinet de Chicago se trouve en procès devant un tribunal fédéral pour la première fois. Ils se retrouvent à défendre « une affaire qu’aucun avocat sain d’esprit ne se hasarderait à plaider [et] une cliente qui est dans les choux la moitié du temps ».

Dans « Les Partenaires », Grisham montre qu’il manie magistralement l’humour. Le roman est truffé d’humour noir et les personnages, notamment Finley et Figg, y sont sournois, hautement louches et merveilleusement charismatiques. C’est ce cocktail détonant qui fait la beauté de ce roman.

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Nos étoiles contraires de John Green | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/nos-etoiles-contraires-de-john-green/110Fri, 12 Dec 2014 08:25:07 +0000Image de l'article

John Green est probablement l’un des auteurs les plus novateurs de la littérature pour adolescents. Son livre le plus connu à ce jour est sans doute « Nos étoiles contraires ». L’histoire tourne autour d’une jeune fille nommée Hazel qui est atteinte d’un cancer.

Hazel rencontre un garçon du nom d’Augustus, dont elle tombe éperdument amoureuse. A eux deux, ils essaient de faire face à la fois au cancer, mais aussi à leur idylle naissante et discutent surtout de livres. Cette histoire est magnifiquement écrite. La mise en abyme avec des références au livre, dont tous les deux sont fans (Une impériale affliction d’un certain Peter Van Houten), a un petit côté « Le Troisième Policier » de Flann O'Brien que les amateurs du genre apprécieront. La trame narrative est absolument fantastique, les personnages sont crédibles et attachants. Hazel et Augustus sont dépeints de façon magistrale et cerise sur le gâteau, ils sont drôles. Il ne s’agit pas ici d’un roman sur la maladie, même si certains passages ont tendance à faire croire le contraire.

« Nos étoiles contraires » est un roman d’amour entre deux jeunes personnes, dont l’une a le cancer. Il y a aussi une certaine tendance philosophique dans le roman avec des discussions sur la signification de la vie et de la mort.

Bien sûr, il est difficile de parler de nos étoiles contraires sans parler de la « brillante » adaptation au cinéma. Elle est à la hauteur du roman et le sublime même - ce qui est rare dans les adaptations cinématographiques. Pour moi, le roman et le film ne font plus qu’un, chacun dépendant l’un de l’autre. Dans ma mémoire, Augustus sera toujours Ansel Elgort – l’acteur qui tient son rôle au cinéma.

Je recommande vivement ce livre. Il est beau, passionnant, drôle… en un mot : magnifique ! Il montre comment une vie courte peut-être infiniment longue, même si c’est dans une moindre mesure.  Il est fascinant, divertissant et éducatif, offrant, aux plus jeunes d’entre nous, la possibilité d’explorer en douceur des questions philosophiques importantes.

Et à la fin, j’ai eu quelque chose dans l’œil (pour la deuxième fois, après « Qui es-tu Alaska ? »), mais ce n’était qu’un grain de poussière, je vous assure…

Vous ne me croyez pas ? Eh bien, vous avez bien raison !

Petit bonus : Le titre du livre est inspiré de l’œuvre « Jules César » de William Shakespeare dans laquelle Cassius dit à Brutus :

« The fault, dear Brutus, is not in our stars, But in ourselves, that we are underlings. »

 

 « Si nous ne sommes que des subalternes, cher Brutus, la faute en est à nous et non à nos étoiles. »

C’est beaucoup plus parlant en anglais puisque le titre original du roman est « The Fault in Our Stars ». Une belle façon de détourner les propos de Cassius.

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Kindle Unlimited de Amazon | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-kindle-unlimited-arrive-en-france/109Thu, 11 Dec 2014 14:20:56 +0000Image de l'article

Nous vous parlions, il y a quelque temps, de l’arrivée du Kindle Unlimited au Royaume-Uni, après un lancement en grande pompe aux États-Unis.

Lire Amazon lance le Kindle Unlimited au Royaume-Uni.

Cette offre (alléchante ?) fait son arrivée en France au tarif de 9,99 euros par mois et pour ceux qui s’inscriront avant le 11 janvier 2015, vous ne paierez que 0,99 euro pour le premier mois. Une bonne façon de tester ce service.

À noter que l’offre est sans engagements et le client a la possibilité de se désinscrire à tout moment. Il y a quelques limitations tout de même, comme la détention de seulement 10 livres en simultanés.

La boutique propose pour l’instant 700 000 œuvres dont 20 000 livres en français. Si vous vous êtes laissé tenter, donnez-nous votre avis dans les commentaires.

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Inferno de Dan Brown | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/inferno-l-enfer-de-dante-a-la-sauce-brown/108Wed, 10 Dec 2014 15:51:15 +0000Image de l'article

Cela fait quelques années – cinq exactement – depuis ma dernière rencontre avec le personnage principal, Robert Langdon, des romans de Dan Brown. À chaque fois, par son ingéniosité, Langdon a pu résoudre les mystères qui se dressaient sur son chemin à travers les trois premiers volets de la saga de Dan Brown : Anges et Démons (2000), Da Vinci Code (2003), Symbole Perdu (2009).

On se souvient de l’engouement médiatique qui a suivi la sortie du « Da Vinci Code » en France. Dans la foulée, le livre a été adapté au cinéma avec notamment le sympathique Tom Hanks et la sexy Audrey Tautou dans les rôles principaux. Depuis, Dan Brown est devenu un auteur familier dans la littérature française. Et son succès s’est confirmé avec la sortie du Symbole Perdu en 2009.

Pour clore cette tétralogie, Dan Brown remet en selle Langdon Brown dans un nouvel opus nommé « Inferno ». Pour être tout à fait honnête, je suis toujours excité à la perspective de lire un roman de Dan Brown, et savoir que c’est le dernier de la série, donne un gout particulier au livre. Ayant lu les précédents opus, j’imaginais déjà ce qu’il pouvait faire dans celui-là. Au fil des opus, il a perfectionné l’art du suspense. Aussi, après avoir terminé un chapitre, le lecteur n’a qu’une envie : se plonger dans le chapitre suivant afin d’en découvrir plus sur les méchants, le tout sur toile de fond historique. Les 600 pages du roman se lisent donc d’une traite sans que le lecteur s’ennuie une seule seconde. Ceci est une forme d’art dont Dan Brown et quelques autres ont le secret.

Ce qui m’amène à évoquer comment le lecteur sait qu’il a atterri dans un roman de Dan Brown : un personnage est sur le point de rendre l’âme – un personnage ratatiné qui est le seul à détenir un secret crucial. Plutôt que d’indiquer clairement l’emplacement de l’objet précieux sur les serviettes froissées qu’il a à disposition, il les utilise pour concocter une chasse au trésor créative et ésotérique dans une ville étrangère.

Cette ville dans « Inferno » est Florence. Langdon s’y réveille à l’hôpital avec une blessure à la tête qui l’empêche de se souvenir des raisons de sa présence en Italie. Heureusement, Sienna – une femme au QI prodigieux – est prête à le transporter sur son cyclomoteur afin de l’aider à comprendre sa situation : remonter jusqu’aux évènements d’avant son amnésie et apprendre comment la « Divine Comédie » de Dante pourrait les aider à déjouer les complots posthumes d’un génie du mal. Ce périple commence avec la découverte, dans les poches de Langdon, d’un petit projecteur qui affiche une interprétation picturale de la vision de l’Enfer par Dante.

Pendant ce temps, ils sont poursuivis par 3 personnages : une énigmatique meurtrière, un énigmatique chercheur dans l’Organisation mondiale de la Santé et un énigmatique homme d’affaires qui dirige une organisation appelée le Consortium – une espèce de service secret qui s’occupe de régler les frasques des gens riches (non, non, il ne s’agit pas d’Olivia Pope).

Dan Brown soutient dans sa préface que tous les faits relatés dans son roman sont réels… Mais cela dépasse l’entendement. D’abord, l’artéfact utilisé dans son roman est considéré comme reproduction après une recherche rapide sur internet - sur Wikipédia pour ne pas le citer. Et, le Consortium qu’il dit réel (pourquoi pas après tout ?), mais alors : pourquoi une telle organisation aurait son siège sur un yacht géant amarré en pleine mer Adriatique !?

Peu importe. Ce qui est amusant dans les ouvrages de Dan Brown, c’est de jouer le jeu et de considérer toutes ses allégations comme étant réelles. Brown excelle quand il s’agit de duper le lecteur et lui faire croire que les livres poussiéreux et les passages secrets moisis recèlent une ancienne conspiration mondiale. « Inferno » est truffé de références de ce genre.

Ironiquement, l’un des mystères les plus convaincants dans « Inferno » ne concerne pas l’histoire de l’art, mais le futur de la science – avec des questions de fond sur l’explosion démographique et la responsabilité de l’humanité envers la Terre mère. Cela aurait été intéressant de développer un peu plus ces points, mais ce genre de roman pourrait voir le jour dans un stérile congrès sur la santé publique, plutôt que dans les rues pavées italiennes. Et Robert Langdon n’en serait surement pas l’acteur principal.

Parlons justement de Robert Langdon. Il est prétentieux, intarissable sur ses costumes sur mesures, mais il entretient des relations respectueuses, principalement platoniques avec les femmes brillantes et intimidantes qu’il rencontre. Bon, les cinéphiles se souviendront d’une tout autre relation entre Tom Hanks et Audrey Tautou… Mais de nos jours, un film où l’acteur principal « n’emballe » pas une femme n’est pas très excitant au gout du public… Bref.

Lire « Inferno », c’est apprendre un tas de choses intéressantes sur la « Divine Comédie ». C’est aussi voir un homme intelligent faire des déductions perspicaces sur la symbolique de la Renaissance. Mais remarquez qu’en homme moderne et intelligent, quand il s’agit de s’enfuir pour sauver sa vie, il laisse le volant à une femme. James Bond devrait en prendre de la graine !

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Pardonne-lui de Jodi Picoult | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/pardonne-lui-de-jodi-picoult/107Mon, 08 Dec 2014 16:42:11 +0000Image de l'article

Avec ses séries de romans, Jody Picoult a prouvé depuis longtemps qu’elle excellait comme narratrice. Maintenant, elle écrit un livre intitulé « Pardonne-lui » dont les personnages sont eux-mêmes des narrateurs. Ce livre est rempli du style particulier de Picoult, sa façon de se servir des mots et sa capacité à faire de n’importe quelle histoire un récit moderne et innovant. Ceci est très important parce que le sujet de « Pardonne-lui » est l’Holocauste, un sujet qui a été examiné dans à peu près toutes les manières possibles et imaginables.

Le personnage principal de « Pardonne-lui » est Sage Singer, une jeune femme meurtrie par le chagrin et qui participe à un groupe de soutien. Elle est dans ce groupe à cause du décès récent de sa mère.  Cette dernière est morte à la suite d’un accident de voiture dans lequel Sage était au volant. L’accident a laissé des cicatrices profondes sur le visage de Sage, d’où sa réticence à apparaitre en public. Aussi, elle accepte un emploi de boulangère qui lui permet de travailler de nuit et échapper ainsi aux yeux de ses semblables.

Dans son groupe de soutien, il y a aussi un enseignant retraité du nom de Josef Teller. Il est assez âgé, mais au fil de leurs réunions il se prend d’affection pour Sage et la considère peu à peu comme une amie. Plus tard, il lui demandera de l’aider à mettre fin à ses jours. Elle est bien entendu horrifiée par cette demande, mais ensuite il lui révèle qu’il servait dans l’Armée d’Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale et qu’il a fait des choses horribles aux Juifs.

Sage n’est pas une Juive pratiquante à l’instar de sa grand-mère. Cette dernière faisait également partie des gens de confessions juives qui ont été persécutés pendant la guerre. Alors que Sage essais de prendre sa décision concernant Teller, il commence à lui raconter son histoire. En parallèle, sa grand-mère lui raconte également son histoire. Ces deux histoires, racontées du point de vue de la victime et du bourreau, aident Sage à prendre sa décision.

Picoult est une narratrice si magistrale que les deux histoires prennent vie de façon éclatante à travers les pages du livre. Les horreurs de la guerre sont révélées avec force détails, mais l’impact de ces récits est, en quelque sorte, muet. Nous savons que ces deux personnages ont survécu malgré tout ce qu’ils ont pu vivre. Ceci rend leurs histoires moins pénibles à lire.

Sage est aussi un personnage qui attire de la compassion. Elle est indécise, pleine d’insécurités et en contradiction avec sa vie. Sa sérénité, face aux histoires qu’elle entend, rend le récit aussi plus facile pour le lecteur et lui évite de tomber dans la passion. Tout du moins, on arrive à naviguer dans l’histoire sans être aussi touché et horrifié face à tant d’horreur.

La patte particulière de Picoult est toujours présente : l’attention portée aux détails, le point de vue narratif de plusieurs personnages plutôt qu’un seul, et une touche finale qui sera une surprise pour certains lecteurs.

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Six ans déjà de Harlan COBEN | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/un-vivier-de-mysteres-signe-coben/106Sun, 07 Dec 2014 15:49:16 +0000Image de l'article

Six ans après avoir perdu son seul et véritable amour au profit d’un autre homme, Jake Fisher est toujours hanté par les souvenirs et les questions. Était-ce juste une romance d’été ? Une brève évasion du monde réel ? Jake ne croit guère à cela. Sur sa voie pour être professeur, terminant la rédaction d’une thèse en science politique dans une retraite dans le Vermont, il rencontre Natalie, une peintre, en bas de la route. C’est alors que soudainement, elle se marie avec un ancien petit-ami, et Jake avait accepté, à sa demande, de les laisser tranquilles. Jake est un homme qui tient toujours parole … tout du moins jusqu’à ce qu’il apprenne la mort du mari de Natalie. Étant désormais libre, Jake peut bien lui tendre la main de nouveau, n’est il pas ?

Ce mariage au début du roman est rapidement suivi par un enterrement, où Jake espère renouer avec la fraichement veuve Natalie. Le seul problème : la femme avec le grand chapeau noir n’est pas Natalie et les enfants du défunt sont trop vieux pour être la progéniture d’un second mariage. Pour compliquer le tout : lorsque Jake appelle la sœur de Natalie, elle ne le connait pas. À son retour dans le Vermont, aucun de ces visages jadis familiers ne se souvient de lui.

A-t-il imaginé toute cette histoire d’amour ? Le meilleur ami de Jake avance cette possibilité. Il a traversé des moments difficiles, il n’y a pas si longtemps après tout. Mais Jake en sait plus. Et les indices suggèrent que quelque chose de sinistre est en train de se dérouler. Il s’avère que le  prétendu mari de Natalie a été assassiné, quelqu’un semble avoir suivi Jake alors qu’il rentrait du Vermont, et puis il reçoit un email qui pourrait bien être de Natalie elle-même.

Les lecteurs de Harlan Coben savent qu’il est maitre dans ce type d’intrigue : une vie qui s’écroule soudainement, l’évocation du passé dans un rapide changement du présent, l’épluchage des secrets pour révéler encore plus de secrets (les cinéphiles se souviendront du film « Ne le dis à personne » adapté d’un de ses plus célèbres romans). Avec « Six ans déjà », l’auteur montre une fois de plus qu’il n’a rien perdu de son talent. Ce qui est impressionnant ici, c’est à quel point l’histoire est justement construite, avec l’intrigue qui se répète à plusieurs reprises sur elle-même, ne se déplaçant jamais loin des sentiers battus. La beauté de l’œuvre de Coben est, qu’encore une fois, il arrive à nous leurrer en cachant son intrigue clairement juste devant nos yeux, mais nous ne la percevons pas, pas avant la fin.

En tant que narrateur, Jake est assez expansif et sympathique, ce n’est pas qu’il aime parler, il est carrément bavard, même dans les scènes tendues (je me souviens de cette scène où il disserte de l’adrénaline alors qu’il est poursuivi par des bandits armés jusqu’aux dents). Sa détermination contre vents et marrées semble tout à fait naturelle, aussi : son amour triomphera !

Mais la description de la profondeur de cet amour est un point faible du roman. Lorsque Jake nous offre un grand monologue en expliquant pourquoi il ne peut pas se passer de Natalie, il est question de moments à lui couper le souffle, de vivre que pour son rire, de ne voir que par ses yeux, de regretter tous les moments passés loin d’elle et, finalement de juste écouter son cœur… À la décharge de Coben, il semble reconnaitre que la description des sentiments dans son roman fait clichés. Jake ferra d’ailleurs une blague là-dessus.

Au milieu des furieux rebondissements et ces denses connexions toujours plus épaisses, l’expression émotionnelle n’est pas ce qui habite le plus ce roman. Mais quand Jake réalise ce qui est en train de se passer, « Six ans déjà » offre un récit poignant à hauteur de ses sentiments. Les évènements qui vous définissent, les souvenirs qui constituent votre vie – et s’ils étaient tous embourbés dans la confusion, construite sur un malentendu, ou pire un mensonge flagrant ? Que faire si vous étiez responsable, en partie, des faux pas qui ont contribué à changer le cours des choses ? Autant de questions subtiles que soulève ce roman.

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Orange Is The New Black de Piper KERMAN | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/livre/booklab-is-the-new-black/105Fri, 05 Dec 2014 12:14:54 +0000Image de l'article

La veille de son incarcération, après avoir plaidé coupable pour contrebande d’argent provenant de la vente de drogue, Piper Chapman, l’héroïne de la série populaire de Netflix « Orange Is the New Black », s’inquiète plus de l’entretien de ses cheveux blonds et de ses sourcils que de sa situation. Elle se dit qu’au moins elle pourra utiliser son incarcération pour prendre soin d’elle, lire tous les livres qui lui font envie, et peut-être même apprendre un métier manuel. Elle demande à son fiancé de maintenir son site internet, et quand elle pénètre dans le pénitencier, elle tient un sandwich à la burrata (fromage italien qui ressemble à de la mozzarella).

Bien sûr, l’histoire de Piper Kerman, dont les mémoires ont inspiré la série du même nom, était différente. Le sandwich qu’elle a apporté en prison était fait de foie gras.

« Orange Is The New Black » est la vision de la prison d’une jeune cadre dynamique, a déclaré Jenji Kohan, celle qui a adapté le livre de Kerman à la télévision. Née à Boston, dans une famille de médecins, d’avocats et d’enseignants, Piper Kerman était une diplômée de la Smith College à la dérive, qui n’avait même pas un passeport quand elle est tombée amoureuse d’une femme charismatique, un peu plus âgée qu’elle, qui lui promettait de l’excitation, dont le transport de l’argent de la drogue à l’étranger.

« C’était le grand départ de tout ce que l’on attendait de moi », a déclaré Kerman. « Mon chemin a croisé celui de cette personne, elle m’a fait une offre et je l’ai accepté, contre tout sens de l’instinct de conservation ».

Ce n’est que 5 ans plus tard, lorsque son flirt de courte durée avec le danger était terminé, que les agents des douanes américaines sont venus frappés à la porte de sa maison de Greenwich Village avec un mandat ; six autres années passèrent pendant lesquelles le gouvernement essayait, en vain, de faire tomber le baron de la drogue extradé de Grande-Bretagne, et Piper Kerman a été condamnée à quinze mois d'incarcération dans une prison pour femmes à Danbury dans le Connecticut.

Les scènes érotiques dans la série laissent peu de place à l’imagination et si vous avez vu « Weeds », la précédente série de Jenji Kohan, alors vous savez que les scènes explicites ne lui font pas peur, surtout lorsqu'il s’agit de sexualité.  Mais ce qui est vraiment provocateur, c’est le ton de la série, le mélange de thèmes graves décrits avec un humour aiguisé, sur un sujet qui est quand même très sombre.

Le parallèle s’arrête là. Comme beaucoup de séries estampillées « inspiré d’une histoire vraie », les réalisateurs prennent généralement leur aise et adoucissent ou durcissent le caractère de l’histoire. Dans ce cas précis, Piper Chapman, le personnage principal de la série joué par Taylor Schilling, est plutôt angélique et fleur bleue comparée à la vraie Kerman qui « à part le sexe, ne pouvait penser à autre chose ».

Mais « Orange Is The New Black » dépeint aussi des personnages qui ne sont presque jamais représentés, tout du moins pas avec beaucoup d’empathie, à Hollywood. La population carcérale n’est pas uniquement composée d’incorrigibles fripons ; chacun à une histoire et un passé parfois douloureux, et beaucoup d’entre eux a dû faire des choix décisifs beaucoup trop jeunes, beaucoup trop tôt, à un âge où on est impulsif et où on ne se rend pas réellement compte des conséquences de ses actes.

La trame dramatique de la série tourne autour de l’histoire du personnage principal et de son ex, qui est incarcérée dans la même prison pour trafic de drogue. Dans la vraie vie, Kerman la considère comme une ennemie et l’a vu pour la dernière fois le jour où toutes les deux comparaissaient devant le tribunal. Après cela, elle n’a plus jamais entendu parler d’elle.

« Orange Is The New Black» traite aussi des conditions de vie des détenus : les rats dans les dortoirs, la moisissure dans les douches, la nourriture infecte. L’auteure raconte ces conditions avec sincérité même si elle est bien consciente que peu de gens se soucient de la qualité de vie dans les prisons. Chose que l’on peut aisément comprendre, la drogue détruit des vies et provoque des milliers de décès chaque année. Payer à la société sa dette pour avoir trempé dans ces genres d’histoire est plus que normal. (Ceci dit, ce qui me gêne, à titre personnel, c’est que les petits délinquants paient leurs dettes à la société pendant que les gros délinquants à col blanc s’en sortent avec une tape dans le dos…) Mais est-ce que cela doit se passer dans des conditions parfois abominables ? Les détenus ne restent-ils pas des êtres humains malgré tout ?

Si vous avez aimé la série, vous aimerez surement le livre. Il s’agit de l’histoire d’une franche camaraderie entre codétenues. Le partage de moments de joie, mais aussi de détresse. Une immersion totale dans l’univers carcéral et la délinquance féminine avec parfois des témoignages bouleversants sur comment une vie peut basculer du jour au lendemain à cause de mauvais choix.

P.-S. Pour ceux et celles qui se posent la question, « Orange Is The New Black » est une expression américaine qui signifie que la couleur orange est la couleur tendance du moment. « Être le nouveau noir » veut dire être la dernière tendance à la mode.

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22/11/63 de Stephen King | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/un-terrier-permettant-de-voyager-dans-le-temps/104Tue, 02 Dec 2014 14:42:34 +0000Image de l'article

Généralement dans les œuvres de Stephen King, il y a un mélange de naturel et de surnaturel. Dans son roman « 22/11/63 », c’est un simple trou de lapin, reliant le présent au passé, qui s’ouvre à Lisbonne Falls, un coin désolé du Maine.

À l’une des extrémités du trou, on est en 2011. Un restaurant impopulaire est finalement racheté par  LL Bean. Le restaurant – et le portail temporel à l’intérieur – échappe ainsi à la destruction.

De l’autre côté se trouve l’Amérique sous Eisenhower. Les usines débitent de la fumée blanche en continu. « Vertigo » est diffusé au cinéma en plein air pour la première fois. Et John Kennedy, le jeune sénateur du Massachusetts, est encore vivant.

Les règles du trou de lapins, reliant le passé et le présent, sont décrites dans les premières pages du roman. Al Templeton, le propriétaire du restaurant, les explique à Jake Epping, professeur d’anglais au lycée local. Aller à l’arrière de la remise. Faites attention à l’ampoule au plafond. Attendez-vous à être incommodés par une forte odeur de soufre. Et continuer d’avancer jusqu’à ce que vous sentiez vos pieds se dérober sous vous.

Tout à coup, vous vous retrouvez dans le passé, à la date du 9 septembre 1958 exactement. Il est 11 h 58. Il y a, dit Al, seulement deux conditions. Premièrement, ce n’est pas un voyage en sens unique. Il ne doit pas l’être. Mais quand vous revenez, peu importe combien de temps vous avez séjourné dans le passé – cinq jours, 10 dix ans… —, seulement deux minutes se seront écoulées dans le présent. Deuxièmement, chaque fois que vous retournez dans le passé, tout redevient comme avant et les compteurs sont remis à zéro. Exactement comme une ardoise magique. Il sera 11 h 58, et tout ce que vous avez fait pendant votre précédent voyage aura été effacé.

Avec cela, Stephen King rend les mécanismes du voyage dans le temps simple et nous fait ainsi grâce du « paradoxe du grand-père » (« Que se passerait-il si vous remontiez dans le temps et que vous tuez votre grand-père ? », pourquoi diable voudriez-vous faire cela ?).

Il y a une raison à cela : King est à la recherche de quelque chose d’encore plus grand que les voyages dans le temps. « 22/11/63 » est une réflexion sur la mémoire, l’amour, la perte, le libre arbitre et la nécessité. C’est un livre truffé de réponses à des questions du genre : un seul homme peut-il changer les choses ? L’histoire peut-elle être modifiée, ou reviendrait-elle à son état initial comme un élastique ? Est-ce que l’amour peut tout vaincre ? Autant de questions existentielles.

Quant à Al – les rumeurs disent qu’il fait ses burgers avec de la viande de chien, ou de chat –, il est en train de mourir à petit feu d’un cancer du poumon. Il fait appel à Jake afin de faire ce qu’il ne peut pas : arrêter Lee Harvey Oswald. Ceci est un scénario magnifique. « Sauver Kennedy. Son frère. Martin Luther King. D’empêcher les émeutes raciales. Empêcher le Vietnam, peut-être. [ ... ] Sauver des millions de vies, copain, en se débarrassant d’un seul pauvre égaré ».

Jake Epping est un enseignant exténué, divorcé d’une femme alcoolique, et qui n’a rien de mieux à faire que de disparaitre dans le passé. Epping arrive dans le passé avec un nouveau nom, George T. Amberson – comme si un voyage dans le temps nécessitait une nouvelle d’identité – et une mission claire. Corriger le passé. Défaire certains fléaux du 20e siècle.

Cependant, une fois en 1958, Amberson est immédiatement confronté à un double mystère : le mystère de ce qui s’est alors réellement passé, et celui de ce qui pourrait se passer autrement.

Avant que George/Jake puisse changer le cours de l’histoire, il doit d’abord savoir ce qui s’est réellement passé. Était-ce Oswald qui a tiré de l’entrepôt ? Était-ce une conspiration ? Y avait-il un autre tireur ? Et que dire de George Mohrenschildt, un personnage du livre, obsédé par l’hypothèse de la conspiration ? Ce sont les incertitudes cauchemardesques d’un évènement qui a été analysé dans tous les sens, et qui n’a jamais été réellement compris.

Une fois à Dallas, Amberson passe des années à essayer de faire la connaissance d’Oswald, ne pouvant pas tout simplement défoncer sa porte. Il achète des magnétophones et des dispositifs d’écoute à distance, déménage dans des quartiers malfamés, piste Oswald alors qu’il cache soigneusement son fusil. Oswald était quelqu’un de désagréable à l’ordinaire. Émotif, violent envers sa femme, peu sûr de lui et désespéré de changer un monde qui ne tourne pas rond.

Dans « 22/11/63 », on entrevoit le halo maléfique qui entoure le monde. Il n’y a pas de crime simple. Chaque acte de violence ou de cruauté est en quelque sorte associé – harmonisé, suggère King – avec tous les autres actes. Dans le passé, Amberson apprend qu’il n’y a pas d’accidents, pas d’inadvertances. Juste une machine infernale qui, quand elle se met en marche, écrase tout sur son passage.

Il y a un macabre « Et si » dans cette histoire. Et si Kennedy n’avait pas été assassiné ? Peut-être que l’Amérique ne se serait pas engagée dans la guerre du Vietnam. Et si l’Amérique ne s’était pas engagée dans cette guerre, alors les conséquences de ce non-engagement n’auraient-elles pas été pires que d’y aller ? Avec des si, on refait le monde c’est bien connu. Mais parfois l’histoire est trop forte pour être changée et vouloir l’altérer ne peut que conduire à des conséquences encore plus dramatiques.

L’histoire personnelle d’Amberson est elle-même poétique et émouvante. Il tombe amoureux de Sadie, la nouvelle bibliothécaire de la ville de Jodie, dans le Texas, son nouveau chez lui. Je ne vous en dis pas plus.

King dépeint quelques choses de magnifiques dans ce roman. Serait-ce le sens profond de la réalité ? Plus vous vous rapprochez de l’histoire, plus elle devient mystérieuse. Il s’agit là d’un livre profondément romantique et pessimiste à la fois. Il est romantique quant aux réelles possibilités de l’amour et pessimiste sur tout le reste.

Dans les autres romans de King plus ouvertement surnaturel, la routine est cassée par une horreur indicible. Dans « 22/11/63 », le quotidien contient l’horreur en son sein, quelque chose de réel et de familier. Il est indifférent à la vie humaine et il est inévitable. Il s’agit du temps.

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Chemins Croisés de Nicholas Sparks | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/quand-deux-histoires-d-amour-s-entrecroisent/103Sun, 30 Nov 2014 13:55:08 +0000Image de l'article

Il y a deux écoles de pensées quand il s’agit de Nicolas Sparks. Soit vous aimez son travail, ou vous vous extasierez s’il arrête l’écriture. Il n’y a pas de juste milieu. Je pensais savoir de quel côté j’étais, mais maintenant je n’en suis pas si sûr.

J’ai lu quelques romans de Sparks, mais je serai incapable de vous dire de quoi ils traitent à l’exception du dernier que je viens de lire : « Chemins Croisés ». Mais tous ses romans ont la même structure : une femme – ou parfois un gars – avec des secrets inavouables rencontre une âme sœur qui l’aide à tourner la page de son passé et ensemble, ils vivent heureux pour toujours. Généralement, un autre personnage tombe malade, peut-être même meurt, mais ceci resserre encore plus les liens du couple.

Ce livre ne fait pas exception à ce schéma. Se déroulant en Caroline du Nord, « Chemins Croisés » tisse un lien entre deux histoires d’amour. La première est celle d’Ira Levinson, 91 ans, et son épouse Ruth. Nous rencontrons Ira, qui est gravement blessée et pris au piège dans sa voiture après qu’elle a foncée sur la glissière de sécurité et s’est retrouvé au fond d’un ravin.

Dans son délire, Ira voit sa bien-aimée Ruth, qui est décédée 9 mois plus tôt. Alors qu’il se bat pour rester en vie, Ira écoute Ruth lui parler des nombreuses et merveilleuses années qu’ils ont passées ensemble.

L’autre histoire tourne autour de l’amour naissant entre Sophia Danko, principal de l’Université Wake Forest d’histoire de l’art, et Luke Collins, éleveur de taureaux et champion de rodéo. Mais Luke cache un secret qui pourrait mettre un terme à leur relation – et à sa vie.

En fin de compte, les deux histoires d’amour s’entrecroisent – dans une fin que je n’ai pas vu venir – avec Luke et Sophia, plus amoureux que jamais, marchant main dans la main sous un magnifique coucher de soleil, aidé par l’infortuné Ira. Je l’avoue, j’ai eu une petite larme à l’œil.

Stéréotypé ? Évidemment. Mais cela n’a pas beaucoup d’importance pour moi, car à la sortie de son prochain livre j’aurai déjà tout oublié sur le précédent.

Généralement, les lecteurs ne lisent pas Sparks parce que c’est de la grande littérature. Ce n’est pas Hemingway. Les romans de Sparks détournent généralement l’attention. On peut toujours compter sur lui pour évoquer les méandres d’une histoire captivante – stéréotypée ou non – et les envelopper dans une fin inattendue. 

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Moi, Malala, je lutte pour l'éducation et je résiste aux talibans de Malala Yousafzai (avec la contribution de Christina Lamb) | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/livre/moi-malala-je-lutte-pour-l-education-et-je-resiste-aux-talibans/102Fri, 28 Nov 2014 14:49:24 +0000Image de l'article

Savez-vous comment résoudre le problème de la pauvreté dans le monde ? Eh bien, faites des politiques en faveur l’éducation des filles. Ce n’est pas moi qui le dis, mais les sociologues de tout de bord. Une société qui les prend sous son aile dès le plus jeune âge et leur apporte une bonne éducation ne peut que constater les progrès de la communauté : la mortalité infantile diminue, le revenu par habitant augmente, la croissance économique augmente, le taux d’exposition aux MST, notamment le VIH, chute. Le travail des enfants devient moins fréquent aussi bien que le mariage des enfants. Les mères instruites ont tendance à éduquer leurs enfants et elles gèrent mieux les revenus du ménage. Alors une société qui œuvre à leur éducation, œuvre à la réussite de toute la communauté.

Que les pays émergents le veuillent ou non, les filles sont leurs plus grandes richesses. Comme disait l’économiste Lawrence Summers, « Éduquer les filles génère un meilleur retour sur investissement que n’importe quel autre investissement dans les pays en développement. »

Cela est incroyablement vrai dans l’histoire de Malala Yousafzai, une jeune fille Pachtoune de la vallée de Swat, née d’une mère illettrée, qui a grandi à l’école de son père, lisait « Une brève histoire du temps » de Stephen Hawking à l’âge de 11 ans et a un don oratoire indéniable.

Et nulle part ailleurs ce principe d’éducation des filles n'est plus rejeté que dans la vallée verdoyante de Swat, où les djihadistes extrémistes descendent des montagnes, terrorisent les villageois et radicalisent leurs garçons, et où, il n’y a pas encore longtemps, un taliban a bondi dans un bus en criant, « Qui est Malala ?» et lui a tiré une balle dans la tête à bout portant pour s’être exprimé à propos du droit que Dieu lui a donné de pouvoir aller à l’école.

Malala raconte cet épisode douloureux de sa vie dans sa biographie fascinante « Moi, Malala ». Coécrite avec Christina Lamb, une journaliste britannique aguerrie qui a une passion évidente pour le Pakistan et qui raconte l’histoire compliquée de Malala avec une extrême clarté. Ce livre doit être mis entre toutes les mains non seulement pour son drame, mais aussi pour le message sur le potentiel inexploité des filles.

L’histoire commence avec le père de Malala, Ziauddin Yousafzai, fils d’un imam, à qui on a inculqué dès l’enfance un profond amour de l’apprentissage, un sens indéfectible de la justice et un engagement inébranlable dans la défense de ces deux principes. Comme Mohammad Ali Jinnah, le fondateur du Pakistan, Ziauddin était convaincu que, outre l’épée et la plume, il y avait un pouvoir encore plus grand – celui des femmes – et quand son premier enfant s’est avéré être une fille curieuse et brillante, il l’éleva avec la même attention qu’il prodiguait à ses fils.

La plus grande ambition de Ziauddin, qu’il réalisa alors qu’il était jeune enseignant, était de créer une école où les enfants pourraient développer pleinement leur potentiel humain. Pachtoune, il venait d’une tribu qui avait émigré de Kaboul pour s’installer dans un havre de paix séparant le Pakistan de l’Afghanistan ; comme Yousafsai, il était le fier légataire d’un riche héritage qui remontait à la cour Timouride du 16e siècle. Mais Ziauddin était aussi un pauvre avec de grandes ambitions et pas un sou à son nom.

Malala est né en 1997, quand son père luttait pour fonder son école contre une marée d’ennuis : un fonctionnaire du gouvernement profondément corrompu à qui il a refusé des pots de vin ; un mufti qui vivait en face et qui s’opposait à l’éducation des filles, une pratique qu’il dénonce comme haram, ou contraire aux préceptes de l’islam ; et les vicissitudes d’un djihad  féroce, qui se manifestaient de temps à autre par des raids de talibans qui peu à peu ont évolué de la rhétorique radicale aux assassinats purs et simples. Quand Malala avait 10 ans et était la meilleure élève de l’école étonnamment florissante de son père, les talibans radicaux avaient infiltré toute la vallée et tous les chemins jusqu’à la capitale du Pakistan, Islamabad, et décapitaient les policiers pakistanais, puis exhibaient leurs têtes au bord des routes.

« Moniba et moi avions vu un film de la saga Twilight », raconte Malala, et « nous avons eu l’impression que les talibans, à l’instar de ces derniers, s’introduisaient chez nous en pleine nuit. Ils apparurent en groupes, armés de coutelas et de kalachnikovs, d’abord dans le Swat supérieur, dans les régions de plateaux de Matta. [ .. ] C’étaient des bonshommes à l’allure étrange, avec de longs cheveux hirsutes et des barbes, portant des gilets de camouflage par-dessus leur shalwar kamiz, leurs pantalons bouffants, qu’ils retroussaient bien au-dessus de la cheville. Ils portaient des chaussures de sport ou des sandales en plastique de mauvaise qualité, et parfois des bas sur la tête avec des trous pour les yeux, et ils se mouchaient dans un pan de leur turban. »

C’est à cette époque que les bombardements de l’école ont commencé et Maulana Fazlullah, un jeune extrémiste qui était jadis l’ancien opérateur de la chaise poulie permettant de traverser la rivière, devient connu sous le nom de Radio Mollah, une pièce maitresse de la propagande talibane, instaurant un règne systématique de terreur dans toute la vallée de Swat. Fazlullah a annoncé la fermeture des écoles pour filles ; il a loué le meurtre d’une danseuse ; ses hommes ont tué un enseignant qui refusait de plier son pantalon au-dessus de la cheville à la façon talibane.

Mais avec toute la terreur qui régnait autour d’eux, Malala et sa famille n’étaient pas résolus à se soumettre. Ziauddin a continué à pester, contre l'hégémonie des talibans de son pays, dans les bureaux du gouverneur, à l’armée, à qui voulait l’entendre, se faisant un nom dans la vallée de Swat pour sa droiture et son courage. Et bien que Malala ait appris à aller à l’école avec ses livres cachés sous son châle, elle a continué à étudier et à se surpasser, jusqu’à faire des discours en public en faveur de l’éducation.

Lorsqu'en 2009 la famille a été forcée de quitter la zone frontalière de plus en plus violente dans « le plus grand exode de toute l’histoire pachtoune ». Ils mirent le cap vers Peshawar, où Malala fait une intervention à la radio, rencontre l’ambassadeur Richard Holbrooke, et continue à promouvoir l’éducation des filles. En passant par Abbottābād pendant leur fuite, la famille était loin de s’imaginer qu’Oussama Ben Laden lui-même y avait trouvé refuge. Finalement, de retour chez eux, ils découvrent que leur école bien-aimée – à leur plus grand désarroi – était devenue un point de résistance de l’armée pakistanaise contre les talibans.

Nous savons comment cette histoire se termine, avec une enfant de 15 ans prenant une balle pour toute une génération. Il est difficile d’imaginer une chronique de guerre plus émouvante à part peut-être le journal d’Anne Frank. Avec la différence majeure que nous avons perdue cette dernière, et par miracle, nous avons encore Malala. Profondément défigurée par le tir de son agresseur, Malala a été transportée à Peshawar, puis Rawalpindi et enfin Birmingham, en Angleterre, où les médecins ont reconstruit son crâne endommagé et reconstitué son visage démoli. Mais son sourire ne sera plus jamais tout à fait le même.

Inébranlable, Malala n’a jamais caché ce visage – pas quand les talibans ont insisté pour qu’elle le fasse, et pas quand, sortie vainqueur de sa bataille pour la survie, elle se tenait debout à la tribune de l’ONU pour livrer son message encore une fois et encore plus fort.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, Malala s’est presque complètement remise – physiquement - de son attentat, et a même reçu le prix Nobel de la paix en octobre dernier.

Malala n’est plus seulement la fille de ses parents ou d’une nation, elle est la nôtre également, parce qu’elle représente désormais le fabuleux et universel potentiel des jeunes filles partout dans le monde.

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Le Manipulateur de John GRISHAM | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/act-like-a-lawyer-think-like-a-gangster/101Thu, 27 Nov 2014 08:42:01 +0000Image de l'article

Dans de nombreux passages du roman « Le Manipulateur » de John Grisham, on retrouve Malcom Bannister, son personnage principal, narguant les fédéraux en leur annonçant : « Il n'existe aucune section de notre vaste Code fédéral que vous pourriez utiliser contre moi. » Grisham écrit plus souvent sur les victimes ou les repris de justice, mais rarement sur des personnages ayant les nerfs - pour rester poli - de faire fi des autorités aussi effrontément.

Mais « Le Manipulateur » est un livre inhabituel pour Grisham. Contrairement à beaucoup de ses autres œuvres, il ne cherche pas à donner des leçons sur la justice du haut de sa tribune. Ce livre est beaucoup plus fourbe que cela. Dans ces premières pages, il suit la patte familière de Grisham, dans laquelle un avocat se trouve de façon inattendue dans des ennuis juridiques. Puis, il se mue complètement en un récit exaltant sur comment Malcom, un avocat radié du barreau, maintenant, juriste autodidacte expérimenté, conduit ses poursuivants sur une longue, et sinueuse route.

Au début du livre, Malcom est présenté comme un forçat, un ex-marine et ancien avocat qui a été inculpé pour des charges de raquette et association de malfaiteurs avec un certain Barry le Bakchich, trafiquant et proxénète notoire. L’implication du petit cabinet d’avocat de Malcom dans l’exécution de l’une des transactions immobilières de Barry lui vaut une condamnation fédérale à 10 ans de prison pour violation de la loi RICO, qu’il n’a pas sciemment enfreinte. L’histoire globale de Malcom implique également une confession sous la contrainte, qui se révèlera très utile plus tard. Et pour couronner le tout, Malcom est noir. Ceci semble n'avoir que peu d'importance dans le livre jusqu’à ce que Grisham fasse un usage judicieux de ce détail racial plus tard.

La liste des ouvrages de John Grisham est si longue, qu’il se trouve qu’il a déjà écrit une non-fiction sur un homme innocent (« L’Accusé ») et un roman centré sur un aveu douteux (« La confession »). Aussi, « Le manipulateur » semble être du même acabit. Mais ce dernier n’est pas une histoire sur la victoire ou l’erreur d’une cour de justice. C’est l’histoire la plus sournoise et la plus surprenante d’un homme intelligent qui devient encore plus intelligent en perfectionnant ses compétences 5 ans durant en tant qu’avocat de prison – puis concocte savamment un projet de vengeance ingénieuse.

Comme tous les livres de Grisham qui ne traite pas de baseball, « Le Manipulateur » a une structure construire autour d’un principe juridique particulier. Dans ce cas précis, c’est une échappatoire appelée article 35. Dans le cadre des lois fédérales de procédure pénale, l’article 35 prévoit une réduction de peine si le défendeur « peut résoudre un délit criminel, autre que le sien, qui suscite l'intérêt des fédéraux». Entre alors en scène Raymond Fawcett, un juge fédéral assassiné dans un bungalow, au milieu de nulle part, où il passait ses week-ends. Sur la même scène du crime : la secrétaire du juge, Naomi Clary, également assassinée, et un coffre-fort vide, assez grand pour avoir abrité des articles de contrebande.

 Malcom qui prétend détenir des informations importantes à propos du meurtre du juge. Il prétend connaitre l’identité et la motivation du ou des tueurs. Et il se mettra à table… à condition de sortir de prison, d’être placé dans le programme de protection des témoins, de profiter d’une intervention chirurgicale pour changer de visage, d’une nouvelle identité et bien sûr qu'on le laisse tranquille le restant de sa vie.

Ce roman est écrit avec vigueur. Peut-être, est-ce parce que Grisham ne s’est pas embourbé dans des recherches excessives. Comme il le souligne dans une postface : il a tout inventé et presque rien dans « Le Manipulateur » n’est basé sur des faits réels et l’« exactitude n'était pas essentielle ». Pourtant même s’il pratique l’autodérision en se plaçant dans la catégorie des « écrivains les plus paresseux », cet auteur n’est pas fainéant. Il a tout simplement abandonné le travail d’investigation de terrain au profit de ce qu’il fait de mieux : la narration.

Pour certains auteurs, la trouvaille de l’article 35 pour Malcom aurait servi de dénouement, mais pour Grisham, c’est juste le point de départ d’une longue histoire. Il garde stratégiquement les combines de Malcom secrètes pour les dévoiler plus loin dans le récit, de sorte que le lecteur reste dans le flou jusqu’à ce que les évènements se produisent. Ceci est un point délicat à développer sans vous dévoiler quelques aspects clés de l’histoire, je vais donc m’en abstenir.

Juste en passant, « Le manipulateur » montre différentes façons de contourner le FBI, à enfreindre les réglementations financières et prouve que le crime pourrait bien payer. Mais dans le cas de Malcom, ayant été victime d’injuste  à la base, on ne peut qu’être content qu’il s’en sorte à si bon compte, même si pour cela il a dû berner des agents du gouvernement.

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L'histoire de Pi de Yann Martel | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/eye-of-the-tiger-ou-comment-dompte-un-tigre/100Wed, 26 Nov 2014 17:05:25 +0000Image de l'article

Un chrétien, un musulman et un hindou sont piégés sur une bouée de sauvetage pendant 227 jours avec un tigre du Bengale de plus de 400 kilos. Cela ressemble étrangement au début d’une blague, quelque chose que vous pourriez entendre dans un bar, tard le soir, quand les clients sont bien éméchés. Mais l’extraordinaire roman « L’histoire de Pi » de l’écrivain canadien Yann Martel basé sur cette prémisse n’est certainement pas un gag de poivrot. Certes, il ne peut pas être considéré comme « une histoire qui va vous faire croire en Dieu » comme l’affirme un des personnages. Néanmoins, il pourrait renouveler votre foi en la capacité des romanciers à rendre le scénario le plus invraisemblable plausible – quoi que les rigoristes du réalisme - je ne crois que ce que je vois - trouveront le moyen de se plaindre.

Tout d’abord, le chrétien, le musulman et l’hindou sont une seule et même personne – Pi Patel, un sympathique adolescent qui ne voit pas pourquoi il ne pourrait pas pratiquer trois religions à la fois. Il est aussi, en quelque sorte, un expert en comportement animal. Fils d’un propriétaire de zoo dans la ville indienne du sud de Pondichéry, il a grandi entouré de singes hurleurs, de casoars et de bisons d’Amérique. En conséquence, il maitrise les subtilités de la cohabitation entre espèces. « Un bon zoo est un lieu de coïncidences soigneusement concertées », explique-t-il. « Exactement là où l’animal nous dit : « Restez dehors ! » avec son urine ou une autre sécrétion, avec nos barrières nous lui disons : « Reste à l’intérieur ! » Dans de telles conditions de paix diplomatique, tous les animaux sont heureux et nous pouvons nous détendre et nous regarder les uns les autres. »

Ce bon sens zoologique se révèle très utile à Pi quand lui et sa famille décident de fuir l’instabilité politique qui agite l’Inde en 1970 et migrent – avec malles, valises et ménagerie – au Canada. Comme les derniers jours de Noé, ils chargent leurs animaux sur un cargo japonais nommé le Tsimtsum et mettent les voiles vers le Nouveau Monde. Mais « à mi-chemin vers Midway », quelque chose d’inexplicable se produit. Pour des raisons qui échapperont à jamais aux autorités maritimes, le Tsimtsum fit naufrage – soudainement et brutalement – juste avant l’aube, quatre jours après leur départ de Manille. Seuls cinq survivants parviennent à atteindre l’unique canot de sauvetage qui n’a pas coulé avec le navire : Pi lui-même, un zèbre blessé, un orang-outan de Bornéo, une hyène très nerveuse et un tigre qui à cause d’une erreur bureaucratique a reçu le nom de Richard Parker.

À eux cinq, ils forment un équipage plutôt précaire. La loi de la nature étant ce qu’elle est, le zèbre, l’orang-outan et l’hyène sont rapidement expédiés, laissant le garçon et le tigre sur l’embarcation de 40 centimètres de diamètre. Mais grâce à une bâche délimitant le territoire de chacun, la confusion générale des deux créatures traumatisées et le mal de mer, l’inéluctable ne se produisit pas immédiatement. N’ayant pas servi de casse-croute tout de suite, Pi était parvenu à une conclusion à propos de son compagnon d’infortune : « Il fallait que je l’apprivoise ». « Ce n’était plus une question de lui ou moi, c’était une question de lui et moi. Nous étions, littéralement et figurativement, dans le même bateau. » Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, Pi comprend que sa propre survie dépendait du bien-être de son féroce adversaire - « parce que s’il mourait je resterais seul avec mon désespoir, un ennemi encore plus redoutable qu’un tigre. Si j’avais encore la volonté de vivre, c’était grâce à Richard Parker. »

Bien que « L’histoire de Pi » soit remplie de l’adrénaline et de la testostérone découlant d’un conte d’aventure en pleine mer, il est évident que Martel ne s’est pas intéressé uniquement à une histoire de survie-sauvetage classique. Pi, après tout, est un adepte de trois grandes religions avec une solide connaissance en science religieuse ; avec un tel CV, son histoire prend inévitablement des allures de parabole. En fait, le livre fait penser à des sources aussi disparates que « Robinson Crusoé » et les fables de la Fontaine, mais il rappelle surtout l’existentialisme d’Hemingway dans « Le vieil homme et la mer ». Mais alors qu’Hemingway dépeint la lutte épique de son vieil homme comme un archétype de l’endurance pure et de la détermination, la bataille de Pi est plus subtile. Le garçon doit amadouer son démon, pas le surpassé, et il y parvint par une sorte d’art martial psychologique. Il réalise que la survit consiste à savoir quand s’affirmer et quand faire profil bas, quand prendre le dessus et quand céder un pouvoir plus grand que lui. Il découvre, en quelques mots, que vivre avec un tigre nécessite finalement d’avoir de la volonté, mais aussi la foi.

Martel écrit avec une désinvolture ludique et discursive, mais cela ne l’empêche pas de livrer des descriptions saisissantes. Dans un des moments les plus cinématographiques du roman, Pi attrape une daurade qu’il met à mort en utilisant la partie en forme de marteau de sa hachette : « La daurade fit quelque chose de tout à fait extraordinaire en mourant : elle commença à lancer toutes sortes de couleurs à un rythme rapide. Du bleu, du vert, du rouge, du doré et du violet dansaient et chatoyaient comme des néons à sa surface pendant qu’elle se débattait. J’avais l’impression de battre à mort un arc-en-ciel. »

En outre, dans les derniers chapitres du livre, juste au moment où de nombreux romans tendent vers la conclusion et la fin de l’histoire, Martel donne à « L’histoire de Pi » une tournure fascinante. Je vous laisse découvrir cela dans le livre, car je risque de trop en dévoiler.

 « L’histoire de Pi » a été adaptée au cinéma en 2012 sous le titre de « L’Odyssée de Pi ». Le film a été nommé 11 fois aux oscars, dont celui du meilleur film en 2013. Peut-être un signe de sa qualité ? Je vous en laisse juge !

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Juste une mauvaise action de Elizabeth George | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/juste-une-mauvaise-action-elizabeth-george/99Tue, 25 Nov 2014 18:39:07 +0000Image de l'article

Souvent, les romans policiers sont plus attachants probablement par habitudes, pour le temps passé avec les personnages que nous avons appris à connaitre et à aimer, et pour le sentiment que notre héros sera toujours là pour sauver la mise. Aussi, nous apprécions l’évolution des personnages, mais pas trop tout de même.

Les fans d’Élisabeth George seront contents d’apprendre que le 18e roman de l’auteur « Juste une mauvaise action » qui porte sur l’excellente série de l’inspecteur Lynley, n’a pas beaucoup changé. Après avoir dramatiquement tué son personnage principal dans « Sans l'ombre d'un témoin », George a peut-être deviné, à juste titre, qu’autant de changements étaient probablement trop pour le lecteur, et ainsi « Juste une mauvaise action » se déroule dans une atmosphère plus familière.

La petite Hadiyyah Upman, fille de la voisine de la sergente-détective Barbara Havers et ami de Taymullah Azhar, a été enlevée (pour la deuxième fois dans sa vie mouvementée, pauvre gosse ; elle avait déjà été kidnappée dans « Le Meurtre de la falaise »). L’inspecteur Lynley appelle à la prudence, mais Havers comme à son habitude fonce tête baissée dans l’affaire sans s’occuper des règles et des protocoles ; commence alors une histoire complexe et haletante se déroulant de Londres à l’Italie.

George a un talent certain pour les dialogues. Et la voix du personnage qui résonne le plus dans la tête est celle de Havers, le sergent solitaire qui laisse souvent son cœur prendre le dessus sur sa tête ce qui la conduit parfois dans des situations dangereuses. Ceux d’entre vous qui ont dévoré les mystères de Lynley savent depuis longtemps qu’elle est amoureuse de Azhar et adore Hadiyyah – aussi cette affaire a tout pour qu’elle sorte des sentiers battus.

Et elle le fait magistralement, drapée dans ses t-shirts miteux et chaussée de ses baskets hautes, le tout avec une repartie sans pareil, le chaos nutritionnel habituelle, et une loyauté tout à fait touchante. Les lecteurs de longue date se demanderont si Havers apprendra un jour de ses erreurs, mais c’est comme toujours un délice de la suivre dans ses affaires.

Pendant ce temps, le noble Lynley continue à se remettre lentement de la mort de sa femme ; quant à Isabelle Ardery, elle est toujours aussi épineuse, mais néanmoins intrigante ; le sergent Winston Nkata fait une brève apparition dans l’histoire, comme juste pour dire bonjour au lecteur ; une foule d’autres personnages à Londres et en Italie rejoignent le récit. Le livre est très plaisant à lire, et une fois arrivé à la fin, on ne souhaite qu’une chose : lire le prochain volet comme pour entendre de nouveau les voix de Lynley et Havers résonner dans nos têtes !

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Les apparences (Gone Girl) de Gillian Flynn | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/les-apparences-gone-girl-gillian-flynn/98Tue, 25 Nov 2014 10:40:25 +0000Image de l'article

Le roman tranchant de Gillian Flynn « Les apparences (Gone Girl) » débute de façon anodine avec un couple, Nick et Amy Dunne, célébrant leur cinquième anniversaire de mariage. Amy est debout en train de faire des crêpes quand rentre Nick, son mari, dans la cuisine. Ce dernier contemple sa femme donnée du cœur à l’ouvrage, mais se demande aussi pourquoi elle fredonne un air ayant trait au suicide.

Amy salue son mari, et une crainte soudaine envahit ce dernier, bien que le roman spectaculairement sournois de Gillian Flynn n’explique pas cela, pas tout de suite. Quoi qu’il en soit, Nick quitte la maison après le petit déjeuner. Il se rend au travail. Après son départ, Amy s’évanouit dans la nature sans laisser de traces.

Nick et Amy se sont rencontrés lors d’une fête à Brooklyn et se sont momentanément épris l’un de l’autre. Huit mois plus tard, ils commencent à se fréquenter sérieusement puis se marièrent. Ensuite, Nick perd son travail, poussant le couple à venir s’installer à North Carthage dans le Missouri, la ville natale de Nick que Amy va détester par ailleurs. Dans le Missouri, leur histoire d’amour bat de l’aile à cause des travers classiques : l’infidélité, les ennuis d’argent et d’autres problèmes inextricables du même type dont les voisins se souviennent maintenant qu’Amy a disparu. C’est donc tout logiquement que Nick est emprisonné.

Cela semble être une issue classique dans les affaires de criminalité, mais dans ce cas précis cela n’est pas le cas. Il s’agit ici uniquement du début de l’intrigue dans laquelle Gillian Flynn va plonger le lecteur. L’histoire est racontée du point de vue de Nick, mais aussi d’Amy, les deux ayant des versions contradictoires des évènements. Nick s’exprime au présent, tandis qu’Amy est mentionnée en italique par des extraits provenant de son journal intime qui est rempli de réflexion étourdissante d’émotion sur le mariage. Nick et Amy sont d’habiles menteurs. Ils se mentent énormément l’un à l’autre, et parviennent sans difficulté à emprisonner le lecteur dans leurs mensonges.

C’est Nick qui ouvre le bal dans le début du livre avec un récit qui semble dissimulé pas mal de choses. Comme beaucoup de narrateurs peu fiables, Nick aime mentir par omission. Le lecteur doit progressivement comprendre cela, car Gillian Flynn est remarquablement avare de détails à ce stade du livre, et ceci est intentionnel.

Mais quand la police débarque, Nick leur ment sans vergogne et sollicite même la sympathie du lecteur. Un gars qui a récemment augmenté la police d’assurance vie de sa femme ? Qui a un fort tempérament ? Qui a une petite amie jeune et jolie qu’il voit en cachette ? L’honnêteté ne fait tout simplement pas partie du vocabulaire de Nick.

L’invisible Amy ne peut parler que de son comportement passé. Elle a commencé à écrire dans son journal intime en 2005, et y décrit le mariage comme une montagne russe émotionnelle. Même lorsque les conflits ont éclaté, Amy s’efforçait d’être de bonne humeur et encourageait son mari à faire de même, mais elle était de plus en plus inquiète à mesure que son mariage prenait l’eau. Elle est allée jusqu’à penser qu’il lui fallait une arme à feu pour se protéger…

Un écrivain ordinaire pourrait penser que le scénario est déjà bien fourni, mais Gillian Flynn s’échauffe tout juste. Il lui reste encore beaucoup de cartes dans sa manche, des petits détails qui rendent l’histoire encore plus prenante. En voici quelques-uns sur Amy.

Amy n’est pas une New-Yorkaise ordinaire. Ses parents ont écrit une série de livres avec comme héroïne une version idéalisée de leur fille. Cet hommage attira sur Amy des harceleurs alors qu’elle était encore enfant. Ces livres ont rendu Amy célèbre et sa famille riche. Mais l’accent mis sur le perfectionnisme était plus qu’effrayant. Les livres contenaient même des questionnaires sur ce que cet « incroyable Amy » ferait dans diverses circonstances, et Amy les rédigeait elle-même.

Il y a aussi des choses troublantes à propos de Nick. Il est copropriétaire d’un bar avec sa sœur jumelle. Il s’est servi de l’argent d’Amy pour financer le lieu, mais lui en veut pour cela. Il a aussi accepté un poste d’enseignant, mais fulmine encore d’avoir été viré par un journal new-yorkais. Bien que son caractère énerve à certains moments, il attire de la sympathie dans d’autres. Tout à son désavantage, Nick n’hésite pas à sourire aux caméras quand il est interrogé par les médias à propos de la disparition de sa femme.

Et Nick a une double vie en dehors d’Amy. Le matin de la disparition de cette dernière, il faisait quelque chose dont il a profondément honte, et ne le révèlera que bien plus tard dans le livre. La trouvaille de Gillian Flynn pour le plus grand secret de Nick sera, pour certains lecteurs, le détail le plus étonnant du livre qui est rempli de beaucoup de petits détails sympas.

« Les apparences » est le troisième roman de l’auteur après « Sur ma peau » et « Les lieux sombres ». Ce dernier, en particulier, a attiré l’attention des amateurs de mystère, mais c’est « Les apparences » qui signe la percée éblouissante de Flynn. Il est astucieux, improbable, subtilement peuplé de personnages si bien imaginés qu’ils sont difficiles à séparer – même si dans le cas d’Amy, ils sont déjà partis.

« Les apparences » a été adapté au cinéma sous son titre original « Gone Girl » en 2014 par le réalisateur David Fincher avec Ben Affleck dans le rôle de Nick et Rosamund Pike dans le rôle d’Amy. Les critiques en disent le plus grand bien.

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Le bleu des abeilles de Laura Alcoba | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/livre/souvenirs-d-enfance/97Sun, 23 Nov 2014 14:02:37 +0000Image de l'article

Dans « Le bleu des abeilles » de Laura Alcoba, il est question de couleur. Plus précisément de la couleur bleue, qui serait la préférée des abeilles, celle du ciel et de la mer, mais le livre traite surtout de l’enfance. Une enfance pas comme les autres, une enfance loin de son pays d’origine, une enfance dévouée à l’apprivoisement d’un nouvel environnement et d’une nouvelle langue.

Il s’agit ici d’une autobiographie racontée par l’auteur qui a alors une dizaine d’années. Au début du livre, la petite Laura vit en Argentine, son pays d’origine, où elle rend visite tous les jeudis à son père alors prisonnier politique à La Plata. Puis, il a été décidé qu’elle devait rejoindre sa mère réfugiée politique à Paris, la Ville lumière, la capitale du pays qui a donné naissance au français, une langue merveilleuse, mais qui ne se laisse pas amadouer facilement. Son professeur de français, Noémie, lui apprendra les rudiments de la langue, mais la théorie résiste souvent mal à la pratique. Aussi, arrivée en France, ce mois de janvier 1979, la petite Laura se sent complètement perdue.

Le Paris qu’elle avait si souvent rêvé et fantasmé n’est pas vraiment ce à quoi elle s’attendait. En effet, elle débarque au Blanc-Mesnil, une ville séparée de Paris par le Drancy, Bobigny et Pantin, autant dire pas réellement Paris. Elle se retrouve à la cité de la Voie-Verte, au Blanc-Mesnil, où elle habitera désormais avec sa mère et Amalia, une amie à sa mère. De son point de vue d’enfant, elle dépeint la vie dans les cités à l’époque. Le découpage des territoires : d’un côté les Espagnols, Portugais et même quelques Français de « source », et de l’autre, aux Quinze-Arpents, la partie la plus sale de la cité selon la jeune Laura, majoritairement peuplée de Noirs et d’Arabes. Tandis que les familles portugaises et espagnoles ne jurent que par « l’immersion » dans la société française, les autres communautés ne semblaient pas vraiment suivre cette voie.

Cela soulève la question de l’assimilation à la française. Est-il possible d’intégrer des personnes dans une société en les parquant tous ensemble au même endroit ? Une assimilation réussie ne serait-elle pas justement une répartition judicieuse des populations afin qu’elles apprennent les us et coutumes du pays d’accueil ? Cela est une bonne question pour nos responsables politiques.

Quoi qu’il en soit, « tu pourrais dire à tes copines que tu habites le Quartier Latin… Juste à côté de l’Afrique du Nord et du Sahel », lui dit sa mère. C’est marrant, nombreux sont ceux qui habitent en banlieue parisienne, mais se réclament du centre de Paris, comme s’il y avait une honte à habiter en banlieue. Bon, c’est sûr que Paris est plus connu que Le Blanc-Mesnil, et pour impressionner les copains restés au pays, Paris vend quand même du rêve ! Mais est-ce pour autant une raison pour renier son lieu d’habitation ?

À « Paris », l’auteur entreprend une correspondance assidue avec son père où ils discutent beaucoup du livre « la vie des abeilles » de l’écrivain belge nobélisé Maurice Maeterlinck. Le bleu serait la couleur préférée des abeilles – je vous fais grâce des études entomologiques qui ont conduit à cette conclusion. Ce sont d’ailleurs ces correspondances couplées à sa vie d’écolière, ses premiers amis, qui sont fatalement de la même communauté qu’elle, et la cruauté dont les enfants peuvent parfois faire preuve les uns envers les autres qui ont donné naissance à ce livre.

 « Le bleu des abeilles » traite aussi de la honte, justifiée ou pas, de la condition d’immigrée. Un accent trop prononcé, des difficultés à comprendre les natifs du pays et les fins de mois difficiles avec les interminables aller-retour entre Emmaüs et le secours catholique sans parler des jobs ingrats que certains sont obligés d’accepter. J’ai beau être profondément laïque, mais l’humaniste de certaines organisations religieuses force le respect. Pour comprendre certaines situations que l’auteur décrit dans son livre, il faut avoir soit même voyagé un tant soit peu. Il est difficile de se projeter dans la peau d’un immigré surtout pour un Français. En effet, la France ayant toujours été un pays plus ou moins stable économiquement, les Français, à l’instar des Espagnols, portugais, etc., ne sont pas un peuple qui migre énormément.

Je vous rassure tout de suite, il ne s’agit pas du tout d’un livre trop sérieux. Il est parfois drôle et en suivant l’auteur dans sa vie d’enfant, jusqu’à l’apparition de ses seins faisant d’elle une « señorita », il se peut que de vieux souvenirs enfouis de votre enfance refassent surface. Bien que l’auteur dépeint des réalités très dures, elle le fait avec une voix d’enfants, ce qui rend le récit tout de suite moins oppressant et particulièrement touchant. Un bleu à contempler sans modération donc !

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Qui es-tu, Alaska ? de John Green | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/le-monde-merveilleux-des-adolescents/96Fri, 21 Nov 2014 07:33:38 +0000Image de l'article

Les adolescents ne tarissent pas d’éloges sur John Green. Il est pour ainsi dire leur gourou de la littérature. Pour ma part, je n'avais jamais lu une seule de ses œuvres, mais si tout le monde dit beaucoup de bien de lui, pourquoi ne pas se laisser tenter et se faire une opinion par soi-même ?

Je vais tout de suite être honnête avec vous : j’ai adoré « Qui es-tu, Alaska ? ». Tout d’abord, la structure du roman est excellente, et surtout, très originale. Pour vous en donner une idée, le livre commence « cent trente-six jours » dans le passé et se termine « cent trente-six jours » après. En fait, jusqu’à ce que j’écrive cette critique, je n’avais pas remarqué que les chiffres étaient les mêmes, ce qui le rend, en quelque sorte, encore plus poétique.

Avec une telle structure, le lecteur est immergé dans l’avant et l’après-évènement principal, ce qui n’est pas commun dans les romans. Généralement, on nous propose des histoires qui commencent à un temps quelconque sans que l’on puisse réellement connaitre les personnages, leurs rapports entre eux et comment ils se sont rencontrés. Ici, nous commençons l’histoire dès le début, nous rencontrons Alaska et le Colonel exactement au même moment que le personnage principal, Miles Halter surnommé Pudge, les rencontre.

Pudge est un personnage sympathique ; il est un peu « chelou » comme diraient les « djeun’s », et comme beaucoup d’adolescents, il tombe amoureux trop facilement et bien trop rapidement. Tout le contraire d’Alaska qui est une jeune fille insouciante, amatrice d’alcool et de tabac (Pétronille sort de ce corps) et n’accorde que peu d’importance aux sentiments de Pudge. Elle semble antipathique, en tout cas de mon point de vue, et je me demandais si Pudge n’avait pas commis une erreur en jetant son dévolu sur elle.

Pourtant, j’avais le sentiment que ni moi, ni Pudge, n’avaient réellement appris à connaitre Alaska comme nous le devrions. Elle a une vie assez courte dans le roman alors que celui-ci lui est consacré. Pour une fille qu’il connaissait à peine, j’avais l’impression que Pudge idolâtrait trop Alaska. Je comprends qu’il veuille savoir le fin mot de ce qui lui est arrivé, mais allé aussi loin pour ne trouver presque pas grand-chose à l’arrivée, sonne comme une perte de temps.

Il semblait clair, pour moi, à la moitié du roman, quand Alaska s’enfonçait dans la nuit que quelque chose de tragique lui était arrivé, mais Pudge semblait prendre un chemin détourné pour arriver à la même conclusion. Elle est morte dans un accident de voiture : intentionnel ou pas, ni le lecteur ni Pudge ne le sauront probablement jamais, alors pourquoi passer autant de temps là-dessus pour revenir exactement au même point ? On peut se poser la question de la motivation des personnages principaux, si leurs actes ne sont pas parfois destinés à rendre le livre un peu plus long que « Pudge rencontre Alaska. Alaska meurt. Fin de l’histoire ».

Toutefois, je pense que c’est exactement ce que Greene a essayé de faire. Il voulait, à mon sens, raconter l’histoire d’un garçon qui voulait tourner la page de son  histoire sentimentale, mais il n’y parviendra pas, et c’est exactement ce que l’auteur a réussi à transcrire dans son roman.

Il est indéniable que John Green est un très bon écrivain, et c’est peut-être la raison pour laquelle autant de personnes adorent ses romans. Il écrit ce que les adolescents veulent lire et il l’écrit plutôt bien. « Qui es-tu, Alaska ? » mérite amplement les honneurs et les bonnes critiques qui lui ont été faits, car il traite de sujets très courants chez les adolescents, comme la découverte de soi et la perte. C’est assurément un livre qui vous plonge dans l’univers des adolescents, les premiers amours et les choses stupides qu’on fait souvent à ce stade de la vie pour impressionner les copain(e)s.

 « Je pars en quête d'un grand Peut-Être », disait le jeune Pudge, mais ne sommes-nous pas tous à la recherche d’un grand Peut-être ? En cherchant à savoir qui est Alaska, peut-être que nous trouverons, nous aussi, ce que nous cherchons.

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Sous la peau (Under the Skin) de Michel Faber | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/extraterrestres-et-chair-humaine/95Tue, 18 Nov 2014 12:24:25 +0000Image de l'article

Le premier roman de Michel Faber est fascinant, délibérément poussif et progressivement étrange. À la fin, vous pourrez être surpris du voyage que vous venez de faire dans ce petit monde gris sur les hauteurs de la fiction spéculative.

« Sous la peau » débute sur une route dans les Highlands écossais, dans le silence du petit matin. L’auteur nous embarque dans une voiture en compagnie d’Isserley, une femme à la recherche d’hommes: « Isserley a l’habitude de ne pas s’arrêter quand elle voit un auto-stoppeur la première fois, pour se donner le temps de l’évaluer de la tête aux pieds. Elle était à la recherche de gros muscles : un beau mâle sur pattes ».

La scène est chargée d’une sinistre aura érotique, mais il y a quelque chose qui tourne pas rond chez Isserley. Le premier auto-stoppeur qu’elle prend est distrait par ses seins parfaits, mais il remarque aussi ses « grands coudes … et de grandes mains ». Les lentilles de ses lunettes sont si épaisses que ses yeux ont l’air de faire « deux fois la taille normale », et elle est décrite comme moitié nana canon du style Alerte à Malibu et « moitié vieille dame ».

En fait, Isserley est bien plus étrange que cela. Elle a subi des opérations chirurgicales visant à lui donner une apparence humaine, et elle vient d’un endroit que le lecteur n’aurait pas soupçonné de prime abord. Ses intentions envers les hommes qu’elle prend à bord de son véhicule ne sont pas sexuelles, mais culinaires. Une fois qu’elle estime que l’auto-stoppeur est une proie à son gout, elle le drogue et l’amène dans un abattoir caché sous une ferme délabrée. Là, elle le dépèce et le prépare pour l’envoi dans le monde d’où elle vient.

C’est une orientation étrange pour un roman, mais pas totalement inhabituelle. Il existe de nombreux romans racontés du point de vue du prédateur ou de l’extra-terrestre, mais Faber apporte une touche beaucoup plus profonde qu’une histoire simplement aguichante. Faber a une plume précise et son humour pince-sans-rire. Son histoire fantastique est tellement bien jouée et tellement singulière qu’on en ressent l’étrangeté : l’eau et la neige semblent aussi irréelles qu’un marché interplanétaire spécialisé dans le commerce de viande humaine.

En fait, ce qui est terrifiant dans « Sous la peau » n’est pas tant la situation, mais la confusion des sympathies qu’il suscite chez le lecteur. En choisissant Isserley comme héroïne, Faber amène le lecteur à compatir à son malheur. Elle est horriblement défigurée, et son inconfort physique est une partie essentielle du récit. Elle est embauchée dans son monde d’origine par une société qui fait fortune dans la vente de chair humaine. Pour elle, les auto-stoppeurs ne sont rien d’autre qu’un repas potentiel, il n’y a aucune question morale là-dedans, elle suit simplement la politique de son entreprise. Elle se lamente sur son sort, sur la misère qui l’a poussé à accepter ce préjudice physique et travailler dans un monde lointain du sien.

Parfois, la sympathie pour Esserley occulte presque la cruauté de ses actes. Dans l’une des scènes mémorables du roman, quatre prisonniers d’Isserley parviennent à sortir de leur enclos et à s’enfuir. La chasse terrible qui s’en suivit est perturbante sur le plan moral : on ne sait pas si on doit prendre fait et cause pour ces hommes horriblement maltraités ou pour Isserley et ses amis extra-terrestres qui finalement ne cherchent qu’à se nourrir. (Cela me fait un peu penser aux relations complexes qu’entretiennent les hommes et les animaux…)

Ceci est, je pense, le cœur du roman. Faber a trouvé un moyen ludique pour poser des questions fondamentales. Qu’est-ce que l’empathie ? Qu’est-ce que le pouvoir ? Peuvent-ils coexister ?

Je ne veux pas vous donner l’impression que « Sous la peau » est trop sérieux ou que son humour est fortuit. Cela n’est pas le cas. Le livre est souvent très drôle et les scènes drolatiques viennent du point de vue des victimes (potentielles) de Isserley, un amalgame d’hommes qui montrent tous de l’intérêt pour ses gros seins parfaits…

« Sous la peau » est un roman remarquable, une étrange méditation parfois à l’état brut sur la miséricorde, la douleur et l’iniquité. Ce roman a été adapté au cinéma en 2013 par le réalisateur Jonathan Glazer avec comme actrice principale Scarlett Johansson. N'ayant pas vu le film en question, je vais m’abstenir d’en faire la critique wink.

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Gomorra: Dans l'empire de la camorra de Roberto Saviano | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/livre/le-monde-souterrain-de-la-mafia-napolitaine/94Mon, 17 Nov 2014 12:41:59 +0000Image de l'article

Pour le touriste moyen, ou même les plus grands italophiles, l’Italie que décrit Roberto Saviano dans « Gomorra » est complètement méconnaissable. Il n’y est plus question d’art de la Renaissance, de repas paisibles ou de pizzerias animées et encore moins de magnifiques paysages aguichants. Au lieu de cela, on découvre un pays étranger rempli d’enfants-soldats shootés à la coke, des gangs de femmes armées jusqu’aux dents, des immigrés chinois illégaux, des ateliers clandestins, des trafics de drogues, d’ordures et de ciment.

Bienvenue en Campanie, la région ayant pour capitale Naples où bat le cœur de la Camorra, la mafia napolitaine. Campanie a l’un des taux d’homicides les plus élevés d’Europe, l’une des villes où le nombre de dealers par habitant est le plus élevé au monde, une ville touchée par une flambée du taux de chômage et de dépendance à la cocaïne, et un taux de cancer très élevé lié aux déchets toxiques déversés dans la région. Depuis 1979, 3600 personnes y ont trouvé la mort des mains de la Camorra – beaucoup plus que la Mafia sicilienne, l’Armée républicaine irlandaise ou le groupe basque ETA. Le pape en personne est allé à Naples pour dénoncer la violence « déplorable » dans la région, résultant des guerres de drogues perpétuelles entre clans rivaux. Les infortunés de ces guerres n’ont pas vraiment une mort paisible. Dans « Gomorra », les victimes sont décapitées à la scie circulaire, étranglées lentement, noyées dans la boue, jetées dans des puits avec des grenades offensives, abattues à bout portant. Un jeune prêtre, qui a osé briser la loi du silence, est assassiné puis accusé, après sa mort, d’être un consommateur assidu de prostituées. Même après la mort, « vous êtes coupable jusqu’à preuve du contraire », écrit Saviano.

Véritable travail d’investigation, « Gomorra » est devenu une sensation littéraire à sa sortie en Italie en 2006, où plus de 600 000 exemplaires du livre ont été écoulés. Il est devenu un sujet de débat national, mais il a aussi valu à son auteur, alors âgé de 28 ans, des honneurs déplaisants : menaces de mort et escorte policière constante. Il vit depuis dans la clandestinité. Les enjeux sont considérables. Dans « Gomorra », Saviano fait l’inventaire de la participation de la Camorra dans l’industrie textile et son emprise sur le port de Naples, où 1,6 million de tonnes de marchandises venant de Chine sont déchargées par an – un autre million disparait dans la nature sans laisser de trace, échappant ainsi au fisc. En dévoilant le contrôle de la Camorra sur les déchets ménagers et industriels, ainsi que le trafic de drogue, la fraude dans le bâtiment et les travaux publics, Saviano montre l’influence de l’organisation mafieuse  sur le droit de vie ou de mort de tout un chacun dans la région (le prix d’une AK-47 étant très bas en Campanie), ainsi que son influence économique (dans les années 1990, les ventes de véhicules Mercedes y étaient parmi les plus élevées en Europe). En se basant sur les transcriptions des procès-verbaux des jugements rendus et sa propre investigation, il explique au lecteur les batailles fratricides entre factions rivales du clan Di Lauro pour le contrôle du commerce de la drogue dans la région.

En partie analyse économique et histoire sociale, en partie cri du cœur, ce témoignage bouleversant est le livre le plus important venant d’Italie depuis des années. Comme le Londres de Joseph Conrad, le Naples de Saviano est aussi l’un des endroits les plus sombres de la planète. L’auteur détricote la respectabilité des bourgeois italiens jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.

Fils d’un médecin et d’un professeur, Saviano a grandi à Naples, un endroit sans demi-mesure où le mal est mal absolu et le bien est d’une pureté immaculée. À 13 ans, il voit son premier cadavre sur le chemin de l’école. Son père lui a appris à se servir d’une arme quand il était à peine plus âgé. Armé d’un diplôme universitaire en philosophie, Saviano a travaillé pour un groupe de surveillance anti-mafia et a écrit des articles pour des revues italiennes prestigieuses. Il se dit influencé par le livre « Dispatches » de Michael Herr, et aborde sa ville natale comme un reporteur de guerre.

Loin des petites escroqueries locales ou de la contrebande de cigarettes des années 90, les camorristes d’aujourd’hui ont pris une dimension internationale. Ils négocient des déchets toxiques, cachent les armes dérobées dans les anciennes casernes militaires d’Europe de l’Est, font des affaires avec les cartels de la drogue sud-américaine et africaine, détournent les subventions agricoles de l’Union européenne et blanchissent le pactole par le biais de diamants et de commerces de façade comme des magasins de vêtements, des bars et des complexes touristiques à travers toute l’Europe. Comme toute entreprise qui se respecte, la Camorra en entrée dans l’ère du numérique. Les membres restent en contact par téléphone mobile et par SMS. Quand un chef de clan est arrêté, les gamins partout dans Secondigliano, un des bastions de la Camorra au nord de Naples, lui rendent hommage en mettant sa photo en fond d’écran de leur téléphone mobile. Les chefs quant à eux suivent en temps réel les meurtres qu’ils ont commandités à la télévision.

Dans le récit de Saviano, la Camorra d’aujourd’hui – ou « le système », comme l’appellent ses membres – n’a aucune autre idéologie que l’économie « le néolibéralisme le plus agressif ». Les femmes, en particulier les veuves, sont promues à des postes de haut rang. Certaines voyagent même en compagnie de leur propre cercle de garde du corps féminin, habillées en jaune comme Uma Thurman dans « Kill Bill ». Le clan distribue les responsabilités et les blâmes à travers un réseau complexe de petites mains. « Le système donne au moins l’illusion que l’engagement est récompensé, et qu’il est possible de faire carrière », écrit Saviano. En effet, le système s’avère rapide et flexible face à une administration italienne intraitable et bureaucratique. Une étude publiée en 2007 a montré que le crime organisé représenterait 7% du PIB de l’Italie soit 127 milliards d’euros par an – le plus gros segment de l’économie italienne.

Comment cela est-il possible dans une démocratie européenne ? Ceci est une excellente question pour les théoriciens de la politique. Le fait est que la Camorra et l’État se nourrissent mutuellement. L’emprise économique du système « n’est pas née de l’activité criminelle », écrit Saviano, « mais de l’équilibre entre le capital licite et illicite ». Étant donné que les clans sont « la principale force économique » de Campanie, ajoute-t-il, pour les élus locaux, « refuser de traiter avec eux serait comme si l’adjoint du maire de Turin refusait de rencontrer la direction de Fiat ». Bien que Saviano cite rarement des noms de politiciens, « Gomorra » est une mise en accusation directe et brutale de la classe dirigeante italienne : les entreprises et les fonctionnaires ferment les yeux, par cupidité, sur la paralysie du sud du pays par le crime organisé au mépris de l’intérêt général.

De l’avis de Saviano, si les entreprises italiennes du nord qui alimentent l’économie du pays ne s’étaient pas débarrassées de leurs déchets toxiques à moindres frais grâce à la Camorra, l’Italie aurait eu du mal à satisfaire les exigences économiques pour son entrée dans l’Union Européenne. Depuis 2002, environ 3 millions de tonnes de déchets toxiques ont été illégalement déversées en Campanie. Dans la scène finale du livre, Saviano traverse un désert toxique, se couvrant le visage avec un mouchoir pour se protéger des émanations toxiques. On se souvient alors que dans « l’Eneide », écrit par un autre Campanien, l’entrée du monde souterrain est située sur le lac Averne, à Cumes, juste à l’ouest de Naples. Toute une histoire !

« Gomorra » est un livre écrit par un auteur courageux. Après avoir fermé le livre, on n’arrive plus à voir l’Italie, ni même le marché mondial, de la même manière.

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Jane Eyre de Charlotte Brontë | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/pourquoi-les-femmes-lisent-elles-plus-de-romans-que-les-hommes/93Sun, 16 Nov 2014 09:49:15 +0000Image de l'article

Il  y a des études statistiques qui montrent que les femmes lisent plus de romans que les hommes, font partie de plus de club de lecture, fréquentent plus souvent les bibliothèques, achètent plus de livres, suivent plus de cours d’écriture créative, et probablement écrivent plus d’œuvres de fiction que les hommes. Si, d'un point de vue démographique, elles arrêtaient tout d’un coup de lire, le genre romanesque serait presque condamné.

Il suffit de jeter un coup d’œil sur la liste des meilleures ventes des sites de ventes en ligne, pour se rendre que les auteurs femmes sont généralement plus représentés que les hommes dans le genre romanesque. En effet, les femmes sont le rempart du commerce de roman. Ces statistiques semblent montrer que les disparités seraient dues à l’histoire des romans, les personnages, le scénario, les idées, les songes, les expériences et les valeurs véhiculées sont modelés pour refléter un point de vue féminin.

Même si vous enlevez les histoires d’amour, la romance et ses nombreuses dérivées, qui ciblent quasi exclusivement les femmes, eh bien, les lectrices continuent toujours à dépasser les lecteurs en nombres. En considérant les genres, qui autrefois étaient considérés comme masculin, les lectrices et écrivaines sont, là aussi, largement représentées dans de nombreux genres : de la science-fiction, et autres histoires de zombies, aux romans à suspense, d’horreur, de guerre, y compris une myriade d’autres sous-genres.

Quel que soit le sexisme qui a pu exister avant dans le monde de l’édition, cela n’est plus du tout le cas. Les femmes qui avant étaient freinées par l’éducation, les coutumes et préjugées, et cantonnées principalement à des rôles de nourrices et d’aide-soignante, ont subrepticement dominé le marché des romans. L’élan créatif n’étant pas lié au sexe, les femmes ont écrit et publié des romans dès l’émergence de cette forme de littérature.

Noter le nom de ces auteurs : Balzac, Dickens, Tolstoï, Brontë, Proust, Stowe, Lessing, Hemingway – certains masculins d’autres féminins, leurs histoires sont racontées du point de vue des deux sexes ; des histoires sur l’espèce humaine qui ne se limitent pas à un seul genre.

Le sexe d’un romancier n’a aucun rapport avec sa créativité. Le seul critère objectif ici est le talent, un don mystérieux et extraordinaire qui ne connait pas le sexisme. Une auteure talentueuse peut insuffler sa pensée et ses  sentiments à un personnage masculin (Harry Potter – J. K. Rowling) comme un auteur peut le faire avec un personnage féminin (Bénédicte Ombredanne – l’amour et les forêts - Éric Reinhardt). S’il y a une ligne de démarcation mystique entre le style masculin et féminin, je n’arrive pas à la déterminer. Quant à la question de savoir pourquoi les femmes dominent le marché des livres ou peut-être même le métier d’écrivain, je n’ai bien évidemment pas la réponse. Je peux comprendre le concept d'équité des salaires et d'égalité des chances, mais il est difficile de cerner la parité intellectuelle et artistique.

En tant que lecteur, mon choix se base surtout sur le talent de l’auteur(e), sa capacité à m’immerger dans son monde, et à suivre ses personnages dans leurs intrigues et leur destin.

À votre avis, pourquoi les femmes lisent-elles plus de romans que les hommes ? Ou bien est-ce une question sans réponse comme les mystères de l’amour et de l’attirance ?

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12 years a slave de Solomon Northup | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/12-years-a-slave-esclave-pendant-12-ans-un-film-magnifique-et-un-livre-encore-plus-magnifique/92Sat, 15 Nov 2014 17:08:35 +0000Image de l'article

Quand j’ai vu « 12 years a slave » en DVD, il y a quelques jours, j’ai été tellement horrifié par l’histoire que je me suis procuré le livre afin de savoir si les évènements se sont réellement déroulés comme décrits dans le film.

Le livre est une autobiographie de Solomon Northup, un métis noir né d’un père esclave affranchi et d’une mère blanche, qui est enlevé puis vendu comme esclave dans une Amérique esclavagiste du milieu du 19e siècle. Ce livre est presque un Saint-Graal pour les historiens, dans un milieu où les membres étaient incapables de lire et encore moins d’écrire, n’ayant pas reçu d’éducation, le récit de Solomon Northup, qui avait reçu une éducation de base, semble crédible et convainquant.

Sans surprise, le livre est beaucoup mieux que le film – pas en tant que chef-d’œuvre littéraire, mais en tant que support permettant la compréhension de la condition d’esclave à l’époque. Le film, à sa sortie, a reçu bon nombre de critiques plutôt élogieuses, méritées à mon sens. Il est finement joué, magnifiquement cadré et témoigne de l’aspect profondément dégradant de l’esclavage.

Les scènes d’horreur dans le film ne sont pas exagérées, c’est encore pire dans le livre. Mais le réalisateur britannique, Steve McQueen, a fait quelques choix discutables dans son interprétation du livre enlevant, je pense, toute nuance et toute tentative d’étude de la dualité de l’être humain, ce qui aurait rendu son film encore plus profond.

La plupart des esclavagistes, à la fois dans le livre et le film, sont absolument diaboliques. Mais William Ford est plus « convenable » dans le livre, si on peut utiliser ce terme concernant un esclavagiste. Dans son adaptation, McQueen n’a pas tenu compte de cet aspect, Ford, joué par Benedict Cumberbatch, y est présenté comme fourbe et corrompu. À l’époque, les hommes, même les plus humanistes, pensaient qu’ils avaient le droit de détenir des esclaves d’où une description moins sévère dans le livre. Cela avait été théorisé quelques siècles plus tôt par Aristote. Dans son ouvrage « Politique : livre I », Aristote voyait les villages comme étant composés de « maitres naturels », choisis pour leur intellect, et des « esclaves naturels », sans distinction de couleur, utilisés pour leur force de travail. Mais, de nos jours, au 21e siècle, il est absolument inconcevable de réduire d’autres humains en esclave d’où la description sévère de McQueen à l’égard de Ford.

On pourra en revanche déplorer le choix de McQueen de dépeindre des esclaves constamment malheureux, ce qui n’est pas le cas dans le livre. Ils faisaient, en quelque sorte, contre mauvaise fortune, bon cœur.

Prenons le cas de Patsey, jouée par Lupita Nyong'o à l’écran, une esclave morose tout au long du film, à cause de la façon terrible dont elle est traitée par son maître. Dans le livre, elle est d’abord présentée comme courageuse et pleine d’humour, malgré sa vie pourrie, et c’est son maître qui va prendre un malin plaisir à démolir sa personnalité et lui infliger des blessures profondes dans la chair. Voilà ce qui rend l’histoire de Patsey extraordinairement tragique aussi bien dans le livre qu’à l’écran.

Le passage le plus marquant pour moi dans le livre est la description de Noël par Northup. Les esclaves travaillaient tous les jours, toute l’année, sauf à Noël, où ils avaient quelques jours de repos. La plantation se muait alors en lieu de fête. Les esclaves disposaient de longues rangées de tables, sur lesquelles ils entreposaient de la vraie nourriture, au lieu de l'infect traditionnel bacon et maïs dont ils devaient se contenter le reste de l’année.

Ils se régalaient pendant des heures, et au rythme des instruments à percussion, dansaient toute la nuit. Comment faisaient-ils pour danser toute la nuit alors qu’ils étaient poussés à leur limite tous les jours pendant les 12 mois précédents ? Il y avait chez ces hommes un courage et une force de conviction qui auraient dû toucher les esclavagistes et les amener à reconsidérer la façon dont ils les traitaient. Ce ne fut, malheureusement, pas le cas…

Il y a quelque chose d’incroyable dans cette histoire: le triomphe de l’esprit humain face aux pires atteintes à la dignité et aux droits les plus fondamentaux. Voilà, à mon sens, l’essentiel du message de « 12 years a slave ».

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Guide Hachette des bières de Elisabeth Pierre | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/amazon-et-hachette-la-fin-du-bras-de-fer-sur-le-prix-des-ebooks/91Sat, 15 Nov 2014 03:25:41 +0000Image de l'article

Hachette a remporté une importante victoire jeudi dans la bataille qui l’opposait à Amazon : le droit de fixer librement le prix de ses livres électroniques, que l’éditeur considère comme indispensable à sa survie. Alors même que l’éditeur et le distributeur annonçaient une paix âprement négociée pour un différend qui durait depuis janvier, l’humeur n’était pas à la célébration.

Le conflit a laissé des blessures profondes. Amazon a été présenté comme un tyran par certains écrivains et éditeurs qui dénonçaient par ailleurs un abus de position dominante. Les ventes d’Amazon ont baissé à cause du conflit selon les analystes. Hachette, aussi, a montré sa vulnérabilité.

Les partisans d’Amazon ont interpellé publiquement Hachette, 4e plus grand éditeur mondial, sur son rôle à une époque où les auteurs peuvent s’auto publier au format numérique. L’éditeur n’a pas voulu répondre à ses attaques.

Même si Amazon n’a pas obtenu tout ce qu’elle voulait, la société contrôle encore la moitié des ventes de livres, une présence sans précédent pour un distributeur. Et le conflit à montrer qu’elle n’avait pas peur d’user de son pouvoir pour influer sur les ventes.

Ce qui a commencé au départ comme un désaccord tout à fait normal entre un fournisseur et son distributeur s’est très vite transformé en affrontement public. Selon les sensibilités des uns et des autres, ce conflit a été perçu comme une lutte entre le futur et le passé, la culture et le commerce, les masses populaires et les élites, les technologues et les traditionalistes, ou encore le prédateur et la proie.

L’accord pluriannuel de ce jeudi met fin à ce douloureux feuilleton. Il concerne aussi bien les livres électroniques que sur papier. Il donne à l’éditeur une plus grande liberté dans sa politique tarifaire, mais avec des incitations, dont on ignore la nature, pour qu’ils les proposent à des prix plus bas.

Aucune des deux parties n’a donné de détails concernant les termes du contrat, mais toutes deux se disent satisfaites.

Retrouver les détails de l'affaire Amazon - Hachette ici: le dernier volet de la guerre Amazon Hachette

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Cinquante nuances de Grey de E L James | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/pourquoi-les-femmes-sont-elles-si-fascinees-par-50-nuances-de-grey/90Fri, 14 Nov 2014 09:33:02 +0000Image de l'article

Il est indéniable qu’il s’est produit un petit tremblement de terre dans le monde de la littérature féminine : E.L James a vendu des millions d’exemplaires de sa trilogie « 50 nuances de Grey » et généré des millions d’euros de bénéfices. Deux ans après sa sortie, la trilogie est toujours en tête des ventes sur les sites de ventes en ligne (6e chez Amazon.fr et continue à grappiller des places). C’est le livre le plus rapidement vendu depuis un moment aussi bien en format numérique que sur support papier. C’est le livre pour adulte le plus vendu de tous les temps. On ne va pas le comparer, bien entendu, à Harry Potter qui est aussi un best-seller, mais disons que ce n’est pas le même genre. Pour être tout à fait juste, il faudrait dire : un roman autre qu’Harry Potter, le plus rapidement vendu dans le monde. Bien entendu, 50 nuances de Grey a un contenu explicitement adulte, pour mettre les pieds dans le plat : disons... carrément sexuel, contrairement à l’angélique Harry Potter qui fait figure de Sainte Bible à côté.

La trilogie met en scène Anastasia Steele, une jeune fille, qui tombe amoureuse d’un jeune milliardaire, Christian Grey. Ce dernier apprécie le sexe uniquement s’il est formellement accompagné de châtiments corporels infligés avec style. La trame narrative est plutôt molle – les dialogues improbables (« Je suis très riche, mademoiselle Steele, et j’ai des passe-temps onéreux et passionnants ») ; une piètre description ; des tics irritants (un conflit perpétuel entre le « subconscient » de Steele, qui ne résiste jamais longtemps, et sa « déesse intérieure », qui fait constamment la moue et rêve d’affranchissement) ; et un monologue intérieur qui se traduit comme ceci… « mon dieu, qu’est qu’il est excitant ! » 

Il n’y a que les rapports dominants-dominés qui intéressent Christian Grey (avec quand même des « limites strictes » - pas de brulure, pas de matières fécales, pas de bain de sang, pas d’enfants ou d’animaux, pas de scarification, pas d’instruments gynécologiques, pas de suffocation et encore moins de décharge électrique – je paraphrase par souci de concision). Anastasia Steele, quant à elle, veut juste une relation stable, un petit ami ordinaire (quoi que, est-ce vraiment ce qu’elle veut ? … hi hi hi, passons). C’est de 50 nuances de Grey dont je parle ici. Nous reviendrons à « 50 nuances plus sombres » plus tard. Purée ! Je suis infecté par le style grave et saccadé de James. Après 1600 pages, vous le serez-vous aussi.

Il y a quelques scènes de fessée dans les romans de Jilly Cooper (Rivals, Riders), et le genre romanesque (par opposition au chicklit) verrait ses nombres de pages fondre comme neige au soleil si aucun personnage n’était attaché à un lit avec une écharpe, mais cela est une tout autre histoire. Le succès de « 50 nuances de Grey » a étonné jusqu’aux éditeurs, ces derniers pensaient savoir ce que les femmes voulaient. C’est comme si vous êtes marié à une personne depuis 20 ans et tout à coup vous découvrez qu’elle aime le fist (pour celles qui ne savent pas ce que c’est, je ne ferai pas de traduction, un seul indice cependant, fist veut dire poing…). Ceux qui aiment expliquer toutes les nouvelles tendances par les nouvelles technologies ont avancé cette explication : les femmes qui ne voulaient pas être vues avec des livres obscènes dans le métro peuvent maintenant le faire sans appréhension sur Kindle et autres lisseuses, et ceci aurait permis de relancer les ventes de toute une industrie.

L’élément inattendu c’est que la honte de la fiction érotique est en grande partie due à l’imagination, et une fois que les gens sautent le pas et lisent ce genre d’œuvre, ils sont heureux d’en parler ouvertement autour d’eux. C’est le bouche-à-oreille qui a permis de lancer la version papier de « 50 nuances de Grey » au détriment de la version électronique.

Quelle est votre position sur l’érotisme dans l’espace public ? L’autre jour, dans le métro, 3 jeunes filles en conciliabule, se délectaient de la version papier du livre (et dieu seul sait combien le lisent sur leur Kindle), dans un autre groupe, une femme murmurait à son amie : « il n’est pas un peu trop tôt pour lire ce genre de chose ? », comme s’il y avait un moment consacré à l’érotisme, et que nous savions tous quand c’était. Après le déjeuner ? Au coucher du soleil ? Ces propos sont incohérents, bien que je puisse comprendre que certains ne veulent pas s’émoustiller sur le chemin du travail.

Il est intéressant de voir à quel point la frontière entre haute et basse culture est devenue floue. Il est ainsi aussi acceptable de lire Challenges que de regarder les télés crochets, comme les différentes émissions de musique pour ne pas les citer. Parce que l’érotisme est un marché de niche qui en est à ses débuts, cette révolution culturelle a pris plus de temps à l’atteindre, même si les mentalités changent à son égard. À ce titre, « 50 nuances de Grey » emprunte le chemin tumultueux des Harlequin qui, autrefois, suscitait aussi de l’embarras.

Mais, il n’y a pas que cela. Tout d’abord, la raison pour laquelle les scènes de sexes sont difficiles à écrire tient au fait qu’il faut saisir les changements de rythme, plutôt qu’au sexe en lui-même. Il est extrêmement difficile d’écrire une histoire ordinaire entrecoupée de scène de sexe, tout comme il serait difficile de raconter une histoire parsemée de détail sexuel explicite. Voilà pourquoi les Britanniques, toujours à l’avant-garde, ont créé le « Bad Sex in Fiction Awards » qui récompense les auteurs, même les plus connus, pour leur scène de sexe peu affriolant. En essayant de décrire le sexe de façon banale, vous obtenez une scène de sexe affligeante.

Les scènes de sexe de James ne sont pas fortuites, elles sont la chaire de l’intrigue, le nœud du conflit, la clé pour au moins un sinon les deux personnages centraux. Ce n’est pas un livre avec du sexe, c’est un livre de sexe. L’auteure Catherine Millet a écrit : « Pour moi, un livre pornographique est fonctionnel, et écrit pour susciter de l’excitation. Si vous voulez parler de sexe dans un roman ou tout autre écrit « ambitieux », de nos jours, au 21e siècle, vous devez être explicite. La métaphore ne marche plus. » Je ne sais pas si les écrits de James sont aussi ambitieux, mais elle a mis un point d’honneur à ne pas être métaphorique.

Les SS auraient pu écrire des œuvres sadomasochistes, mais le problème avec les sadiques c’est qu’ils exagèrent toujours. Ils ne se préoccupent pas du côté masochiste, c’est la description de leur métier qui le leur interdit. Si le marquis de Sade pense que le commun des mortels est soumis au point d’accepter qu’on fasse des cabrioles sur son dos à le casser, il rêve ! À l’inverse, le savant mélange entre masochisme, naïveté et sadisme, voilà ce qui a fait le succès du premier tome de la trilogie.

Le second tome est plus mitigé et écrit dans la précipitation afin de monétiser la marque. Le petit côté déviant est en partie amputé, et l’évolution vers une sexualité laborieuse basée sur la domination semble habiter l’auteure. Ses fantasmes se muent à ce qu’elle voudrait comme cadeau si elle sortait avec un milliardaire (un iPad. Une Audi. Non, une Saab ! Non ça ne semble pas très cher. OK, OK, juste une Saab alors, mais avec des vêtements, et pourquoi pas un bikini à 600 euros… quel gâchis, et pourtant qu’est-ce que ça m’excite et qu’est-ce que mes seins semblent dures). Bref, l’excitation purement sexuelle a laissé place à l’excitation induite par la possession matérielle.

Maintenant nous sommes à la recherche d’un livre dont la lecture nous mettrait mal à l’aise dans le métro. Un livre qui nous ferait voir la façon dont les yeux de la lectrice brillent, et comment elle se mord instinctivement les lèvres.

Le lien entre les tomes est tellement maladroit qu’il faut aller voir ailleurs après le premier tome (« il pense qu’il ne mérite pas d’être aimé. Pourquoi ce sentiment. Est-ce à cause de son éducation ? De sa mère biologique, une prostituée camée ? »). Le besoin de l’intrigue conduit à un véritable spectacle d’horreur gothique et, dépourvu de ses déviances, Christian Grey est juste un dominateur désagréable qui, il  y a 30 ans à peine, aucune héroïne saine d’esprit n’aurait consenti à épouser, mais putain de bordel de merde qu’est qu’il est chaud ce mec !

Le troisième volet de la trilogie, « 50 nuances plus claires » est… hey, qu’est-ce que je suis en train de faire ? Vous allez le lire. Bien sûr que vous allez le lire. Vous l’avez probablement déjà lu.

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Aux portes de l'éternité de Ken Follett | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/le-siecle-tome-3-aux-portes-de-l-eternite-ken-follett/89Wed, 12 Nov 2014 11:01:19 +0000Image de l'article

Dans la nuit du 8 aout 1974, de nombreux Américains se sont rassemblés devant leur téléviseur pour regarder Richard M. Nixon annoncer son intention de démissionner de la présidence des États-Unis. Ce moment fait partie du roman « Aux portes de l’éternité », le dernier, mais aussi le plus gros tome de la trilogie du XXe siècle de Ken Follett. Et pour lui, la politique et l'histoire se définissent à travers le quotidien des personnages qui composent son roman. Ainsi, un homme et une femme sont assis à regarder la chute de Nixon. Ils entretenaient des relations platoniques depuis de longues dates. Mais ce soir-là, ils applaudissent, puis s’embrassent et finissent par avoir des relations sexuelles fantastiques (durée : une demi-page sur 1213). C’est la façon préférée de Follett de rendre l’histoire intéressante.

Cette méthode est certes curieuse. Pourtant, il est arrivé à titiller l’intérêt de nombreux lecteurs à travers les deux premiers volets de sa trilogie sur les grands bouleversements mondiaux. Le premier tome, « La chute des géants », portait sur la révolution russe, la lutte pour le droit de vote des femmes, les outrages perpétrés par les aristocrates britanniques, l’histoire d’amour interdite entre une Anglaise et un espion allemand, l’ouverture du Nouveau Monde aux immigrants fuyant l’Europe pour les États-Unis, et les inquiétudes du président Woodrow Wilson sur l’implication de l’Amérique dans la Première Guerre mondiale. Ce fut délicat, car « il nous a préservés de la guerre » avait été le slogan de campagne du candidat Wilson pour sa réélection en 1916.

Pour illustrer tout cela, Follett a créé cinq familles – russe, anglaise, galloise, allemande et américaine – dont les destins personnalisent les évènements historiques. Certains de ces personnages fictifs côtoient de très très près le pouvoir. De sorte que l’un de ses personnages, un Américain, puisse entrer dans la chambre à coucher de Wilson en pleine nuit pour le prévenir d’une crise, et le voir en pyjama puis en robe de chambre. Tout au long de la trilogie, les dirigeants des nations confient, de façon presque surprenante, leurs pensées les plus intimes entre les mains expertes de Ken Follett.

Le premier tome était le plus facile à digérer, avec les jeux de pouvoir entre les empires et le lecteur aux premières loges pour assister à la scène. Le second, « L’hiver du monde », couvre la Seconde Guerre mondiale, et est forcément plus choquant. Une de ses scènes les plus marquantes implique deux Allemandes, Rebecca, 13 ans, et Carla, un poil plus âgée, encerclés par des troupes russes en rut. Dans un acte de courage terrible, Carla persuade les soldats de la violer, elle, et de ne pas toucher à Rebecca.

Carla et Rebecca sont vivantes et en bonne santé au début du tome 3, « Aux portes de l’éternité ». Nous sommes en 1961. Elles vivent dans une Allemagne de l’Est qui n’a pas encore été séparée de l’Ouest par le mur. La vie de Rebecca est complètement bouleversée quand elle apprend que son mari, Hans, est un membre de la police secrète d’Allemagne de l’Est et l’a épousé uniquement pour pouvoir espionner sa famille. Étant donné que les personnages de Follett ont tendance à être soit très angéliques, soit très machiavéliques, Hans fera son apparition de temps à autre dans le livre pour tourmenter les proches de Rebecca.

Ken Follett compare un peu vite la privation de liberté des individus en Allemagne de l’Est à la situation des Noirs privés de droits civiques dans le sud des États-Unis. Chacun appréciera cette comparaison à sa manière, mais elle permet d’introduire le personnage de George Jakes, un métis étudiant à Harvard et dont le grand-père, Lev, a fui la Russie dans le premier tome. Le père de George est un sénateur blanc, qui l’aime énormément, mais refuse de le reconnaitre officiellement comme fils. George est un personnage formidable, et Follett le met au centre de tous les évènements historiques importants. La description dans le livre de ce qui arriva au bus rempli de Freedom Riders (parmi lesquels George) dans l’Alabama est absolument terrifiante. La description de l’héroïsme de George semble crédible, trop crédible.

Plus tard, George, devenu avocat, représentera le quota de visage noir (tout du moins, il le récent ainsi) dans l’entourage du procureur général Robert F. Kennedy. Pendant ce temps, un autre personnage noir du livre est présenté comme l’une des amoureuses préférées de John F. Kennedy. Les détails des frasques amoureuses du président Kennedy, jusqu’à son penchant pour les canards en plastique, proviennent tout droit du roman « Une singulière histoire d’amour » de Mimi Alford paru en 2012. Mais c’est une manœuvre habile, dont Follett a le secret, que de lier le destin de George au chagrin de cette femme le jour où on lui apprendra que « son Johnny », comme elle aimait à l’appeler, a été abattu.

Ken Follett est très critique quant à l’engagement réel des Kennedy dans la promotion des droits civiques, surtout lorsque cet engagement est devenu politique. Mais, il ne laisse jamais un débat politique s’enliser très longtemps. Plus loin, un personnage haut placé au Kremlin, Dimka Dvorkin (petit-fils de l’agitateur bolchevik du premier livre), réussit à se hisser aux côtés de Nikita S. Khrushchev, et incite tous les dirigeants russes à le suivre, plongeant le lecteur dans les rouages de la politique communiste. Dvorkin est élevé au rôle de mentor au moment où un jeune et brillant réformateur nommé Gorbatchev fait son apparition.

Également abordé dans le livre, mais assez timidement : le petit tremblement de terre culturel qui a commencé au milieu des années 60 et atteint son paroxysme vers la fin de la décennie. Un long chapitre couvre les évènements tumultueux de 1968, assez pour secouer George et l’éloigner de la politique, au moins pour un temps. La guerre du Vietnam est présentée sous son aspect le plus terrible. Le décès de Nixon, les frémissements d’un nouveau conservatisme et le fiasco de l’Irangate (vente illégale d’armes à l’Iran par l’administration Reagan), tout y passe. Ken Follett marque un point en qualifiant la déclaration enthousiaste de Ronald Reagan « Monsieur Gorbatchev, abattez ce mur ! » de démagogie maladroite plutôt qu’un moment de gloire. Le livre a aussi des opinions bien arrêtées sur les raisons de la chute du communisme.

« Aux portes de l’éternité » se termine sur un épilogue relatant l’investiture de Barack Obama en 2008 à la présidence américaine. Ce soir-là, intrigué par l’émotion d’un vieil homme, un enfant demande à ses parents : pourquoi le vieux monsieur est-il si ému ? Ils lui répondent que « c’est une longue histoire ». Cela résume en une phrase le siècle, une trilogie historique longue, mais fort intéressante et très agréable à lire.

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Le Roi en jaune de Robert W. Chambers | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/le-roi-en-jaune-robert-w-chambers/88Tue, 11 Nov 2014 19:45:22 +0000Image de l'article

Une collection d’histoires fantastiques et courtes datant de 1895 connait un regain d’enthousiasme grâce à la série « True Detective » diffusée sur HBO (OCS City en France).

Bien que considéré comme un classique par les fans du genre, « Le roi en jaune » est à peine connu du grand public, tout du moins c'était le cas avant la diffusion de la série policière sombre mettant en scène Matthew McConaughey et Woody Harrelson avec des dialogues ressemblant plus à du Dostoïevski qu’à du Starsky et Hutch.

Le premier épisode de la série porte sur le meurtre rituel d’une jeune femme, Dora Lange, en Louisiane en 1995. Rust Cohle (McConaughey) et Martin Hart (Harrelson) enquêtent sur un assassinat similaire en 2012. Il n’y avait pas beaucoup d’indices dans ce premier épisode, hormis une référence au « roi » lors d’un interrogatoire au parloir d’une prison, mais depuis les indices s’accumulent montrant un lien plus fort entre la série et le roman.

Le journal intime de la première victime cite des pans entiers du « roi en jaune », mais c’est quoi « le roi en jaune » au juste ?

En plus d’être le titre du livre de Chambers, le Roi en Jaune est aussi le nom d’un jeu fictif qui se déroule tout au long des 10 histoires courtes qui composent le roman. Ces dernières sont des « fictions bizarres », avec une qualité propre aux romans datant de la fin du siècle dernier, et étonnamment contemporain en raison de leurs origines Victoriennes. Toutes les histoires ne sont pas construites autour du « Roi en Jaune », mais son ombre plane, de façon quasi surnaturelle, sur tout le livre.

Dans la tradition des histoires interconnectées, « le Roi en Jaune » est un texte maudit qui attire le lecteur dans un premier Acte banal, avant de le plonger dans le désespoir et la folie dans le second.

La meilleure histoire du livre est peut-être la première, « le réparateur de réputation ». L’histoire se déroule dans le futur, en 1920, dans une Amérique en plein essor après une guerre avec l’Allemagne. Dans ce futur, le gouvernement donne son aval dans la création de chambres pour ceux qui veulent mettre fin à leur jour. Le narrateur de l’histoire, Castaigne, rencontre un homme du nom de Wilde, qui propose à de pauvres diables de « réparer leur réputation » en échange de généreux honoraires…

Né à Brooklyn en 1865, Chambers était un écrivain frénétique. Après le jaune décadent, il s’est reconverti à l’eau de rose avec des romans romantiques non sans succès. Mais c’est le Roi en Jaune qui le place dans le panthéon des « fictions bizarres » aux côtés d’Ambrose Bierce (« Le dictionnaire du Diable ») et HP Lovecraft (« Le mythe de Cthulhu »). La frénésie collective, suscitée par « True Detective » un siècle après, donne raison à Robert W. Chambers quand il nous mettait en garde en disant que « Le roi en jaune »  rendait réellement fou !

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La Rose pourpre et le Lys de Michel Faber | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/la-rose-pourpre-et-le-lys-michel-faber/87Mon, 10 Nov 2014 13:56:03 +0000Image de l'article

Le roman « La rose pourpre et le lys » de Michel Faber aurait pu être écrit par Dickens si on lui avait donné l’opportunité de s’exprimer librement. Toutes les recettes d’une fiction victorienne de haut vol sont réunies - l’épouse folle, la prostituée classe, la presque artiste, la gouvernante obscure - mais décrites avec l’esprit et les expressions d’un narrateur du XXIe siècle. Là où le roman victorien se vautrait dans les dentelles de la bienséance et de la suggestion, maintenant il est servi cru avec des détails bien salaces. Les prostitués de Faber procèdent régulièrement à des douches vaginales et effleurent désespérément leurs vieilles tâches, pendant que son épouse-enfant – sciemment appelés « Agnes » - est pétrifiée de terreur face à ses propres menstruations. Chez Faber, la gouvernante est une pute, sa folle, une visionnaire catholique, et sa dame patronnesse, Emmeline, adore se masturber.

Tout cela peut sembler sensationnel – aussi bien du point de vue Victorien, c’est-à-dire susciter de l’excitation, que contemporain dans le sens affriolant – rien que par le fait que les moments les plus grossiers du roman sont représentés dans un contexte historique d’une exquise exactitude. Se déroulant à Nothing Hill en 1875, « La Rose pourpre et le Lys » retrace l’histoire de William Rackham, un vieux garçon qui est obligé de renoncer aux joies de la paternité afin de se consacrer aux affaires. Il se met à la tête des Parfumeries Rackham, une vieille entreprise familiale, qui a du mal à faire la délicate transition vers l’ère de la production de masse. Là où Willam rêvait avant d’étonner le Tout-Londres avec ses pensées fines sur la vie et la littérature, maintenant il l’inonde avec des crèmes pour le visage milieu de gamme puant la lavande bas de gamme. Faber saisit cette nouvelle ère pommadée avec brio. Voici un Londres que Dickens n’aura pas eu l’occasion de beaucoup côtoyer pour pouvoir écrire dessus, une ville de grands magasins et d’omnibus, de panneaux publicitaires, d’aliments en conserve et de cartes de Noel achetées en magasin.

Le sexe est lui aussi devenu banal. Un annuel, destiné aux hommes qui aiment s’auto flatter d’être de fins connaisseurs de filles de joie, mettra William sur la route de Sugar, une prostituée qui occupe une place presque mythique dans le fantasme collectif de la ville. Fine comme un bâton et souffrant d’une maladie congénitale de la peau, Sugar parvient néanmoins à charmer les hommes avec un discours singulier (vous pouvez faire avec elle tout ce que les autres prostituées ne voudront pas), et un cerveau bien garni. Trouvant le type de compagnie avec Sugar qu’il n’aurait jamais espéré avoir avec son épouse-enfant plus qu’instable, William se mit en tête de l’acheter. Au début, il l'héberge dans différents logements pour se la garder exclusivement pour lui, avant de la faire venir au domicile conjugal comme gouvernante de Sophie, la fille de William et Agnes.

Il s’agit ici d’un roman très littéraire. Tous les personnages en sont écrivains et lecteurs d’une certaine façon. Sugar y a son propre récit de vengeance contre l’espèce mâle, le type de chose qu’Estella Dickens aurait pu écrire si elle s’était adonnée à la littérature. Agnès Rackham, quant à elle, passe sa jeunesse de façon parallèle en écrivant un flot de pensées banales dans son journal intime, un document de plusieurs pages que Sugar lit compulsivement dans le but de découvrir le secret de la maison dans laquelle elle vit désormais. William, qui au début du roman tient le rôle d’un gentilhomme irréprochable, sombre rapidement dans le bricolage de publicités mensongères et l’envoi de lettres de menace à ses fournisseurs.

À ce stade, le roman est franchement jubilatoire de par sa capacité à habiter, retravailler et interpréter librement les genres littéraires. Il ressemble beaucoup aux « mystères d’East Lynne », le roman sensationnel de Mrs Henry Wood dans lequel une bourgeoise ruinée retourne à son domicile conjugal pour devenir la gouvernante de ses propres enfants, camouflée uniquement de quelques cicatrices hideuses et d'un lourd voile. On y retrouve aussi un peu de Jane Eyre, un roman que Sugar a longtemps rejeté comme ayant peu à voir avec la vie de gouvernantes (« Je l’ai enfin épousé » n’est pas le type de phrase qu’elle soit prête à prononcer de sitôt). Pendant ce temps, Agnes Rackham, confinée dans sa chambre avec ses psychoses, devient une remplaçante crédible de la folle dans le grenier.

L’ancêtre de « la rose pourpre et le lys » n’est pourtant pas tant Jane Eyre que Dombey et fils, ni même le classique de John Flawles « Sarah et le lieutenant français » paru en 1969. Pour tout vous dire, le discours de Flawles sur la prostitution et l’éjaculation précoce semblait audacieux pour son époque, il semble être, lui aussi, entravé par les puritanismes de son temps comme Dickens l’était par le sien. L’ambition de Faber est de faire éclater le roman victorien au grand jour, s’affranchir des politesses jusqu’à ce qu’il n’y ait aucun non-dit. Ainsi dans les mains expertes de Faber, Sarah, la femme déchue, devient une prostituée qui va prendre dans l’arrière-train, tandis que Charles Smithson est transformé en William, un consommateur assidu de prostituées et de pornographie.

Dans des mains moins habiles, cette actualisation  aurait conduit à un roman vulgaire sans réelle innovation. Mais la plume de Faber est si affutée, si aguerrie qu’elle vous convainc que les meilleures histoires sont parfois les plus vieilles.

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Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/meursault-contre-enquete-kamel-daoud/86Mon, 10 Nov 2014 06:39:09 +0000Image de l'article

Il faut être soit complètement inconscient, soit sacrément talentueux pour s’attaquer à un monument de la littérature française comme Albert Camus.

Été 1942, Meursault, le héros principal du roman « l’étranger » d’Albert Camus, tuait sur la plage d’Alger un « Arabe ». Soixante-dix ans après, un Algérien se pose une question extraordinaire : qui est donc cet « Arabe » sans identité ? C’est le point de départ du roman « Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud.

Alors, je vous préviens tout de suite, si vous n’avez jamais lu « L’étranger » de Camus, vous aurez du mal à comprendre le roman de Kamel Daoud. En effet, qui dit contre-enquête, dit aussi utilisation des éléments de l’histoire de départ. Petite piqûre de rappel.

Meursault, personnage principal et narrateur de L’étranger, vit à Alger en Algérie française. Dans la première partie du roman, Meursault reçoit un télégramme lui annonçant le décès de sa mère. Lors des funérailles de cette dernière, Meursault ne versera pas une seule larme, ne voulant pas simuler un chagrin qu’il ne ressent pas. Son attitude ne manquera pas de laisser les gens perplexes. Quel est donc ce fils qui ne pleure pas la mort de sa mère ?

Un dimanche midi, après un repas bien arrosé, Meursault, Raymond Sintès, un proxénète notoire et accessoirement amant d’une Maure qu’il ne cesse de battre, et Masson, ami de Meursault, se promènent sur la plage et tombent nez à nez avec un groupe d’« Arabe ». Malheureusement pour Raymond, le frère de sa maitresse, qui lui en veut à juste titre pour ses maltraitances à répétitions envers sa sœur, fait partie de ce groupe. Une bagarre éclate, et Raymond est blessé au visage au couteau. Plus tard sur la plage baignée de soleil, Meursault rencontre de nouveau l’un des « Arabes » du groupe. Ce dernier le menace avec un couteau. Meursault, ébloui par le reflet du soleil sur lame, se crispe sur le revolver dans sa poche, tuant l’Arabe d’une seule balle. Puis, sans raison particulière, tirera de nouveau à quatre reprises sur le cadavre de l’homme. Ceci lui sera reproché lors de son procès, excluant ainsi l’homicide involontaire et la légitime défense.

Meursault est arrêté et interrogé. Il pêche par excès de sincérité et n’éprouve aucun remords, rendant sa défense difficile. Lors de son procès, il sera plus questionné pour son comportement lors de l’enterrement de sa mère que sur le meurtre de l’« Arabe », comme si cela était un accessoire. Pour sa défense, il dit avoir commis son acte à cause du soleil, ce qui ne manqua pas de déclencher l’hilarité générale dans la salle d’audience. Au final, il est condamné à la guillotine.

Pour ceux qui se pose la question, je vous rassure, ce n’est pas une critique de L’étranger, mais bien de « Meursault, contre-enquête ». Il faut vraiment avoir les éléments de départ en tête, c’est indispensable pour la compréhension du texte de Kamel Daoud.

A la victime de Meursault, Kamel Daoud donne un nom, Moussa, une mère, m’ma, et un frère Haroun. Ce dernier tient le rôle de narrateur du roman et exprime sa révolte en découvrant le livre de Camus, où la mort de son frère lui est expliquée et volée à la fois. Haroun, pour faire plaisir à sa mère et en finir avec cette histoire qui ne cesse de hanter sa famille, va tuer un Français, qui a un nom, mais aucune raison de mourir ce jour de 1963, dans l’Algérie indépendante. Lors de son interrogatoire, on le questionnera plus sur sa lâcheté et les raisons pour lesquelles il n’a pas combattu pour libération de son pays que sur le meurtre en lui-même. Un sacré retournement de situation !

Daoud aborde avec lucidité, tout au long de son roman, la question de la colonisation en général et la relation franco-algérienne en particulier. « Meursault, contre-enquête » est un roman frondeur et intense, presque revanchard. Alors, s’attaquer à un monument comme Camus, est-ce de l’inconscience ou du talent ? Je vous en laisse juge.

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L’écrivain national de Serge Joncour | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/l-ecrivain-national-serge-joncour/85Sat, 08 Nov 2014 07:49:05 +0000Image de l'article

Il y a parfois des attirances qu’on ne maitrise pas. Qui n’a jamais rencontré dans la rue une belle inconnue avec un regard tellement magnétique, tellement intense, qu’on a envie de lui décrocher la lune ? À partir de là, il y a deux catégories d’hommes (en excluant d’office les lourds dingues), ceux qui oseront s’approcher de l’inconnue pour lui faire part de ce qu’ils ont sur le cœur et ceux qui s’en abstiendront et passeront le restant de leur existence à le regretter. Serge Joncour dans son autofiction « L’écrivain national » semble faire partie de la première catégorie. Il hésite à peine à sauter le pas vers l’inconnu(e) même si cela veut dire aller au-devant de gros ennui. « Vivre, c’est accepter de perdre, quitte à en être gorgé de remords, quitte à regretter », écrit-il.

Le théâtre du roman « l’écrivain national » se situe dans le canton de Donzières, un petit village de deux mille habitants niché entre la Nièvre et Morvan. Le maire du village, sous l’impulsion d’un couple de libraires, invita Serge Joncour afin qu’il vienne parler de son métier d’écrivain, de ses livres et indirectement redorer le blason du maire lui-même en passant. En contrepartie de cette villégiature, « L’écrivain national », comme l’appelle ironiquement le maire, devra écrire une chronique pour vanter les mérites du village. En gros, des vacances aux frais de la princesse, mais avec un article complaisant à la fin.

Le jour de son arrivée dans la région, pour flatter légèrement son égo, notre « écrivain national » se mit à parcourir le journal local, la Voix du Centre, afin de savoir ce qu’on dit à son propos. Il tomba certes sur un article parlant de sa venue à Donzières, mais ce qui attira le plus son attention c’est un autre article relatant la disparition d’un certain Henry Commodore,  un octogénaire illuminé qui a fait fortune en vendant des moutons, qu’il faisait « tomber du ciel », et d’autres articles de contrebande alors qu’il était en faction en Indochine. Les accusés dans l’affaire? Un couple de « néoruraux », Dora Karalik et son compagnon Aurélik Biljac. Aurélik est décrit comme un marginal, shooté la plupart du temps à la marijuana et Dora, sa compagne, tient le rôle de « la belle brune » aux jambes interminables.

La photo présentant Dora dans le journal ne manqua pas de titiller l’intérêt de notre « écrivain national », Serge Joncour. Cette belle brune aux yeux hypnotiques happa l’auteur dans son univers du premier regard. Par la suite, il essayera tant bien que mal à rentrer en contact avec la jeune fille, mais « il y a des gens comme ça, s’y frotter c’est s’y rayer, dès qu’on les fréquente on est perdu ». À l’image de Milon de Crotone, il devint lui-même son propre piège.

Dans un petit village, comme vous le savez surement, tout se sait. Les escapades de « l’auteur national » ne tarderont pas à faire les choux gras des villageois et de la presse locale. Il se retrouvera malgré lui associé à la disparition de Commodore.

Ce roman, magnifiquement écrit, se développera ensuite dans une ambiance quasi burlesque sur fond de ragots de villageois, d’écologistes voulant empêcher la construction d’une centrale d’énergie « propre » (le comble !) et de tentatives de séduction de Serge Jancour se retrouvant ainsi complètement assujetti à notre belle brune Dora.

« L’écrivain national », c’est aussi une photographie du milieu rural. Chacun ses petites magouilles, mais ne manquant de pointer du doigt celles du voisin. Les apparences sont souvent trompeuses dans ces milieux, et finalement, beaucoup ne sont pas ce qu’ils prétendent être... Un roman savoureux à déguster sans modération ! 

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L'ère du peuple de Jean-Luc Mélenchon | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/livre/l-ere-du-peuple-jean-luc-melenchon/84Thu, 06 Nov 2014 16:24:46 +0000Image de l'article

La démocratie, c’est aussi l’équilibre des pouvoirs. Après avoir donné la parole à Éric Zemmour et ses amis de la droite (de la droite), intéressons-nous maintenant à un homme à la gauche de la gauche. En ces temps, où il est de plus en plus dur d’afficher ses convictions socialistes, Jean-Luc Mélenchon enfonce le clou avec son dernier livre « L’ère du peuple ». Le président Hollande aura réussi l’exploit, en seulement deux ans et demi de mandat, de se mettre à dos la droite (logique, me diront certains), mais aussi la gauche y comprit certains élus du parti socialiste.

L’ère du peuple est un livre politique écrit par un tribun imbibé de convictions : Jean-Luc Mélenchon. Il retrace l’engouement puis la désillusion et la déception à l’égard du président Hollande « Aucun reniement à gauche n’égale celui de François Hollande en deux ans et demi », écrit-il. Autant vous dire tout de suite, François Hollande en prend pour son grade dans tout le livre. L’amalgame, « la gauche et la droite, c’est pareil », serait dû aux renoncements et aux reculades de François Hollande selon Jean-Luc Mélenchon. Bizarrement, Nicolas Sarkozy s’en sort à bon compte dans ce livre, n’étant plus au pouvoir, il est un peu épargné par les diatribes de Mélenchon. Fermons le volet Hollande, d’ailleurs, ce n’est pas ce qui a de plus intéressant dans L’ère du peuple.

L’une des parties intéressantes du livre, à mon sens, c’est allégeance de la France et par extension de l’Europe aux États-Unis d’Amérique. Cette entrée du loup américain dans la bergerie européenne est selon l’auteur la cause de nombreux maux dans notre pays. Le capitalisme débridé à l’Américaine conduirait à « L’infinie cupidité des puissants, la perversité de l’égoïsme édicté en norme suprême dans tous les domaines », écrit-il. Il enfonce le clou en rappelant que le « billet vert n’a plus de contrepartie matérielle » et que son effondrement serait inéluctable. Sachant que 80% des transactions mondiales se font en dollars, et vu que le dollar n’est plus que du papier ordinaire, n’étant pas indexé sur la richesse réelle des États-Unis, Jean-Luc Mélenchon estime que l’Europe devrait s’en éloigner le plus vite possible avant d’être éclaboussé par sa chute.

L’allégeance de l’Europe à l’Amérique, amène l’auteur a abordé le sujet délicat de la finance. Finance dont le but serait de « formater les rêves qui suscitent notre servitude volontaire » avec la complicité des « médiacrates qui envoutent les esprits ». Cet avènement de la finance creuserait des inégalités sans précédent entre les citoyens. Ainsi, « 3% des humains possèdent autant que 85% des autres. Moins de 1% des entreprises contrôlent 80% des richesses mondiales. 147 d’entre elles contrôlent 40% de l’activité mondiale », écrit-il. Les états et donc le peuple auraient perdu « face au parti invisible de la finance globalisée … qui gouverne tout ».

Après les dénonciations, il faut bien proposer des solutions. En la matière, Jean-Luc Mélenchon n’est pas non plus en reste. Il propose carrément un programme d’éco-socialisme face à « l’incroyable défi écologique et géopolitique qui menace d’anéantir la civilisation humaine ». Il précise bien que son écologie politique n’est pas à confondre avec « la firme qui truste le label ». Cet éco-socialisme sera son point d’entrée dans sa lutte pour rendre le pouvoir au peuple. Il se défend toutefois d’être populiste et quand bien même « La haine du populisme n’est rien d’autre qu’un avatar de la peur du peuple », ajoute-t-il.

Jean-Luc Mélenchon déteste cette comparaison, mais je trouve beaucoup des idées de l’extrême droite dans l’extrême gauche ou vice versa. Le peuple, la souveraineté, le protectionnisme, la lutte contre les oligarchies, l’encensement des referendums populaires, l’amour de la patrie… La seule différence que je constate, c’est que l’humanisme de l’extrême gauche ne s’arrête pas aux portes de leur patrie, mais s’étend à tous les peuples et toutes les civilisations humaines, là où l’extrême droite se borne à défendre uniquement ses concitoyens d’un certain type. En gros, l’universalisme contre le repli sur soi. Jean-Luc Mélenchon l’illustre parfaitement avec cette phrase : « Notre république n’est fondée ni sur la référence à une ethnie comme en Allemagne... - mais - la France est une nation fondée sur un contrat politique ».

Pour clore cette critique, citons cette phrase de Maximilien Robespierre qui semble être taillée pour Jean-Luc Mélenchon : « je suis du peuple. Je ne veux être que cela et je méprise ceux qui voudraient être quelque chose de plus ».

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http://www.booklab.fr/article/livre/l-ere-du-peuple-jean-luc-melenchon/84
Charlotte de David Foenkinos | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/david-foenkinos-decroche-le-prix-renaudot-2014-avec-charlotte/83Wed, 05 Nov 2014 18:08:47 +0000Image de l'article

Annoncé dans la foulée du Goncourt, David Foenkinos pourra se consoler avec le prix Renaudot pour son livre Charlotte. Il l’emporte face à Amélie Nothomb avec Pétronille (Albin Michel), Serge Joncourt avec l’Écrivain national (Flammarion), Pierre-Yves Leprince avec Les Enquêtes de Mr. Proust (Gallimard) et Jean-Jacques Moura avec La Musique des illusions (Albin Michel).

Dans Charlotte, David Foenkinos nous livre l’histoire d’une artiste peintre, Charlotte Salomon, déportée à seulement 26 ans alors qu’elle était enceinte. La première rencontre de Foenkinos avec Charlotte, ou plutôt avec son œuvre « Vie ? Ou Théatre ? », se fera lors d’une exposition des peintures de l’artiste à Berlin. Depuis l’auteur fasciné par cette artiste et son destin tragique, décida d’écrire un roman sur sa vie.

Retrouver la critique intégrale de Charlotte ici sur Booklab.

David Foenkinos succède à Yann Moix qui avait reçu le Renaudot pour Naissance, paru chez Grasset.

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Pas pleurer de Lydie Salvayre | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-prix-goncourt-2014-decerne-a-lydie-salvayre-pour-son-livre-pas-pleurer/82Wed, 05 Nov 2014 17:26:36 +0000Image de l'article

Le plus prestigieux des prix littéraires français, le Goncourt, a été attribué à la romancière Lydie Salvayre pour son livre Pas pleurer (Seuil). Elle était l'une des dernières finalistes avec Pauline Dreyfus, David Foenkinos et Kamel Daoud.

Pas Pleurer, dont seul le titre chiffonne, est le don d’une fille, Lydie Arjona – devenue Salvayre -, née de parents espagnols réfugiés en France, à sa mère, Montse, au destin bouleversé par la guerre civile.

Ce livre marque aussi l’engagement d’un écrivain qui salue celui de Bernanos, osant «  Les grands cimetières sous la lune » après avoir découvert les violences perpétrées par les « nationaux » (nacionales, les franquistes) à l’encontre des républicains. C’est enfin la parole d’une citoyenne lucide qui, lisant ce grand texte, s’inquiète d’y trouver de sombres résonances dans l’Europe où elle vit.

Retrouver la critique intégrale de ce roman ici sur BooklaB.

Lydie Salvayre succède à Pierre Lemaître qui avait reçu le Goncourt pour Au revoir la-haut, paru chez Albin Michel.

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Terminus radieux de Antoine Volodine | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-prix-medicis-2014-attribue-a-antoine-volodine-pour-son-roman-terminus-radieux/81Tue, 04 Nov 2014 19:23:22 +0000Image de l'article

Laurent Mauvignier et Éric Reinhardt semblaient bien partis pour décrocher le prix Médicis, mais c’est finalement Antoine Volodine qui l’a remporté haut la main avec son roman « Terminus radieux » (Seuil).

Terminus radieux se tient dans un monde divisé en deux blocs antagonistes, le camp dirigé par une poignée de nantis dominant une économie globalisée et ultralibérale et de l'autre côté, le camp des collectivistes. Avec l’explosion des centrales nucléaires, un trio de résistants fuit dans un no man's land irradié, cherchant des vivres jusqu’à leur rencontre avec un communiste converti au chamanisme qui veille sur une pile nucléaire…

Antoine Volodine, qui a une œuvre importante derrière lui et avait reçu le prix du Livre Inter en 2000 pour Des anges mineurs, se définit lui-même comme l'écrivain du postexotisme, une littérature qui fait fi de l'intrigue et présente dans des territoires imaginaires souvent post-apocalyptiques et glaciaux un tourbillon d'événements envisagés avec ce genre d'humour qui fleurit sur le désastre. Il ne faut pas chercher chez lui de messages politiques. La recherche de la beauté à travers des constructions narratives élaborées est sa préoccupation primordiale.

L'Australienne Lily Brett s’est, elle, vu attribuer le prix Prix Médicis étranger pour Lola Bensky publié par un petit éditeur, La Grande Ourse. Il s'agit d'un roman autobiographique qui raconte l'histoire d'une jeune journaliste de rock un peu naïve dans les années 60-70.

Frédéric Pajak a remporté le prix Médicis essai pour Manifeste incertain - tome 3, le troisième volet d'une série sur le périple de Walter Benjamin à travers la France pendant la guerre.

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Angor de Franck Thilliez | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/angor-franck-thilliez/80Tue, 04 Nov 2014 05:23:39 +0000Image de l'article

Angor : Angine de poitrine; douleur brutale et angoissante ; phénomène que les transplantés du cœur généralement ne ressentent pas, les nerfs cardiaques n’étant pas reconnectés lors de l’intervention chirurgicale. Certaines personnes sont malheureusement abonnées aux faibles statistiques comme Camille Thibault, technicienne d’investigations criminelles à la gendarmerie de Villeneuve-D’Ascq (près de Lille dans le Nord). Camille est l’une des héroïnes du dernier roman de Franck Thilliez : « Angor ». Dès la naissance, Camille souffrait de cardiopathie congénitale. Cette malformation lui a valu une transplantation du cœur et depuis, la jeune femme fait d’étranges rêves prémonitoires où elle voit une fille, type Rom, enfermer dans un endroit sombre. Son médecin lui expliquera que ces visions proviendraient peut-être d’une histoire de mémoire cellulaire. En effet, certains organes garderaient des « souvenirs » de leur hôte de départ. Il n’en fallait pas plus à Camille Thibault pour se lancer dans une quête passionnante afin de découvrir le lourd secret qui se cache derrière ce cœur, devenu désormais le sien.

À quelques kilomètres de là, dans l’Oise près de Paris, une tempête permit de découvrir par hasard une femme captive dans la forêt. Cette dernière privée de liberté depuis un long moment est devenue complètement aveugle. Ce sont les flics de la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres qui s’occuperont de l’enquête. Rentre alors en scène notre couple d’enquêteurs de choc : Franck Sharko, le vieux de la vieille, désormais jeune papa de 51 ans avec toujours un gout prononcé pour le terrain et la crainte de ruiner ses beaux mocassins, et Lucie Henebelle, sa collègue et compagne, cloitrée à la maison à s’occuper de ses jumeaux frisant la crise de nerfs. Leur enquête révèlera que la femme retrouver dans les bois faisait partie d’un réseau de voleur Rom, tsigane ou hispano. Mais plus, ils découvrent qu’une mystérieuse gendarme, transplantée du cœur et ayant des prémonitions, enquête sur la même affaire qu'eux et semble leur damer le pion.

De petites pièces de puzzle assemblées d’un côté par Camille Thibault et de l’autre par Franck Sharko et la brigade du 36, quai des Orfèbres dressent le tableau d’une histoire bien mystérieuse. Il est question de société sécrète, avec des références à la Divine Comédie - l’Enfer de Dante -, « de véritables figures du Mal » ; d’un photographe, Michael Florès, à la recherche de tout ce qu’il y a de pire chez l’être humain dont les photos, immortalisant des scènes d’horreur, sont du même style que les tableaux de Rembrandt.

Ce livre m’a beaucoup fait penser aux SAS de Gérard de Villiers, même le nom des personnages se ressemble, Sharko chez Thilliez et Malko chez de Villiers. C’était la première fois que je lisais du Thilliez, et je dois avouer qu’il est bon, vraiment bon. On retrouve dans son roman tous les ingrédients d’un bon polar : société sécrète, héros charismatiques et obsédés par leurs métiers, sexe, intrigue et frisons à mesure qu’on frôle de près le Mal.

Cette enquête haletante, menée à travers la France, l’Europe et l’Amérique du Sud, montre encore une fois que rien ni personne ne résiste à la violence ni au Mal.

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L’amour et les forêts de Eric Reinhardt | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/l-amour-et-les-forets-eric-reinhardt/79Sat, 01 Nov 2014 13:47:07 +0000Image de l'article

Lorsqu’une femme découvre que son mari est totalement indifférent à elle, soit elle néglige sa toilette, soit elle se met à porter les chapeaux chics que lui paye le mari d’une autre femme. Cette citation d’Oscar Wilde est encore terriblement d’actualité même de nos jours. Alors, bien sûr les femmes n’ont plus besoin, stricto sensu, que les hommes leur offrent des cadeaux, mais elles ont toujours ce besoin irrépréhensible d’être admirées, adulées, considérées, comme si le regard de l’homme en général et celui de l’homme qu’elles aiment en particulier avait une espèce de pouvoir mystique qui les fait se sentir femmes.

Ce besoin d’amour, dont certains diront que les femmes n’aiment pas l’homme mais l’Amour, pousse certaines d’entre nous à tromper leur compagnon pour se sentir aimées, « se sentir vivantes » rien qu’une journée dans les bras d’un amant fougueux.  Je parlais dans une précédente critique de l’adhésion des adultes aux valeurs adolescentes. Tout se passe comme si elles étaient en quête de leur premier amour, de leur amour de jeunesse, qui les avait tant bouleversées. Pourtant, le temps suit son cours, et tôt ou tard, il faudra bien faire face à la vie d’adulte sans se dérober. Eh bien, certaines femmes n’y arrivent point. Ce sont généralement de grandes traumatisées de la vie qui ne voient plus leur féminité, leur attractivité et seraient capables de s’abandonner au premier quidam venu, même s’il les laisse indifférentes !

Cette situation est très similaire à l’héroïne du roman « L’amour et les forêts » d’Eric Reinhardt. (Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’un énième livre écologique sur la préservation des forêts équatoriales, quoi que…). Bénédicte Ombredanne, l’héroïne du roman donc, rentre en contact avec Eric Reinhardt après avoir lu son dernier livre qui l’a particulièrement touchée. Elle  rencontrera l’auteur à deux reprises au cours desquelles, elle lui racontera son histoire. Bénédicte était donc mariée, mère de deux enfants (un garçon et une fille), et vivait un véritable calvaire dans son foyer. Son mari exerçait sur sa vie une surveillance étroite, un vrai « harceleur certifié », toujours à la sermonner et à lui infliger toutes sortes de blessures psychologiques. De sorte qu’elle finit par rendre les armes, signa sa reddition et se comporta en femme soumise. « C’était un peu comme une forêt profonde et angoissante, inextricable », confiera-t-elle à Eric Reinhardt, pour décrire la situation qu’elle subissait auprès de son mari, et dont elle n’arrivait pas à se dépêtre.

Un soir, après une énième remontrance de son mari, Bénédicte Ombredanne décida de se rebeller, de « sortir de sa vie terne et répétitive ». Elle veut prendre un amant. Pour se faire, elle va se connecter sur un célèbre site de rencontre où elle rencontrera entre autres l’intrépide Napoléon04 et surtout Playmobil677. Ce dernier va complètement bouleverser sa vie et sera aussi la cause de sa perte.

Pour une fois dans sa vie, elle prenait une initiative qui ne concernait que sa personne « comme une femme libre », dira-t-elle à Eric Reinhardt. J’ouvre une petite parenthèse ici. Alors les filles ouvrez bien les oreilles et écoutez-moi, il ne faut surtout pas suivre son exemple. Tromper son compagnon n’a rien de féministe ni de libérateur. Sortir des griffes d’un homme et se jeter dans les griffes d’un autre, aussi aimant et adorable soit-il, est pour moi une gageure. Néanmoins, deux options s’offrent à vous : fuir le plus loin possible et refaire sa vie ou amener votre dingo de mari chez le psychiatre ! Je suis triste, donc je m’envoie en l’air, et qui plus est avec un inconnu rencontré sur internet ne me semble pas être une bonne idée. Sauf si vous êtes dans une union libre, alors chacun fait selon ses envies. D’ailleurs, de retour de son escapade amoureux, Bénédicte Ombredanne due affronter le regard accusateur de sa fille de 13 ans qui lui fera remarqué ceci : « ta vie de femme ! Je te rappelle que t’es aussi une mère » [sic], quand elle tentera de dissimuler sa faute.

En revanche, là où je suis totalement d’accord avec Bénédicte Ombredanne, c’est quand elle explique la place de la femme dans la société à sa fille : « immémoriale, choquante, de servitude, de soumission, un espace d’avilissement, un moyen de t’attribuer le rôle le plus formaté qu’il soit possible de concevoir ». Ici je la trouve convaincante, et faire comprendre à sa fille qu’il ne faut pas tomber dans ce piège est pour moi résolument féministe !

« L’amour et les forêts » est un récit bouleversant, drôle parfois, et se place résolument dans une optique d’émancipation face à l’avilissement. Cela prend du temps de savoir qui on est, mais l’horloge biologique tourne. La beauté de ce roman, c’est qu’il nous invite à la patience. La route est longue pour être une femme sincère ayant le courage de ses opinions et ce roman d’Eric Reinhardt est déjà un bon compagnon de route pour ce long périple.

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La Passion de la méchanceté de Michel Onfray | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/la-passion-de-la-mechancete-sur-un-pretendu-divin-marquis-michel-onfray/78Fri, 31 Oct 2014 13:33:26 +0000Image de l'article

Michel Onfray, connu pour ces célébrations de philosophe comme Nietzsche ou Camus, compte aussi à son actif une série d’attaques acerbes contre d’autres mythes de la philosophie.

Après Freud, Heidegger et beaucoup d’autres, c’est au tour d’une autre intelligentsia du  XXe siècle, le marquis de Sade, de faire les frais de Michel Onfray. Je me souviens avoir pris du plaisir à lire Sade il y a fort longtemps, et son œuvre qui m’a le plus marqué est assurément Justine ou les Malheurs de la vertu. Œuvre romanesque érotique à souhait, mais à la limite du supportable, où la jeune Justine essai de préserver sa vertu, mais coure chaque fois à sa perte contrairement à Juliette qui prospérera en s’adonnant au vice. L’enthousiasme général pour les œuvres de Sade et ma paresse intellectuelle a fait que je ne suis jamais allé au fond de la pensée sadienne à l’époque.

Les maîtres à penser du XXe siècle, comme André Breton ou Georges Bataille, en avaient fait une icône intouchable et, moi-même, je le considérais comme un libérateur romantique, à la limite du pornographique, mais libérateur tout de même. Je tombe quand même des nues quand j’apprends que certaines personnes l’encensent pour son féminisme ; je ne l’ai jamais cru féministe et je me dis qu’on n’a pas dû lire Sade de la même façon.

Sade a toujours été présenté comme une victime des régimes successifs qui l’ont incarcéré pour ses déviances et ces derniers présentés, par ses défenseurs, comme des ennemis de la liberté. Aux yeux de Michel Onfray, Sade n’est qu’un pervers (ça, on le savait), un délinquant de droit commun, et une « monstruosité intellectuelle ». Dans « La passion de la méchanceté », il se déchaine contre le « divin » marquis et sa longue cohorte d’hagiographes aveuglés ou paresseux : Apollinaire, Barthes, Lacan, Deleuze et j’en passe.

Nous sommes là dans un cas d’aveuglement collectif d’après l’auteur. Contrairement à la légende, Sade n’était pas un grand écrivain qui fantasmait les monstruosités  qu’il racontait. Non, il les faisait, il les vivait, il en jouissait. Onfray commence fort en comparant le comportement de Sade à celui de Ilse Koch, la « Chienne de Buchenwald », celle là même qui se confectionnait des abat-jour avec la peau des prisonniers du camp de Buchenwald, dont elle et son mari, Karl, avaient la charge.

« La biographie de Sade montre que sa vie et son œuvre sont sadiques », écrit Onfray, puis il rappelle la plupart des délits dont Sade s’est rendu coupable. Prenons l’exemple de Rose Keller: une mendiante veuve de 36 ans. Sade lui propose de l’argent afin qu’elle le suive. Elle refuse. Il lui dit alors qu’il veut juste qu’elle vienne faire le ménage chez lui. Elle accepte. Arrivés chez lui, il la menacera de mort, lui demandera de se déshabiller, la fouettera, effectuera des incisions dans sa chair avec un canif puis pour accentuer la douleur fera couler de la cire fondue dans les plaies sanguinolentes, enfin il se masturbera et enfermera sa victime. Cette dernière parvient à s’échapper et portera plainte contre Sade.

« Romancier, il n’y aurait rien à redire à ses fictions, mais Sade se réclame de la philosophie matérialiste », écrit Onfray. Après avoir ouvert son casier judiciaire et rappelé toutes les horreurs dont le récidiviste Sade s’est rendu coupable, Onfray déconstruit son apologie de la cruauté, de la volonté de puissance ou de la liberté frénétique (concept que Sade se réserve à lui seul, mais pas à ses victimes). Onfray cite Jean-Jacques Brochier qui mettait en parallèle Sade et Stirner « deux égoïstes totalement insoucieux d’autrui pourvu qu’ils obtiennent une jouissance ». Concernant son prétendu féminisme, l’auteur rappelle les écrits de Sade dans « Les Cent Vingt Journées de Sodome » : « Une langue de femme n’est bonne qu’à torcher un cul ». Vous conviendrez que comme féministe on a vu mieux…

À la lecture du livre, Sade semble être un galimatias phallocrate qui a pourri la tête de nombreux grands intellectuels, à commencer par les gourous de la « pensée 68 ». Ainsi, Georges Bataille qui s’est masturbé sur le cadavre de sa mère pouvait justifier ses déviances en se référant à Sade. Et que dire des intellectuels et politiques qui ont signé une pétition légitimant la pédophilie « en pensant que  la fin d’une sexualité culpabilisée légitimait une sexualité sans éthique » ?  Ils ont sérieusement dérapé sur le divin Sade. Raison de plus pour rendre hommage aux quelques exceptions qui ont vu juste comme Camus ou Arendt.

« Sade prépare le nazisme, car il critique la pitié », écrit Onfray. C’est l’une des phrases qui résume le mieux « La passion de la méchanceté »,  livre fort qui secoue en nous mettant face à nos lâchetés, point d’appui de cette adulation sadienne où le mal a toujours l’avantage sur le bien.

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Constellation de Adrien Bosc | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/adrien-bosc-remporte-le-grand-prix-du-roman-de-l-academie-francaise-2014-pour-son-roman-constellation/77Thu, 30 Oct 2014 19:18:08 +0000Image de l'article

Le Grand Prix du roman de l’Académie française a été attribué à Adrien Bosc pour son roman Constellation publié chez Stock. Les deux autres livres en lice étaient Voyageur malgré lui de Minh Tran Huy publié chez Flammarion et Karpathia de Mathias Menégoz qui est lui publié chez l’éditeur POL.

"Dans le livre, l’auteur décrit avec brio le trajet de l’avion - le Constellation -, que la presse avait nommé à l’époque « meilleur trimoteur du monde », l’expérience des pilotes, qui pour la plupart avaient participé à la Seconde Guerre mondiale, les conditions météorologiques et plus encore, les fragments d’histoires des quarante-huit personnes qui ont embarqué à bord de l'appareil. Le livre est terriblement émouvant et à la lecture, on a vraiment l’impression de connaitre ces personnes qui pourraient être nos voisins, amis, frères, sœurs ou parents."

 

Extrait de la critique de jol de Constellation. Retrouver la critique complète de Constellation sur BooklaB ici.

« C'est le plus beau jour de ma vie », a déclaré Adrien Bosc à l’AFP. « Je suis honoré, plus que ravi, c'est magnifique et inattendu", a-t-il ajouté. Constellation est un livre très important pour moi, je l'ai écrit sous l'aile de Blaise Cendrars », a souligné le lauréat, rendant hommage à l'écrivain français qui a été pour lui une source d'inspiration.

Créateur de la revue Feuilleton, dont le premier numéro a été tiré à plus 20 000 exemplaires, et des éditions du Sous-sol, Adrien Bosc avait déjà reçu en septembre le Prix de la Vocation.

 

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Pétronille de Amélie Nothomb | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/petronille-amelie-nothomb/76Thu, 30 Oct 2014 13:11:17 +0000Image de l'article

La littérature est aussi diverse que variée. Avec un soupçon de talent, il est possible d’écrire sur n’importe quel sujet même le plus banal : le pelage de son chien, son embonpoint et même son œil qui louche. C’est fou ! Bon, d’après les dernières statistiques, seulement 1% des écrivains arriveraient à vivre de leur plume... ceci expliquerait peut-être cela. Donc plus que le sujet, c’est le talent qui compte. Quitte à lire un livre sur un sujet banal, autant lire un auteur talentueux !

Une écrivaine comme Amélie Nothomb, qui depuis 1992 publie chaque année un nouveau roman, peut, elle aussi, tomber dans cette banalité. Sauf qu’elle a du talent, elle. Ainsi, dans son dernier roman, « Pétronille », Nothomb nous parle de son accoutumance à l’alcool, plutôt au champagne, et de sa vie de façon générale. Quelle est la part de vérité ou de fiction dans le livre ? Je ne le sais point, ne la connaissant pas personnellement. Romancière de 30 ans, elle débarque à Paris pour commencer sa nouvelle vie d’auteure. Elle expérimente différentes façons de s’enivrer, va jusqu’à jeûner des jours pour savourer au maximum l’effet enivrant de son champagne, dans « l’espoir d’atteindre la griserie qui aurait rendu l’existence acceptable » écrit-elle. Non contente de ces expérimentations, elle se lance à la recherche d’un compagnon de beuverie : « Dans la ville lumière, il doit y avoir quelqu’un avec qui boire la lumière », écrit-elle. Lors d’une séance de dédicace, elle rencontre une de ses correspondantes: une certaine « Pétronille Fanto » qui lui avait envoyé, pendant les 3 mois précédents, deux ou trois lettres manuscrites. Les deux femmes se lient d’amitié et se bourrent surtout souvent la gueule ensemble.

« Pétronille » est aussi un livre drôle, comme le passage de l’interview de la styliste Vivienne Westwood, que l’auteur qualifie de « vieille punk déguisée en Élisabeth Ire » (elle appréciera, enfin si elle est encore en vie), qui, après le profond mépris dont elle la gratifiera, aura l’outrance de lui demander d’aller promener sa chienne, Beatrice, pour qu’elle fasse ses besoins…

Au début de la critique, je parlais de sujet banal. Eh bien, sous ses apparences simplistes le roman aborde des sujets plus graves. La précarité des écrivains, surtout les débutants, le snobisme parisien du monde de la littérature dont elle fera l’expérience quand elle cherchera un éditeur pour son amie Pétronille Fanto : « Ne vous donnez pas tant de mal pour cette Fanto. Vous savez bien que dans le monde des lettres, les prolétaires n’ont aucune chance », lui dit une jeune éditrice. Et Fanto, malgré son talent, va être amené à jouer les cobayes pour des laboratoires pharmaceutiques, animatrice dans un bar où elle jouera à un jeu aussi dangereux que la roulette russe (la vraie !) pour gagner son pain quotidien. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a le gout du  risque. Nothomb effleure un autre sujet que j’aurai voulu qu’elle développe un peu plus « la contamination des adultes par les valeurs d’adolescentes ».

À la lecture du roman, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’Amélie Nothomb a un grain de folie, mais tous les écrivains de génie n’en ont-ils pas ? Quoi qu’il en soit, le roman se termine en apothéose, et contrairement à l’alcool, il est à consommer sans modération.

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Charlotte de David Foenkinos | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/charlotte-david-foenkinos/75Wed, 29 Oct 2014 11:26:28 +0000Image de l'article

C’est souvent en période de guerre que la nature humaine éclate au grand jour. Ce sont les guerres qui font les héros et les monstres bien que ce concept n’ait pas de beaucoup de sens. Quand l’armée nazie écrasait l’armée française en 1940, n’était-elle pas accueillie en héros à Berlin ? À la Libération, n’était-ce pas les alliés qui étaient portés en triomphe ? Contrairement à ceux qui affirment que l’être humain est foncièrement mauvais, je pense que l’être humain est complexe. Tandis que certains s’adonnent gratuitement à la délétion, d’autres essais de sauver leurs semblables par tous les moyens.

Une artiste peintre a justement été victime de cette délétion en 1943, elle perdit la vie à seulement 26 ans alors qu’elle était enceinte. David Foenkinos nous livre un roman dont le titre est « Charlotte » et qui est inspiré de la vie de cette artiste qui s’appelait Charlotte Salomon.

Charlotte vient au monde dans une famille frappée par une succession de drames et de démences. Elle passe son enfance à Berlin et fera ses premières armes d’artiste aux Beaux-Arts Furstin-Bismarck sous l’œil bienveillant du professeur Ludwig Bartning. Elle y découvre ses premières influences artistiques : Munch, Kokoschka et Beckmann. L’« arrivée de la haine » au pouvoir, en 1933, la mettra, elle ainsi que toute la communauté juive, au ban de la société. C’est aussi dans ce chaos qu’elle connaitra ses premiers frémissements amoureux avec un écrivain fêlé du nom d’Alfred Wolfsohn.

La situation, déjà tendue en Allemagne, échappa à tout contrôle lorsque les nazis lancèrent « La Nuit de Cristal », un projet en représailles à l’assassinat du troisième conseiller de l’ambassade d’Allemagne à Paris, Ernst vom Rath, par Herschel Grynszpan un juif polonais de 17 ans. Partout à Berlin, les biens juifs sont saccagés, des dizaines de meurtres perpétrés et c’est aussi dans ce contexte que Charlotte s’exile dans le sud de la France. Elle y luttera contre ses pulsions morbides et entreprendra la réalisation de son œuvre « Vie ? Ou Théâtre ? » Une œuvre sur sa propre vie qui sera l’élément déclencheur de la presque obsession de Foenkinos pour l’artiste et la raison de ce roman. « C’est toute la beauté du projet de Charlotte. Où est la vie ? Où est le théâtre ? Qui peut connaître la vérité ? » écrit-il pour souligner le coté romanesque, mais aussi véridique de l’œuvre. Il se lancera alors sur les traces de Charlotte et essayera de nous dévoiler des bribes de sa vie avec sympathie.

Ce roman est écrit avec des phrases très courtes, comme des vers d'un poète - Foenkinos - à sa muse Charlotte, des mots justes et sans fioritures.

« Je me sentais à l’arrêt à chaque point.

Impossible d’avancer.

C’était une sensation physique, une oppression.

J’éprouvais la nécessité d’aller à la ligne pour respirer.

Alors, j’ai compris qu’il fallait l’écrire ainsi » écrit l’auteur. Comme disait Kandinsky « Créer une œuvre, c’est créer un monde », j’ai adoré m’immerger dans celui de Foenkinos et de Charlotte.

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La femme qui dit non de Gilles Martin-Chauffier | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/la-femme-qui-dit-non-gilles-martin-chauffier/74Tue, 28 Oct 2014 17:03:15 +0000Image de l'article

Il parait que les anglaises ont la cuisse légère, elles seraient toujours partantes pour une bonne beuverie avec en prime une clope au bec. Le dernier roman de Gilles Martin-Chauffier ne va vraisemblablement pas redorer leur blason. L’héroïne du roman, Marge Evans, est presque une caricature des adolescentes de la série télévisée « Skins », de Jamie Brittain, l’élégance en plus. En effet, elle dit oui à l’alcool, oui aux escapades extra-conjugales, oui à la cigarette… alors vous vous demandez peut-être si le titre du roman c’est « La femme qui dit oui » ? Eh bah non, Gilles Martin-Chauffier a intitulé son roman « La femme qui dit non ». Pourquoi ? Nous allons y venir.

Alors, c’est l’histoire d’une jeune anglaise, Marge donc, qui par le plus grand des hasards débarques sur l’Iles-aux-Moines, en Bretagne, ou ils seront accueillis, avec son père, dans le manoir de Kergantelec par le maitre des lieux Blaise de Méaban et son ami Mathias. Marge ne tarda pas à tomber amoureuse de Blaise qui l’épousera en 1938 alors que la Seconde Guerre mondiale pointait déjà le bout de son nez. C’est là que le titre du livre « La femme qui dit non » prend tout son sens, car ce petit bout de femme, anglaise, enceinte, coincée sur une ile française, détestée par sa belle-mère, va aussi jouer son rôle dans la guerre qui se profilait en entrant dans la Résistance (un peu par hasard d'ailleurs) et fera fortune en faisant chanter les anciens « collabos » à Libération.

Gilles Martin-Chauffier nous livre un roman raconté à la première personne par l’héroïne elle-même, à l’aube de ses 90 ans, qui revient sur les moments forts de sa vie. La Seconde Guerre mondiale, de 1939 à 1945, le comportement des Allemands dans la France de Vichy, les différentes facettes de la collaboration pendant l’Occupation, les « serpents de mer » comme François Mitterand, Morvan et bien d’autres qui réussiront à passer entre les mailles du filet à la Libération et tout cela sur fond de lutte pour la liberté de la Bretagne. Oui, parce que pendant que certains se préparaient à libérer la France, des groupuscules bretons rêvaient eux aussi d’indépendance et iront jusqu'à s’associer au « Führer». En plus des querelles incessantes entre Marge et sa belle-mère, on retrouve dans le roman les diatribes habituelles entre « froggies » et « roast-beef », cette xénophobie presque affectueuse entre les deux pays, la France et l’Angleterre.

Toutes ces histoires, bien qu’intéressantes, sont presque en toile de fond de la vie de femme de l’héroïne. Alcoolique, joueuse invétérée, fumeuse, presque nymphomane (une anglaise quoi), elle va tomber amoureuse du meilleur ami de son mari, Mathias. Cette idylle conduira à un lourd secret de familiale qui se soldera par la sortie des cadavres du placard à la fin du livre.

Ce roman, très bien écrit, est fort agréable à lire. L’histoire est si réaliste que je n’ai pu résister à la tentation de googler le nom de l’héroïne sachant pertinemment qu’il s’agissait d’un personnage de fiction… je sais cela n’était pas très malin, mais l’auteur à une plume absolument magnifique et on arrive à s’immerger totalement dans le décor du livre.

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Constellation de Adrien Bosc | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/constellation-adrien-bosc/73Mon, 27 Oct 2014 12:44:47 +0000Image de l'article

Imaginez une mère angoissée se précipitant au chevet de sa fille unique gravement blessée suite à un accident de voiture dans lequel le compagnon de cette dernière perdit la vie et elle-même lutte pour sa survie.  Après une longue série d’intervention chirurgicale et une pénible  convalescence, elle revint peu à peu à la vie. Alors, mère et fille décident de partir pour Cuba, un voyage par avion, pour se remettre de ces traumatismes. Cette histoire est celle de Jenny Brandière et de Françoise, sa fille, qui les toutes deux perdront la vie, en 1949, dans le crash du vol F-BAZN d’Air France en partance pour les États-Unis. Le destin de Françoise me semble dès lors immuable et on a l'impression que nul ne peut échapper à son destin.

Ce fragment de vie est tiré du dernier roman d’Adrien Bosc : « Constellation », titre court et bien inspiré. Constellation est le nom de l’avion dans lequel Jenny et Françoise embarquèrent ce soir du 27 octobre 1949 à l'aéroport d'Orly. À côté de ces anonymes, il y avait aussi dans l’avion la violoniste Ginette Neveu qui se rendait également aux États-Unis pour une tournée américaine, Marcel Cerdan, champion du monde de boxe, Jo Longman, son manager, et son ami Paul Genser. Jo Longman parvint à avoir trois places sur le vol, pourtant complet, en faisant valoir leur droit de priorité (à l’époque, les célébrités pouvaient obtenir des places dans les avions en faisant débarquer d’autres passagers). Font les frais de cette priorité Mme Erdmann, directrice d’une maison de parfum, Édith et Philip, un jeune couple d’Américains en voyage de noces à Paris. Il y en a un qui n’a pas été débarqué, mais qui a dû reporter son voyage sous ordre de Ginette Neveu, c’est Étienne Vatelot, le fils du luthier Marcel Vatelot qui devait suivre Ginette dans sa tournée américaine. Il apprendra, quelques jours plus tard, le crash de l’avion alors qu’il était sur un paquebot, lui aussi en partance pour New York, pour rejoindre Ginette.

Dans le livre, l’auteur décrit avec brio le trajet de l’avion, que la presse avait nommé à l’époque « meilleur trimoteur du monde », l’expérience des pilotes, qui pour la plupart avaient participé à la Seconde Guerre mondiale, les conditions météorologiques et plus encore, les fragments d’histoires des quarante-huit personnes qui ont embarqué à bord de l'appareil. Le livre est terriblement émouvant et à la lecture, on a vraiment l’impression de connaitre ces personnes qui pourraient être nos voisins, amis, frères, sœurs ou parents. De simples anonymes au début du livre, ils deviennent vraiment des personnes familières. Adrien Bosc  raconte aussi le déchainement de la presse, comme disait René Fallet : « La société a les journalistes qu’elle mérite », la couverture médiatique du crash de façon générale jusqu’aux affaires de pillages des bagages par les insulaires de l’ile Sao Miguel où a lieu le crash.

Adrien Bosc, 28 ans et premier roman, nous livre ici un très bel hommage aux quarante-huit victimes de ce tragique accident. Contrairement à l’ironique Salvador Dali qui disait: « Lorsque les trains déraillent, ce qui me fait de la peine, ce sont les morts de première classe », l’auteur s’intéresse vraiment à tous les passagers de l’avion et raconte des bribes de leur histoire dans un récit à la première personne à la fois émouvant et poignant.  Après avoir fermé le livre, on se dit que finalement « le destin est toujours une affaire de point de vue ».

Edit: le livre est en rupture de stock chez Amazon, mais vous pouvez toujours vous le procurer à la Fnac.

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Populaire de Maya Van Wagenen | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/populaire-l-histoire-vraie-d-une-geek-devenue-reine-du-vintage-maya-van-wagenen/72Fri, 24 Oct 2014 07:46:07 +0000Image de l'article

Le collège ça craint !  C’est un monde de garçons pré-pubères, immatures et sans poils sous les aisselles. Ils font des commentaires du genre « Mon gars, cette fille est bonne » avec une voix coincée entre l’âge adulte et l’enfant qu’ils sont. C’est encore pire pour les filles. Lorsqu’elles arrivent au collège, elles commencent à se maquiller, mais elles ne savent pas qu’elles ne s’y prennent pas de la bonne manière. Elles grandissent et ont du mal à gérer leurs poussées d’acnés. C’est alors qu’elle rêve d’être populaire, et ce rêve tournant à l’obsession, c’est là que les douleurs psychologiques commencent.

Le livre de Maya Van Wagenen « Populaire L'histoire vraie d'une geek devenue reine du vintage » est un compte rendu de ces années de tourmente. Timide, passionnée par les Hobbits, l’auteure n’a jamais été à l’aise pour se faire des amies au collège. C’est là qu’elle tombe sur un vieil exemplaire d’un livre écrit dans les années 1950, « Guide de popularité pour les adolescents », sa mère l’encourage à tenter la « grande expérience » et à suivre ces conseils toute une année scolaire.

Le souci ? C’est que livre prodigue des conseils vieux de quelques années et ce n’est certainement pas le meilleur moyen de régler ses problèmes sociaux au collège de nos jours. Dans le livre en question, en plus des conseils de bon sens, il y a des réflexions du genre « si vous ne savez pas quel type d’aliment font grossir, demander à vos amis potelés ils vous le diront ». Une autre phrase typique « Quand vous êtes timide, vous donnez l’impression aux gens que vous êtes impoli » (je comprends maintenant pourquoi tout le monde me déteste) et « pour réussir dans la vie, il faut être jolie » (je suis d’accord avec la moitié de la phrase).

Van Wagenen semble avoir pris les conseils de ce livre au pied de la lettre. Ainsi, tous les mois, elle se concentre sur un chapitre différent : « Problème de visages », « Donnez l’impression d’être jolie – Soyez jolie », « Êtes-vous timide ? » et « Soyez une hôtesse ». Elle tient un journal dans lequel elle répertorie tous ses efforts et actions, et peu à peu sa vie s’améliore. Elle devient « populaire », tout du moins selon sa propre définition de ce mot. «  La vraie popularité », écrit-elle, « est la bonté et l’acceptation ».

Ce qui rend le livre de Van Wagenen touchant c’est que tous les problèmes peuvent se résoudre avec du rouge à lèvres et un bon état d’esprit. Elle vit à Brownsville, au Texas, une ville frontalière en proie à de grandes difficultés. De la fenêtre de son bureau, son père peut apercevoir les coups de feu émanent de la guerre entre les cartels de la drogue au Mexique, et ce conflit s’invite parfois jusque devant l’école de sa fille. On ne peut s’empêcher de l’admirer quand elle fait face aux défis de ce monde, comme on ne peut s’empêcher de la plaindre quand elle parle de ses coups de cœur amoureux en portant un chapeau de paille du style année 50 et des gants ou quand elle s’invite tous les jours à une nouvelle table, à la cantine, et apprend à quel point tous les groupes sociaux sont similaires.

À certains moments, j’ai trouvé ce livre difficile à lire. Mes années collèges ne sont pas aussi loin que cela et les blessures sont encore fraiches. Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour voir ces années avec tendresse, et je ne ressens pas le besoin de les revivre. Peut-être que cela sera plus facile quand j’aurai la quarantaine ou peut-être jamais ! Pour l’instant, je suis trop occupée avec un autre traumatisme qu’est la vie d’adulte.

Il y a des moments ou Van Wagenen semble tellement gentille qu’on a du mal à la croire. Est-ce qu’une personne peut-être aussi gentille ? Moi en tout cas je ne le suis pas. J’ai été si bouleversée par son expérience que j’ai offert le livre à ma sœur qui entre au collège cette année. Peut-être que si j’avais lu ce livre quand j’avais son âge, cela m’aurait évité beaucoup de souffrances et aurait permis de m’ouvrir de nouvelles perspectives.

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Stalin, Vol. I: Paradoxes of Power, 1878-1928 de Stephen Kotkin | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/staline-paradoxes-of-power-1878-1928-tome-i-stephen-kotkin/71Thu, 23 Oct 2014 07:25:08 +0000Image de l'article

Il est difficile d’écrire sur les grands méchants de l’histoire. Le « mal absolu » n’est pas un concept utile, tout du moins du point de vue d’un biographe. L’hypothèse selon laquelle un homme qui tue - ou fait tuer - un million de personnes est un million de fois plus diabolique qu’un homme qui en tue un seul est une pierre d’achoppement. Il est difficile d’imaginer qu’une personne peut-être un million de fois pire qu’une autre qui tue de sang-froid à la machette, de sorte que tout le raisonnement devient irréel. Il faudrait des philosophes de haut niveau pour résoudre cet épineux problème, mais mon sentiment est que le postulat de départ est erroné : le mal, en tant que qualité d’une personne, n’est pas quantifiable, et il est peu probable qu’on puisse déterminer le mal d’une personne en faisant un calcul mathématique. La seule façon de traiter analytiquement ce problème serait peut-être de supposer un Facteur d’amplification – si vous êtes une personne quelconque, Jack l’Éventreur par exemple, vos actions, bien que meurtrières, ont tendance à être localisées et quantitativement limitées dans leur impact que si vous êtes Staline ou Hitler, auquel cas vous aurez un impact global et vos victimes se compteront alors par million.

La situation s’aggrave encore plus lorsque le mal en question est incarné par le chef de l’État et sa responsabilité dans le décès massif de personnes dont il avait la responsabilité. Il est admis que les situations de guerre entrent dans une catégorie à part, dans laquelle de nombreuses personnes peuvent mourir sans que cela attire automatiquement l’opprobre sur les dirigeants et autres chefs d’état-major. Mais les révolutionnaires, ou les dirigeants qui ont ce type d'état d’esprit pensent qu’ils entrent eux aussi dans cette catégorie exceptionnelle. Ils voient les décès qu’ils provoquent comme étant « nécessaire », de la même façon que ceux qui surviennent en situation de guerre. Ceci est un dilemme pour les historiens, qui ont du mal à juger les révolutionnaires qui réclament cette exonération, surtout quand la révolution réussit et qu’ils s’emparent du pouvoir.

Stephen Kotkin, dont le premier livre, Magnetic Mountain  paru en 1997, avait comme sous-titre “Stalinism as a Civilisation” (‘le Stalinisme comme Civilisation’), n’est pas du genre à reculer devant les défis. Son livre très détaillé est juste le premier tome d’une série prévisionnelle de trois volumes. Le titre est sobre : « Paradoxe of Power » et la courte préface est presque anodine. Il lâche cependant un indice, « les accidents dans l’histoire sont omniprésents », comme pour dire que son livre ne va pas être un concours de fatalité historique ou de déterminisme psychologique. « L’histoire commence du bureau de Staline », écrit-il, « mais pas de son point de vue ». Qui, si ce n’est Staline lui-même, se soucie de son bureau ? Est-ce Kotkin, en observateur invisible, qui a discrètement tiré une chaise à côté de Staline et de son bureau ? En tout cas, dans la relation intime entre le biographe et le sujet, c’est le premier qui semble prendre le dessus.

Staline ne fait que de très brève apparition dans les 300 premières pages qui balayent l’empire russe, l’absolutisme russe, la vision européenne de l’état, la modernité et la géopolitique avant d’arriver à la révolution. En replaçant l’histoire dans son contexte global, le jeune Staline, né dans l’anonymat total en périphérie de l’empire russe, semble peu de chose. Cependant, à chaque fois qu’il fait une apparition, ses aspirations et sa volonté à faire quelque chose de lui-même et de sa vie semblent évidentes, et décrites avec sympathie par l’auteur. Le Staline de Kotkin est dynamique, déterminé et est un autodidacte talentueux. Staline essuya beaucoup de revers et fit face à autant de difficulté en grandissant, mais Kotkin rejette l’idée d’un traumatisme de l’enfance : beaucoup de gens, y compris de nombreux autres révolutionnaires, vécurent pire situation. Comme de nombreux jeunes gens brillants, à la fin de la Russie impériale, les aspirations de Staline à une vie meilleure l’ont conduit dans le mouvement révolutionnaire.

Son activité révolutionnaire n’est pas extraordinaire. Le personnage qui attire l’attention dans ces premiers chapitres est Piotr Dournovo, ministre de l’Intérieur de Nicholas II, qui sauva l’empire après la révolution de 1905 par une répression féroce. Kotkin lâche un second indice ici, remarquant qu’il s’agissait d’un moment  « dans une construction historique d’envergure où la personnalité (des protagonistes) s’avère décisive : un ministre de l’intérieur faible n’aurait pas réussi (à contenir la révolution) ». Quant à Staline, il était en exil en Sibérie « luttant contre les moustiques et l’ennui » pendant une grande partie de la décennie impériale, et a donc raté la Première Guerre mondiale. La vie du jeune homme, qui fut un temps prometteur, semblait alors se perdre dans les méandres de l’oubli. Puis vint le miracle : la chute de l’autocratie tsariste en février 1917. Les révolutionnaires comme Staline y étaient pour peu, mais ils allaient en profiter. Figure relativement marginale, « portant le valenki sibérien » - bottes de feutre – « et ne possédant pas plus qu’une machine à écrire », il arriva le 12 mars 1917 à la capitale, Saint-Pétersbourg, pour se joindre à la révolution.

De son leadership lors de la guerre civile à la bataille de Tsaritsyn en 1918, et ses célèbres affrontements avec Trotsky, Staline commence à attirer plus l’attention de l’auteur, et le personnage central de la biographie de Kotkin commence alors à apparaître. Contrairement à bon nombre d’étude sur Staline, il ne s’agit pas d’une étiologie du mal. L’auteur ne semble pas mettre l’accent sur les premiers signes de déformations monstrueuses qui émergeront clairement plus tard chez son sujet. Il essaie de le suivre à différents stades de sa carrière sans une trop grande rétrospection. À la différence de beaucoup d’auteurs qui ont écrit sur la politique soviétique des années 1920, Kotkin n’est pas un partisan des adversaires de Staline, que ce soit collectivement ou en la personne de Trotsky ou Boukharine ; il n’emprunte pas non plus les idées reçues selon lesquelles Staline doit être placé en opposition à Lénine, et pour cela il sera plus ou moins laissé pour compte et seul dans son bateau.

Le thème du départ de Staline ou de  sa trahison du Léninisme est récurrent, en particulier dans le courant de pensée de la gauche non communiste. Mais du point de vue de Kotkin, Lénine est à peine une figure exemplaire. Homme à idée fixe, Lénine a souvent autant raison qu’il a tort : un « fanatique dérangé » d’après l’auteur. Kotkin n’est pas intéressé par le vieil argument de la continuité ou de la discontinuité entre Lénine et Staline comme Richard Pipes dont les travaux sont cités dans les premiers chapitres, il pense que la continuité est évidente et il veut nous faire voir qu’une grande partie de ce qui est considéré comme pire dans le règne de Staline était déjà présente ou latente chez Lénine. En effet, quand il s’agit de comparaison entre Staline et Lénine, le dernier est généralement considéré comme pire dans ce livre. En ce qui concerne la vision de l’empire, Lénine qui n’avait « jamais mis les pieds en Géorgie ou en Ukraine d’ailleurs » soutient fort mal la comparaison face à Staline, avec son « expérience concrète de la diversité du royaume » et la compréhension que le problème venait bien plus des relations inter-ethniques dans l’empire que de la répression Russe en elle-même.

Une série d’AVC mis Lénine hors course deux ans avant sa mort en janvier 1924, et une lutte de secrète débuta entre les deux prétendants de premier plan à sa succession : Staline et Trotsky. De son lit de malade, Lénine – ou des personnes agissant en son nom – intervint dans un document qui restera dans l’histoire comme son « Testament », dans lequel il faisait des évaluations confuses, mais critiques à l’égard de Trotsky, Staline et d’autres dirigeants du parti. Un postscriptum fortement anti-Staline a été rajouté à la lettre, appelant à sa démission en tant que secrétaire général du parti au motif qu’il était trop brutal. Kotkin rejoint l’historien Valentin Sakharov en suggérant que ce serait la femme de Lénine, Nadejda Kroupskaïa, ou d’autres membres de la famille, et non le mourant Lénine, qui seraient les véritables auteurs de ces documents. Peu importe, ce fut un désastre pour Staline, pas seulement politiquement, mais aussi personnellement. Il a survécu à la crise politique, mais le testament pendait au-dessus de sa tête comme « une épée de Damoclès », générant « un sentiment de victimisation et d’apitoiement » qui est crucial dans le portrait que peint Kotkin. C'est dans ce climat délétère qu'il commença sa lutte acharnée pour conquérir le pouvoir.

 Cette interprétation originale et très convaincante de Staline suscitera, à n’en point douter, de vifs débats. Bien sûr, ce n’est que le premier volume, la partie la plus terrible de l’histoire de Staline sur les purges et la terreur des années 1930 est encore à venir dans les prochains volumes.

Après nous avoir dépeint un Staline humain, comment Kotkin va-t-il gérer le tome 2 ? Va-t-il garder l’humanité de son personnage ou le laisser se transformer en monstre ? Cela est sans doute une décision difficile pour l’auteur. En tant que lecteurs, nous attendons la suite avec impatience.

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Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick Modiano | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/pour-que-tu-ne-te-perdes-pas-dans-le-quartier-patrick-modiano/70Wed, 22 Oct 2014 13:45:49 +0000Image de l'article

Maintenant que la fièvre Modiano est retombée, je me suis enfin décidé à lire une de ces œuvres. J’ai jeté mon dévolu sur son dernier roman « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier », parce qu’il est court  et donc je ne perdrai pas trop de mon temps si le style de l’auteur n’était pas à mon gout.

Dans ce roman donc, Modiano nous raconte l’histoire d’un homme tranquille et solitaire, Jean Daragane qui reçoit un jour un appel téléphonique vers quatre heures de l’après-midi qui va complètement bouleverser son petit monde. À l’autre bout du fil, un certain Gilles Ottolini prétend avoir retrouvé le carnet d’adresses que Jean avait perdu depuis belle lurette. Dans ce carnet figure un nom, Guy Torstel, qui va obliger Jean – après avoir été gentiment poussé par Gilles et sa complice Chantal Grippay - à se replonger dans son histoire familiale et son enfance. À partir de là, le roman se mue en véritable polar avec au centre de l’enquête le héros principal Jean Daragane.

Le livre est bien écrit et on voit que l’auteur maitrise Paris et sa localité à l’image d’un certain Georges Eugène Haussmann (le grand artisan de la transformation de la ville de Paris). Pour finir un dernier conseil pour la route: vers la moitié du livre, il faudra vous accrocher et le lire mot à mot. Pourquoi ? Cela vous évitera de vous retrouver complètement déboussolé à la fin. Ceux qui ont déjà lu le livre comprendront surement…

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Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/vendredi-ou-la-vie-sauvage-michel-tournier/69Tue, 21 Oct 2014 15:43:06 +0000Image de l'article

Nous sommes nombreux à avoir vu des films, dessins animés et autres bandes dessinées sur le naufrage de Robinson Crusoé sur l’île de l’espérance ou du désespoir (suivant l’auteur), mais le livre de Michel Tournier est le premier roman que je lis à propos de cette histoire. Ce livre intitulé « Vendredi ou la vie sauvage » est une adaptation de son roman précédent « Vendredi ou les limbes du Pacifique », lui-même adapté du roman de l’anglais Daniel Defoe « Robinson Crusoé » paru en 1719. Vous suivez toujours ? Bien.

On retrouve donc Robinson Crusoé à bord de la Virginie en route vers le Chili. Malheureusement, son bateau fait naufrage et tout l’équipage meurt excepté lui et un petit chien, Tenn. Robinson passe donc de très longues journées de solitude sur une île déserte qui baptisa  « Speranza », naviguant entre désespoir total et tentative d’évasion de l’île. Cette partie du livre tend, à mon sens, à dénoncer les travers d’une société dite « civilisée » avec cette envie de tout maitriser, tout contrôler, tout domestiquer. On y dénonce la paresse, le découragement, l’oisiveté et pourtant les millions de personnes qui se réveillent chaque matin pour aller travailler, bien que n'étant pas paresseux ils ne semblent pas heureux non plus, esclaves des envies créées par la société et le petit boulot morne et terne nécessaire pour assouvir ces envies.

« La pauvreté prive un homme de toute vertu : il est difficile à un sac vide de se tenir debout. »

« Si le second vice est de mentir, le premier est de s’endetter, car le mensonge monte à cheval sur la dette. »

Robinson passe lui-même par quelques péchés capitaux avant de se ressaisir. Il s’auto nomme gouverneur de Speranza et promulgua des lois pour le bon fonctionnement de l’île. Il ne tardera pas à appliquer ces lois sur un indien qu’il sauvera d’une mort certaine. Il nommera  ce dernier « Vendredi », qui correspond au jour il l’avait recueilli.

La deuxième partie du livre est consacrée à la civilisation du « sauvage ». Robinson va ainsi apprendre à Vendredi l’anglais, le gout de l’effort (en gros, il le transforme en esclave) et la pudeur si chère aux Britanniques. Jusqu’au jour où notre indien, civilisé donc, va faire voler en éclat tout ce que Robinson avait durement construit depuis son naufrage sur l’île. Robinson, privé de ses outils modernes et de son organisation quasi militaire, laisse maintenant Vendredi mener la danse. Ce dernier apprend à son ancien maître comment on peut vivre en harmonie avec la nature, travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler et surtout les bienfaits de l’oisiveté. Robinson ne tarda pas à y prendre gout d'ailleurs.

La vie suivait tranquillement son cours, lorsqu’un jour un bateau anglais, le Whitebird, accosta aux abords de l’île. Il passait par là par le plus grand des hasards et l’équipage ne voyait aucun inconvénient à délivrer Robinson de sa vie sauvage et de solitude. Ce dernier ayant trop pris gout à sa vie sur l’île ne voyait maintenant que les travers de la société civilisée qu'il glorifiait avant. Il dut prendre une décision difficile que je vous laisse découvrir dans le livre. Vendredi prendra lui aussi sa décision fatidique qui l’arrachera de son paradis pour le conduire directement en enfer, mais ça, il ne le savait pas encore.

« Dans un groupe d’hommes, celui qui ne ressemble pas aux autres est toujours détesté » et Vendredi allait en faire l'expérience une seconde fois !

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Ça Peut Pas Rater de Gilles Legardinier | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/ca-peut-pas-rater-gilles-legardinier/68Mon, 20 Oct 2014 08:07:58 +0000Image de l'article

Marie une gentille fille sans histoire découvre que son petit ami, Hugues, la trompe et se fait en plus larguer sans préavis. Commence alors une haine terrible contre cet homme pour qui elle avait tout sacrifié et qu’elle aimait profondément.

Pour se venger, notre héroïne, Marie, va kidnapper le chat de Tanya, la nouvelle girlfriend à son ex, Hugues, et lui faire payer son arrogance. Il y a un côté injuste dans cette partie du roman, car Marie se plaint du mufle Hugues qui lui coupe son abonnement téléphonique, mais elle ne se gêne pas elle pour lui couper l’électricité et le gaz. Cela amène à se poser une question existentielle : comment peut-on haïr à ce point après avoir aimé ? Cela restera un mystère pour moi. Tandis que les hommes floués tentent de recoller les morceaux en engageant un orchestre symphonique pour aller chanter sous la fenêtre de leur ex-dulcinée et tenter de la reconquérir, les femmes semblent être animées par un désir de destruction ! Pour tous ceux qui n’avaient pas compris après le livre de Valérie Trierweiler qu’il ne valait pas énerver les femmes, j’espère que maintenant vous êtes totalement convaincu !

Bref, on rentre donc dans le monde de Marie, sa meilleure amie Émilie qui cherche le grand amour et tombe que sur des tocards, son patron filou qui veut virer tout le monde et faire des profils en vendant l’entreprise où elle travaille…

Après l’effondrement de son monde, la gentille Marie laisse place à la méchante Marie. Une mystérieuse personne commence à partir de là à lui envoyer des lettres d’amour anonymes. Elle soupçonne tout son entourage : ses voisins, ses collègues et même Hugues. Non, il est finalement trop bête pour élaborer un tel stratagème. Elle se laisse prendre au jeu et je vous laisse découvrir la fin de cette histoire dans le livre.

Ce roman pointe aussi du doigt le perpétuel combat entre homme et femme. Au fil des siècles, l’amour est devenu compliqué. Les hommes et les femmes ne se comprennent plus. Les critiques fusent, les passions du premier jour laissent place à une haine indescriptible et l’amour CDI s’est mué en CDD avec licenciement sans préavis !

C’est aussi un livre méchamment drôle, notre héroïne nous sort des formules à faire pâlir Einstein lui-même comme « T = S2 + E x NCB, le tout divisé par Sj. (Temps d’attente = durée de Solitude au carré + poids de l’Expérience plombant exprimé en tonnes x le Nombre d’éventuels Cheveux Blancs, le tout divisé par la quantité de Soupirs par jour). »

Les relations entre hommes et femmes sont de plus en plus brouillées, l’argent est devenu le but ultime au détriment de notre nature. « Les déceptions de chacun reposent sur une double erreur : les femmes pensent que les hommes changeront et les hommes croient que les femmes ne changeront pas ». Ce livre a le mérite de les réconcilier et rien que pour cela je vous le recommande.

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Le jour où j’ai appris à vivre de Laurent Gounelle | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/le-jour-ou-j-ai-appris-a-vivre-laurent-gounelle/67Sat, 18 Oct 2014 10:00:00 +0000Image de l'article

Qu’est-ce que vous feriez si un jour une diseuse de « bonne aventure » vous annoncait que vous alliez mourir dans un futur proche ? C’est cette mésaventure qui arrive au héros principal de Laurent Gounelle, Jonathan Cole, dans son dernier roman « Le jour où j’ai appris à vivre ».

Jonathan, travaillant dans l’assurance et dont la seule obsession est de dépasser son collègue et associer Michael, se fait dire, sans le vouloir, son avenir par une bohémienne, Lisa, qui lui annonce ni plus ni plus moins sa mort prochaine !

Jonathan se rend alors chez sa « Tatie Margie » qui lui apprend en quelque sorte comment profiter de la vie et se libérer des contraintes imposées par la société. Cette partie du livre est faite d’un discours scientifico-politico-religieux qui n’a pas été à mon goût, mais bon cela devient une mode dans les romans de cette fin d’année.

À côté du personnage principal, Jonathan donc, il y a d’autres personnages secondaires comme Ryan, le blogueur-voyeur, qui permettra, malgré lui, à Jonathan de mettre de l’ordre dans sa vie ; le joueur de tennis, Austin, qui retrouvera à la fin du livre la paix intérieure…

Cela me rappelle une histoire qui m’est arrivée il y a peu. Je partais faire mes courses de la semaine, lorsque je me retrouve dans un embouteillage causé par une voiture en panne. Bien sûr, je fulmine et maudit l’idiot qui bloque la circulation. Et arrivée à la hauteur de la voiture en panne, je me rends compte qu’il s’agit de deux gamins ! L’un à peine 18 ans et l’autre beaucoup plus jeune. Tous les adultes qui passaient par là ont décidé, dès qu’ils avaient trouvé le petit trou de souris leur permettant de passer, d’écraser leur accélérateur pour bien signifier aux deux mômes qu’ils embêtaient tout le monde. Ils avaient le teint basané, ceci expliquerait-il cela ? Bref, je décide donc de m’arrêter, je les aide à pousser la voiture pour dégager la voie puis un autre automobiliste se joint à nous. La voiture des deux jeunes avait un problème de batterie. Heureusement, le deuxième bon samaritain avait un câble dont il s’est servi pour la démarrer, tout est bien qui finit bien donc. Une fois l’affaire résolue, les deux infortunés nous remercient profondément et chacun vaque à ses occupations. Rentrée le soir à la maison, j’avais ce sentiment indescriptible d’avoir été utile à mon prochain et cela me procurait une joie immense (de façon inattendue). Le lendemain, je précise que je ne crois pas au karma ou toutes ses histoires, je recevais un email m’indiquant la réussite d’une opération dont j’attendais l’issu depuis bientôt un mois !

Fin de cette petite parenthèse (vous n’avez pas sorti les violons j’espère).

Ce livre est une vraie leçon de vie, il nous montre comment en faisant le bien de façon désintéressé autour de soi, on est malgré tout récompensé de nos actes. Il raconte aussi ce que l’évocation de la mort peut induire comme changement chez une personne dans une société où on se croit tous désormais immortel…

J’avais envie de terminer cette critique avec une phrase du genre « Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés », mais je préfère vous laisser avec une citation de la tante de Jonathan : « Cherche le divin en toi plutôt que le diable chez les autres ».

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Bridget Jones: Folle de Lui de Helen Fielding | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/bridget-jones-folle-de-lui-helen-fielding/66Fri, 17 Oct 2014 16:57:59 +0000Image de l'article

Avions-nous vraiment envie d’entendre les frasques d’une femme d’âge mûr, ancienne héroïne de deux livres et deux films précédents où elle avait la trentaine ? Malheureuse, incompétente, sujette aux catastrophes romantiques, volant d’accident en accident, Bridget Jones était si singulière à son âge que lui faire atteindre les 51 ans semble comme une violation des lois de la nature, comme si Harry Potter dans un nouveau livre se mettait à se servir de sa magie pour payer ses impôts…

Alors quelle agréable surprise de découvrir que le nouvel opus de Bridget Jones « Folle de lui » est non seulement écrit avec style, mais est aussi plein d’humour  en dépit de l’âge de l’héroïne. Helen Fielding a astucieusement arraché son héroïne de son postulat de départ – une femme seule cherchant l’amour – tout en lui permettant d’évoluer en quelque chose de plus drôle et de plus intéressant qu’elle ne l’était avant. Qui savait que la vie d’une femme d’âge mûr pouvait être si mouvementée ?

Beaucoup de choses ont changé depuis notre dernier adieu à Bridget, qui à la fin de « Bridget Jones : l’âge de raison », semblait sur le point de trouver le bonheur auprès de l’homme de ses rêves : Mark Darcy, l’avocat des droits de l’Homme. Elle s’est mariée puis un tragique accident va la séparer de son mari. Elle a son cercle d’amies qui ont enfin des emplois probants, mais continuent à se saouler et à donner des conseils autoritaires (comme les règles sur l’art de l’effeuillage, que je vous laisse découvrir dans le livre). Bridget a deux enfants dont les parrains sont le diabolique ex-petit ami Daniel Cleaver qui conduit une décapotable remplie de magazine douteux. Elle a un bon métier d’écrivain dans lequel elle semble exceller.

On retrouve les situations ridicules habituelles : le prof de gym du fils de Bridget la voit avec une brochure d’information sur la gonococcie et la syphilis que sa fille a chipée dans le bureau du médecin ; Bridget appelle, à tort, la parfaite parente d’élève Nicorette au lieu de Nicolette ; la fuite d’un potentiel prétendant après que Bridget lui a demandé s’il la rappellera et continuera à la voir s’ils couchaient ensemble…

Ce livre est une comédie romantique très « girly », vraiment, mais faite d’observations incisives, de belles phrases, des personnages vivants et le rythme énergique vous permettra de passer de longues nuits de fou rire. Il se peut même que j’aie versé une petite larme à la fin du livre, mais comme dirait Bridget : je ne suis pas douée pour les happy endings.

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Le royaume de Emmanuel Carrère | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/l-evangile-selon-matthieu-marc-luc-jean-et-emmanuel-le-royaume-emmanuel-carrere/65Fri, 17 Oct 2014 06:30:46 +0000Image de l'article

Il est bien admis que les chrétiens sont les seuls dont il semble qu’on ait le droit de se moquer impunément, en mettant les rieurs de son côté.

Emmanuel Carrère ne s’en prive pas dans son dernier roman « Le royaume », dans lequel il essaie de raconter comment a pu s’écrire l’Évangile.

La partie qui suit n’étonnera pas ceux qui connaissent un tant soit peu Emmanuel Carrère, car cette partie est consacrée à une seule et unique personne : lui-même. Moi qui ne connaissais pas Emmanuel Carrère, après les 1/5 du livre dédié à sa personne j’en sais plus sur lui quiconque ! Même si je m’en serais bien passé, je goûte peu aux livres témoignages et autres livres qui ont pour unique but de flatter l'ego de l'auteur.

Dans cette première partie (longue, très longue) sur lui-même, l’auteur nous parle de ses névroses, de son alcoolisme, de son couple qui battait de l’aile à l'époque, de sa marraine qu’il affectionne tant et de son ami Hervé. Je fais court, n’étant pas fan de ce type de « littérature », mais les amateurs de presses people y trouveront leur compte pour les autres vous pouvez passer tout de suite à la deuxième partie ! L’auteur se décrivant lui-même comme « égocentrique », rien d’étonnant donc…

Après le supplice de la première partie, nous arrivons donc à la deuxième partie qui sera dédiée aux prémices de la formation de « quelque chose que l’antiquité n’a pas connu : le clergé. »

Tout ce que j’ai, comment dire..., détesté dans la première partie, le récit à la première personne avec l’auteur au centre, son égocentrisme..., trouvait tout à coup tout son sens dans cette deuxième partie. L’auteur essaie de raconter, de façon absolument incroyable et à la première personne s'il vous plaît, ce qui a pu historiquement se passer conduisant aux débuts du christianisme avec comme personnage central Luc.

Luc n’était pas un compagnon de Jésus. Il ne l’a pas connu. Le récit tourne donc autour de la rencontre entre Luc et Paul (de son ancien nom Saul qui harcelait et massacrait les chrétiens…). L’auteur nous développe une théorie intéressante sur la façon dont les deux hommes ont pu se lier d’amitié, le premier devenant par la suite le disciple du second.

Les premières querellent entre Paul le mondialiste (« il n’y a plus ni Juif, ni Grec, ni esclave, ni homme libre, ni mâle ni femelle ») et les vieux de la vieille Jacques, Pierre et Jean, le clan judéo-chrétien donc. Qui l’emporta ? Je vous laisse le découvrir dans le livre. Ce que je peux vous dire, c’est que ce n’était pas encore les Borgia, mais ça bagarrait quand même pas mal.

Quelques siècles plus tard, un empereur romain, Constantin, accédait au pouvoir et se convertissait au christianisme et marquait ainsi l’ascension fulgurante de cette religion.

E. Carrère va se faire beaucoup d’amis dans le milieu « catho » traditionnel, moi en tout cas il m’aura bien fait rire avec cet excellent livre.

«  La foi c’est croire quelque chose dont on sait que ce n’est pas vrai. »

Allez va, n’enlevons pas au peuple son opium !

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Arrêtez-moi de Lisa Gardner | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/arretez-moi-lisa-gardner/64Thu, 16 Oct 2014 15:08:13 +0000Image de l'article

L’inspectrice D. Waren a les idées un peu embrouillées. Ses nuits sont soumises aux pleurs de son nouveau-né, ses journées à la dictature des horaires de crèche…

Alors, imaginez-la déjà empêtrée dans une affaire de meurtre dont la victime se révèle être un pédophile ; meurtre qui se répète quelques jours plus tard (un autre pédophile ?). A tout cela s’ajoute l’arrivée d’une certaine Charlie Grant, qui prétend qu’elle va être assassinée le 21 janvier à 8 heures précises…

Dans quatre jours. Il y a de quoi devenir marteau ! Et pourtant, tout s’emboîte, dans un suspense à crever. D’un côté, Gardner, prix des Lectrices de Elle catégorie policier en 2010, déploie avec maestria ce que l’on aimerait mieux ne jamais savoir de la cybercriminalité – comment les prédateurs piègent les enfants, comment ils échappent à la vigilance des parents-, de l’autre nous plonge, à la verticale, dans le passé torturé de cette Charlie Grant, opératrice d’urgence pour le 911.

La construction, diabolique, ne tire jamais rien par la queue, preuve que Lisa Gardner, en six romans, est passée maître ès enfers.

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Le suicide français de Eric Zemmour | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/essai/le-suicide-francais-eric-zemmour/63Wed, 15 Oct 2014 08:25:56 +0000Image de l'article

« Les Français ne reconnaissent plus la France. La liberté est devenue l’anomie, l’Égalité, l’égalitarisme, la Fraternité, la guerre de tous contre tous. »

Le constat sur l’état de la France

Éric Zemmour en fin analyste (et polémiste) politique, nous décrit dans son livre, « le suicide français », une France meurtrit, une France dont les enfants ne s’aiment plus, une France salit par les étrangers, les féministes, les homosexuelles et les communautarismes de tout bord.

Il dresse un portrait de la France des années 1970 jusqu’à l’ère du président Hollande en 2014. On ne peut que lui donner raison quand il nous dépeint avec le style qui est le sien une France « américanisée, oublieuse de son passé et de ses racines. »

L’auteur nous rappelle quelques évidences comme le recours à l’immigration massif par le patronat afin de disposer d’une main-d’œuvre sous-payée et malléable à souhait, la soumission des états à l’argent roi par billet de leurs représentants oligarques siégeant à Bruxelles, la perte de la souveraineté des états européens et son admiration des anciens régimes notamment bonapartiste et gaulliste.

En revanche, à la lecture du livre, on ne peut qu’émettre des réserves quant aux causes du « suicide » français qui s’apparente plus à la désignation de bouc émissaire. Les arabes, les féministes de tout bord et autre communautariste ainsi que les révolutionnaires de mai 68, seraient les coupables du déclin de la France…

Soit, analysons quelques points de la pensée « Zemmourienne ».

La grande désillusion européenne

L’auteur nous décrit précisément les étapes de la construction européenne. Comme souvent, ce sont les Français qui sont à la manœuvre. Après la défaite et l’humiliation de 1940 puis la victoire en 1945 avec l’aide de l’allié américain, la France renoue avec son vieux rêve de domination européen, comme l’avait laissé entendre le général de Gaule « la France serait le jockey de l’Europe, et l’Allemagne le cheval ».

Tout ne se passa pas exactement comme prévu. Avec la chute du mur de Berlin en 1989, les deux Allemagnes réunifiées devenaient plus puissantes que jamais et le rapport de force entre les deux nations, France et Allemagne, s’inversait au profit de ce dernier. Le président Mitterrand tenta une dernière manœuvre politique dont il avait le secret, mais il fut coiffé au poteau, si j’ose dire, par l’américain John F. Kennedy avec son célèbre « Ich bin ein Berliner » (« Je suis un Berlinois ») mettant toute l’Europe entre les mains des libéraux et des capitalistes sans vergogne.

Cette construction européenne s’accompagna par une mondialisation, que l’auteur exècre par-dessus tout : « Il n’y a plus ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, ni homme ni femme. » En revanche, là où son analyse devient intéressante, c’est quand il cite l’article 25 de la loi de 1973 qui interdisait à l’État de se refinancer gratuitement auprès de la Banque de France. Cette loi selon l’auteur signa le glas de la souveraineté française et l’effondrement de l’économie française. La France, qui avait déjà perdu toutes ses colonies, sombra alors dans un cycle de désindustrialisation et d’explosion du chômage.

L’entrée du loup anglais (et donc du membre éminent de sa meute : les États-Unis) dans la bergerie européenne scella la victoire de la pensée néo-libérale et capitaliste à l’anglo-saxonne, le « culte de la richesse protestante » écrira l’auteur. Ce n’était plus les ressources du sous-sol qui déterminaient l’allocation des richesses, mais les flux de marchandises et de capitaux. Ajouter à cela l’entrée de la Chine dans l’organisation mondiale du commerce en 2001, l’hémorragie de l’économie française ne s’est jamais arrêtée depuis, les dirigeants étant pied et poings par les oligarques-technocrates de Bruxelles.

La France avait perdu sa souveraineté et avec elle le peuple français, elle serait bientôt le « cheval et l’Allemagne le jockey ».

L’affreux maghrébin

Cette partie est selon moi la plus controversée du livre. Les Noirs et les Arabes en prennent pour leur grade chiffre à l’appui, « la moitié des 100 000 agressions annuelles étaient causées par des Maghrébins », mais malheureusement l’auteur ne donne les sources de ce chiffre, invérifiable donc. Concernant la banlieue, les « immigrés italiens, espagnols, polonais et juifs avant eux s’étaient parfaitement assimilés à la société française […], le sujet n’est pas le territoire, mais la population. »

Y aurait-il un gène de la délinquance ? Une race sujette à la délinquante ? L’auteur ne répond à ces questions dans le livre, mais soutient que cela pourrait être à cause de l’islam.

Puis il continue en citant, Chateaubriand : « Détruisez le christianisme et vous aurez l’islam ». Avant de poursuivre sur l’exaspération des Français voyant « L’arrivée brutale, mal préparée, d’innombrables familles maghrébines dans leurs cités. »

Il dénonce la complaisance des pouvoirs publics à l’égard de ces populations immigrées : « Attaquer le puissant parce qu’il est puissant et même s’il est innocent ; de protéger le faible, le pauvre, le jeune, l’immigré, parce qu’il est une victime de la société, fut-il coupable. »

S’ensuit une théorie sur la victimisation de ces anciens colonisés qui avait trouvé (en la France) « Désormais le coupable à vie. Coupable de tout. Coupable absolu. Coupable à jamais ».

Pour donner encore plus de poids à ses arguments, Zemmour s’appuie sur le général de Gaule qui disait qu’il n’avait pas envie que son village Colombey-les-Deux-Eglises devienne « Colombey-les-Deux-Mosquées », et qui comparait les Français et les Arabes à l’huile et au vinaigre : « Mélangez-les dans une bouteille. Après un certain temps, ils se séparent ».

Chacun se fera son avis, on peut juste regretter la montée du communautarisme en France.

Sois communautariste et tais-toi ! France, terre d’affrontement entre Juifs et Arabes.

Après les Noirs et les Arabes, ce sont les Juifs qui sont l’objet du courroux de l’auteur. Il dénonce ainsi la mainmise de certains groupes juifs sur l’antiracisme militant et qui refusent de « différencier l’israélite français de l’Arabe étranger ». Certains intellectuels issus du milieu juif, notamment Arno Klarsfeld, qui avait développé une « doxa paxtonnienne » visant à accabler le « peuple français de tous les péchés d’Israël » parlant de la collaboration du régime du Maréchal Pétain avec l’Allemagne nazi. Cette pensée selon l’auteur revenait à faire croire aux français que « L’amour de la France, c’est donc l’extermination des juifs. » BHL (Bernard Henri Lévis) est lui aussi égratigné dans le livre comme faisant partie de cette mouvance « de la haine de soi française et de la sécession de ses élites ».

La montée du communautariste remonte d’ailleurs à cette époque (1973) quand le CRIF (conseil représentatif des institutions juives de France) faisait un lobbyisme consciencieux auprès de l’État français et tous les élus de la nation se pressaient à leur soirée de gala pour ne pas être taxés d’antisémites. S’en est suivi une succession de concession de l’État français à la communauté juive, concessions qui ne tarderont pas de « réveiller des jalousies légitimes d’autres communautés » (Noires et Antillaises pour l’esclavage, Algériens pour la guerre d’Algérie, colonisation, etc.)

Charles Aznavour, d’origine arménienne, ne disait-il pas : « Qui ne fait pas siens tous les génocides, n’en fait sien aucun. » ?

Les élites ont ainsi ouvert cette boite de pandore commémorative que leur prédécesseur avait refusé de faire à l’époque par « arrogance ». L’auteur s’insurge d’ailleurs contre cette capitulation de l’État face aux communautés. N’aurait-il pas été préférable de faire un mea culpa collectif pour l’esclavage, la colonisation et les atrocités du passé à l’image de l’Allemagne, des Pays-Bas ou même de la grande Bretagne ? Non, elle était décidément trop fière la France.

Entre temps, la guerre entre Israël et les pays arabes faisaient rage. Les juifs qui était resté neutres face à cette guerre, car se considérant profondément français, commencèrent à prendre parti pour l’État d’Israël. Les Arabes et Noirs musulmans pour leurs frères palestiniens. La séparation entre les peuples était consommée, la création de peuples dans le peuple avait débuté, avec au centre la France comme arbitre.

La nunuche émancipée, le gay décomplexé et la mort du père

Vint ensuite le tour des féministes, homosexuels et autres transgenres. « Les mouvements féministes aussi au nom de la liberté de la femme à se défaire ‘des chaînes du mariage’ » auraient détruit la famille traditionnelle. L’auteur en profite pour égratigner encore un plus les "soixante huitards", dont il est question d’ailleurs dans tout le livre avec leur slogan « Il est interdit d’interdire », voyant en cela « la mort du père et de toute autorité. » Il poursuit : « Le père incarne la loi et le principe de réalité contre le principe de plaisir. Il incarne la famille répressive qui canalise et refrène les pulsions des enfants pour les contraindre à les sublimer. »

On ne sait pas très bien où Éric Zemmour veut en venir, a-t’ il la nostalgie de l’époque des femmes soumises ou dénonce t’il la destruction de la famille par une revendication égalitaire, légitime, des femmes ? Concernant les homosexuels, il évoque même le courroux de dieu…

Quoi qu’il en soit, il soulève un point important en citant Michel Debré qui rappelait que « le rôle du législateur n’est pas de suivre l’évolution des mœurs ». On peut juste espérer que la PMA ou autre GMA ne conduisent pas à la marchandisation du corps de la femme à l’image de ce qui se passe aux États-Unis. Cela rendrait vains tous les efforts d’émancipation des femmes qui seraient réduites à être des usines à bébé !

D’autres points concernant l’avortement soulèvent quelques réserves, chacun jugera.

À quand le retour de l’homme providentiel ?

On peut reprocher beaucoup de choses à Éric Zemmour dans ce livre sauf sa fibre patriotique qui en devient presque ridicule quelques fois. En effet, l’auteur rêve de l’époque bénie où la France était la première puissance démographique et militaire d’Europe. Entre temps, l’Europe (l'institution), la mondialisation, les banques et les pays émergents sont passés par là. Le rêve de la France seule décidant de tout me semble aujourd’hui une chimère. Avec l’ogre chinois tapi dans l’ombre prête à bondir et les États-Unis et leur Realpolitik, il est de l’intérêt de la France de se faire des alliés puissants et solides. Reformer l’Europe quitte à remercier les Britanniques qui finalement, n’ont jamais aimé cette Europe et s’en sont juste servi pour leurs propres intérêts. Ne disait-on pas du Royaume-Uni : le cheval de Troie américain ? Le pays par lequel l’Amérique parviendrait à imposer sa culture économique à la vieille Europe.

Concernant les provocations d’Éric Zemmour sur l’« homme blanc » tout puissant, l’hégémonie allemande dans le football, car les joueurs de l'équipe sont des « Allemands de souches », les lecteurs de la presse y verront le retour de leur polémiste préféré. Je rappelle juste que c’est une Allemagne multiculturelle qui a gagné la coupe du monde 2014 au Brésil.

Il fait un constat juste sur l’état de la France, mais se trompe à mon avis sur « le choc des civilisations » annoncé avant lui par Huntington.

La France est un pays qui doit se réinventer, elle n’a nullement besoin d’un Bonaparte ou tout autre homme providentiel pour cela. La France a des atouts considérables et la diversité fait partie de ses atouts n’en déplaise à Éric Zemmour. De plus, notre cher pays a toujours su rebondir et rayonner sur le toit du monde.

Pour finir, vous vous souvenez sans doute du débat télévisé opposant Valérie Giscard D’Estaing à François Mitterrand en 1974, le premier balançant « vous êtes l’homme du passé » et le second répliquant « vous êtes l’homme du passif ». Eh bien, à force de rêver uniquement du passé et d’une France exclusivement blanche, le polémiste Zemmour finira en « homme du passé et du passif ». Mais n’ayant « pas le monopole du cœur », je pense qu’au-delà de la provocation, l’auteur veut réveiller les consciences, secouer et réveiller cette vieille France afin qu’elle puisse reprendre la place qui lui revient de droit dans le monde.

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Une main encombrante de Henning Mankell | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/une-main-encombrante-henning-mankell/62Mon, 13 Oct 2014 13:00:57 +0000Image de l'article

On avait fini par se faire une raison. Mankell en avait soupé de ce vieux ronchon de Kurt Wallander, flic à Ystad, dans l’extrême sud de la Suède. Il fallait le comprendre : leur histoire durait depuis dix-huit ans (« Meurtriers sans visage », 1991).

Wallander était devenu vieux, diabétique, taiseux. Et même si notre plaisir de le lire n’avait pas pris une ride, leur couple commençait à sentir la soupe et l’encaustique. Alors, Mankell, dans « L’homme inquiet » (2009), l’avait achevé d’un trou de mémoire. Alzheimer. Ça, on pouvait le pardonner, mais pas l’oublier. D’où l’étonnement de voir réapparaître notre Kurt cet automne, butant, dans le jardin de la maison d’un ami, contre les phalanges crispées d’un squelette enterré…

Mais ne vous emballez pas. Ce n’est que le chant du cygne. Une nouvelle, pas neuve du tout, bien ficelée pourtant, à qui le maître a filé un coup de peigne pour la rendre présentable. Il s’en explique et s’en excuse, en avant et en après-propos, et ses mots, comme toujours, sont du miel.

 

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L’amour est déclaré de Nicolas Rey | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/l-amour-est-declare-nicolas-rey/61Sun, 12 Oct 2014 14:07:25 +0000Image de l'article

Au début, Nicolas n’aimait que le sexe, l’alcool et la drogue. Il était doué, insolent et romantique, c’était le sale gosse de la littérature. Et puis il a eu un fils, ce qui d’un coup pulvérisa son plan d’autodestruction massive. Il fallut y croire encore, se soigner, quitte à traverser « Un léger passage à vide ». Ensuite, fort de son « héroïque victoire » sur ses addictions, il dressa des digues autour de lui : « J’avais même verrouillé chaque parcelle d’inattendu », écrit-il. Sauf qu’il fallait bien vivre, et son éditrice lui réclamait un « manus » :

« Très bien, Clara, tu veux un bouquin. Dans trois mois, je te file un truc d’histoire sur la guerre d’Indochine avec une longue dédicace pour remercier Wikipédia.

-Nicolas, continue à raconter ta vie. T’es bon qu’à ça. »

Et Maud a débarqué. « Et vivre était sublime. » Et il a raconté Maud et sa vie dans « L’amour est déclaré ». Clara avait raison, il est bon, Nicolas, « à ça ». Mais pas que. Jusqu’au 13 novembre, il est sur la scène de la Maison de la poésie pour une lecture musicale (des extraits d’Albert Cohen, de Raymond Carver, de Rilke et de lui) avec Mathieu Saikaly (le gagnant de « La nouvelle star » 2014).

 

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Lettres à Alexandrine, 1876 - 1901 de Emile Zola | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/livre/lettres-a-alexandrine-1876-1901-emile-zola/60Sat, 11 Oct 2014 14:35:42 +0000Image de l'article

Avoir deux femmes, ce qu’on entend en général par « double vie », paraît apporter le bonheur aux âmes inquiètes : chacune vous protège de l’autre. Funeste erreur, comme le montre l’histoire d’Emile Zola, écartelé entre Alexandrine et Jeanne. En ces temps de déballage des secrets d’alcôve, la publication de cette correspondance amoureuse le confirme : voyeurs honteux que nous sommes, la petite vie sexuelle des grands hommes nous fascine, mais nous déçoit. On les moque d’autant plus qu’on les envie. Comme ils bêtifient, de petits noms en diminutif ! Comme ils se tirent mal de cet étrange et douloureux divorce, entre désir et amour, sexe et famille ! En 1888, à la veille de la cinquantaine, Zola déclare à Edmond de Goncourt : « Ma femme n’est pas là… Eh bien je ne vois pas passer une jeune fille comme celle-ci sans me dire : ‘ça ne vaut-il pas mieux qu’un livre ?’ » Ils se rencontrent à Médan. Il a 48 ans et Jeanne Rozerot, 21. Zola partagera désormais sa vie entre deux foyers : celui où il habite et celui où vit sa maîtresse. Pendant quatorze ans, adulé par deux femmes, il passera comme un funambule de lettre en lettre et de bras en bras. De lit en lit, c’est moins sûr. L’épouse semble se satisfaire d’avoir délégué « la chose » aux soins ancillaires de celle qu’elle avait embauchée comme couturière et lingère, mais qui sera – cruelle blessure – ce qu’elle-même n’a pu être : la mère des enfants d’Emile Zola. L’été, Jeanne séjourne à Verneuil-sur-Seine, où il la visitera quotidiennement à bicyclette… Hélas ! le bonheur à trois n’a qu’un temps et, en juillet 1894, il écrit : « Je ne suis pas heureux. Ce partage, cette vie double que je suis forcé de vivre finissent par me désespérer. J’avais fait le rêve de rendre tout le monde heureux autour de moi, mais je vois bien que cela est impossible. » Une sacrée santé, tout de même, le romancier des Rougon-Macquart : dans une lettre écrite en pleine affaire Dreyfus, il console Alexandrine en lui décrivant par le menu l’appartement qu’il va louer pour sa seconde famille.

Alexandrine et Jeanne.

Bien qu’on y voie l’artiste au débotté (il est beaucoup question d’animaux et de nourriture dans ces lettres), l’immense intérêt de cette correspondance n’est pas dans l’histoire intime d’un couple qui réussit à surmonter la crise où il avait failli sombrer, ni dans le surprenant comportement amoureux de Zola – admis sinon accepté à partir de 1898 par sa légitime, qui voit régulièrement les enfants, puis, très attachée à eux, les fera reconnaître après la mort de son mari. C’est non pas tant l’homme que l’écrivain qui est ici en pleine lumière, ses ombres, ses doutes, sa folie, et la façon émouvante dont il considère sa femme : une égale, un « pilier » sans lequel il s’effondrerait et resterait sans œuvre. Il la prend à témoin, affronte avec tout son appui le choix décisif de son existence : son engagement dans l’affaire Dreyfus. « J’ai la certitude intérieure qu’une fois encore, je vais à mon étoile », écrit-il, en lui confiant les raisons qui le poussent à se lancer dans la bataille. Autres temps, autres mœurs, les combats de la scène politique eurent alors le pouvoir d’apaiser les déchirements de la vie privée.

Zola meurt le 29 septembre 1902, asphyxié par une cheminée (peut-être intentionnellement bouchée) dans la chambre qu’il partageait avec Alexandrine, rue de Bruxelles, à Paris. Avant de perdre connaissance, il prononce ces dernières paroles : « Demain, nous serons guéris. » Elle survécut. Alexandrine et Jeanne assistèrent ensemble à l’entrée de l’écrivain au Panthéon, en 1908. Il sera beaucoup pardonné à Zola pour avoir dit que, parfois, une femme, c’est mieux qu’un livre.

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Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/le-roi-disait-que-j-etais-diable-clara-dupont-monod/59Fri, 10 Oct 2014 14:06:15 +0000Image de l'article

Il aurait fallu la mater d’emblée. Mais le roi, cet innocent, au premier regard tomba amoureux fou de sa future épouse, Aliénor, duchesse d’Aquitaine. C’était en l’an 1137. Elle avait 13 ans, peut-être 15. Louis VII était à peine plus âgé. Il se destinait à la prêtrise, mais, à la mort de son frère aîné, Philippe, on l’avait extrait de son cloître afin de le pousser vers le trône. En monarque soucieux de l’extension du domaine royal, son père, Louis VI le Gros, avait organisé son mariage avec la très puissante Aliénor, maîtresse de la Guyenne, de la Gascogne, du Poitou, du Limousin, de l’Angoumois, de la Saintonge et du Périgord. L’union tourna au désastre. Elle fut annulée pour cause de très lointain cousinage et Aliénor s’en alla offrir ses domaines à l’Anglais Henri II Plantagenêt, de onze ans son cadet. De quoi être dite sorcière, putain, et diable sans doute. N’avait-elle pas ensorcelé un roi ?

La rencontre de Clara Dupont-Monod avec cette « fleur vénéneuse » était inévitable. Comment elle, qui a le goût des figures tourmentées du Moyen Age, aurait-elle pu ne pas s’attaquer à cette « forteresse gardée par une légende » ? La réhabiliter simplement, ou d’ailleurs la noircir encore aurait été banal. Avec raison, elle a préféré « combler les blancs » de l’Histoire, imaginer le roman d’un amour impossible. Face à Aliénor, elle a donc installé Louis VII. Cela va durer quinze ans, quinze années d’incompréhension, ponctuées de décisions hasardeuses et de rébellions, avec, pour couronner le tout, une croisade, la deuxième, qui fut un fiasco.

On saura gré à Clara Dupont-Monod de nous rendre une fois encore le Moyen Age si proche. Elle a l’érudition aimable, l’écriture sensible, mais tenue. Quant à ses prises de liberté avec une histoire dont, au fond, on ne sait rien, on les aime. Aliénor apparait comme une fantastique emmerdeuse, un être de colère qui ne révère que l’amour et l’épée, s’enivre de son luxe, de sa langue d’oc et de ses troubadours.

En fait, elle est hantée par son lignage et vit dans la terreur de ne pas être acceptée. Le roi l’a percée à jour, ce qui ne l’empêche pas d’être jaloux et de souffrir comme un damné. Un échec commun, certes, mais où ils gagneront tous deux : elle, un surcroît d’audace, lui, la force de se comporter en roi.

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Rue des boutiques obscures de Patrick Modiano | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/patrick-modiano-un-proust-moderne-a-recu-le-prix-nobel-de-litterature/58Fri, 10 Oct 2014 11:28:08 +0000Image de l'article

Patrick Modiano, l'écrivain français dont les romans maussades, laconiques et parfois oniriques parlent de l'époque de l'occupation nazie en France, a remporté le Prix Nobel de littérature 2014 ce jeudi.

Peter Englund, le secrétaire permanent de l'Académie suédoise, qui décerne le prix, a appelé M. Modiano "un Marcel Proust de notre temps", notant que ses œuvres entrent en résonance avec d'autres thèmes et sont «toujours des variations de la même chose : la mémoire, la perte, l'identité, la recherche ".

Les fans et les éditeurs de M. Modiano, 69 ans, ont célébré sa victoire comme une chance pour lui d'acquérir enfin une reconnaissance internationale pour un travail qui s'étend sur près de cinq décennies, et la reconnaissance de la littéraire française dans la lignée de ses compatriotes romanciers Jean-Paul Sartre et Albert Camus.

«Ce prix aidera à mieux faire connaître, au niveau mondial, l'un de nos écrivains le plus accomplis", a déclaré Anne Ghisoli, la directrice de la Librairie Gallimard, une librairie à Paris qui est détenue en majorité par l'éditeur de M. Modiano, Gallimard. "C’est un maître de l'écriture sur la mémoire et l'occupation, qui hante et nourrit son travail. C’est un chroniqueur de Paris, ses rues, son passé et son présent ".

Le Président François Hollande a félicité M. Modiano, disant dans un communiqué: "La république est fière de la reconnaissance, par ce prix Nobel, de l'un de nos plus grands écrivains. Patrick Modiano est le 15e français à recevoir cette éminente distinction, confirmant la grande influence de notre littérature ".

M. Modiano, qui a publié environ 30 ouvrages, dont des romans, des livres et des bandes dessinées pour enfants, s'est fait connaître en 1968 avec son roman, "La Place de l'Étoile." Beaucoup de ses œuvres de fiction ont lieu à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, et certaines jouent avec le genre policier. Ses œuvres ont été traduites dans le monde entier, et une douzaine de ses livres ont été traduits en anglais. Mais il n'est pas très connu hors de France. Un de ses livres, «Rue des Boutiques Obscures», a remporté le prestigieux Prix Goncourt en 1978, mais s'est vendu à seulement 2425 exemplaires aux États-Unis.

En France, les livres de M. Modiano connaissent un grand succès, en partie à cause de leur style lapidaire et compact. Ses œuvres les plus célèbres sont: « «Rue des Boutiques Obscures » un thriller existentiel d'un homme qui parcourt le monde pour essayer de reconstituer son identité; « Dora Bruder », une enquête sur la disparition d'une jeune fille juive en 1941; et « Du Plus Loin De L'Oubli », un roman hallucinatoire racontée par un écrivain d'âge mûr.

Un grand bravo à M. Modiano qui fait pour ainsi dire la fierté de toute une nation.

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Tout ce que je sais de l’amour de Michela Marzano | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/essai/j-aime-donc-je-suis-tout-ce-que-je-sais-de-l-amour-michela-marzano/57Thu, 09 Oct 2014 16:56:07 +0000Image de l'article

Encore un livre écrit à la première personne du singulier ? Serait-ce que même Michela Marzano, la philosophe, connue pour ses essaies sur la confiance, la manipulation et ses sommes sur l’éthique du corps, se vautrerait à son tour dans les registres intimes, renonçant à définir l’amour autrement qu’en nous racontant les siens, le sien ? 

L’auteure de « Tout ce que je sais de l’amour »  est une essayiste bien trop subtile pour ne pas tordre le cou bien vite à cette question, qui lui fut souvent posée. Oui, la chercheuse en philosophie écrit plus de 200 pages, vivantes et humbles, sur l’amour en nous racontant la quête qui est la sienne. Et comment, quand elle le rencontra, il lui fallut renoncer, se dépouiller, se taire aussi, pour l’accepter.

« On ne peut pas parler d’amour sans partir de soi, de ce qui nous traverse et nous fonde. Et de ce que Freud appelle l’inconscient. Et qui se souvient de ce que nous avons vécu et souffert et égaré. »

Elle ose donc, avec intelligence, nous parler de l’amour en général et en très particulier. Ce livre est sa définition. Selon la professeure d’université, l’amour n’est en rien tel que le décrivent Stendhal, Pascal, Freud, Nietzsche, et bien d’autres. Des explications réfutées avec méthode. Non, l’amour selon Michela Marzano, c’est d’abord « Jacques ». Et, pour elle comme pour ceux qui aiment quelqu’un d’autre, c’est une sagesse, une folie, « un dialogue souterrain entre ce que nous sommes, et qui est inaccessible du dehors (et parfois à nous-mêmes), et ce qu’est une autre personne, et qui ne se voit pas de l’extérieur. » Il sert à « traverser le vide avec un autre ».

L’amour : « la certitude que personne ne peut plus me voler qui je suis. »

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Esprit d'hiver de Laura Kasischke | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/freud-hitchcock-et-kasischke-esprit-d-hiver-laura-kasischke/56Wed, 08 Oct 2014 17:20:47 +0000Image de l'article

C’est Noël. Holly a trop bu hier, elle  est en retard. Éric, son mari, est déjà parti chercher ses parents. En bonne Desperate HouseWife, Holly panique. Le repas, les invités, la table, elle n’aura pas le temps. Et Tatiana qui, au lieu d’aider, se montre étrangement agressive, pas comme d’habitude.

Dehors, c’est la tempête, un cauchemar blanc. Le blizzard et la neige n’en finissent pas d’engloutir la maison, qui disparait dans le cosmos. Éric et les invités ne viendront plus. Il ne se passe plus rien ou presque, mais le malaise monte et circule, diaboliquement, dans ce huis clos mère-fille qui n’a rien d’une berceuse.

Il y a treize ans, ils étaient allés chercher leur fille en Sibérie, dans un orphelinat,  et ce matin ce « quelque chose qui les avait suivis depuis la Russie » est insoutenable. Une sorte d’omniprésence, suffocante et macabre, qui pénètre tout, les corps, les âmes, les vêtements et les rideaux, même la nature.

Que va-t-il arriver et nous arriver ? On n’y comprend rien et on ressent tout. Encore une fois, Kasischke la magicienne, la magnétiseuse, s’adresse à la partie non rationnelle de notre cerveau, celle qui échappe, qui glace et qui perturbe. Je ne livrerai évidemment pas la fin, mais sachez qu’elle est effrayante, ramassée en quelques lignes éblouissantes.

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Ne reste que la violence de Malcolm Mackay | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/ne-reste-que-la-violence-malcolm-mackay/55Mon, 06 Oct 2014 17:10:45 +0000Image de l'article

Douche écossaise

La guerre des gangs fait rage dans la clôture de cette trilogie coup de poing. À Glasgow, la mafia a fait sécession.

Peter Jamieson d’un côté, Shug Francis de l’autre. Calum, le tueur à gages que l’on connaissait free-lance, s’est fait premier couteau de la puissante organisation criminelle de Jamieson. Et l’affaire commence, salement, par un coup monté.

Jamieson envoie Calum descendre le comptable de Shug pour que cette disparition lui soit imputée. Dans la foulée, il fait liquider son propre chauffeur, Kenny, qui renseignait Fisher, le flic et fin limier. C’est donc une partie à (au moins) trois bandes qui s’amorce. D’autant que Calum compte profiter du bain de sang pour sortir du circuit… Mais quitte-t-on jamais un clan en Écosse ?

L’action est bouillante, le style glacial, et le mystère demeure sur cet excellent auteur qui se cache aux îles Hébrides. Un auteur fantôme, une douche écossaise ; on ne peut plus couleur locale. À quand une suite ?

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World Order de Henry Kissinger | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/l-ordre-mondial-world-order-henry-kissinger/54Sat, 04 Oct 2014 12:29:06 +0000Image de l'article

Pas de choc des civilisations ou de fin de l’histoire — cet argument pour un équilibre du pouvoir est la somme de la pensée de Kissinger.

Les politiciens occidentaux, qui l’année dernière préconisait de bombarder la Syrie, se demandent aujourd’hui si Damas ne devrait pas être traitée comme un allié stratégique contre l’État islamique. John Kerry parle de l’Iran comme d’un possible partenaire dans cette guerre, tandis que David Cameron a rencontré le président du pays à New York. Le président des États-Unis déclarait cet été que « nous n’avons pas de stratégie » sur la façon de prévenir un embrasement au Moyen-Orient. Pourtant, comme les vieilles inimitiés et les alliances s’évanouissent et se reforment rapidement, il est nécessaire de développer une stratégie et rapidement.

Une personne qui n’a jamais été à court de stratégies est l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger qui a aujourd’hui 91 ans. Toutefois, son nouveau livre réflexion vise pas tant à promouvoir des politiques spécifiques pour décrire l’état du monde au cours des 2000 dernières années ou peut-être que si, mais avec des réflexions sur la direction que le monde prendra dans les 50 années à venir.

Le livre recouvre une grande partie de la planète, l’Inde, l’Europe, la Chine et le Moyen-Orient. Quatre conceptions spécifiques de « l’ordre » ont attiré le plus l’attention de l’auteur: le système européen, en particulier son modèle occidental des États souverains avec un statut égal au sein du système; le système islamique basé sur l’idée d’une oumma, ou communauté musulmane sans distinction de nationalité; le système chinois basé sur les idées traditionalistes de l’Empire du Milieu comme une grande puissance régionale; et l’ordre américain d’ il y a un siècle sous Woodrow Wilson, trouver un nouveau but, éventuellement dominant à travers le monde, et qui maintenant est sous une pression sans précédent.

Cela peut sembler être une pensée de Samuel Huntington sur le « choc des civilisations », mais en fait, c’est plus comme un mélange vivifiant de pragmatisme Metternichien et — plus inattendu — la critique de Edward Said de « l’orientalisme ». Kissinger note que quand il a dit au premier ministre chinois Zhou Enlai que la Chine semblait mystérieuse, Zhou a souligné que la Chine n’était pas du tout mystérieuse pour ses 900 millions de compatriotes. « À notre époque, la recherche de l’ordre mondial aurait nécessité de composer avec des sociétés dont les réalités étaient complètement différentes, » soutient Kissinger.

En d’autres termes, les aspects culturels (terme préférable à civilisationnels) de la vision du monde et de la forme des sociétés, mais la culture n’est pas une barrière imperméable à un modèle plus large de l’ordre qui peut approcher différents régimes ensemble. En ce sens, c’est un livre nettement anti-Huntingtonien en ce qu’il reconnaît la nécessité de s’allier avec des civilisations plutôt que de craindre l’inéluctabilité de leurs affrontements; elle s’écarte également de la célèbre thèse de Francis Fukuyama sur la « fin des temps » en affirmant fortement que l’histoire et l’identité sont au cœur de la perception qu’ont les sociétés d’elles-mêmes aujourd’hui. Kissinger reprend également les critiques qui l’accusent de souligner le réalisme avant toute autre considération, une critique qu’il juge aussi simpliste que: « les idéalistes n’ont pas le monopole des valeurs morales; les réalistes doivent reconnaître que les idéaux font également partie de la réalité. »

Le livre s’appuie sur un large éventail d’exemples historiques pour faire le point sur des questions d’aujourd’hui. Sans surprise, Kissinger passe beaucoup de temps sur la position de la Chine dans l’ordre international, notant sa place centrale en Asie depuis un ou deux siècles. Il qualifie le rôle historique de la Chine en Asie de l’Est comme « conceptuel », alors que celui des États-Unis est « pragmatique », le résultat d’une formation basée sur une longue histoire d’attaques externes sur ses frontières. Certes, la base historique de l’attitude chinoise a émergé de plus en plus clairement au cours des dernières années, car les dirigeants à Pékin ont exprimé le désir d’une influence mondiale de premier plan basé sur des idées impérialistes de la Chine d’antan en tant que grande puissance. Cependant, il y a aussi beaucoup de pragmatisme dans l’attitude chinoise. Aujourd’hui, Pékin estime que Washington est faible et que son engagement dans la région est limité; par conséquent, les dirigeants chinois et japonais s’accusent mutuellement des ambitions militaires de l’un et de l’autre justifiant ainsi l’armement croissant des deux parties dans la région.

Kissinger utilise sa thèse « d’adaptation culturelle » pour critiquer le projet de construction gouvernemental de George W. Bush en Irak. Il note qu’il était favorable à l’invasion initiale de l’Irak en 2003, mais se montre sceptique quant à la valeur de la vision de Bush, qui « a montré clairement ce que l’opinion publique américaine pouvait accepter et ce que les Irakiens pouvaient endurer ». En fin de compte, le retrait d’Irak ressemblait à la « vietnamisation » en 1973-5, avec des résultats tout aussi décourageants. Depuis l’envoi du livre à la presse, l’effondrement du gouvernement de al-Maliki a laissé l’Irak au bord de la dissolution et le nouveau gouvernement dirigé par Haider al-Abadi est dépendant du succès des frappes aériennes occidentales pour consolider son pouvoir.

L’orchestration de l’auteur, en commençant le livre avec les relations de l’Amérique avec la Chine, donne un piquant supplémentaire à ses vues sur l’Iran: si les États-Unis peuvent coopérer avec une superpuissance régionale isolée, pourquoi ne pourraient-ils pas le faire avec une autre? Pourtant, bien qu’il donne un compte rendu détaillé et nuancé du sens de l’héritage impérial de l’Iran au cours des siècles, il affirme sans équivoque que Téhéran aujourd’hui n’est pas le Pékin de 1972. La Chine de la révolution culturelle était vulnérable face à l’URSS et devait donc se lier d’amitié avec les États-Unis pour avoir une chance contre ses ennemis: « Aucune motivation de ce genre n’est évidente dans les relations entre l’Iran et l’Occident. » Peut-être que les changements kaléidoscopiques de cet été ont changé la perception de l’Iran, en effet, l’État islamique en Irak et au Levant est une menace pour Téhéran, aussi bien que pour l’Occident. En outre, le régime iranien, aussi mauvais soit-il, est en mesure de changer (comme l’élection du président Rouhani l’indique clairement), et ne montre aucun signe d’effondrement (contrairement à la Syrie ou à l’Irak). Le réalisme consisterait à saisir l’opportunité de la réorientation de la région ce qui n’était pas évident il y a encore peu de temps.

Le livre est décrit comme « la somme de la pensée de Henry Kissinger sur l’histoire, la stratégie et l’art de gouverner ». Quelle est alors la vision du monde qui se dégage de ces pages? Les lecteurs de la presse peuvent associer Kissinger à l’exercice de la puissance américaine pour obtenir les résultats voulus par Washington, point de vue exprimé avec force dans le livre polémique de Christopher Hitchens (le procès de Henry Kissinger — 2001). Cependant, la nature de la puissance américaine dans son ensemble est devenue beaucoup plus claire dans le dernier demi-siècle, révélant des forces et des lacunes en ce qui concerne l’intervention internationale. Lyndon Johnson et George W. Bush étaient peut-être les présidents les plus inaptes à faire des compromis avec les réalités locales dans les pays en voie de développement (au Vietnam et en Irak, respectivement), et Ronald Reagan le plus aptes à affronter l’URSS dans l’émergence de la « nouvelle guerre froide»  au début des années 1980. En balayant le même intervalle de temps, Truman et Acheson, Nixon et Kissinger, et George W Bush et James Baker semblent être maintenant des intervenants plus réfléchi et pragmatique.

Ce changement de perspective explique pourquoi le livre s’accorde avec des sensibilités libérales d’une manière qui aurait semblé improbable dans les années 1970. La thèse que l’ordre international ne peut pas être créé simplement avec une image monochrome de l’Occident trouvera peu de résistance. Il y a aussi une nostalgie d’une époque où le pouvoir coercitif des gouvernements et des individus pouvait modifier le déroulement des relations internationales (quelque chose de plus difficile à faire dans une ère du capital volatil et des sociétés transnationales), et un rappel: si les régimes libéraux ne créent pas l’ordre, il y en a d’autres, intolérables, qui s’en occuperont.

Le livre nous permet aussi d’évaluer l’ère Kissinger au gouvernement dans une perspective historique. Rares sont ceux qui maintenant contestent la sagesse de mettre fin à l’isolement de la Chine dans la « société des nations ». Il nous rappelle l’importance de 1972-3, point culminant de Nixon dans la politique étrangère (Kissinger a été conseillé à la sécurité nationale, avant de devenir secrétaire d’État): en plus de l’ouverture de la Chine au monde, cette année a vu la fin de la présence des troupes américaines au Vietnam, la détente en Europe de l’Est, et les accords de paix au Moyen-Orient (après une guerre israélo-arabe qui aurait conduit à un embrasement majeur). Il y a eu bien entendu des aspects plus sombres à l’époque, comme le bombardement de bastions nord-vietnamiens au Cambodge, qui a aggravé la crise intérieure du pays et a permis aux Khmers rouges d’accéder au pouvoir, et aussi le renversement du gouvernement Allende au Chili. Pourtant, quand nous regardons en arrière les années 1970, une époque de crise à la fois nationale et internationale, il est remarquable de voir à quel point la politique internationale de cette décennie a abouti sur un résultat globalement positif et a permis d’éviter des crises plus graves. Kissinger note que « les armes nucléaires ne doivent pas être autorisées à se transformer en armes classiques ». Cette déclaration semble irréfutable. Pourtant, Barry Goldwater, le candidat républicain de la présidentielle Américaine de 1964 avait plaidé pour l’utilisation des bombes atomiques au Vietnam. En revanche, ce sont les administrations Nixon et Ford qui ont négocié les pourparlers sur la limitation des armements stratégiques en 1969 et 1972 ce qui a réduit les tensions suscitées par les armes nucléaires en Europe.

Kissinger était un acteur clé d’un ordre mondial qui est resté stable pendant plus d’un quart de siècle jusqu’à notre époque de l’après-guerre froide. Ce livre écrit en urgence est un beau récit de l’ordre mondial à travers les époques, et aussi un mémorandum aux futures générations de décideurs: le prochain demi-siècle ne sera pas plus facile à gérer que celui qui vient de s’écouler.

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Petit éloge des souvenirs de Mohammed Aïssaoui | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/essai/petit-eloge-des-souvenirs-mohammed-aissaoui/53Fri, 03 Oct 2014 13:35:13 +0000Image de l'article

Mohammed Aissaoui ne vous racontera pas sa vie. Il est trop modeste pour cela, trop dirigé vers le monde et l’autre, ce qui est assez rare pour un écrivain. Dans ce « Petit éloge des souvenirs », ce ne sont pas les siens que convoque le journaliste du Figaro littéraire , ce sont les nôtres. Ce qu’il nous offre ici n’est pas son enfance, mais le goût de la nôtre, l’envie de la reconquérir ou de ne jamais la laisser s’évanouir. C’est un exercice quotidien, les cours du soir de la mémoire. Le temps de ces 128 pages profondes et délicates ; ses professeurs en anamnèse seront donc aussi les nôtres : Modiano, bien sûr, l’obsédé du passé, pour le fond, Jean Rouaud, « styliste des souvenirs », pour la forme, Oliver Sacks, le neurologue, pour la méthode, et Pagnol, Camus, Proust, d’autres encore qui, comme Aissaoui, ont aimé ou aiment le souvenir comme la vie. Comment ce petit éloge parvient-il à être si intime sans être autocentré, si grave sans être triste ? «  La mémoire est toujours aux ordres du cœur », écrivait Rivarol. Nul doute qu’Aissaoui a les deux. Du coup, il fait doux dans son trop bref éloge à l’élégance discrète.

Présentation de l’éditeur

«De mes souvenirs d’enfance, je ne garde qu’un arbre penché sur une rivière. La fraîcheur de l’eau, le soleil l’après-midi, les noyaux d'abricots, et c’est tout. Oubliés les prénoms de mes amis. Les noms de famille de mes voisins. Les parfums et les jeux. La faute à un choc : à neuf ans et demi, je quittais un pays pour un autre. Deux ou trois heures de voyage, ça peut vous tuer une mémoire, et faire sauter les plus beaux souvenirs : ceux de l’enfance insouciante. Ce petit éloge est né de ce choc. Aujourd’hui, j’ai atteint le demi-siècle et je cours toujours après ces souvenirs qui s’éloignent à toute vitesse. Il paraît que la mémoire est un muscle qu’il faut faire travailler. C’est à cette gymnastique littéraire que je vous convie.»

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Une histoire de Berlin de Philippe Meyer | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/livre/une-histoire-de-berlin-philippe-meyer/52Thu, 02 Oct 2014 16:16:48 +0000Image de l'article

Lorsqu’on évoque le passé de Berlin, on pense aux heures sombres du nazisme, à la ville d’après-guerre, divisée jusqu’à la chute du Mur, en 1989. Depuis sa fondation au VIe siècle, Berlin n’a cessé d’attirer de nouveaux occupants : ambitieux conquérants ou réfugiés venus trouver une terre d’accueil, ils ont profondément façonné la ville. C’est ce que nous conte, dans « Une histoire de Berlin », l’écrivain Philippe Meyer, correspondant de l’Académie des sciences.

Au VIe siècle, ce sont les Slaves, attirés par cette vaste plaine marécageuse, aux forêts giboyeuses et aux îles défensives, qui érigent les premières bourgades et leurs cabanes de pêcheurs.

Au XVe siècle, les Hohenzollern, une puissante famille aristocratique – Frédéric VI viendra  à bout d’atroces chevaliers pillards -, héritent des empereurs germaniques de la province de Brandebourg et de Berlin qui deviendra la capitale d’un vaste empire.

Les huguenots français persécutés par Louis XIV y trouvent refuge, accueillis par le prince-électeur Frédéric-Guillaume. Orfèvres, chaudronniers, maraîchers, ils seront plus de 20 000 à participer à l’essor de la ville, décimée par la guerre de Trente Ans.

En 1671, ce sont les juifs, chassés au siècle précédent, dont le Grand Électeur encourage le retour, celui de riches familles viennoises placées sous protection princière. Des banquiers, des joailliers, des architectes à l’origine de superbes palais et des penseurs acquis aux Lumières.

Berlin devra aussi faire face à l’occupation des armées napoléoniennes, qui entreront dans la ville en 1806 après avoir écrasé l’armée prussienne, pillant les œuvres d’art. Jusqu’à la libération de la ville, en 1813, avec l’aide d’une coalition russo-suédo-austro-prussienne.

Présentation de l'éditeur

L'histoire de Berlin est une extraordinaire aventure humaine dont la connaissance éclaire celle de l'Europe contemporaine. Son histoire éclaire aussi celle d'un grand peuple qui a su se doter d'une culture remarquable ; le passé de presque toute l'Allemagne en a dépendu. Berlin a été successivement une bourgade slave puis un bourg allemand construit sur une terre aride et survivant par son commerce et la volonté inébranlable de la famille noble ayant reçu des empereurs germaniques la ville et ses terres avoisinantes, la province du Brandebourg. Cette famille, les Hohenzollern, a réussi à s'élever dans la hiérarchie nobiliaire, successivement, margraves, princes-Electeurs, grand Electeur, rois de Prusse et empereurs germaniques. En même temps, le bourg berlinois est devenu leur capitale et celle des immenses territoires qu'ils ont su rassembler autour d'elle, s'étendant des territoires baltes du Memel jusqu'aux anciens domaines romanisés du Rhin, et de la mer du Nord et de la Baltique aux sources du Danube. En 1918, Guillaume II abdique et le IIe Reich s'écroule. Commence pour Berlin le dernier siècle tragique marqué successivement par le nazisme, la destruction de 1945 et la séparation de la ville entre un Est soviétique et un Ouest démocratique ; séparation incarnée par le fameux "mur". Sa chute rend à l'Allemagne son unité et à Berlin son aura internationale.

 

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Le retour de Robert Goddard | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/secrets-de-famille-le-retour-robert-goddard/51Wed, 01 Oct 2014 19:35:14 +0000Image de l'article

Voilà un auteur qui demande une implication sérieuse. Qu’on s’y plonge avec ferveur, comme dans la série « Dallas » ou un Dostoïevski, ces deux monuments-là, aux extrêmes, se rejoignant en la nécessité de dresser un arbre généalogique si on veut ne rien perdre de la profusion de personnages comme de l’intrication des liens qui les unissent. Christian, le narrateur, de retour dans son village natal en Cornouailles, voit réapparaître son ami d’enfance, Nick. Lequel, la nuit venue, se pend devant la fenêtre de Christian… Une pendaison qui fait écho à une autre. Trente-quatre ans plus tôt, le père de Nick, Michael, était pendu pour le meurtre de Joshua, frère de la grand-mère de Christian. Joshua qui vivait avec Cordelia, la grand-mère de Nick…. Suivez-vous ? Non ? C’est pourtant limpide, puisque Christian va pister le fantôme du meurtrier présumé de Joshua, Michael, en mémoire de Nick. CQFD. Une culpabilité sans aspérités que le narrateur s’échine à creuser, jusqu’à découvrir ce qu’on subodore depuis le début et, à vrai dire, appelle de nos vœux : la noirceur crasse des jalousies, des secrets honteux, de la duplicité et du chantage…  La famille comme on l’aime, avec un cadavre dans le placard.

Résumé de l'éditeur

Cornouailles, 1981. Chris Napier revient pour la première fois depuis des années à Tredower House, le domaine familial, acquis entre les deux guerres par son grand-oncle Joshua, pour assister au mariage de sa nièce. Au beau milieu de la cérémonie, Nick Lanyon, l'ami d'enfance de Chris, fait irruption et annonce, à la surprise de tous, que son père, Michael Lanyon, exécuté pour avoir commandité le meurtre de Joshua en 1947, était innocent. Il en a la preuve. Le lendemain, on retrouve Nick pendu. Par fidélité envers son ami, et pour dissiper des silences et des zones d'ombre qui depuis trop longtemps hantent sa famille, Chris décide de faire la lumière sur l'assassinat de son grand-oncle. Mais il y a des secrets qu'il est parfois bon de laisser en sommeil et Chris est loin de se douter des dangers qu'il encourt en exposant ainsi la légende familiale à la lumière de la vérité. Après Par un matin d'automne, Heather Mallander a disparu et Le Secret d'Edwin Stafford, Robert Goddard nous offre avec ce roman inédit en France une nouvelle saga familiale à l'épaisseur romanesque exceptionnelle. Avec une intrigue toujours aussi palpitante, aux multiples coups de théâtre, et une profonde empathie pour ses personnages, l'auteur revient ici à son thème de prédilection : comment les secrets de famille influent sur les générations suivantes. Indispensable.

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Harlem Hellfighters de J Patrick Lewis | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/mener-deux-combats-de-front-harlem-hellfighters-de-lewis-et-kelley/50Tue, 30 Sep 2014 05:26:21 +0000Image de l'article

Le 17 février 1919, le 369e régiment d'infanterie rentrait à New York en provenance de France. Sous un soleil radieux et un ciel sans nuage, devant une foule de 250 000 personnes, l'unité de combat afro-américaine la plus décorée à servir pendant la Première Guerre mondiale marchait sous l'Arc du Triomphe, nouvellement érigé entre la 23e rue et la Cinquième Avenue. Les observateurs blancs étaient impressionnés par le spectacle de quelque 3.000 soldats noirs avec des casques français, baïonnettes brillantes, défilant dans une discipline de fer, tandis que les résidents noirs envahissaient les rues et exultaient de joie, accueillant chaleureusement leurs proches et héros. À partir de ce moment extraordinaire, le 369e régiment s'inscrivait dans l'histoire comme les Harlem Hellfighters.

Le 369e régiment est pour la Première Guerre mondiale ce que fut le 54e régiment d'infanterie, les Massachusetts Volunteer,  pour la Guerre Civile américaine (1861 - 1865), ou le Tuskegee Airmen pour la Seconde Guerre mondiale. Comme ces célèbres régiments en leur temps, les Harlem Hellfighters furent une figure de proue de la lutte afro-américaine pour l'égalité des droits et de la dignité humaine, un thème retranscrit de façon convaincante dans un nouveau livre d'images de J. Patrick Lewis et Gary Kelley.

"Harlem Hellfighters" rejoint un grand nombre de livres sur le 369e régiment en cette année anniversaire des 100 ans de la Première Guerre mondiale. Les hommes du régiment, qui appartenaient au 15e régiment de la Garde nationale de New York, se sont fièrement surnommés les Rattlers (les crotales), comme l'atteste le titre du livre scolaire de Jeffrey Sammons et John Morrow "Les crotales de Harlem et la Grande Guerre». Pourtant, le pouvoir symbolique du nom "Harlem Hellfighters" perdure, comme en témoigne les titres d'une bande dessinée de Max Brooks et Canaan White et d’un autre livre pour enfants de Walter Dean Myers et Bill Miles; et maintenant, Lewis et Kelley apportent eux aussi leur pierre à l'édifice.

L'histoire du 369e régiment est captivante, car elle est à la fois ordinaire et exceptionnelle. Environ 380 000 Afro-Américains ont servi dans l'armée, qui pratiquait la ségrégation à l’époque, pendant la guerre. Une grande majorité des troupes noires se sont vu refuser le droit de se battre, au lieu de cela ils furent cantonnés à des bataillons de travail, considéré comme subalternes, aussi bien aux États-Unis qu'à l'étranger. En décembre 1917, le 369e régiment est envoyé en France, où il semblait initialement destiné à un sort similaire.

Leur destin bascula quand le général John Pershing les affecta à l'armée française, qui acceptait tous nouveaux soldats en état de se battre, sans distinction de race. Battant en brèche la version promulguée par les autorités militaires racistes disant que les Afro-Américains n'ont joué aucun rôle significatif dans la guerre, le 369e régiment servit pendant 191 jours consécutifs sur les lignes de front, plus que tout autre régiment américain, et n'a jamais cédé un millimètre de terrain aux Allemands. Deux de ses soldats, Henry Johnson et Neadom Roberts, ont été les premiers Américains à recevoir la Croix de Guerre française pour bravoure sur le champ de bataille. Le 369e régiment a également été le premier régiment des forces alliées à atteindre le Rhin après l'armistice et toute l'unité a reçu une décoration de l'Armée Française pour leur courageux service militaire.

Le personnage central du "Harlem Hellfighters" de Lewis et Kelley est James Reese Europe, le fameux compositeur de ragtime et chef d'orchestre qui a dirigé l'orchestre du 369e régiment et conquis la France sous la tempête en jouant un nouveau son, passionnant et vibrant qui a contribué à ouvrir la voie à l'ère du jazz. Lewis raconte l'histoire du 369e régiment sous forme de poème en vers libres, en utilisant intelligemment le rythme syncopé que Europe et son groupe ont rendu célèbre.

Les poétiques de Lewis sont parfaitement complétées par des illustrations pastel de Kelley, qui à la fois inspirent et déstabilisent. Les personnages sont illustrés avec une simplicité stoïque qui exprime la dignité et la persévérance. Certaines images sont effrayantes, comme le Président à lunettes, Woodrow Wilson, posant de façon méprisante à côté des corps sans vie de deux hommes noirs lynchés. Kelley accentue habilement sa palette sombre avec un rouge discret, du blanc et du bleu du drapeau américain, comme pour souligner le défi que le 369e a dû relever quand ils se battaient pour un pays qui ne respectait pas leur citoyenneté et, encore moins leur humanité.

Les États-Unis sont entrés en guerre, comme Wilson l'a proclamé, afin de "préserver la démocratie" dans le monde. Le 369e régiment s'est battu pour cette cause, mais aussi pour rendre cette démocratie accessible aux noirs américains. Sur les champs de bataille, les Harlem Hellfighters, comme l'écrit justement Lewis, « montrent ce qu’est le courage ». C'est pourquoi, après près d'un siècle, leur héritage reste encore bien vivant.

 

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Astérix chez les Pictes - tome 35 de Réné Goscinny et Albert Uderzo | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-dessinateur-d-asterix-enterre-la-hache-de-guerre-apres-la-bataille-juridique-de-7-annees-qui-l-a-oppose-a-sa-fille/49Sat, 27 Sep 2014 14:02:08 +0000Image de l'article

Albert Uderzo, co-créateur du plus célèbre personnage de bande dessinée française, veut faire «table rase» du passé après que le tribunal a rejeté les chefs d’accusation contre lui.

C'était un conflit amer et interminable comme Astérix, la campagne de la Gaule contre les Romains. Le vendredi, cependant, l'illustrateur Albert Uderzo - co-créateur du courageux héros français - et sa fille mirent fin à ce désaccord familial qui a traîné pendant sept ans.

Père et fille ont enterré la hache de guerre après qu'un tribunal a rejeté une plainte déposée par Sylvie Uderzo affirmant que son père avait été trompé, le poussant à vendre une partie de l'héritage familial.

Albert, 87 ans, a créé la bande dessinée Astérix avec René Goscinny, qui est décédé en 1977.

Dans une déclaration commune envoyée à l'AFP, Albert et Sylvie se disent prêts «à faire table rase des griefs soulevés de part et d'autre".

La déclaration indique que toutes les poursuites avaient été abandonnées et "Ils veulent profiter pleinement désormais de leur bonheur retrouvé".

«Ce dénouement est si heureux, que dire d'autre", a déclaré Sylvie Uderzo à l'AFP. Son père a refusé tout autre commentaire.

La famille a éclaté en 2007 quand Sylvie Uderzo et son mari, Bernard de Choisy, ont été retirés, par les éditeurs d'Astérix, de leur rôle de gestionnaires de la succession d’Uderzo.

L'année suivante, Sylvie s'est opposée à la décision de son père de vendre sa part de 60% dans la maison d'édition au géant de l'édition Hachette, mais elle était également en colère parce qu’il avait accepté que l'entreprise continue à faire des livres d’Astérix après sa mort.

Elle vend ses actions dans Hachette en 2011 pour environ 13 millions d’euros, mais un mois plus tard porte plainte contre X pour "abus de faiblesse", affirmant que quelqu'un profitait de l'âge avancé de son père pour le manipuler.

En 2013, Uderzo poursuit à son tour sa fille et son gendre pour "violence psychologique". «C'est une forme de harcèlement. C'est douloureux ... Trop, c’est trop », avait déclaré l'artiste à l'époque.

L’accusation d’« abus de faiblesse » a été rejetée vendredi lorsque la cour a annoncé que Uderzo était "lucide ... et tout à fait capable de prendre des décisions".

Il y avait, sans surprise, beaucoup d'argent en jeu. Plus de 352 millions de copies, traduites en 111 langues, de la BD Astérix ont été vendues dans le monde.


A lire également notre critique du tome 35 de la BD: Astérix chez les pictes.

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http://www.booklab.fr/article/actu/le-dessinateur-d-asterix-enterre-la-hache-de-guerre-apres-la-bataille-juridique-de-7-annees-qui-l-a-oppose-a-sa-fille/49
de | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/amazon-lance-le-kindle-unlimited-une-sorte-de-netflix-pour-les-livres-au-royaume-uni/48Sat, 27 Sep 2014 07:43:11 +0000Image de l'article

Harry Potter, Hunger Games, livres audio et bien plus encore en abonnement à £ 7,99 par mois. Après ses débuts en juillet aux États-Unis, Amazon lance son service d'abonnement illimité pour les Kindle au Royaume-Uni. Le service, qui coûtera £ 7,99 par mois, offre un accès illimité à un catalogue de plus de 650.000 ebooks, ainsi que plus de 2.000 livres audio Audible (une filiale d'Amazon).

L'équivalent pour les ebooks comme Spotify pour la musique ou Netflix pour les émissions de télévision et les films, Kindle Unlimited met l’accent sur les best-sellers: La série Harry Potter de JK Rowling; la trilogie Hunger Games de Suzanne Collins; le lauréat du prix Man Booker en 2013: The Luminaries et bien plus encore.

De plus, Amazon rend le Kindle Unlimited encore plus attractif en lançant une période d'essai gratuite de 30 jours - présentant cela comme un moyen pour les gens de découvrir de nouveaux livres, de prendre des risques sur les titres qu'ils n'auraient pas achetés autrement.

"Nos clients américains nous ont montré à quel point ils aimaient avoir l'occasion de découvrir de nouveaux auteurs et genres littéraires, et maintenant nous sommes ravis d'offrir la même opportunité à nos clients au Royaume-Uni", a déclaré Jorrit Van der Meulen, vice-président d'Amazon Kindle UE.

Kindle Unlimited est la plus grande tentative de création d'un service d'abonnement d'ebook, même si des startups, dont Oyster, Scribd et Entitle, explorent également cette idée.

Le lancement du service d'Amazon intervient peu de temps après que la compagnie a dévoilé sa dernière gamme de tablettes Fire et liseuses Kindle,dont le Kindle Voyage dont nous avions parlé ici,  pour une mise en vente début octobre.

Cependant, le lancement de Kindle Unlimited intervient après quelques mois de relations tendues entre Amazon et les auteurs / éditeurs, provoquées par un différend contractuel avec l'éditeur Hachette.

Plus récemment, un groupe d'auteurs, dont Malcolm Gladwell, Donna Tartt et Stephen King, a écrit aux membres du conseil d'administration d'Amazon sous la bannière de «Authors United", critiquant la société pour ses tactiques de négociation agressive.

« Amazon compromet la capacité des auteurs à soutenir leurs familles, payer leurs hypothèques, et assurer l'éducation de leurs enfants », selon la lettre. « Amazon a d'autres outils de négociation à sa disposition; il n'a pas besoin de nuire aux auteurs, ceux-là mêmes qui lui ont permis de devenir l'un des plus grands distributeurs du monde ».

Qu'est-ce que le Kindle Unlimited signifie pour ces auteurs, compte tenu du débat houleux sur les royalties perçu par les artistes dans les services de streaming de musique comme Spotify?

Amazon affirme que les auteurs seront payés chaque fois que quelqu'un lit plus de 10% de l'un de leurs livres à travers le nouveau service. Mais les sommes versées dépendront d'accords individuels signés entre les éditeurs et Amazon.

Cette analyse de Digital Books Word suggère un chiffre approximatif de 2 $ l'unité, tout en soulignant que les détails peuvent varier d'un éditeur à l'autre.

Nous espérons voir débarquer dans l'hexagone une offre similaire dans les mois qui viennent.

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Bouvard de A à Z de Philippe Bouvard | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/bouvard-de-a-a-z-philippe-bouvard/47Fri, 26 Sep 2014 18:54:05 +0000Image de l'article

On est vendredi soir, donc soirée détente avec un livre "léger": Bouvard de A à Z de ... Philippe Bouvard bien entendu.

"Petit par la taille, mais grand par l'esprit". On a longtemps cru à tort que le mot se prêtait mieux à Napoléon qu'à Philippe Bouvard... qui mérite les lauriers d'imperator de la boutade bien troussée. Cet art du raccourci nous vaut aujourd'hui "un gros bouquin né de l'agacement provoqué par la multiplication de ces anthologies que des sinistrés du bulbe confectionnent avec l'esprit des autres", un abécédaire avec un esprit, de A à Z, bien à lui:

Abandon.

Tendre s'il s'agit de galipettes; cruel s'il s'agit, l'été, de la belle-mère ou du chat.

Fracture sociale.

Diagnostiquée, radiographiée, mais toujours pas plâtrée. Fait boiter tous les régimes.

Illettrés.

La querelle d'experts sur leur nombre en France démontre que si les jeunes ne savent pas lire, les vieux ne savent plus compter.

Pipeau.

Fausses notes à la portée de toutes les lèvres et toutes les bourses. Les politiques en jouent beaucoup.

Polytechnicien.

La morgue de certains d'entre eux explique l'existence de la plainte contre X.

Sauteuse.

Femme perpétuellement à la recherche d'un homme ayant la frite.

Voile.

Sur mer, propulsion laïque. Sur terre, régression idéologique.

Water-polo.

Petite laine que l'on met pour aller aux commodités.

On regrette seulement que Bouvard, comme l'alphabet, s'arrête à la lettre Z.

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Debout dans la tombe d'un autre de Ian Rankin | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/roman/debout-dans-la-tombe-d-un-autre-ian-rankin/46Fri, 26 Sep 2014 12:07:34 +0000Image de l'article

Même si on avait appris à composer avec un nouvel enquêteur, Malcom Fox, bœufs-carotte (« policier membre de l’Inspection générale des services »)  de la police d'Édimbourg, on attendait le retour de John Rebus, flic fétiche de Rankin, avec une impatience de gosse au pied du sapin. Cette année, cadeau, Rebus revient. Re-cadeau, Malcolm Fox fait son apparition, persuadé que Rebus est un pourri. Imaginez alors la rencontre fabuleuse ! Deux policiers, comme deux mondes; le premier, à la retraite, le foie confit au whisky, le second, jeune loup aux crocs acérés ne s'abreuvant que d'Appletiser, du jus de pomme gazéifié... Pour autant, pas besoin d'être initié à l'univers « rankinien » pour être captivé par l'intrigue, entre pubs et Highlands. Au bord de l'autoroute A9 pour commencer, où une lycéenne disparaît alors qu'elle effectuait le trajet Edimbourg-Inverness. Bientôt, on va se souvenir que d'autres femmes s'y sont volatilisées, ne laissant derrière elles qu'une photo envoyée par MMS... Un vrai cold case qui vient tempérer une Écosse en pleine ébullition après le référendum de la semaine dernière.

Présentation de l'éditeur

Depuis que l'inspecteur Rebus a pris sa retraite, il végète aux marges de son ancienne vie et travaille comme civil à la résolution d'affaires classées non élucidées, frustré de ne plus être en première ligne.Quand un vieux cold case sort du placard à la suite de la disparition d'une jeune femme, il ne résiste pas à la tentation, s'empare du dossier et parvient à récupérer sa place à la crim'. Mais Rebus reste Rebus. Il est toujours aussi buté, dispersé et ingérable, et se met vite tout le monde à dos : son ancienne collègue Siobhan Clarke, son vieil ennemi Ger Cafferty ; et le nouveau patron du crime organisé d'Édimbourg qui cherche à se faire un nom. Ajouté à cette liste, Malcolm Fox, du service des Plaintes, la police des polices, qui compte bien faire tout son possible pour empêcher sa réintégration. Fox est convaincu que Rebus est pourri jusqu'à l'os et à mesure que ce dernier franchit une ligne après l'autre, on se demande si Fox n'a pas raison.Tout ce que veut Rebus, c'est découvrir la vérité sur une série de disparitions qui ont eu lieu dans les années 2000 et qui n'ont apparemment aucun lien entre elles. Personne n'a envie de s'occuper de cette affaire, à commencer par ses co-équipiers. Bien sûr, cela ne va pas empêcher l'inspecteur de s'y frotter, quitte à mettre sa vie et la carrière de ses collègues dans la ligne de mire. Rebus sera-t-il capable d'être l'homme qu'il fut par le passé et de rester du bon côté de la loi ?

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Mes bifurcations de André Brink | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/memoires-d-un-geant-mes-bifurcations-andre-brink/45Thu, 25 Sep 2014 16:19:41 +0000Image de l'article

Le soir, quand vient l'heure de dormir, tous les enfants du monde craignent qu'un loup ne soit caché sous le lit. En Afrique du Sud, dans les années 40, les petits Afrikaneers, eux, étaient persuadés qu'un Noir était tapi sous le lit. Il était bien né, le petit Brink. Chez les gentils Blancs, au pays des vilains Noirs. C'était comme ça et même avec du coeur, on n'y pouvait rien. Et puis il est devenu grand, il a "bifurqué". Il est parti étudier en Europe, à la Sorbonne. Il lit Sartre et Camus, sa conscience devient moins tranquille, il apprend la révolte. Au printemps de 1960, il est au jardin du Luxembourg quand a lieu le massacre de Sharpeville (60 morts). Sur son carnet, il note: "Il est déjà assez rude d'appartenir à un peuple confronté à son extinction, mais c'est infernal d'appartenir à un peuple qui mérite de disparaitre." L'événement signe la naissance d'une bataille féroce contre l'apartheid, par l'écriture. C'est le début d'une vie et d'une oeuvre irremplaçables qu'André Brink nous livre dans ces Mémoires solaires, poignants, édifiants.

Présentation de l'éditeur

Les Mémoires de l'un des plus grands écrivains sud-africain, l'un des porte-parole du mouvement contre l'apartheid. Lucidité, humour intelligence et talent se mêlent pour nous faire emprunter une voie choisie à travers l'histoire et le monde.

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Dans le jardin de l'ogre de Leïla Slimani | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/histoire-d-une-double-vie-dans-le-jardin-de-l-ogre-leila-slimani/44Thu, 25 Sep 2014 12:02:55 +0000Image de l'article

Un livre plein de sève, violent et érogène. Un livre où il est question de sexe et d'un amour malmené.

Adèle, journaliste parisienne, est malade de son obsession pour la verge, prisonnière de l'assouvissement de ses pulsions sexuelles qu'elle ne peut réfréner et qui s'affolent en tous endroits. Là, comme ça, il peut lui prendre l'envie de se faire un inconnu et, une fois la chose consommée, Adèle renoue avec sa vie de femme, de mère, de bonne copine, si mélancolique, si routinière. La jeune journaliste use d'artifices, de leurres et Richard, son époux, ne se doute de rien. Et pourtant, "chaque pore la dénonce. Saturée d'odeurs, de caresses et de salive, sa peau a pris une teinte nouvelle". Puis Richard a un accident de scooter. Adèle se voit donc contrainte de rester au chevet de ce mari aimant, qui découvre finalement son addiction au sexe et sa double vie. L'histoire est faite de déchirements, de compréhension, de sevrage, d'isolement, de confiance, en fait, d'amour... Leïla Slimani, l'auteure de "Dans le jardin de l'ogre", s'empare du sujet - ô combien glissant - avec une parfaite justesse, une sensibilité rare.

C'est un premier roman. Une réussite pour une première fois.

Présentation de l'éditeur

Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt.

Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre.

 

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http://www.booklab.fr/article/roman/histoire-d-une-double-vie-dans-le-jardin-de-l-ogre-leila-slimani/44
Roméo et Juliette de William Shakespeare | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/actu/6-dates-historiques-de-la-censure-dans-la-litterature/43Wed, 24 Sep 2014 15:42:13 +0000Image de l'article

Retracer l'histoire de l'interdiction des livres présentes des difficultés évidentes: l'histoire écrite, en particulier avant les siècles récents, est loin d'être complète et fiable, et identifié les régimes qui s’adonnaient à la censure est une tâche encore plus ardue.

Certains actes de censure ont sans doute été ignorés au fil de l'histoire, alors que certains d'entre eux sont devenus légendaires même si remis en question par certains historiens - telles que le tristement célèbre incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie par le calife Omar en l'an 642. Après tout, les historiens ne sont pas toujours exempts de motifs inavoués, et accuser ses rivaux politiques et mépriser les anciens régimes de répression intellectuelle peut avoir permis à certains auteurs et éditeurs de contrôler l'histoire en faveur de leurs dirigeants préférés.

Pourtant, il est clair que les tentatives de contrôle et de bâillonnement du discours littéraire sont presque aussi vieilles que la littérature elle-même. La manifestation annuelle Banned Books Week de l'American Library Association met en lumière la façon dont la censure et la limitation de la liberté d'expression continuent d'affecter les lecteurs et les auteurs dans l'Amérique d'aujourd'hui, mais l'origine de l’interdiction des livres se trouve loin dans le passé.

Voici six moments historiques où les censeurs de livre ont remporté des victoires importantes, restreignant l'accès à l'écrit:

Qin Shi Huang brûle les écrits de Confucius (~221-210 B.C.)

Un puissant souverain qui a consolidé l'empire chinois et uniformisé ses langues, la bureaucratie, et les calendriers, Qin Shi Huang a laissé une marque indélébile dans l'histoire de son peuple. Il est également soupçonné d'avoir eu des ressentiments à l'égard des érudits qui étaient partisans de la tradition confucéenne. Quand il est arrivé au pouvoir, Qin Shi Huang aurait fait détruire de nombreux textes confucéens, craignant qu'ils ne soient utilisés pour ébranler son règne; plus tard, il aurait ordonné d’enterrer de centaines d’érudits pour incitation à la dissidence. Certains historiens remettent en question ce récit, qui est décrit dans les Mémoires du Grand Historian, suggérant qu'il est plus probable que les écrits de Confucius ont été perdus quand un incendie a détruit une grande partie de la bibliothèque impériale lors de la chute de la capitale Qin. La vérité pourrait rester un mystère.

Girolamo Savonarole et le bûcher des vanités (1497-98)

L'histoire des livres brûlés à Florence du prêtre fanatique Savonarole fut si célèbre, qu'elle a donné le titre "bûcher des vanités", une référence culturelle commune - un roman de Tom Wolfe écrit après l'événement. En plus des livres «immoraux», le feu avait pour but de détruire d'autres joyaux qui pourraient amener les gens dans le péché de vanité(art, vêtements de fantaisie, cosmétiques, et ainsi de suite). Bien que Savonarole était un prêtre dominicain, il avait formé un parti politique qui détenait un pouvoir important à Florence, donnant à ses condamnations, de certains textes et créations artistiques, une connotation gouvernementale aussi bien que religieuse.

Index Librorum Prohibitorum établie par le Pape Paul IV (1559)

Le pouvoir de l'Église catholique rivalisait avec celle des empires en 1559, quand elle a créé une liste de livres interdits pour ses adhérents, l'indice Librorum Prohibitorum. De nouvelles éditions de l'indice furent publiées jusqu'en 1948, et il a fallu attendre près de 20 ans plus tard pour que la liste ne soit plus d'actualité. C'est plus de quatre siècles de réglementation religieuse officielle des écrits destinés aux lecteurs catholiques. À divers moments, les travaux d'auteurs influents et brillants comme Emmanuel Kant, Simone de Beauvoir, et John Milton ont été placés sur la liste.

The Meritorious Price of Our Redemption de William Pynchon banned in New England colonies (1650)

Considéré comme le premier livre à être interdit dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre, The Meritorious Price Of Our Redemption était une critique si violente du Puritanisme que les compagnons colons de Pynchon, outragés, l'ont contraint à retourner en Angleterre. Des exemplaires du livre ont été brûlés à Boston, et Pynchon lui-même a été accusé d'hérésie dans la colonie du Massachusetts Bay. La censure de livre allait avoir une longue et trouble histoire dans le soi-disant Nouveau Monde…

Les Souffrances du jeune Werther interdits dans plusieurs pays européens (1774)

Alors que, dans l'histoire de  l'interdiction du livre, les motivations politiques ou religieuses sont souvent  à la base de la censure, l'interdiction des Souffrances du jeune Werther de Johann Wolfgang Von Goethe l’a été pour des raisons de santé publique. Le roman de Goethe expose  les déboires romantiques d'un jeune homme passionné - aboutissant au suicide de ce dernier par arme à feu après avoir été rejeté par sa bien-aimée. Le roman eut un grand succès, tant et si bien que sa popularité a été désignée «fièvre Werther»; les jeunes auraient commencé à imiter le mode d’habillement de Werther et se rendaient en pèlerinage sur la tombe d'un ami de Goethe pensant que c’était lui qui avait inspiré le personnage de Werther dans le livre. Les autorités étaient tellement préoccupées par des rapports de suicides par imitation que plusieurs villes et pays européens, dont le Danemark et l'Autriche, ont interdit ou réglementé l'accès au livre. On ne sait pas combien de réels suicides par imitation ont eu lieu, mais les interdictions se sont poursuivies malgré tout.

Dr Thomas Bowdler publie Shakespeare expurgée (1807)

Comme Savonarole, le Dr Bowdler a popularisé un nouveau terme dans le vocabulaire de la censure des livres: «expurger». L'édition de 1807 de Bowdler de 24 pièces de théâtre de Shakespeare - qui est considéré par beaucoup comme ayant été édité pas par Bowdler, mais par sa sœur retraitée Harriet - reste tristement célèbre pour avoir tenté de faire accepter les drames de Shakespeare à une société « polie » en coupant généreusement les parties vulgaires ou obscènes. L'édition de 1807 a été suivie par d'autres volumes de Shakespeare bénéficiant du même traitement; la série a été intitulée The Family Shakespeare. C'est vrai: Shakespeare a lui-même donné de mauvaises valeurs familiales à son époque. Au moins, les Bowdlers ont pu voir la valeur de la lecture et de l'enseignement de Shakespeare malgré son côté profane - mais malheureusement, le barde n'est pas vraiment le Barde sans quelques plaisanteries grivoises (jeux de mots anglais: the Bard isn’t really the Bard without some bawdy jokes).

Sources: HufftingtonPost

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http://www.booklab.fr/article/actu/6-dates-historiques-de-la-censure-dans-la-litterature/43
Not That Kind of Girl de Lena Dunham | Critique par clarahttp://www.booklab.fr/article/roman/a-vif-comme-hannah-mais-beaucoup-plus-alerte-not-that-kind-of-girl-lena-dunham/42Tue, 23 Sep 2014 21:39:07 +0000Image de l'article

Intelligentes, drôles, les femmes écrivaines aiment donner des conseils.

Nora Ephron: "Ne jamais épouser un homme avec lequel vous ne voudriez pas divorcer." Wendy Wasserstein: «Les femmes doivent apprendre à donner à ceux qui les apprécient au lieu de ceux qui s'attendent à les recevoir". Tina Fey:"Ne pas embaucher quelqu'un à qui vous ne voudriez pas faire du rentre-dedans dans le couloir à 3 heures du matin". Et maintenant, Lena Dunham:"la confiance en soi vous permet de tout enlever, même les Tevas (tapettes) et les chaussettes ".

Intelligent, drôle, le nouveau livre de Mme Dunham, "Not That Kind of Girl" est une sorte de mémoire déguisée en livre de conseils, ou un guide pratique (sur la manière de naviguer en eaux troubles pour les jeunes filles) sous forme d'une série d'expériences personnelles. "Si je pouvais prendre ce que j'ai appris», écrit-elle dans l'introduction, «et rendre le sale boulot plus facile pour vous, ou vous empêcher d'avoir le genre de relation sexuelle où vous sentez que vous devez garder vos chaussures de sport au cas où vous voudriez vous enfuir pendant l'acte, alors toutes mes erreurs en valaient la peine. "

Mme Dunham confesse que "Not That Kind of Girl" a été en partie inspiré par le livre d'Helen Gurley Brown publié en 1982, "Having It All», qu'elle a trouvé dans une boutique d'occasions quand elle avait 20 ans - un livre dont elle trouvait les conseils souvent «absolument bananes » (comme ingérer moins de 1000 calories par jour), mais dont le message essentiel qu’ « une femme puissante, confiante et sexy,  se construit, mais ne nait pas ainsi ", elle avait désespérément besoin de cela à ce moment-là, dit-elle, quand elle se détestait et pensait qu'elle ne serait "jamais bonne à rien."

À seulement 28 ans maintenant, Mme Dunham est la créatrice de la série saluée par les critiques "Girls" qui passe sur HBO, une série télévisée basée sur ses expériences pendant ses années d'incertitudes entre l'université et la vie d'adulte, quand elle et ses amies avaient de mauvais petits amis, des emplois sans avenir et des rêves hors de portée. Réel et souvent cru (à la différence de l'angélique "Sex and the City"), "Girls" est un cliché, une capture de ces années - tout du moins telle que vécue par un groupe de jeunes privilégié de Brooklyn - quand tout parait comme si les bouleversements de la vie avaient lieu plusieurs fois par jour; lorsque les Wild Clothes (difficile de traduire cela en français, s'il y a des shopeuses dans la salle...) et les envolées lyriques autodramatisantes dissimulent souvent la solitude et la confusion; quand l'impulsivité et le nombrilisme ont tendance à être les paramètres émotionnels par défaut.

Avec "Not That Kind of Girl", Mme Dunham apporte une franchise similaire à l'histoire de sa propre vie, se mettre tant à nu sur papier que son alter ego Hannah est une expérience douloureuse. L'observation pointue et le ton distinctif qu'elle a perfectionné dans "Girls" et dans son film de 2010, "Tiny Furniture," sont présents dans le livre. Si Nora Ephron (un mentor à Mme Dunham et l'une des personnes à qui ce livre est dédié) transparaissait dans ses livres comme sophistiquée, la tante de la grande ville, omnisciente, mondaine et avertie sur à peu près tout, alors Mme Dunham ressemble plus à sa nièce à fleur de peau: confiante, nerveuse et sérieuse. Elle est à la fois acerbe et vulnérable; égocentrique et inquisitrice; parait audacieuse, mais terriblement anxieuse; une survivante de la plupart des crises amoureuses et d'amitié vécues par ses personnages de "Girls", bien que toujours déconcertée par les mystères du monde des adultes.

Mme Dunham décrit des rendez-vous amoureux calamiteux et des échanges de courriels faisant grincer des dents avec humour et autodérision. Elle raconte ses doutes, ses peurs et ses névroses, sa dépendance à l'égard d'une thérapeute, et ses rencontres sexuelles débridées avec son lot de connards. Avant de rencontrer son petit ami actuel, "une personne vraiment bien," dit-elle, elle était particulièrement attirée par le genre de gars "grossier, et qui explique ensuite que c'est un mécanisme de défense, puis se révèle encore plus grossier" une fois que vous apprenez à le connaître.

Mme Dunham a manifestement beaucoup en commun avec Hannah, y compris des épisodes de trouble obsessionnel compulsif; une sorte de résilience de « gonzesse » face à une humiliation cinglante; une compulsion pour transcrire ses expériences en mots; et un penchant défensif pour lister de manière préventive ses propres défauts avant que quelqu'un d'autre le fasse.

Sa première impulsion, comme Hannah, est de tout partager (même les choses les plus intimes), mais elle a aussi une conscience de soi qui échappe à son alter ego fictif. Mme Dunham semble comprendre que certaines de ses préoccupations et de celles de ses amis pourraient être considérées par des jeunes avec moins de chance comme du luxe - consciente que son petit monde et celui de ses amis sont à la fois enviables et se font rares à New York.

Et donc, alors que Hannah, un auteur en herbe, constamment met son pied dans le plat et jacasse sur elle-même, la talentueuse Mme Dunham écrit non seulement avec une précision chirurgicale, mais apporte également une perspective, une nostalgie et une sorte de sagesse propre à une personne âgée, sur son auto portrait (pas tant que ça) et son monde.

"Je ne pourrai jamais être qui j'étais», fait-elle remarquer. «Je peux tout simplement la regarder avec sympathie, compréhension et une certaine crainte. Là, elle va, sac sur le dos, en direction de la station de métro ou à l'aéroport. Elle a fait de son mieux avec arrangé son eye-liner. Elle a appris un nouveau mot qu'elle veut partager avec vous. Elle se promène à sa recherche."

En fait, les différences entre Mme Dunham et Hannah animent ce livre. Une jeune femme à la recherche d'une drôle de feuille de route conduisant à l'amour, au sexe et au travail et "avoir tout cela" ne doit pas vous empêcher de consulter les conseils d'auto-sabotage de Hannah. Mme Dunham n'a pas la prétention d'être « la voix de ma génération» ou encore «la voix d'une génération», comme Hannah fait dans la série télévisée. Au lieu de cela, elle raconte simplement sa propre histoire dans toute sa spécificité et parfois ses détails embarrassants, ce livre est aussi grave et sincère que drôle.

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http://www.booklab.fr/article/roman/a-vif-comme-hannah-mais-beaucoup-plus-alerte-not-that-kind-of-girl-lena-dunham/42
de | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/la-doctrine-le-temps-l-espace-le-commandement-la-discipline-l-art-de-la-guerre/41Sun, 21 Sep 2014 20:55:38 +0000Image de l'article

Le conflit fait partie intégrante de la vie, selon cet ancien livre classique chinois de la stratégie, mais toutes les ressources pour faire face aux conflits à bon escient, honorablement, victorieusement, sont déjà présentes en nous. Écrit il y a plus de deux mille ans par un guerrier-philosophe mystérieux, L'Art de la Guerre est peut-être encore le plus prestigieux et le plus influent livre de stratégie dans le monde, largement étudié en Asie par les politiciens et les cadres modernes comme le faisaient les chefs militaires depuis les temps anciens.

Étude anatomique des organisations en période de conflits, L'Art de la Guerre s'applique à la concurrence et aux conflits en général, à tous les niveaux, des relations interpersonnelles à l'échelle internationale. Son objectif est l'invincibilité, la victoire sans combattre, et la force indiscutable par la compréhension de la physique, de la politique, et de la psychologie du conflit.

Sun Tzu (孫子; pinyin: Sūnzǐ) est un titre honorifique accordé à Sun Wu (孫武 544-496 av. J.-C..), l'auteur de L'Art de la Guerre (孫子兵 法). Sun Tzu croyait en l'utilisation des sciences militaires pour parvenir à la paix. Dans le nom de l'auteur, Sun Wu, le caractère wu, qui signifie «militaire», est le même que le caractère wu shu, ou art martial.

Morceaux choisis :

La doctrine fait naître l’unité de pensée ; elle nous inspire une même manière de vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans la mort.

 

Si vos ennemis sont plus puissants et plus forts que vous, vous ne les attaquerez point, vous éviterez avec un grand soin ce qui peut conduire à un engagement général ; vous cacherez toujours avec une extrême attention l’état où vous vous trouverez.

 

L’essentiel est dans la victoire et non dans les opérations prolongées.

 

Celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu’elles ne surviennent.

 

Ne vous acharnez pas sur un ennemi aux abois.

Tout homme politique devrait apprendre ce dernier précepte par cœur !

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http://www.booklab.fr/article/livre/la-doctrine-le-temps-l-espace-le-commandement-la-discipline-l-art-de-la-guerre/41
Cinquante nuances de Grey de E L James | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-top-10-des-livres-les-plus-controverses-en-2013-50-nuances-de-grey-en-4e-position/40Sun, 21 Sep 2014 18:05:30 +0000Image de l'article

En 2010, il a eu une tentative de censure de la BD Bone dans les bibliothèques gérer par l'état. L’action a été lancée par une mère de famille du Minnesota. La cause? Il aurait des scènes de fumette et de beuverie dans la BD, qui, je le rappelle, est destinée aux enfants.

La tentative a échoué.

L’âge requis recommandé pour la BD variait d’une partie à l’autre du Texas. Mais cela ne suffisait apparemment pas.

Voici la liste des dix livres les plus controversés aux États-Unis en 2013, tel que mesuré par l’Office of American Library Association of Intellectual Freedom (l’équivalent en France d’une association pour la liberté d’expression dans la littérature). Avec Bone de Jeff Smith à la dixième place pour "opinion politique, racisme et violence."

1. Capitain Underpants (Capitaine Caleçon), par Dav Pilkey

Raisons : Langage fleuri, inadapté au groupe d'âge visé, violence

 

 

2.The Bluest Eye, de Toni Morrison

Raisons: Langage fleuri, contenu à caractère sexuel, inadapté au groupe d'âge visé, violence

3. The Absolutely True Diary of a Part-Time Indian, de Sherman Alexie

Raisons: Drogues / alcool / tabac, langage injurieux, racisme, contenu à caractère sexuel, inadaptés au groupe d'âge visé

4. Cinquante nuances de Grey, de E.L. James

Raisons: Nudité, Langage injurieux, opinions religieuses, sexuellement explicites, inadaptés au groupe d'âge visé

5. The Hunger Games de Suzanne Collins

Raisons: Point de vue religieux, inadapté au groupe d'âge visé

 

 

6. A Bad Boy Can Be Good for a Girl de Tanya Lee Stone

Raisons: Drogues / alcool / tabac, nudité, langage fleuri, sexuellement explicite

 

 

7. Looking for Alaska, de John Green

Raisons: Drogues / alcool / tabac, contenu à caractère sexuellement explicite, inadaptés au groupe d'âge visé

8. The Perks of Being a Wallflower, de Stephen Chbosky

Raisons: Drogue / alcool / tabac, homosexualité, sexuellement explicite, inadaptée au groupe d'âge visé

9. Bless Me Ultima, par Rudolfo Anaya

Raisons: satanisme, occulte / blasphématoire, opinions religieuses, sexuellement explicites

10. Bone de Jeff Smith

Raisons: opinions politiques, racisme, violence

 

 

 

De façon générale les critiques ne sont pas dirigés contre les livres du style de Cinquante Nuances de Grey, mais sur ceux destinés aux enfants ...

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The Short and Tragic Life of Robert Peace de Jeff Hobbs | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/homme-a-terre-la-courte-et-tragique-vie-de-robert-peace/39Sun, 21 Sep 2014 09:46:25 +0000Image de l'article

Il y a des endroits en Amérique où la vie à si peu de valeur et le sort si cruel que, s'il s'agissait d'un pays autre que l'Amérique, ils pourraient décider de le bombarder pour le «libérer». Ce livre est un compte hypnotique d'un tel lieu - un ghetto près de Newark - qui pose cette question à cette Amérique parfaite: Est-il possible de se réinventer, de se construire son propre destin?

“The Short and Tragic Life of Robert Peace” cherche des réponses dans l'histoire vraie de deux hommes, élevés dans le même quartier pauvre et au voisinage principalement noir, dont les trajectoires divergent de façon spectaculaire.

L'un des deux, Shawn, dont le père est un parrain de la drogue nommé Skeet qui essaie de garder son fils loin des livres, craignant qu'il se ramollisse dans un monde où il n'y a pas de place pour les faibles. Aussi, Skeet enseigne à Shawn comment se battre, intimider, reconnaitre tous ceux qui représente un danger mortel sur l'avenue. Lorsque Skeet est emprisonné pour le meurtre de deux femmes, Shawn hérite de ses amis. Il devient dealer, à son tour, passe la nuit dans sa voiture, vêtu d'un gilet en kevlar.

L'autre homme, Rob, fils d'une mère très ambitieuse, qui, tout en peinant dans les cuisines, souhaite pour son enfant l'avenir qu'elle n'a jamais eu. Elle emprunte des livres à la bibliothèque locale pour les lire à son enfant, et plus tard lui achète le premier volume d'une encyclopédie, puis lui procure les autres, un à un, à chaque fois qu’elle en a les moyens. Elle se démène dans leur monde lugubre afin de trouver des institutions et des personnes qui pourraient aider son fils. Une école bénédictine vient en aide à Rob. Un directeur de banque offre de payer tous ses frais d'études. Yale l'accepte. Il obtient son diplôme en biophysique moléculaire et biochimie, et travaille dans un laboratoire de recherche sur le cancer et les maladies infectieuses.

 "Rob et Shawn, sont en réalité une seule et même personne"

Ce qui rend ce livre si bouleversant c'est que ces deux hommes, Rob et Shawn, sont en réalité une seule et même personne: Robert DeShaun Peace, qui est passé d'un ghetto de New Jersey à Yale l'endroit où est transporté le cadavre des trafiquants genoux fléchis et face contre terre.

Aujourd'hui, il y a des rapports à profusion sur le thème des deux Amérique. L'originalité de l'œuvre de Jeff Hobbs est d'avoir trouver un homme qui a vécu simultanément dans les deux pays, qui a prospéré et a échoué à la fois, qui a échappé à son passé et tout en y restant prisonnier, qui était le fils de son père et le fils de sa mère. Peace utilisait et vendait de la drogue tout en marquant 1560 points sur 1600 aux examens du baccalauréat, le propulsant 99e à l'échelle nationale, et faisant de lui un joueur vedette de water-polo dans son école; il est entré à Yale et s'est retrouvé "piégé» entre la rue d'un côté  d'où il vient et ses nouvelles obligations; il travaillait dans un laboratoire de recherche sur le cancer en utilisant ce dernier pour blanchir l'argent de la drogue.

Ce seul homme avec tant de contradiction fait une histoire étonnamment tragique. Dans les mains de Hobbs, cependant, il devient quelque chose de plus: un questionnement du credo national américain de l'invention de soi. Il rappelle des origines de ce pays auxquelles on ne peut échapper, des traumatismes qui n'ont pas de remède, des manques qu'aucune unité psychiatrique, aucune réforme carcérale aussi meilleure soient elles ne pourront jamais combler.

 Il avait été assassiné dans le "game", game qu'il n'avait en réalité jamais arrêté de jouer, mais avait su si magistralement cacher aux yeux de beaucoup.

À l'été 1998, Hobbs était juste un autre enfant blanc riche destiné à Yale, dans la tradition familiale comme l'ont été son frère et sa sœur avant lui. On lui a affecté un colocateur: Robert Peace. La première chose que Hobbs a déduite de Peace, dans leur tentative maladroite de communication au téléphone afin de s'organiser pour l'appartement, c'est qu'il était noir. Mais parce que Peace jouait au water-polo et semblait vivre près de Manhattan, Hobbs en a déduit que la couleur de peau était probablement tout ce qui les séparait.

Ainsi commença une étrange relation de couple. Hobbs et Peace étaient de mondes différents, mais ils partageaient ensemble une chambre à Yale, comméraient sur les femmes, fumaient des pétards (dont Peace était le fournisseur attitré sur le campus). Ils en savaient un peu plus sur le passé de l'un et de l'autre, mais pas beaucoup. Ils sont restés en contact de façon sporadique après le collège, et Peace a été le témoin du mariage de Hobbs à Brooklyn. Et puis, le 18 mai 2011, 13 ans après leur première rencontre, Hobbs apprend sur Facebook que son ami était décédé - Il avait été assassiné dans le "game", game qu'il n'avait en réalité jamais arrêté de jouer, mais avait su si magistralement le cacher aux yeux de beaucoup.

La mort a incité Hobbs, jusque-là écrivain de fiction (dont le premier livre était aussi sur les étudiants de Yale), à dévier dans la non-fiction et à enquêter sur l'homme que lui-même et tant d'autres pensaient connaitre.

Hobbs reconstruit méthodiquement chacun des mondes auquel appartenait son ami: la maison d'enfance de Peace sur la rue Chapman, avec son "rectangle de mauvaises herbes» et son «perron de cinq escaliers"; le St Benedict’s Preparatory School, où les garçons (Peace et Shawn) ont chanté des chansons de l'école dans les couloirs; sa bande de quartiers, dont les rêves d'étude, de richesse et de stabilité se sont lentement évaporés; les bas-fonds de la pègre, qui pour Peace et beaucoup de ses voisins était la plus accessible, la vraie méritocratie qu'ils peuvent voir; Yale, avec ses niveaux de programmes étouffants et l'angoisse de nombre de ses étudiants issus des minorités.

Le rêve américain dans toute sa splendeur, les États-Unis, le pays qui a fait de lui un homme de Yale, mais aussi le pays qui lui a causé sa perte...

Comme livre captivant, c'est gagné. Il n'y a pas besoin que je vous le vende plus, et je ne vais pas vous le spoiler. Ce qui est intéressant d'ajouter c'est que le livre est très provocateur, même irritant, pour ceux qui répondent aux problèmes de la classe prolétarienne américaine avec des théories et solutions idéologiques préconçus.

Il va forcer les libéraux à reconsidérer leur aversion à parler de culture, des habitudes, des valeurs et l'éclatement des familles comme générateur de pauvreté. La pauvreté peut être «structurelle», comme les libéraux se plaisent à dire, mais les structures ont fonctionné dans le cas de Peace,même s'il avait une blessure de l'âme, "un traumatisme émotionnel paralysant» de l'absence de son père emprisonné, et une rage de générations - une fureur qui ne peut être expliqué par la physique d'une seule vie. Hobbs est particulièrement convaincant sur l'idée qu'aucun niveau de réalisation ou intervention extérieure ne peut compenser l'absence de la famille.

Les conservateurs aimeront le fait que ce soit une école religieuse et un riche banquier qui aient été les principaux sauveteurs de Peace, mais Hobbs nous montre que Peace a été le bénéficiaire de circonstance heureuse, et que le capital et la charité ne pourront jamais, à elles seules, résoudre un problème aussi dense et aussi complexe que celle de la communauté noire aux États-Unis.

Hobbs est un écrivain accompli avec une empathie considérable et un don pour la narration et le suspense.

Robert Peace, qui appelait sa mère "mon coeur", était son seul et unique fils bien-aimé, mais il était le nôtre également. Le rêve américain dans toute sa splendeur, les États-Unis, le pays qui a fait de lui un homme de Yale, mais aussi le pays qui lui a causé sa perte...

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Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit de Jean d'ORMESSON | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/actu/un-jour-je-m-en-irai-sans-en-avoir-tout-dit-jean-d-ormesson/38Fri, 19 Sep 2014 19:48:52 +0000Image de l'article

"Le déchirant de ce récit à la fois intime et magistral, c'est que, sans jamais quitter le registre du moi ni laisser se perdre l'onde des regrets, Jean D'O n'y parle que de nous, les simples humains."

Jean-Louis Ezine, le Nouvel Observateur.

Présentation de l'éditeur

Cet ouvrage se décline en trois parties et chacune correspond à une question ou à un constat que tout esprit un peu affuté pose. Un roman de société : " Tout passe. " Nous vivons une époque de transition, les livres, la famille, les mœurs, les frontières, les monnaies jusqu'à la religion. Tout se sait puisque, par la Toile, chacun est immédiatement informé du sort de tous. Pour illustrer ce propos, se déroule une histoire sentimentale contemporaine où un bouddhiste milliardaire et communiste fait irruption dans une famille traditionnelle. Un roman d'amour : " Rien ne change. " Un écrivain cherche sa voie et il ne s'en sort que par l'amour d'une femme, Marie. Il se donne à elle qui le rend à lui-même. L'amour est plus important que la littérature et que tout le reste. Il ne consiste pas à se regarder dans les yeux mais à regarder le monde ensemble. Le spectacle du monde entraîne leur étonnement et leur admiration, qui sont à la racine de toute connaissance. Le roman de société s'est changé en roman d'amour, qui lui-même va se changer en roman de l'univers. Un roman de l'univers : " Il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré. " Au grand-père – désormais classique – de l'auteur, à Pama le bouddhiste, à Marie, s'ajoute Dieu comme un des principaux personnages du livre. Car comment peut-on parler d'autre chose que de Dieu ? Suit une petite histoire de l'humanité par ceux qui l'ont pensée et faite : les philosophes et les scientifiques. Un combat s'est engagé entre Dieu et la science. La position de l'auteur, catholique et agnostique, est de laisser ses chances à Dieu.
 

Biographie de l'auteur

Normalien, agrégé de philosophie, élu à l'Académie française en 1973 - au fauteuil de Jules Romains -, ancien directeur du Figaro, Jean d'Ormesson a publié notamment Une fête en larmes, Qu'ai-je donc fait et La vie ne suffit pas: œuvres choisies (collection " Bouquins ") aux éditions Robert Laffont. Odeur du temps, Saveur du tempset La conversationont paru aux éditions Héloïse 

 

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Quelqu'un que vous avez déjà vu de John Ashbery | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/de-ligne-en-ligne-les-ebooks-sont-l-ami-du-poete/37Fri, 19 Sep 2014 18:03:04 +0000Image de l'article

Quand John Ashbery, le poète lauréat du prix Pulitzer, a appris que les éditions numériques de sa poésie ne ressemblaient en rien à la version imprimée, il était stupéfait. Il n'y avait pas de sauts de ligne, et les strophes ont été entassées en bloc de texte ressemblant à de la prose. La structure savante de ses poèmes avait été nivelée.

Il s'est plaint à son éditeur, Ecco, et ces quatre livres électroniques ont été immédiatement retirés de la vente.

C'était il y a trois ans, et l'édition numérique a beaucoup évolué depuis. Les éditeurs peuvent désormais créer des e-books qui préservent mieux la mise en forme soignée des poètes. Alors, quand Open Road Media, une société d'édition numérique, a contacté M. Ashbery pour la création des versions électroniques de ses livres, il a décidé de leur donner une seconde chance.

La semaine dernière, Open Road a publié 17 collections numériques du travail de M. Ashbery, la première fois que l'ensemble de sa poésie sera disponible sous format électronique. Cette fois, il n'a pas demandé de rappel.

«Il est très fidèle à la forme d'origine", a déclaré M. Ashbery, 87 ans, qui est reconnue comme étant l'un des plus grands poètes vivants.

Après plus d'une décennie de révolution de l'e-book, les éditeurs de poésie se bousculent pour se faire une place dans le marché du numérique. En 2013, les éditeurs ont publié environ 2.050 ebooks de poésies, contre environ 200 en 2007, l'année du lancement du premier Kindle. L'année dernière, les livres électroniques ont représenté environ 20 pour cent des 10.000 livres de poésie publiés, contre environ 10 pour cent en 2012.

De tous les genres littéraires, la poésie s'est avéré être la plus réticente à la technologie numérique, pas pour des raisons culturelles, mais pour des raisons techniques. La plupart des liseuses échappent les sauts de ligne et les strophes qui sont essentielles à l'apparence et au rythme de la poésie. En conséquence, de nombreux éditeurs ont freiné la numérisation de la poésie, et des œuvres de quelques grands poètes ne sont pas encore disponibles en e-books, notamment Ezra Pound "The Cantos» et des poèmes de Jorie Graham, Tracy K. Smith, Elizabeth Bishop et Czeslaw Milosz.

"La ligne est l'unité de mesure de la poésie, et la technologie de la plupart des e-books n'est pas adaptée à cette unité", a déclaré Jeff Shotts, rédacteur en chef de Graywolf Press.

Mais la technologie a évolué, les éditeurs ont commencé à s'adapter. Certains ont embauché des programmeurs, afin de coder manuellement les livres de poésie  au format électroniques ainsi les sauts de ligne et les strophes sont maintenus; d'autres ont recours à l'utilisation de fichiers PDF ou de fichiers statiques, pour reproduire la mise en forme particulièrement élaborée de certains auteurs comme les lignes de style de Marie Szybist. Certains éditeurs de poésie ont ajouté des avertissements à leurs e-books, en recommandant à leurs lecteurs d'utiliser une taille de police donnée afin d'obtenir la représentation la plus fidèle possible du poème.

L'éditeur indépendant New Directions, fondée en 1936, a commencé à publier de la poésie en format numérique l'année dernière. Aujourd'hui, New Directions a publié plus de 60 volumes numériques de poésie, dont des œuvres de Pablo Neruda, Dylan Thomas et William Carlos Williams.

Farrar, Straus et Giroux ont mené des actions afin de numériser leur catalogue de poésie en janvier, après avoir résolus quelques épineux problèmes de codage sur la mise page de leurs poèmes. Cette année, ils publient 111 recueils de poèmes numériques, contre 17 l'année dernière et seulement un en 2012.

«Nous voulions être sûr que la mise en forme des poètes soit fidèle en format numérique avant de nous lancer dans la publication d'ebook», a déclaré Christopher Richards, rédacteur en chef adjoint à Farrar. "L'aspect visuel d'un poème est très important et à du sens, et si elle n'est pas conservée dans l'ebook, vous perdez vraiment quelque chose."

La poésie numérique est toujours éclipsée par la version imprimée, et certains écrivains et éditeurs se demandent s’il y a beaucoup de demandes pour la poésie en format ebooks.

"Un grand nombre de lecteurs de poème sont fétichistes et aiment avoir un livre physique," a déclaré Michael Wiegers, le rédacteur en chef de Copper Canyon Press (une revue de presse à but non lucratif), qui est spécialisé dans la poésie.

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This Book is Gay de James Dawson | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/il-y-a-trop-de-visages-blancs-dans-les-livres-pour-enfants-james-dawson/36Fri, 19 Sep 2014 12:47:08 +0000Image de l'article

Le jeune auteur entre dans le débat de la littérature pour enfants en annonçant qu’ « il faudrait plus de livres rendant compte de la diversité ».

Dans le sillage du torrent d'injures racistes dirigé contre la lauréate des livres pour enfants Malorie Blackman, le mois dernier, le jeune auteur primé James Dawson a décidé de se mouiller, insistant sur le fait «qu'il y a trop de visages blancs» dans les livres pour enfants.

L’appel de Blackman à la diversité a déclenché une vague de ce que l'auteur appelle «la haine et les menaces au vitriol" après que Sky News ait suggéré dans un titre qu'elle avait dit qu’il y a «trop de visages blancs» dans les livres pour enfants. Le titre a été corrigé après que la lauréate des livres pour enfants a expliqué qu'elle n'avait jamais utilisé cette expression, mais maintenant Dawson jette un pavé dans la marre.

S'exprimant mercredi sur l'industrie des livres pour enfants dans la prestigieuse conférence annuelle de Patrick Hardy, Dawson a fait valoir que la littérature pour enfants "devrait être basé sur l'histoire, la voix et les personnages".

"Mais pourquoi tant de ces personnages sont blancs, valides, et de la classe moyenne?" demanda Dawson. "Malorie n'a pas dit qu'il y a trop de visages blancs dans les livres pour enfants, mais je le ferai. Là, je viens de le faire. Mettez ça sur Sky News ".

Dawson a imputé le manque de diversité des livres à la recherche de ventes. «Le marketing est la clé ici, clairement, mais il y a une peur sous-jacente que le livre n’atteigne pas le plus grand nombre et fera ainsi perdre de l'argent. Pour moi, cela crée une prophétie autoréalisatrice. Si nous pensons que des livres sur les minorités ne se vendent pas, nous ne les mettons pas dans les librairies où ils - grande surprise – ne peuvent probablement pas se vendre. "Son personnage métis Alisha ne serait pas sur la couverture de son roman Cruel Summer" parce que des études de marché sur ce que les lecteurs ont acheté “, a-t-il ajouté, disant qu'il a" une abondance de visages blancs sur les couvertures de livres "dans les sections enfants des librairies.

Dawson croit que les écrivains doivent également prendre leur responsabilité. Certains «évitent respectueusement » les personnages issus de minorités, de peur de ne pas leur rendre justice, dit-il. "Peut-être, dans certains cas, c'est bien intentionné, mais je pense aussi que c'est de la paresse et, pire, se plier aux exigences du marché de masse."

This Book Is Gay, le dernier livre de Dawson, un guide à l’usage des jeunes lesbiennes, gay, bisexuels et transgenres, ainsi que tous ses autres livres précédents ont des personnages principaux blancs à l’exception d’Alisha.

"Je me demande si, en tant qu'auteurs, nous laissons inconsciemment la diversité «  à quelqu'un d'autre »- en particulier aux auteurs de ces communautés". Mon éditeur pourrait ne pas être heureux du changement de dernière minute, mais Toria dans All of the Above est maintenant à moitié indien ", a déclaré Dawson à propos de son prochain roman. "Cela va--il changé son histoire? Pas d’un iota. Cela fera-t-il une différence pour les milliers de jeunes filles asiatiques que je rencontre pendant mes tournées scolaires? J'espère bien. "

Lors de la discussion, il a appelé les éditeurs dans le public à veiller à la diversité des personnages dans les livres pour enfants dans leurs références, ainsi que la diversité de leurs auteurs et du personnel. "Dans un monde idéal, chaque titre sorti refléterait un monde diversifié», a déclaré Dawson. "Cela ne signifie pas qu'il devrait y avoir un personnage gay dans tous les livres, mais si tous les personnages dans un livre sont blancs, valide et riche, ce livre ne reflète pas le monde réel."

Il a ajouté: « Je pense que les éditeurs devraient attirer l'attention des auteurs si leurs manuscrits sont entièrement non diversifiés. »  La diversité, a déclaré Dawson, couvre une large gamme de concept, de la scission de personnages masculins et féminins à une gamme d'ethnies, de cultures et de revenus, de religions, de personnages LGBT, et de personnages handicapés physiques et mentaux.

«Les jeunes ont besoin de savoir que les livres ne sont pas toujours sur un type d'enfant. Les livres ne devraient pas être "sur" la diversité, a-t-il insisté, mais que l’industrie littéraire a besoin de "livres qui sont diversifiés". Il s'est félicité des titres tels que Grasshopper Jungle d’Andrew Smith et Far from You (loin de toi) de Tess Sharpe, parce que «vous ne savez pas [que vous êtes] LGBT ... jusqu'à ce que vous soyez entrainé dans le complot" (ndlr : il fait référence à certains passage des livres cités précédemment).

"J’espère que les éditeurs vont travailler avec toute l’industrie du livre afin de surveiller et de suivre la diversité dans les livres pour enfants", a-t-il conclut.

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de | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-dernier-volet-de-la-guerre-amazon-hachette/35Thu, 18 Sep 2014 20:49:45 +0000Image de l'article

Amazon et Hachette sont en guerre, et parfois on a l’impression que ça été toujours été ainsi.

Comme outil de pression dans sa bataille contre Hachette, qui concerne le prix des ebooks, Amazon incite ses clients à ne pas acheter la version papier de l’éditeur Hachette. Après avoir été lésée par cette querelle six mois durant, il faut rappeler qu’Amazon est l’un des plus gros vendeurs de livres en ligne, plusieurs auteurs publiant chez l’éditeur Hachette sont en colère et ont peur pour leur revenue. Alors cette semaine, ils essaient une nouvelle tactique afin de pouvoir vivre du fruit de leur travail.

L’union des auteurs, un groupe d’écrivains Hachette et leurs alliés, on interpellés directement Amazon. Ils mettent en garde les cadres dirigeants des conséquences, pour leur société et pour les directeurs eux-mêmes, que pourrait avoir la poursuite de cette querelle.

“Les tentatives de censures de livres ont une longue et triste histoire”, publiait le groupe d’auteurs sur leur site internet. « Voulez-vous vraiment faire partie de cette histoire ? »

Amazon prend très au sérieux sa réputation. Dans le sondage Harris sur la réputation des entreprises, il gagne cette année encore l’une des places d’honneur. Mais, cette place prestigieuse prend du plomb dans l’aile chaque jour de plus que le combat avec Hachette continue. L’accueil désastreux du nouveau mobile d’Amazon aux États-Unis, où il a été obligé de baisser le prix à 99 centimes (avec abonnement), participe aussi à cette baisse de la réputation de l’entreprise.

Dans la suite de leur lettre, les auteurs avertissent Amazon que le mécontentement pourrait se propager à d’autres auteurs autres que ceux publiés par Hachette.

« Depuis sa création, Amazon s’est construit progressivement une très bonne réputation de marque, mais si c’est comme cela qu’Amazon traite la communauté littéraire, combien de temps la compagnie pourra maintenir cette réputation ? »

Parmi le comité de direction d’Amazon se trouve Patricia Q. Stonesifer, l’ancienne directrice de la fondation Gates ; Jamie S. Gorelick, procureur général adjoint pendant le mandat présidentiel de Bill Clinton ; John Seely Brown, l’ancien directeur de Xerox recherche ; Thomas O. Ryder, l’ancien directeur général de Reader’s Digest ; et Judith McGrath, l’ancienne présidente de MTV, qui a pris son poste officiellement ce mois. Jeffrey P. Bezos, le fondateur et directeur général d’Amazon, et aussi président de la société.

L’attaché de presse d’Amazon n’a pas voulu commenter cette affaire.

Les 1 100 membres de l’union des auteurs, qui comprend entre autres Stephen King, John Grisham et Robert A. Caro, ont jusqu’à demain pour signer la lettre qui sera ensuite envoyée aux membres du comité de direction d’Amazon.

Cette lettre, parue dans le New York Times, était accompagnée d’une publicité invitant les lecteurs à envoyer un email à Mr. Bezos lui demandant de renoncer à ses projets. La publicité, comme la lettre, était le fruit du travail de Douglas Preston, un écrivain de thriller dont les livres sont publiés par Hachette.

Les ventes de M. Preston ont considérablement baissé depuis qu’Amazon a commencé sa campagne contre Hachette ce printemps.  Tous ceux qui ont voulu se procurer son dernier roman, « the Lost Island », préviennent qu’il faut un long temps d’attende (trois semaines) pour le recevoir.

Amazon veut diminuer la somme versée à Hachette pour ses ebooks, argumentant que cette économie bénéficiera au consommateur. La position de Hachette est que 80 pour cent de ses ebooks sont déjà au prix qu’Amazon veut, soit $ 9.99, et que « Amazon cherche à faire plus de profit et augmenter sa part de marché » aux dépens des auteurs, des librairies et des éditeurs.

« Si nous n’avions pas résisté, je crois qu’Amazon aurait continué en ciblant Simon & Schuster books maintenant, puisque nous savons que des négociations similaires avaient commencés avec eux », a déclaré M. Preston. «  Je peux seulement espérer qu’Amazon va réfléchir à deux fois avant d’employer la tactique de la terre brulée contre un autre éditeur ».

Les gens qui ont écrit à M. Bezos disent qu’ils n’ont pas reçu de réponse. Amazon a refusé de dire combien d’email ils ont reçu.

Hachette et Amazon sont toujours en négociations, et aboutir à un accord n’est pas exclue. Mais, les deux parties semblent prêtes à une guerre d’usure.

En réponse aux attaques de M. Preston, Amazon a contre-attaqué, la société a mis en place son propre groupe, les lecteurs unis. Amazon a écrit aux écrivains qu’il publie à travers différents programmes, dont celui du Kindle autopublication, leur demandant d’envoyer une lettre au comité de direction de Hachette.

Pour être sûr que le message sera envoyé correctement, Amazon a fourni une liste des points de discussion. La première était, « Nous avons pris note de votre coalition illégale », une référence aux poursuites antitrust lancées par le gouvernement américain contre Hachette et d’autres éditeurs en 2012. Enfin Amazon a demandé une copie de tous les emails qui seront envoyés à Hachette.

Pour défendre sa cause auprès des écrivains, Amazon a déclaré que George Orwell a été en faveur de la suppression des livres, une déclaration d’Orwell appelé « Ministry of Truth » en 1984.

La demande d’Amazon a suscité quelques controverses au sein de la communauté d'écrivains qui utilisent sa plateforme. Un point de discussion suggéré par Amazon était que Hachette « arrête utiliser les auteurs comme point de pression ». Mais, selon certains écrivains, Amazon essaie de faire exactement la même chose avec eux.

“Je ne fais pas partie de votre armée, O.K?" a écrit Chuck Wendig, blogueur romancier populaire, sur son blog.

Bien qu’Amazon ait fait référence aux poursuites antitrust contre les éditeurs, il a ses propres problèmes avec les autorités. Il est poursuivi en ce moment par la Federal Trade Commision pour avoir facturé à des parents, pour des millions de dollars, des applications non autorisées utilisées par leurs enfants. Amazon a nié ses accusations.

Ceux qui ont écrit au président de Hachette, Michael Pietsch, ont reçu une longue lettre expliquant la position de l’éditeur. Hachette n’a pas voulu dire le nombre d’emails reçus.

Si un écrivain pouvait être réceptif à l’appel aux armes d’Amazon, ce serait probablement Mishka Shubaly. M. Shubaly était un alcoolique invétéré qui a finalement repris sa vie en main il y a 5 ans. Il a commencé à écrire pour le Kindle d’Amazon. L’histoire sur sa vie mouvementée a reçu un très bon accueil du public et la saga complète lui a rapporté plus de 200 000 dollars.

« Je ne pourrais jamais exprimer toute ma gratitude à Amazon », dit l’écrivain. « Si Jeff Bezos m’appelle au milieu de la nuit et me demande de porter un cadavre, je le ferai ».

Aussi, M. Shubaly, 37 ans, est issus du milieu punk, ce qui veut suspicion à l’égard du capitalisme. « Je suis un fan des petites entreprises », dit-il. « Plus il y a de librairies et d’éditeurs, mieux c’est ».

Ainsi quand Amazon lui a envoyé un email lui demandant de mener une campagne contre Hachette, il l’a supprimé après avoir lu seulement quelques paragraphes.

« Je pense que l’ambivalence est la seule réponse appropriée qu’un écrivain peut avoir à l’égard de cette dispute », a déclaré M. Shubaly.

Les écrivains de Hachette, étant impliqués directement, sont moins ambivalents.

Quant à nous simples amateurs de littérature, nous espérons que cette affaire se tasse rapidement afin que nous puissions profiter de toutes les formes de littérature, publiées chez Hachette ou pas.

A bientot sur Booklab, le site sans conflit ;).

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Pas pleurer de Lydie Salvayre | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/livre/pas-pleurer-lydie-salvayre/34Thu, 18 Sep 2014 15:34:11 +0000Image de l'article

Frissonner en cette fin d’été automnale pourrait sembler normal. Ce n’est pas de froid, pourtant, mais d’émotion, qu’on tremble en refermant ce livre, acte d’amour filial, digne et beau. « Pas Pleurer », dont seul le titre chiffonne, est le don d’une fille, Lydie Arjona – devenue Salvayre -, née de parents espagnols réfugiés en France, à sa mère, Montse, au destin bouleversé par la guerre civile.

Ce livre marque aussi l’engagement d’un écrivain qui salue celui de Bernanos, osant «  Les grands cimetières sous la lune » après avoir découvert les violences perpétrées par les « nationaux » (nacionales, les franquistes) à l’encontre des républicains. C’est enfin la parole d’une citoyenne lucide qui, lisant ce grand texte, s’inquiète d’y trouver de sombres résonances dans l’Europe où elle vit.

Trois dimensions qui cohabitent harmonieusement dans une histoire de famille narrée dans ce « flagnol », mélange de français et d’espagnol d’une saveur extrême pratiqué par cette mère exilée qui a fui les phalangistes pour un village du sud de la France son bébé sur le dos. On est début 1939. Trois ans plus tôt, à l’été 1936, Montse, 15 ans, est humiliée par le grand bourgeois de son village qui,  cherchant une bonne, trouve à cette candidate l’air « bien modeste ». La jeune fille s’embrase bientôt pour les idées anarchistes de son frère et, dans son sillage, découvre une jeunesse libre, un monde nouveau et l’amour dans les bras d’un Français...

C’est cette parenthèse heureuse (seule ?) de son existence, c’est ce temps retrouvé que l’octogénaire transmet ici à sa fille. Comment on naît femme dans une famille pauvre de paysans espagnols, au cœur des affrontements entre les extrémismes de gauche et de droite, comment on se tient debout dans ce vent de l’Histoire, chaque scène de ce roman familial le raconte, sans démonstration.

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http://www.booklab.fr/article/livre/pas-pleurer-lydie-salvayre/34
Ce sont des choses qui arrivent de Pauline Dreyfus | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/ce-sont-des-choses-qui-arrivent-pauline-dreyfus/33Thu, 18 Sep 2014 10:28:09 +0000Image de l'article

Pauline Dreyfus nous présente son dernier roman « Ce sont des choses qui arrivent », une comédie grinçante sur l’Occupation. La scène inaugurale se tient à l’église Saint-Pierre-de-Chaillot, en 1945, où l’on célèbre les obsèques de Natalie de Sorrente, reine des bals, « dame d’ouvres de l’avant-garde », mère de deux enfants, morte à 37 ans. Qui était ce cygne des beaux quartiers ? Par rétrospection légère, nous allons traverser sa guerre, à la fois intime et socialement surdéterminée – pour parler comme les marxistes d’autrefois.

Cela commence avec la chronique d’un passé fleuri. Pendant l’été 1940, la belle Natalie se retrouve réfugiée sur la Riviera française en compagnie de son mari, un gandin détaché des choses de l’amour autant qu’il est prompt à célébrer le Maréchal. Réfugiée, le mot est fort, car il s’agit plutôt d’une villégiature où l’on maintient des usages au milieu du chaos. Reynaldo Hahn et quelques amis de Proust passent en coup de vent – ils sont juifs et cherchent des sauf-conduits-, mais le train du monde et du demi-monde continue, en cet univers mental où «  la vie des ancêtres tient lieu de carte de visite », où « un être humain est avant tout un pedigree ». Bals, mariages, adultères parfumés, les palmiers de Cannes et les villas du cap d’Ail font décor pour le simulacre des supériorités inventées.

Pourtant, Natalie est troublée. Entre un nouveau bébé, des prises médicamenteuses de morphine qui pourraient devenir addictives et le mystère de sa propre naissance, le tissu d’un univers de chintz se déchire. Les choses se tendent encore plus avec la réinstallation de la famille à Paris, en 1943, dans son hôtel particulier de la rue d’Astrorg. Comme l’aristocratie, le régime de Vichy était obsédé de généalogie : il comptait les grands-parents juifs. En cette époque où Charles Swann aurait fini à Drancy, les cattleyas trempaient dans un vase d’acide. C’est là que Pauline Dreyfus promène son pinceau : autour de l’énigme d’une femme rongée par l’incertitude de son origine, une madame Klein comme le « Monsieur Klein » de Losey.

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de | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/l-arabe-du-futur-tome-1/32Wed, 17 Sep 2014 18:14:18 +0000Image de l'article

L'histoire vraie d'un enfant blond dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d'Hafez Al-Assad.

Avis de la presse:

Le talent de Riad Sattouf est immense, fin, ravageur, un chef-d'oeuvre.

Monique Younès - RTL BD du mois.

Le regard de Riad Sattouf enfant est magnifique !

Andreas Platthaus - Frankfurter Allgemeine Zeitung.

C'est à mourir de rire ! Cet album est absolument génial !

Anne-Elisabeth Lemoine - La Nouvelle Édition Canal+.

Un art irrésistible de la saynète bouclée en quelques cases.

Jean-Claude Loiseau - Télérama.

L'Arabe du futur passionne un public plus large que celui des amateurs de BD.

Claude Combet - Livres Hebdo.

Le mot de l'éditeur

Un roman graphique où Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad. 
Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord ?à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Féru ?de panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte? des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. 
En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Le jeune Riad s’intègre tant bien que mal dans la famille de son père (il est blond, cela n’aide pas ...) et au contact de ses cousins découvre les rudiments de la vie paysanne traditionnelle. Autrement dit, la loi du plus fort. 
Il ne sait pas encore que ce père qu’il admire tant appartient au camp? des perdants. Il sait juste que Abdel-Razak Sattouf a une seule idée en tête, que son fils Riad devienne un arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur. 
L’Arabe du futur sera publié en trois volumes. Ce premier tome couvre la période 1978-1984. Il sera suivi d’un deuxième en 2015 et d’un troisième en 2016.

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de | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/actu/une-nouvelle-lisseuse-le-kindle-voyage-a-ete-apercue-dans-le-listing-d-amazon/31Wed, 17 Sep 2014 11:42:45 +0000Image de l'article

Pendant que les Apple addicts attendent de pied ferme leur nouveau joujou, il semblerait qu’Amazon se prépare à lancer de nouveaux Kindles pour les books addicts. Amazon.de a référencé dans son catalogue une nouvelle liseuse « Kindle Voyage » de 6 pouces (comme le Kindle Paperwhite) et d’une résolution de 300 ppp (pixels par pouces) pour une sortie le 4 novembre de cette année. Il n’y a pas d’image disponible pour l’instant, mais les spécifications de l'appareil suggèrent qu’il disposera de nouveaux capteurs permettant de tourner les pages plus facilement en appuyant légèrement sur ses rebords.

Bien qu’Amazon ait rapidement enlever l’appareil de leur listing, il semblerait que le nouveau Kindle Voyage sera disponible en versions 3G et Wi-Fi. Ces nouveaux Kindles auraient une épaisseur de 8 mm pour un poids de 186g ce qui impliquerait qu’ils seraient plus fins et plus légers que la gamme actuelle. Concernant le prix, il serait aux alentours de 189 euros pour la version Wi-Fi, et 249 euros pour celle en 3G. En attendant, la gamme actuelle est disponible au prix de 129 euros pour la version Wi-Fi et 189 euros pour la version 3G.

Edit: Nous confirmons la date de sortie du 4 novembre. En revanche, nous n'avons pas encore le prix de vente pour la France. Il coutera 169 livres au Royaume-Uni.

 

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Bluesman Melody: Le Psy de Londres de Ophelia Blatner | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/bluesman-melody-le-psy-de-londres-ophelia-blatner/30Tue, 16 Sep 2014 19:32:42 +0000Image de l'article

J'ai reçu un mail accusateur aujourd'hui disant en gros "que je privilégiais que les auteurs connus".

Alors j'ai rétorqué à l'auteur du mail que BooklaB était un site communautaire et que s'il souhaitait parler de son livre sur le site, je n'y voyais aucun inconvénient. Aussi, pour tordre le coup à cette idée reçu, je vais vous parler du livre d'une fille qui me suit sur Twitter.

Le titre Bluesman Melody: Le Psy de Londres et il est de Ophelia Blatner.

Résumé de l'auteur:

Jude est un jeune psychologue londonien débutant une carrière prometteuse. Cependant depuis l’adolescence, il souffre de troubles nocturnes récurrents.
Un beau jour lors d’une séance, un de ses patients, un vieux bluesman afro-américain lui raconte la mort tragique de son fils à New York vingt-cinq ans auparavant. Jude reconnaît dans le récit du vieil homme des événements qu’il vit chaque nuit dans ses propres cauchemars.
Afin de percer le mystère du bluesman, le jeune psychologue décide de se rendre à New York avec Ewan, son fidèle ami et confident. Contre toute attente, leur quête les mènera jusqu’au bout du monde.
Puis jusqu’au bout d’eux-mêmes, lorsqu’ils découvriront le lourd secret d’un amour rendu impossible par les tensions raciales ordinaires de l’Amérique des années 80.

It's my opinion:

Si vous aimez la musique et les livres "fresh", foncez sur ce bouquin qui ne coute pas très cher en plus (voir le lien + d'infos). On regrettera juste la disponibilité uniquement en format électronique, mais l'auteur débute (si j'ai bien compris) donc on croise les doigts pour voir ses prochains livres en version papier chez des éditeurs plus connus, en tout cas c'est bien parti.

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Splendeurs et misères de l'aspirant écrivain de Jean-Baptiste Gendarme | Critique par jolhttp://www.booklab.fr/article/actu/comment-devenir-ecrivain/29Tue, 16 Sep 2014 15:16:19 +0000Image de l'article

Ils seraient 17% de Français à cacher un manuscrit dans un tiroir. Phénomène curieux: alors que les lecteurs disparaissent, les « écrivants » pullulent. Aux aspirants écrivains, Jean-Baptiste Gendarme, romancier et créateur de la revue Décapage, fournit des conseils malicieux pour se faire une place dans la jungle de l'édition. En voici trois.

Comment sait-on qu'on a une vocation littéraire?

Vous avez des « relations amoureuses compliquées », vous fréquentez « les bibliothèques comme d'autres les discothèques » et la rentrée littéraire vous émoustille plus qu'un film pour adultes? Alors, il y a sans doute une graine d'écrivain en vous.

Faut-il envoyer son manuscrit par La Poste?

Contrairement à ce qu'affirment les aigris, le facteur reste un moyen fiable pour se faire publier. Accompagnez votre manuscrit d'une « lettre simple, sans emphase ni fanfaronnade ». Inutile d'imiter Céline, qui assurait à Gallimard que son texte « est du pain bénit pour un siècle entier de littérature ».

Un roman va-t-il changer votre vie? 

Ceux qui rêvent de célébrité et de groupies passeront leur chemin; comme l'explique l'auteur, à moins de se nommer J.K. Rowling, la littérature ne vous octroiera ni gloire ni fortune (tout du moins pas dans l’immédiat). Attendez donc un peu « avant de démissionner d’acheter une maison en Normandie pour vos week-ends d'écriture ».

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Le Bal des Hommes de Gonzague & Tosseri | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-bal-des-hommes-gonzague-tosseri/28Mon, 15 Sep 2014 15:50:32 +0000Image de l'article

L'affaire des verges de fauves

Une intrigue qui démarre sur le trafic de verges de fauves dans le Paris gay des années 30, on en redemande. C'est Blèche, flic de la mondaine, qui est chargé de l'enquête sur le double assassinat de félins émasculés au zoo de Vincennes. Moustache de gagnant, Caporal au bec, Blèche a du panache au volant de sa superbe Amilcar, certes, mais n'est pas sans tache. Il a même fait partie de ceux qu'il surveille désormais, au Magic City, la cour des Miracles du sexe, où les hommes de la mondaine en matent d'autres, derrière des vitres sans tain... Une histoire de soldat volontairement blessé pour regagner l'arrière, de lettres compromettantes, un maître chanteur, voilà la recette de ce bon polar vintage. Un tour de force aussi, écrit à quatre mains (soit trois de plus que la Samothrace, le travesti manchot qui met le feu aux poudres...) entre Paris et Rome, où exercent respectivement les coauteurs, les journalistes Arnaud Gonzague et Olivier Tosseri.

Présentation de l'éditeur

" Des bars coloniaux de la rue de Lappe aux établissements de bains de la rue Saint-Lazare, des promenoirs du Gaumont, sur les Grands Boulevards, aux pissotières de la gare du Nord, des michetonneurs de la porte Saint-Martin aux masseurs de la Folie-Méricourt, tout ce que Paris comptait de vénalité mâle connaissait les ciseaux de ses grandes jambes et la manière singulière que Blèche avait de fondre sur ses proies pour les interroger, en les fixant avec intensité. Ses collègues de la Mondaine étaient réputés pour leur habitude de jouer aux idiots avec les tauliers, de finasser, d'insinuer qu'ils en savaient plus qu'ils paraissaient en dire, à croire qu'on leur avait enseigné que les menaces sont plus lourdes et les dégelées plus terrorisantes quand elles sont pratiquées par des flics à l'air bonasse. Blèche, lui, posait des questions brèves et tranchantes, qui sortaient à une vitesse stupéfiante de sa bouche sans que cela fît vaciller ses moustaches noires. "
Une nuit de 1934, un inconnu pénètre dans le zoo de Vincennes, abat et émascule deux fauves avant de prendre la fuite. Les autorités sont convaincues que les pénis tranchés vont alimenter un trafic d'aphrodisiaques destiné aux homosexuels parisiens. L'affaire est confiée à l'inspecteur Blèche. Cet homme glacé, doté d'une intelligence supérieure, est chargé à la Brigade mondaine de surveiller les " invertis ". Son enquête le conduira à exhumer de dangereux secrets dans le " gay Paris " des années 1930, monde extraordinaire à jamais disparu.

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Souvenir de l'amour de Jim Fergus | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/souvenir-de-l-amour-chrysis-jim-fergus/27Mon, 15 Sep 2014 08:33:42 +0000Image de l'article

Un jour, par hasard, la compagne de l'écrivain Jim Fergus tombe amoureuse d'un tableau. Dessus, il y a des fruits, du vin, des nus; une femme en particulier, lascive, rousse, ivre de plaisir. Au dos, cette inscription: "Orgie, JUNGBLUTH, Chrysis. Boulogne-sur-Mer, vers 1925". Mais la toile est trop onéreuse. Des années plus tard, l'écrivain décide de l'offrir à Mari, malade. Dans le salon, Fergus contemple la toile, son héroïne sensuelle, en se disant qu'il pourrait bien imaginer la vie de celle qui l'a peinte. Voilà "Chrysis". Le roman de Gabrielle Rosalie JungBluth, alias Chrysis - nom d'une déesse de l'Aphrodite de Pierre Louys. Le roman aussi d'un homme - Bogey, le cow-boy américain - et d'un mentor - Ferdinand Humbert, le professeur de Braque. Le roman surtout de l'art, de l'érotisme et de la vie. Le tout dans la clameur brûlante des bordels du Montparnasse des Années folles. Ce livre est une merveille qui palpite, et Gabrielle préfigure l'héroïne d'Emmanuelle.

Le Mot de l'éditeur

Paris, 1925. Gabrielle « Chrysis » Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à l’atelier de peinture des élèves femmes de l’École des beaux-arts pour travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de Georges Braque. Exigeant, colérique, cet octogénaire, qui règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes, va vite réaliser que Chrysis n'est pas une élève ordinaire. Précoce, ardente et véritablement talentueuse, cet esprit libre et rebelle bouscule son milieu social et un monde de l’art où les hommes ont tous les privilèges. Elle va bientôt se perdre dans des plaisirs désinvoltes et devenir l’une des figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des Années folles. C’est là qu’elle va rencontrer Bogey Lambert, cow-boy américain sorti de la Légion étrangère, et vivre un amour fou…

Jim Fergus est né à Chicago en 1950 d’une mère française et d’un père américain. Il vit dans le Colorado. Mille Femmes blanches est son premier roman, suivi de La fille sauvage, Marie Blanche et Chrysis. Il est aussi l'auteur d'un ouvrage consacré à ses souvenirs de chasse, Espaces Sauvages, déjà considéré comme un classique dans le domaine de la littérature américaine. Mille Femmes blanches a été salué par l'ensemble de la critique américaine. Hollywood a acheté les droits du livre pour en faire une adaptation.

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L'audience de Oriane Jeancourt Galignani | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/roman/l-audience-oriane-jeancourt-galignani/26Sun, 14 Sep 2014 09:10:42 +0000Image de l'article

Oriane Jeancourt Galignani sonde l'amérique puritaine d'aujourd'hui dans son dernier roman L'audience.

Résumé du livre:

Nous sommes en 2012 dans une petite ville du Texas. Le tribunal du comté juge une enseignante, Deborah, 30 ans, épouse d'un soldat stationné en Afghanistan. Son crime? Avoir enfreint une loi texane de 2003, aux termes de laquelle un professeur ayant des relations sexuelles avec un élève, même majeur, encourt une condamnation pénale. Deborah a succoubé à quatre garçons du lycée, jusqu'à une nui d'orgie qui les a rassemblés en un gang bang filmé par smartphone...

It's my opinion:

On est ici en plein dans l'énigme du désir féminin dans une époque numérique et jeuniste. Il n'est pas nouveau que le puritanisme sudiste fasse bouillir le sang des dames comme le dénonce Tennessee Williams dans ses théâtres. Mais pourquoi assiste-t-on à cette mise en avant des cougars et des MILF (Mother I'd LIke To F*bip*) sur la scène des fantasmes contemporains? Des vies longues sont-elles propices à un érotisme botoxé?

De plus:

Qui est Deborah? Une Messaline cantonale? Une sorcière de Salem? Ses amants ont-ils été des "sex-toys empruntés au lycée"? Des "prostitués d'un jour"? Et qui a provoqué qui?

Ce roman à la fois tenu et subtil nous renvoie à un éternel fil d'Oriane: si avancé soit-on en âge, l'adolescent en nous est toujours prêt à demander sa part d'amour.

 
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Le Cycle de Cyann tome 6 - Les Aubes douces d'Aldalarann de Claude Lacroix & François Bourgeon | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-cycle-de-cyann-les-aubes-douces-d-aldalarann-bourgeon-lacroix/25Sat, 13 Sep 2014 12:43:30 +0000Image de l'article

A travers temps et espace, une sale gamine apprend l'humanité...

Le dernier tome d'un incontournable de la bande dessinée de science-fiction.

L'univers graphique de Cyann est d'une richesse et d'une inventivité stupéfiantes, qui ont nécessité de la part de Bourgeon une approche radicalement différente de celle qu'il avait pu avoir avec Les passagers du vent ou Les compagnons du crépuscule, son autre série historique. Un bestiaire fabuleux peuple les pages de la saga, et Bourgeon et Lacroix ont même fait le choix d'inventer une novlangue adoptée par les personnages du récit, dans le but de créer un monde totalement autonome et sans référent propre, si ce n'est peut-être dans la tête de son créateur : "J'ai presque rêvé la ville d'Olh, avec ses castes et ses bassins. Après des séries où je m'appuyais sur des sources historiques très rigoureuses, j'avais tout à inventer : des sociétés, des véhicules, des animaux, des plantes..."

Romain Brethes - lepoint.fr

Vous pouvez lire l'intégralité du tome parue en 1993 La sOurce et la sOnde, paru en 1993 à cette adresse:

http://www.lepoint.fr/culture/bd-cyann-l-odyssee-de-l-espace-selon-francois-bourgeon-25-08-2014-1856303_3.php

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Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/oona-et-salinger-frederic-beigbeder/24Sat, 13 Sep 2014 06:28:11 +0000Image de l'article

Résumé du livre:

« Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes.
Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O’Neill, 15 ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant... quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood. Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant. »
F. B.

Avis de la presse:

"Une véritable histoire d'amour doublée d'un page turner."

Olivia de Lamberterie, Europe 1

"Les enfants du XXIe siècle ont rendez-vous avec les tragédies des vraies guerres."

Marc Lambron, Le point.

It's my opinion:

Vous l'aurez compris, il s'agit ici d'une histoire d'amour à la Beigbeder également auteur de L’Amour dure trois ans adapté il y a quelques années au cinéma. Si vous aimez cet auteur, je ne peux que vous conseiller ce livre. Ce dernier est déjà en rupture de stock chez Amazon, mais vous pouvez vous le procurez à la FNAC.

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http://www.booklab.fr/article/actu/oona-et-salinger-frederic-beigbeder/24
Le Pen, vous et moi de Serge Moati | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/le-pen-vous-et-moi-serge-moati/23Fri, 12 Sep 2014 18:05:16 +0000Image de l'article

Journée livres politiques oblige, je vous propose le dernier Serge Moati: LE PEN vous et moi.

Je vous préviens tout de suite, ce livre n'a rien avoir avec celui du précédent article sur Trierweiler et son boyfriend. Il s'agit ici de politique, la vraie cette fois.

Présentation de l'éditeur

« A priori, je ne devais pas tant aller, venir et revenir filmer les Le Pen, père et fille. Surtout, il n’était pas prévu que j’y prenne, au-delà d’un intérêt journalistique et politique évident, un certain plaisir, que seuls des psys, réunis en congrès, pourraient analyser.
Aujourd’hui, j’ai besoin d’écrire, pour me souvenir de nos vingt-cinq ans de relative proximité. Écrire pour mieux comprendre. Pour aller à la rencontre d’une certaine France qui se reconnaît, souvent, dans les propos de Jean-Marie et Marine Le Pen. »
On pourrait parler d’une exploration au long cours, d’un voyage à travers le continent de la Lepénie : Serge Moati dialogue avec Jean-Marie Le Pen, avec son entourage, avec le choeur de ses détracteurs. Mais surtout avec lui-même. C’est unique et brillantissime.

It's my opinion:

On pourrait résumer ce livre en une phrase: Rencontre entre un socialiste et un extrémiste de droite (selon l'appellation en vigueur).

Serge Moati est bien connu pour ses reportages sur le milieu politique, il avait d'ailleurs participé en tant que communicant à la campagne de François Mittérand à l'époque. Alors quelle relation peut-il y avoir entre cet humaniste (dit-on), accessoirement socialiste, et un Le Pen que l'on qualifie de "facho"? C'est ce qui est décrit dans ce livre, où l'auteur au-delà des apparences et n’en déplaise aux antiracistes bébêtes, décrits un Le Pen (le père) humain et chaleureux malgré ses sorties médiatiques détestables.

L'auteur, lui-même fils de déporté juif de Sachsenhausen, ne partage bien évidemment pas les pensées de Le Pen qu'il décortique et dénonce à sa manière.

Pour les amateurs de politiques et les fanatiques des Le Pen, je ne peux que vous conseiller ce livre.

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http://www.booklab.fr/article/actu/le-pen-vous-et-moi-serge-moati/23
Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/actu/merci-pour-ce-moment-valerie-trierweiler/22Fri, 12 Sep 2014 09:07:33 +0000Image de l'article

J'inaugure cette nouvelle section ACTU du site par un livre qui aura fait couler beaucoup d'encre la semaine dernière.

Ce livre s'intitule Merci pour ce moment et il est de, de..? Valérie Trierweiler, l'ex-girlfriend du chef de l’état.

Présentation de l'éditeur

Un jour, un amour violent a incendié ma vie. Il avait quatre enfants. J’en avais trois. Nous avons décidé de vivre ensemble.
Mais la politique est une passion dévorante. Parti de très loin, François Hollande a été élu président de la République. J’ai été
aspirée dans son sillage.
Le pouvoir est une épreuve pour celui qui l’exerce, mais aussi pour les siens. À l’Élysée, je me sentais souvent illégitime. La
petite fille de la ZUP en première dame : il y avait quelque chose qui clochait.
J’ai appris l’infidélité du Président par la presse, comme chacun.
Les photos ont fait le tour du monde alors que j’étais à l’hôpital, sous tranquillisants. Et l’homme que j’aimais a rompu avec moi
par un communiqué de dix-huit mots qu’il a dicté lui-même à l’AFP, comme s’il traitait une affaire d’État.
Tout ce que j’écris dans ce livre est vrai. Journaliste, je me sentais parfois à l’Élysée comme en reportage. Et j’ai trop souffert du
mensonge pour en commettre à mon tour.

It's my opinion

Révélateur de la personnalité du chef de l'état pour certains, vengeances d'une femme blessée pour d'autres, ce qui est sûr c'est que ce livre ne laisse pas indifférent. Alors, faut-il se ruer dans sa librairie préférée ou sur son store online pour l'acheter? Si vous aimez la politique et les potins, je ne pourrai que vous le conseiller!

Merci pour ce moment le House of cards à la française? Donnez nous votre avis dans les commentaires.

Pour ceux qui ont envie de le lire de suite, il est disponible en format électronique sur Kindle, Kobo etc...

 

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http://www.booklab.fr/article/actu/merci-pour-ce-moment-valerie-trierweiler/22
Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/les-fleurs-du-mal-charles-baudelaire/21Sun, 31 Aug 2014 17:27:12 +0000Image de l'article

Le titre de "Fleurs du Mal", titre neuf, audacieux, longtemps cherché et trouvé enfin non point par Baudelaire ni par l'éditeur, mais par Hippolyte Babou (écrivain et critique littéraire français du XIXe siècle).

Morceaux choisis:

  • Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore.

  • Tes baisers sont un filtre et ta bouche une amphore.

  • Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

  • Souviens-toi que le Temps est un joueur avide Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.

  • Plutôt que d'être réduits à corriger nos habitudes, il faut travailler à les rendre bonnes pendant qu'elles sont encore indifférentes au bien ou au mal.

Mes Fleurs du Mal:

Baudelaire parle beaucoup de femmes dans les Fleurs du Mal, beaucoup trop au gout du tribunal qui condamna en 1857 la première édition de l'oeuvre pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs ». Ceci a trait à l'époque de l'auteur et ses contraintes. Que dira-t-on de notre époque, où la seule vertu est de ne pas en avoir afin d'accéder à une célébrité aussi éphémère qu'absurde?

Le mot de la fin:

Les Fleurs du Mal est un recueil de poèmes qui conviendra à tous les amateurs de beaux verbes, mais également aux ados (boutonneux ?) qui cherchent à exprimer leurs sentiments avec "class" à l'élu de leur cœur (attention au choix de vos passages tout de même).

N'ayant pas le talent d'un Baudelaire (pas encore), je vous laisse découvrir ce livre de vous même, car comme on dit:

un poème, ça se ressent, ça ne se commente pas !

À la prochaine pour de nouvelles fleurs du mal sans épine cette fois-ci sur booklab.

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Histoires extraordinaires de Edgar Poe | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/histoires-extraordinaires-edgar-poe/20Mon, 18 Aug 2014 18:00:17 +0000Image de l'article

Ce livre contient :

- Edgar Poe, sa vie et ses oeuvres - Double Assassinat dans la rue Morgue - La Lettre volée - Le Scarabée d'or - Le Canard au ballon - Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall - Manuscrit trouvé dans une bouteille - Une descente dans le Maelstrom - La Vérité sur le cas de M. Valdemar - Révélation magnétique - Souvenirs de M. Auguste Bedloe - Morella - Ligeia - Metzengerstein.

Morceaux choisis:

  • Toute idée politique, toute convention reçue est une sottise, car elle a convenu au plus grand nombre.
  • L'homme est le plus parfait esclave de l'habitude.
  • Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point. Ne jamais souffrir serait équivalent à n'avoir jamais été heureux.

It's my opinion:

La dernière citation sied bien à Edgar Allan Poe. Né Edgar Poe puis adopté par les Allan après la mort de ses parents, la vie du poète n'a été qu'une succession de malheurs avec des éclaircies de bonheur. Il perd sa femme des suites d'une tuberculose. De rédacteur assistant dans un journal, il se retrouve sans le sou et mourut par un cocktail détonant d'alcool, de drogues et diverses maladies.

Éd. Poe représente parfaitement ces génies talentueux qui neréussissent jamais ou tout du moins pas dans la durée et surtout pas de leur vivant. Il fait partie de ces personnalités, comme Jimi HendrixKurt CobainJim Morrison..., qui deviennent quasiment des dieux vivants après leur mort. Il est dommage que notre société glorifie ses membres après leurs morts plutôt que de leurs vivants.

Revenons au livre, Histoires extraordinaires est un recueil de nouvelles d'Éd. Poe traduit en français par Charles Baudelaire. On y trouve des histoires incroyables, comme dans Double assassinat dans la rue Morgue où le meurtre en question est commis par un personnage à peine soupçonnable...

Je ne veux pas trop en dévoiler... Pour ceux qui ont envie de lire ce livre, vous avez la version gratuite sur les liseuses (Kindle, Kobo...)

À la prochaine pour une nouvelle histoire extraordinairewink

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Le management pour les nuls de Bob Nelson | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/le-management-pour-les-nuls-bob-nelson/19Wed, 13 Aug 2014 14:16:10 +0000Image de l'article

Mise en bouche:

Vous faites partie de ces gens qui pensent que leur chef est un tyran fini?

Alors je vous propose de lui offrir le management pour les nuls (pour chefs nuls et compétents), mais lisez-le avant! Vous comprendrez alors qu'être aux commandes n'est pas de tout repos!

Qu’est-ce que le management?

La capacité à faire faire le travail par les autres. Autrement dit, le manager ne servirait qu'à siroter son café pendant que les autres bossent comme des malades?

Pas du tout, car le manager s'occupe de plusieurs affaires aux quotidiens:

  • Extinction de conflits entre deux collègues qui ne se supportent pas.
  • Cirer les bottes du boss suprême afin d'obtenir plus de crédit pour son département.
  • Veillez à la concrétisation des projets en utilisant les ressources disponibles et surtout dans le respect des délais!

Un bon manager est donc un très bon technicien et plus encore, un bon manager des techniciens.

Vous connaissez surement le proverbe:

Donnez à un homme un poisson, et il aura mangé toute une journée, apprenez à un homme à pécher, et il aura à manger toute sa vie.

Eh bien le manager est celui qui apprend à pêcher! Il a quatre rôles principaux: planifier, organiser, diriger et contrôler (ah je sais que ce mot ne vous plait point. À noter: je n'ai pas dit "flicage" mais bien contrôle, le poids des mots est important!).

Alors, pourquoi lire ce livre quand on n'est pas soit même manager?

Comprendre la psychologie du manager, pardi! Et accesoirement être en bon terme avec son chef en faisant ce qu'il attend de vous. De plus, ce livre vous permettra d'acquérir certaines capacités d'organisation vous permettant d'être plus efficace dans votre travail.

Si vous êtes manager et souhaitez améliorer les relations entre vos collègues et travailler efficacement, ce livre est aussi pour vous. Se remettre en question de temps n'a jamais fait de mal, messieurs les "boss".

Et le mot de la fin, comme toujours, je n'ai aucune action ni chez l'éditeur ni chez les auteurs. Le seul but ici c'est de partager avec vous les livres que j'ai lu et apprécié wink

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Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/livre/ainsi-parlait-zarathoustra-friedrich-nietzsche/18Sun, 10 Aug 2014 18:00:27 +0000Image de l'article

Extraits choisis:

Gardez-vous de cracher contre le vent.

Le bonheur me court après. Cela vient de ce que je ne cours pas après les femmes. Or, le bonheur est une femme.

L'homme véritable veut deux choses: le danger et le jeu. C'est pourquoi il veut la femme, le jouet le plus dangereux.

Friedrich Nietzsche

It's my opinion:

N'étant pas philosophe de formation, j'appréhende souvent la lecture de ces types d'œuvres. Or, il y a certaines œuvres philosophiques comme celle-là qui se lisent très facilement. D'ailleurs, on en tire des leçons de vies. Les extraits ci-dessus, à l'apparence misogyne, certes, doivent être rapportés au contexte de l'époque où les femmes se faisaient entretenir. Cela se fait un peu moins de nos jours... enfin, je crois.

Revenons à l'œuvre, Friedrich Nietzsche est un détracteur de la société de son époque et cela se fait ressentir dans ses œuvres. Ainsi parlait Zarathoustra n'échappe pas à cette règle. Les amateurs de philosophie trouveront de nombreuses phrases qui les pousseront à une profonde introspection.

La petite histoire: D'après les experts (cf votre prof. de philo), cette œuvre, en quatre parties, a été écrite en seulement 40 jours à raison d'une partie/10 jours. N'y voyez pas là le signe une œuvre médiocre bien au contraire.

Bref, si vous êtes amateur de philosophie, de Nietzsche ou tout simplement si vous voulez découvrir cet auteur, vous avez la version gratuite sur Kindle (si vous en possédez un bien entendu).

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Astérix chez les Pictes - tomes 35 de Réné Goscinny et Albert Uderzo | Critique par BookAdminhttp://www.booklab.fr/article/bd/asterix-chez-les-pictes-tomes-35/17Sat, 09 Aug 2014 20:11:44 +0000Image de l'article

Résumé du livre

Les Pictes ? Oui, les Pictes ! Ces peuples de l’ancienne Écosse, redoutables guerriers aux multiples clans, dont le nom, donné par les Romains, signifie littéralement « les hommes peints ». Astérix chez les Pictes promet donc un voyage épique vers une contrée riche de traditions, à la découverte d’un peuple dont les différences culturelles se traduiront en gags et jeux de mots mémorables.

It's my opinion:

Ah Astérix, Astérix, Astérix... Que de bons souvenirs! Depuis, le "retrait" des pères fondateurs, les fans de la série (moi en premier) se sont inquiétés de la direction que prendrait cette excellente bande dessinée.

La petite histoire:

j'avais acheté ce livre à la base pour mon petit neveu et bien entendu, je n'ai pas pu résister à l'envie de le lire. Alors, je peux vous dire que la série n'a pas rien perdu de son mordant. Elle me fait toujours autant rire, un peu moins que quand j'étais petit, mais la venue des nouveaux dessinateurs et créatifs n'a nullement affecté la qualité de cette BD (et si vous vous posez la question, non je n'ai pas d'action chez l'éditeur).

Bref, pour tous ceux qui aiment ou ont aimé cette BD, foncé sur ce nouveau tome, vous en aurez pour votre argent!

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Pour que Justice Soit Faite de Jodi Picoult | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-pour-que-justice-soit-faite-de-jodi-picoult/16Tue, 29 Jul 2014 21:34:03 +0000Image de l'article

 Résumé du livre :

Quand le monstre franchit enfin le seuil, il portait un masque. Elle le dévisagea longuement, ébahie que personne d'autre ne puisse le percer à jour.C'était votre voisin en train d'arroser son forsythia. L'étranger qui vous sourit dans l'ascenseur. Le brave type qui prend un enfant par la main pour l'aider à traverser la rue.Nina est substitut du procureur et s'occupe quotidiennement 
des pires crimes de son comté. Quand le petit Nathaniel, son propre fils, perd l'usage de la parole du jour au lendemain, elle comprend vite la vérité et pressent le cauchemar dans lequel sa famille va être plongée. Son fils a été victime de sévices sexuels, et Nina, mieux que personne, sait que les coupables ne sont pas toujours punis. Alors, a-t-on le droit de se faire justice soi-même ?

 IT'S MY OPINION :

Hello à tous!!!

Je commence avec un gros MEA CULPA !!! J’ai plusieurs articles qui attendent d'être corrigés et je vois que je n’ ai rien posté depuis quelques jours !!! Je pense que je suis déréglée tout comme le temps, mais ne vous en faites pas : le soleil de la lecture arrive...

Je vous ai déjà dit que j'ai été raide fan de Madame Jodi Picoult !!! Ces livres sont pour moi de purs chefs-d’œuvre. J'ai choisi de vous parler aujourd'hui de Pour que Justice Soit Faite, qui est le dernier de ces livres que j'ai lu. Confidences pour Confidences, j'appréhendais en fait de le lire, car sa touchait à un sujet dur: L'abus sexuel sur mineurs. Je trouve que ce n’est pas facile de décrire ce genre de choses, et encore plus de se les imaginer. J'ai donc cessé de repousser l'échéance et fait confiance au talent de Maître Picoult. Je n' ai pas eu tort !!! Cette femme est douée et sait comment narrer les différences facettes de la nature humaine, les interpréter et les raconter de manière à nous tenir en haleine.

Mon Pour que Justice Soit Faite :

Le thème du livre est comme, on dirait, peu réjouissant, mais je me lance : J'ai adoré lire ce livre.Il nous invite, comme c'est souvent le cas dans les livres de la dite dame, à réfléchir aux limites que peuvent atteindre l'être humain par amour. Cela relève presque du psychologique. On est tous confronté  à des situations ou des sentiments d'injustice au quotidien: délit de  faciès, perte de quelqu'un, entretien pour le poste de nos rêves qui finit mal, promotion accordée à son fainéant de collègue HiHiHi. Et si on se mettait tous à "s'occuper" nous même à notre manière de ceux qu'on juge responsables de nos soucis ??? A t-on tous les droits parce qu'on a eu une intuition ou une impulsion ??? J'aimerais dire où irait le monde.

Notre Heroine est confrontée à une des situations les plus horribles qu'une mère puisse connaître. Elle le sait mieux que personne, car elle fait face à ses mères en détresse au quotidien de par son métier. Elle est la garante de la justice. Comment pouvait-elle se résoudre à devenir une des leurs sans rien faire ??? Que vous dire sans trop en dévoiler...L'intrigue est méticuleusement travaillée et rien n'est laissé au hasard (comme à son habitude ...). Il est temps pour vous d'entretenir une longue conversation avec votre conscience tout en le bouquinant.

 

À bientôt ....

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Assèze l'Africaine de Calixthe Beyala | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/roman/j-ai-lu-asseze-l-africaine-de-calixthe-beyala/15Tue, 29 Jul 2014 21:31:02 +0000Image de l'article

 

Résumé du livre :

Assèze-Christine est une petite Camerounaise née dans un village très pauvre d'une femme ne s'étant jamais mariée à une époque où vivre sans homme est plus que difficile, voire presque impossible. Voilà que débarque Awono l'ancien ex-fiancé de sa mère devenue richissime, celui-ci demande à la femme de lui laisser sa fille unique enfin qu'il l'amène auprès de sa propre fille devenue une incroyable chipie, espérant désespérément qu'elle lui apprenne à être plus raisonnable. Dès la première rencontre avec Sorraya, la seule enfant d'Awono, l'on sait immédiatement qu'Assèze ne saura rien lui apporter, mais que bien au contraire, la jeune fille deviendra une vraie martyre. Constamment torturée psychologiquement par Sorraya, une haine immense naît en Assèze et autant elle aime le père, autant elle ne supporte pas la fille.

 IT'S MY OPINION: 

Welcome bienvenue willkommen !!!!!

Je suis aujourd'hui dans une période  un peu nostalgique !!!!!!!!!! Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas déprimée, mais me remémore  avec un grand bonheur les moments que je vis et j'ai vécu  et forcément parmi ces bons  moments, il y a des moments lectures !!!! Il y a des livres qu' ils vous font sourire quand vous les lisez ou lorsque vous  repensez à leur lecture (Je dis vous, mais en fait c'est moi, chacun vit ses petits  plaisirs comme il veut ...). So, j'en viens donc  à vous parler ainsi, car j'ai ce genre de gros sourires "en coin" quand je repense à ma lecture d' Assèze l'Africaine de Calixthe Beyala .

 Assèze l'Africaine  fut mon premier "vrai" romain!!!! J'ai lu de nombreux  livres avant, mais on va dire que Assèze l'Africaine est particulier, c'est le premier livre de "grands" que j'ai lu!!! Avant, j'étais plutôt abonnée aux livres du style Les malheurs de Sophie, Un bon petit diable, les petites filles modèles (livres dont je vous parlerais prochainement dans ma section ENFANTS à venir !!).

Son auteur,Calixthe Beyala est une romancière française d'origine camerounaise, qui a reçu de grands prix littéraires pour  certaines de ses  oeuvres. Je devance vos recherches en vous informant qu'elle est aussi connue pour avoir été l' amante d'un grand présentateur de télé du service public et qu'elle a aussi été accusée de plagiat par plusieurs écrivains. Pour plus d’anecdotes sur cette partie de sa vie, je laisse la presse (people ???) faire son travail... Bref, pour en revenir à notre bouquin, Calixthe Beyala nous y  fait découvrir ou redécouvrir pour certains, la douce et dure réalité de la vie des  "pièces apportées " dans une famille africaine à travers la voix d’Assèze .

Mon Assèze l'Africaine:

Je commence ma "Beni Expérience" en vous interpellant sur le terme "pièces apportées", qui ne se veut pas péjoratif ici. Je suppose que vous avez tous déjà hébergé chez vous un parent proche ou éloigné, pour une durée quelconque. Sachez, qu' en général dans de nombreuses communautés dont ma communauté africaine, il est fréquent qu' on héberge une personne pour une durée indéterminée et il est encore plus fréquent que cette personne soit recueillie dès son plus  jeune âge. POURQUOI ??? Pour une raison qui nous est évidente : L' ENTRAIDE!!!!!! On est une grande famille où on pense que si on a la possibilité d'aider l'enfant de son frère en lui offrant une meilleure éducation ou des loisirs , on se doit de le faire. "Ton enfant est mon enfant...". Si cette phrase semble logique pour nos parents, elle est souvent plus difficile à comprendre pour leurs enfants. Oui, et c'est là que le bas blesse !!!! On va ainsi rencontrer  différents cas de figures :

Cas 1 : L'enfant, enlevé petit  du cocon familial , s'adapte au mieux dans sa famille d' accueil. Il s'entend avec ses frères et soeurs comme des frères et des soeurs peuvent s'entendre. Il se sent comme un enfant à part entière dans cette famille.

Cas 2 : La personne est là et on s' en occupe au mieux en laissant toujours planer en suspens ce parfum de différence entre l'enfant de coeur et l'enfant de chair.

Cas 3 : Chien et chat!!!!!! Cas fréquent où on fait sentir à cette personne qu'on lui a donné la "chance " d' ÊTRE là et qu'il faut qu'elle sache en être reconnaissante par tous les moyens.

J'ai perçu un bouillant mélange de ces cas dans notre roman. Le livre est fait de liens familiaux, amoureux, sociaux qui se font et se défont. On y sent cette "chaleur " et ces "débrouillardises " qui sont propres à la jeunesse africaine. Toutefois, je pense que ce livre est fait pour tous, car il y est question ici de la nature humaine, pas seulement d'une situation géographique ou d'un groupe de personnes. Le livre est juste SUPERBE avec une fin surprenante  !!!!!!!!! Je termine en rappelant qu'il est souvent aussi difficile de recevoir que d'être reçu.

À bientôt …

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Sex and the Medina de Leila B. | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-sex-and-the-medina-de-leila-b/14Tue, 29 Jul 2014 21:26:52 +0000Image de l'article

 Résumé du livre :

Embauchée par une compagnie saoudienne comme hôtesse de l'air au début des années 2000, une jeune Marocaine - aujourd'hui mariée et mère de deux enfants - accepte de parler de sa carrière passée et, ce faisant, de lever le voile sur la société, interdite au regard extérieur, des femmes saoudiennes.
Admise dans le cercle intime de quelques dames de la bourgeoisie de Djeddah, Leïla va rapporter leurs conversations, leurs rêves, leurs plaintes et décrire la chronique de leur vie au quotidien. Elles rient, pleurent devant nous, les unes se soignant à la chirurgie esthétique, les autres aux étreintes secrètes. Elles se partagent les recettes de beauté et de sexe, s'entraident pour faire revenir au foyer un mari infidèle ou pour recoudre un hymen.
Femmes recluses, elles suivent les affaires du monde sur le petit écran, craignent l'arrivée d'une deuxième épouse tout en rêvant d'avoir les mêmes droits que les Occidentales, sans grande conviction. Cette étonnante incursion dans le harem peut d'autant plus être considérée comme un document rare qu'elle nous est livrée par un témoin issu de la même tradition culturelle et religieuse, et devant lequel ses "sœurs " arabes se livrent sans artifice.

IT'S MY OPINION :

Hi Readers !!!!!!!!

Aujourd'hui, nous voilà au Proche Orient avec Sex and the Medina de Leila B. Attention, ne vous faites pas avoir pas la couverture "racoleuse". Je vous rassure ce n'est pas un énième livre sur le mariage forcé, la pression familiale  ou la lapidation. Ces sujets constituent de véritables problèmes de société et  il y a de magnifiques livres à ce propos. J'en ai sélectionné certains dont je vous parlerais prochainement...

Alors, qu'en est-il de  Sex and the Medina ???  Haha ... J'ai une grande nouvelle pour vous : comme le titre du livre peut le laisser supposer, on a trouvé notre Carrie Bradshaw made in Marrocco. Leila B,  est sûrement moins fashion et sexuée que sa consœur,  mais tout aussi attachante. L'auteur nous invite dans son nouveau cercle d'amis "au féminin" au cœur de leur "BIG APPLE" : Djeddah. Elles nous y racontent leur vie à la "Saoudienne" entre peines de cœur, moments de joie et problèmes conjugaux. Comme dans tout groupe de filles proprement dit, il y a de gentilles rivalités et un soupçon d'hypocrisie, mais elles restent solidaires et drôles . Je dirais que c'est une jolie "girl friendly".

Mon  Sex and the Medina :

Pourquoi se tourner vers ce genre de livre, surtout avec une couverture aussi "commune" ces derniers temps ??? Par dit, à cause du titre, vous ne le trouverez pas, comme on dirait, CHAUD BOUILLANT... Hihihi, avec un titre aussi "aguicheur", je me devais de lire le quatrième de couverture avant de fatalement me faire le devoir de  reposer ce livre en rayon ... Mea culpa, le livre s'est retrouvé chez moi !!! Je me suis dit que cela pouvait être sympa de lire un livre sur le quotidien de femmes saoudiennes (quand elles ne sont pas sur les Champs Élysée!!!!!), et que cela puisse se faire à travers les yeux d’une personne pas totalement étrangère à cette communauté de par la religion ou des coutumes communes, serait un plus. Hum Hum ... Je pensais m'affranchir ainsi de nombreux a priori et j’en ai découvert d’autres encore plus comiques.

On y ressent la surprise de la romancière, qui en quittant le chômage du Maroc pour du travail en Terre Sainte, pense arriver dans un pays quasi similaire au sien, qu'elle pense connaitre parce qu’on lui chante et raconte l'Arabie Saoudite depuis l'enfance. Quel dépaysement !!! Il faut rajouter que les opinions des uns et des autres sur son pays d'origine, n’est pas des plus faciles." Quand une femme a une idée en tête, difficile de le  lui enlever !!!". Tout est dit ...

À bientôt ...

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Le Sourire de l'Ange de Emilie Fréche | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-le-sourire-de-l-ange-d-emilie-freche/13Tue, 29 Jul 2014 21:24:52 +0000Image de l'article

 Résumé du livre :

 Joseph Vidal, orphelin de dix-sept ans, débarque dans une cité de la banlieue mulhousienne, où vit son grand-père maternel qu'il n'a jamais rencontré. Tous les séparent. Le premier, un vieux bolchevik, rescapé des camps nazis, a rejeté en bloc le judaïsme, le second est un jeune Israélien. Entre eux plane le fantôme de la mère tragiquement disparue. Joseph - qui très vite s'appellera Pierre sur les conseils de son grand-père - fait alors l'expérience d'un monde aux antipodes du sien. Mais les événements au Proche-Orient s'enflamment. En France, les relations entre les communautés juive et musulmane se dégradent. Joseph, qui se sent plus Israélien qu'israélite, ne se croit pas visé. Il ignore que personne ne s'embarrasse de cette distinction.

IT'S MY OPINION :

Hello Guys !!!!!!!!!

Je viens aujourd'hui vous parler d'un livre  très dur, et qui est on peut  dire,  un paradoxe pour moi: Le Sourire de l'Ange d’Émilie Frèche. Un paradoxe parce que je n'aime pas son auteur, je trouve qu'elle a tendance à écrire sur les mêmes sujets. Je confirme  et persiste à ce propos et vous invite à étudier sa bibliographie !!! Cependant, je dois admettre que j'ai aimé  la façon dont elle a abordé un sujet d'actualité plus que tendu : la place de la religion et des identités religieuses dans la société  à travers une population plus que sensible : les JEUNES !!!!! Dans cette oeuvre, deux religions sont mises au premier plan.Le sujet est complexe. Je prends le choix de ne pas les citer, car je pense que cette histoire est commune aux différentes religions, mono ou polythéiste, car il est surtout question ici de tolérance vis-à-vis des croyants et des non-croyants,des autres et de nous ...

Le Sourire de l'Ange ... Un si beau nom pour un acte si barbare !!!!! La plupart d'entre nous n'en ont jamais entendu parler, d'autres pensent que c'est une légende urbaine !!! Pourtant ... Âmes sensibles s'abstenir !!!! Le Sourire de l'Ange est un phénomene, répandu autrefois (aujourd'hui ???) à la sortie des boites de nuit, qui consistait  à tailler les commissures des lèvres d'une personne avec un objet tranchant. Une variante de cette "monstruosité " est de verser du citron sur les commissures, l'acidité de celui-ci va pousser la victime à s'écrier à s’en déchirer les joues. Je pense que cet acte est ici le symbole des atrocités dont l’homme est capable au nom de la communauté ou de la religion quand il ne connait pas celle-ci.

Mon Sourire de l'Ange :

Ne me demandez pas comment j' en suis venu à acheter et à lire ce livre parce que sincèrement je ne m'en souviens plus du tout!!!! Surement dans un moment de curiosité  dans  mon petit "chez moi" : La FNAC!!!!!HiHi. Je ne connaissais pas le phénomène donc quand j’ai vu le titre, je me suis dit "Oh sa doit être une jolie histoire avec un enfant, etc ...". L’histoire est réaliste. Les personnages principaux auraient pu s'appeler David et Benita. La phrase clichée du jour  "Sa aurait pu être vous ou moi".

Nous appartenons aujourd'hui à une société où nous sommes tous différents : couleur, ethnie, religion, pensée ... Ce livre est une invitation à entendre ces différences à travers la  rencontre de générations et de genres. On y voit "des" possibles conséquences d'une absence de compréhension et de volonté de connaitre l'autre. Je ne saurais en dire plus sans en dévoiler trop  donc c'est sur cette petite réflexion que je  vous laisse découvrir  Le Sourire de l'Ange .

 

À bientôt sur Booklab.

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La couleur des sentiments de Kathryn Stockett | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-la-couleur-des-sentiments-de-kathryn-stockett/12Tue, 29 Jul 2014 21:23:14 +0000Image de l'article

Résumé du livre :

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre État, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.

Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

IT'S MY OPINION:

Hi My good guys !!!!

Après une longue journée remplie d'émotions, je me décide (enfin ...) à écrire sur une oeuvre dont la version cinématographique a suscité un grand intérêt et a été largement récompensée par le  public et les professionnels : La couleur des sentiments de Kathryn Stockett. Je ne m’étendrais pas ici sur le film, qui selon moi ne déroge pas à la règle des adaptations ratées d'oeuvres littéraires, en voulant absolument aborder plusieurs sujets en un temps restreint. Si vous voulez me voir m'exciter sur l’adaptation d’un livre , je vous conseille de lire mon article sur Ma vie pour la tienne de Jodi Picoult !!! Pour en revenir au livre, je pense que pour le choix du sujet d'écriture, il faut comprendre les origines de l'auteur. Kathryn Stockett a grandi dans la ville sudiste de Jackson dans l'état du  Mississippi, comme ses héroïnes. Avec une mère très "jacksonnienne", elle a eu  pour principale figure  maternelle sa domestique afro-américaine. On pourrait  considérer que le roman a une très importante dimension "autobiographique" à une grosse exception près .... Madame Stockett  est née en 69 soit 5 ans après l'abolition des lois Jim Crow. Les Lois Jim Crow ou plus communément les lois "raciales", qui établissaient que  les noirs et les blancs sont des êtres humains égaux, mais qu' il "valait mieux" que ceux-ci respecter une séparation dans  les  lieux et services publics. La romancière dénonce ici une mentalité sudiste tenace tout en rendant hommage à "ces femmes de l'ombre " que l'on méprise et qu'on ignore, mais qui sont les piliers de ces familles.

Ma couleur des sentiments :

Avant de lire ce roman, j'avais déjà eu assez de bons retours sur celui-ci en lisant des blogs et des magazines. Étant sensible à ce genre de bouquins, j'avais déjà un a priori positif en l'allant l'acheter avec mes copines ce soir-là à la Fnac. Il ne restait plus que deux possibilités : SOIT cet appriori se confirmait en le lisant  SOIT je vais  revendre le truc à GIBERT JEUNE direct après l'avoir lu sans faire tourner aux copines... Je 'deal' uniquement de la bonne culture, MOI !! YES!!!!!!! Le livre est superbe, ce n'est peut-être pas le meilleur livre que vous lirez, mais le récit  est intéressant. L'histoire nous est racontée à travers trois regards différents. On y découvrit que les relations impliquant les différents personnages sont plus que des simples relations  employeurs employées, qu'elle régit et oriente la vie de ces protagonistes de manière plus que significative. Le livre pointe le doigt sur les inégalités et les problèmes de l'époque, et nous permet d'apprécier l' évolution de certaines mentalités qui ont permis d'arriver à l'Amérique d'aujourd'hui, pas parfaite, mais qui arrive à faire rêver.

À bientôt sur Booklab.

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Noces indiennes de Sharon Maas | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-noces-indiennes-de-sharon-maas/11Tue, 29 Jul 2014 21:21:41 +0000Image de l'article

Résumé du livre :

À Madras, Savitri, la fille du cuisinier, aime David, le fils des maîtres anglais.

Cet amour saura-t-il résister au poids des traditions ? Nat est l'enfant adoptif d'un médecin blanc qui soigne les malades démunis d'une province indienne.

Parti à Londres faire des études, parviendra-t-il à ne pas oublier d'où il vient ?

Saroj vit une existence riante en Guyane britannique jusqu'au jour où son père lui impose un mari...

 

IT 'S MY OPINION :

Hihi Boys and Gurls !!!!

Aujourd'hui, je viens vous parler d'un des meilleurs livres que j'ai lu : Noces indiennes de Sharon Maas. Je commence cet article en faisant une dédicace à une amie qui m'est chère et que j'appellerais " La fleur de l'Ile Maurice ". Je suis sur  que tu vas adorer le lire ce livre!!!!. Hum Hum " Noces indiennes"... Avec un titre comme celui-ci, on s'attend à une série de mariages à gogo type Bollywoodien. Oui, oui  je sur que vous êtes déjà en train de vous imaginer de beaux et jeunes Indiens en train de danser sur un lit de pétales de roses et une mariée aussi belle que Aishwarya Rai avant sa grossesse hihi !!!!! Je suis d'humeur à être mauvaise langue today.

 Noces indiennes  est un  incroyable voyage culturel et intemporel que l'auteur nous fait vivre à travers une communauté indienne à deux visages : celle d'Inde à proprement parlé et celle des Indiens créoles, groupe ethnique auquel appartient la romancière. Les coulis en Martinique, les Malabares à la Reunion, les hindous ou zindiens dans les iles britanniques comme en Guyane anglaise.  Sharon Maas y inscrit là sa première oeuvre, une ode à sa communauté exilée avec ses interdits et ses pressions, lourd héritage du continent,  mais aussi ses merveilles. Elle parvient à nous décrire son Inde avec brio. Elle réitéra l'exercice en écrivant ensuite La Danse des Paons , tout aussi magnifique et qui fera bien sur l'objet d'un article.

Mon Noces indiennes :

 Je me confesse : Je suis un peu beaucoup "BLUE FLOWER" (ndlr : fleur bleue) et je crois que c'est le cas de beaucoup de filles et garçons. N'ayez pas honte messieurs si vous nous lisez, on sait que vous aussi vous êtes des romantiques. Bref, pour en revenir à notre bouquin, j' ai piqué ce livre dans la bibliothèque désordonnée de ma belle soeur. C'est le côté amour interdit qui m' a poussé à choisir ce livre. Voici un livre qui, aux premiers abords, est un peu difficile à suivre. Je dis bien au départ parce qu’ensuite WHOUAA ... Sharon Mas est une ARTISTE!!!! Ce livre est écrit à la perfection, imbriquant différentes intrigues avec un même fil conducteur inattendu. Elle joue sur le temps, les continents, les problèmes de société et l'amour avec un intelligent et réaliste  mystère. Il faut vraiment être bon élève et lire le livre jusqu'a la fin pour voir comprendre l'histoire . Eh sérieusement, cela ne va pas être difficile parce que le livre est juste SUPERBE et PASSIONNANT!!!  Je sais, je peux sembler excitée, mais je vous rappelle que je ne parlerais ici que des livres que J'AIME .Je pense que vous avez compris que j'ai aimé ce livre . Faites vous aussi un tour dans cette communauté indienne aux multiples facettes. Croyez-moi, vous ne serez pas déçu !!!

À bientôt sur Booklab.

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Ma vie pour la Tienne de Jodi Picoult | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-ma-vie-pour-la-tienne-de-jodi-picoult/10Tue, 29 Jul 2014 21:19:44 +0000Image de l'article

 Résumé du livre :

À treize ans, Anna a déjà subi de nombreuses interventions et transfusions afin que sa soeur aînée Kate puisse combattre la leucémie qui la ronge depuis son enfance. Anna sait qu'elle a été conçue pour être génétiquement compatible avec Kate et qu'elle est son seul espoir. Cependant, lorsqu'on lui demande de faire don d'un rein, l'adolescente refuse. Elle veut disposer librement de son corps et ira jusqu'au bout pour se faire entendre...

S'inspirant d'un fait réel, Ma vie pour la tienne est un récit choral, qui donne la parole à tous les protagonistes. Ce roman  subtil et profondément humain a déjà touché des millions de lecteurs dans le monde.

IT ' S MY OPINION :

 Hey hey guys !!! C' est avec un grand plaisir que j' aborde mon article sur Ma vie pour la tienne de  Jodi Picoult. Il faut que je vous avoue que Jodi Picoult est un de mes GROS GROS COUPS DE COEUR catégorie "Auteurs". Méconnu en France, c' est un auteur à succès aux États-Unis, où nombreux de ses romans sont devenus des best-sellers et ont été adaptés en films. Autant vous dire qu' elle m'a convaincue, j'ai réussi à lire 6 de ces livres de 400 pages en moyenne, en moins d' un mois. Je vous préviens que des articles sur les livres de Jodi Picoult vous allez en avoir à la pelle !!! Elle écrit vraiment bien. Je commence tout bonnement par Ma vie pour la tienne, car c' est le premier de ces romans que j'ai lu et qui m'a donnée envie d' en lire d' autres. Oh, à ce propos......


devil

Je fais partie de ces gens qui sont en général  TOUJOURS déçus par les adaptations filmatographiques des livres. J'aimerais vous dire que l' adaptation de Ma vie pour la tienne  fait exception ... Bah, NON!!! C'est pour cela que je vous DÉCONSEILLE (si je pouvais, je vous l' interdirais ...) de voir le film avant de lire le roman. Il vous induira en erreur, la fin est un peu beaucoup "remixé" et pourrait vous faire passer à côté d'un excellent bouquin.  Après, si vous n'avez pas peur d'être "encore" déçu par le 7e art, qu'à cela ne tienne, faites-le après avoir lu l' oeuvre au moins.

Mon  Ma vie pour la tienne :

Ce livre est particulier, peut être  parce qu' il se place dans le cadre familial. Il pousse à se poser la question des limites que peut atteindre ou dépasser l'être humain pour la ou les personnes qu'ils aiment. À t-on le droit de déroger à toutes les règles d'éthique ou de morale quand on est un père ou une mère qui veut sauver son enfant? Ce roman a relevé en moi une capacité que je ne me connaissais pas : celle de retourner ma veste. Hahahaha !!!! Non, je reprends mon sérieux, car le thème du livre n'est vraiment pas drôle du tout. J'ai pu constater que je souffre " d'empathie facile" : en lisant, j'avais de la peine pour cette mère, qui comme toutes les mères, ne peut pas se résigner à accepter que son enfant meurt. Je la comprenais et j' en voulais même à cette petite soeur, que je trouvais égoïste, de ne plus vouloir aider sa soeur à lutter contre la maladie sachant que l'issue pour celle-ci serait fatale. Je me disais " Ce n'est que quelques piqûres, elle peut bien supporter cela!! Sa soeur va MOURIR si elle ne fait rien !!! Elle se rend compte qu'elle DÉCIDE si sa soeur va vivre ou mourir". Et au fur à mesure, je suis devenue aussi égoïste qu'elle et je me suis dit que Elle, on a toujours décidé de sa vie à sa place et qu'on lui a toujours fait comprendre qu' elle n'avait pas été voulue, mais "conçu" pour sauver sa soeur et uniquement pour cela. Comment des parents peuvent-ils laisser comprendre à un enfant qu'il est sur cette terre uniquement au détriment ou au profit d'un autre ? Se rendent-ils compte qu'ils la privent des meilleurs moments de sa vie ? Mais, en fait, est-ce que j'ai le droit de les juger les uns ou les autres, car je ne suis pas confronté à ce genre de  situations. Ce livre est, si on veut le qualifier, triste, mais il invite à réfléchir et laisse nous envahir de différentes émotions en passant de la compassion à une  méchanceté qu'on ne se soupçonnait pas. Et ça, c'est intéressant .

À bientôt Booklab.

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Aya de Yopougon de Marguerite Abouet & Clément Oubrerie | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/bd/j-ai-lu-les-tomes-1-a-6-d-aya-de-yopougon-de-marguerite-abouet-et-de-clement-oubrerie/9Tue, 29 Jul 2014 21:17:24 +0000Image de l'article

 

Synopsis de la Bande dessinée :

Côte d'Ivoire, 1978. Aya, dix-neuf ans, vit à Yopougon, un quartier populaire d'Abidjan. Ça sent le début des vacances mais très vite les choses vont commencer à se gâter...
«Dans les années 1970, la vie était douce en Côte d'Ivoire. Il y avait du travail, les hôpitaux étaient équipés et l'école était obligatoire. J'ai eu la chance de connaître cette époque insouciante, où les jeunes n'avaient pas à choisir leur camp trop vite, et ne se préoccupaient que de la vie courante: les études, les parents, les amours… Et c'est cela que je veux raconter dans Aya, une Afrique sans les clichés de la guerre et de la famine, cette Afrique qui subsiste malgré tout car, comme on dit chez nous, ‘la vie continue...» (M.Abouet)

  

 IT ' S  MY OPINION :  

 

Hello guys !!!!

 

Je viens aujourd'hui me livrer à un des exercices  les plus difficiles selon moi : inciter mon lecteur à lire un des genres les plus boudés dans le cercle littéraire : La Bande dessinée connu sous le nom de B.D.

Pour beaucoup d' entre nous, la B.D est synonyme d' ouvrages pour enfants ou pour adolescents  pré-pubaires se tordant de rire devant une mésaventure d' "Oncle Piscou" (Hihi dédicace à mon petit dogo !!!). On se demande sérieux quel adulte digne de ce nom  est capable de s'asseoir dans le rer, le buste fier à 8h du matin, une BD à la main  en regardant droit dans les yeux son voisin d' en face, qui lui lit "Libération". J'ai envie de crier " PAS MOI !!!! J' ai déja assez de défauts, je vais pas me faire remarquer  en PLUS   en lisant une B.D. Sa va , je passe mon tour !!!!!".

 

Et bien, détrompons nous (vous voyez, je m' inclus dedans), la B.D peut nous faire voyager, sans oublier de nous faire rire,  mais elle peut aussi réhausser le niveau (j'ai envie de dire FAIBLE ...) de notre bagage culturel et de nous éloigner  des clichés  comme c'est le cas dans  Aya de Yopougon de Marguerite Abouet et de Clément Oubrerie .

 

Mon Aya de Yopougon :

 

Yes !! Me voila fraiche et  pimpante dans mon pagne superwax gambadant dans YOP CITY." Euh..., Dis donc Aya, où est passée le panneau avec la derniére campagne de lutte contre la famine ?? Tu vois, celle où on voit deux enfants avec des ventres près à exploser ? Bon, bah alors où est la queue pour les visas  devant l'ambassade de France ? ". Voyez vous, c'est le genre de questions que j'aurais pu poser à Aya si je me baladais dans une oeuvre remplie d' apprioris et de clichés sur le tiers monde.

Heureusement, ce n'est pas le cas. Certes, la famine ou la maladie sont des réalités dans cette partie du monde, mais ils ne sont  pas tout. Marguerite Abouet nous fait voyager avec son livre dans l'Abidjan de son enfance et les illustrations de Clément Oubrerie nous permet d' imaginer une Afrique aux couleurs joyeuses avec ses enfants bien sapés. Les péripeties y sont très amoureuses mais comiques avec une cohérence et un réalisme tout au long des différents tomes. Aya et ses galéres de copines , d'etudes et de gars. C'est nous en mieux avec d' etonnantes expressions "couleur locale". Notons que à la fin de chaque ouvrage, l'actrice nous offre de superbes recettes typiques ivoiriennes.

 

Je dois vous avouer que je pense ne pas etre  la seule à adhérer à ces aventures, la preuve : il parait que le tome 7 arrive avec un film à la clé , qui va sortir dans le courant de l'année. Je vous inviter sur ces derniers mots à suivre le mouvement .... hihi.

 

A bientôt sur Booklab.

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Très chère Sadie de Sophie Kinsella | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-tres-chere-sadie-de-sophie-kinsella/8Tue, 29 Jul 2014 21:15:39 +0000Image de l'article

  Résumé du livre :

En Angleterre, de nos jours.
Lara, vingt-sept ans, a toujours eu beaucoup d'imagination mais de là à entendre des voix ? Et pourtant, c'est bien sa grande-  tante  Sadie qu'elle entend alors même qu'elle assiste aux funérailles de cette dernière...Comme si ça ne suffisait pas ! Car entre un fiancé parti tomber amoureux d'une autre, une associée qui fait la fête sur une plage à Bali  et un business de recrutement au bord de la faillite, Lara n'avait certainement pas besoin d'un fantôme. Surtout quand le fantôme en question a vingt-trois ans, qu'il adore le charleston et les jolies toilettes, les soirées cocktail et les beaux garçons et qu'il n'a de cesse de retrouver un mystérieux collier...
Pourtant, au contact de son drôle de spectre, Lara va apprendre qu'ajouter un peu de vintage dans sa vie peut la rendre plus jolie. Et si cette diablesse de Sadie était la solution à tous ses soucis ?

IT'S MY OPINION :

Tout d'abord comment j'en suis venue à lire Très Chére Sadie ?? On me fait souvent la remarque que je lis des livres trop sérieux et trop triste. J'ai donc choisir de me rendre à la bibliothéque Elsa Triolet à S....., et de choisir un livre à la couverture joyeuse et dont le nom de l'auteur m'est inconnu. En réalité, ce n'est pas la première fois que je me rends dans cette bibliothéque pour choisir un livre "gai" en me fiant à mon instinct. Sauf que  jusque qu'a maintenant, je n'avais  jamais réussi  à  en piocher un seul. Je vous raconterais ces péripéties dans un de  mes prochains  articles sur   La Valise de Mademoiselle Lucie de Nina Moati.

Bon, pour en revenir à Très Chére Sadie, je me félicite de m' être fier à  mon instinct  car j' ai été agréablement suprise par ce livre. Je dis sa parce que si j'avais su qui était  Sophie Kinsella avant, je n'aurais à coup sur jamais lu ce livre. Sophie Kinsella est célebre  dans le monde entier pour être l'auteur de la série à succès "L'accro du shopping " avec Bettie Bloomwood, qui avait été adapté au cinéma sous le titre  " Confessions d' une accro du shopping". Et bah, sachez que c'est en général exactement le genre de films et de livres que je déteste. Oui, Oui ... parce que tout simplement, je ne suis pas une accro au shopping ( exception faite quand mon corps est  envoûté par les chants des sirénes des magasins new-yorkais et londoniens), je trouve que la suite de ce type d' histoires est  trop souvent prévisible , style "elle rencontra quelqu'un de bien, etc"  .... et puis c' est pas mon style de livre, un point c' est tout. Bref, passons à ...

Ma Très Chére Sadie :

 Bon, me voilà assise dans le bus me menant au travail où m'attend fioles et éprouvettes, et je me décide à commencer à lire ce fameux livre. Les premières pages commencées, je m' entends encore en train de me plaindre "Pourquoi tu l'as pris ? C'est sur que c'est encore un de ces livres qui est sensé être drôle et qui ne le sera pas ? Pourquoi elle nous saoule avec son vieux collier celle -la ?". Et puis, petit à petit,un élement jeté par ici et par là, la trame de l' histoire t ' intéresse. Tu veux savoir dans quelles situations bizarres cette " jeune" grande -tante Sadie  va encore mettre Lara. Pourquoi elle tient tant à ce bijou ? C ' est quoi cette famille ? En fait, plus tu avances dans le roman, plus tu peux te rendre compte du talent de la romancière qui n'a laissé aucun détail au hasard pour notre plus grand surprise. Il ya toujours ici et là , comme toujours dans ce genre de livre, des histoires d'amour mais bien cousues et pas du tout aussi mielleuses qu' on peut s' y attendre. Bien sur, elles vont s' aider et s'apprécier mais c' est la façon dont cela va se faire qui est attachant. On peut dire que comme son héroïne charlestonienne, ce livre est suprenant. Soyez sur que je m' y reprendrais à deux fois avant de juger un livre ( ou une personne) à sa "couverture" .

A  bientôt sur Booklab.

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Racines de Alex Haley | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-racines-d-alex-haley/7Tue, 29 Jul 2014 21:13:34 +0000Image de l'article

   Résume du livre :

Lorsque Alex Haley était enfant, sa grand-mère avait coutume de lui raconter des histoires sur sa famille, des histoires qui remontaient à travers les générations jusqu'à l'"Africain". Elle disait que cet homme avait vécu de l'autre côté de l'Océan et qu'un jour où il était allé couper un tronc dans la forêt pour se tailler un tambour, quatre hommes l'avaient assailli, battu, enchaîné et traîné jusqu'à un bateau d'esclaves en partance pour l'Amérique. Devenu écrivain, Alex Haley n'avait rien oublié de ces récits. Douze ans et 800 000 kilomêtres furent nécessaires pour reconstituer deux siècles d'histoire de sa famille, depuis le village natal de Djouffouré en Gambie et ce 29 septembre 1767 où son ancêtre fut débarqué sur le quai d'Annapolis. Deux siècles et six générations. Avec des esclaves et des affranchis, des fermiers et des forgerons, des avocats et des architectes - et un écrivain. Un écrivain pour écrire cette admirable saga dans laquelle 25 millions d'Américains d'origine africaine retrouvèrent l'héritage culturel que l'esclavage leur avait ôté, en même temps que leur nom et leur identité. Alex Haley est né à Henning dans le Tenessee. Racines l'a rendu mondialement célèbre.

IT 'S MY OPINION :

Hi !!! Tout d'abord, j' informe que ce résumé n'est  pas de moi. Je l'ai piquée à je ne sais plus quelle  édition lol.En effet, je vous explique mon choix de ne pas faire le résume des livres. Je suis passionnée et donc quand il s' agit de faire le résume d' une oeuvre , je suis capable de tout raconter pour donner envie à chacun de le lire et de le comprendre comme moi je l'ai compris.Le but ici n'etant pas de priver le lecteur du plaisir de lire,mais plutot  de l'y INCITER et d'ECHANGER des impressions.

Pourquoi commencer par Racines  ?

Pas de panique ! Ce n'est pas mon coté  Black Panthers qui ressurgit!! Je dirais que ce livre est pour tous !!! Black and white, Panthers or not !!! Il permet d' en apprendre beaucoup par le biais du témoignage et de la recherche  sur l' histoire commune car l'esclavage fait partie de l' histoire mondiale.

J'ai choisi de commencer par blablater sur Racines à cause du facteur TEMPS.En effet,j'ai des coups de coeur pour tellement de livres que je ne savais pas par où commencer.Soudain, une petite voix m'a rappelle que le 21 Mai 2001 a été votée une loi mémorielle qui est la "Loi Taubira".Ainsi , nous commémorons chaque 10 Mai l'esclavage et la traite négrière.Notre 10 Mai n'etant pas si lointain(4 jours exactement),j'ai pensé que cela serait intéressant pour nous de commémorer à notre maniére sur ce passage "sombre " de l'histoire à travers l'oeuvre d' Alex Haley.

Mon Racines :

 Pour moi , avant d'etre un livre , Racines  c'est un téléfilmNe rigolez pas , c'est vrai !!!Je me souviens de l'époque où ma sixiéme  chaine était encore une superbe chaine culturelle.Et oui !!!Où le dimanche aprés -midi , on attendait que commence la "saga du dimanche" ,il y avait des superbes  télefilms de tous genres  en 2 parties. On passait de la "Caserne de la Rose d' Or" à "Chaka  Zulu" et on pensait meme plus à sortir s' amuser le dimanche.Oui Oui ... La nostalgie de l'enfance.Et puis , un jour il y a eu Racines.

Je me souviens encore de mon écran et de cet homme courant  vers la mer pour échapper à d'autres hommes qui veut lui voler sa vie. Sans mentir, c'est le genre de film comme "American History X ",dés que tu le regarde, la haine te prend et tu te dis "Pourquoi j'irais pas faire la meme chose ???"Pourquoi ?Je devrais dire parce qu' on est plus intelligent que cela !!! Tu gardes ta rancune .

Puis un jour, quelques années plus tard , tu vois ce livre avec ce titre qui te dit quelque chose dans une librairie et tu te dis POURQUOI pas le lire.Soudain , tu te mets à le lire et tu te rends compte , au fur et à mesure, que Racines   c'est au dessus de la haine, de la rancune et des aigreurs du passé. On y découvrit des volontés de fer,du courage , de la perséverance. Ce livre , c'est la quête d' un homme pour son IDENTITE !!! Il montre que les souffrances  et les injustices vécues sont bien présentes. Oui mais ? Mais  que malgré tout  cela ,  ils n'ont pas pu lui prendre ce qui est le plus important : ce que NOUS SOMMES !!! On y voit tout l' importance de l'héritage : par l' apprentissage de la langue, des coutumes , des codes ou par  des simples histoires  et cela qu'importe d'où l'on vient . Que l' on veut s' en dissocier ou pas, notre "passé " nous définit et nous définira toujours. C'est ce qui a fait d'Alex Haley ce qu'il a été et on ne pourra pas le changer . Je voulais rajouter " Heureusement !!!".

A bientôt sur Booklab.

 

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La Virginienne de Barbara Chase-Riboud | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-la-virginienne-de-barbara-chase-riboud/6Tue, 29 Jul 2014 21:11:27 +0000Image de l'article

 Résumé du livre :

L'une des plus, grandes histoires d'amour de l'Amérique est aussi l'une des moins  connues et des plus controversées. Thomas Jefferson, le troisième président des Etats-Unis et l'auteur de la Déclaration d'Indépendance, eut pendant trente-huit ans une maîtresse, la belle et mystérieuse Sally Hemings, qu'il aima et avec laquelle il vécut jusqu'à sa propre mort à l'abri des murs de Monticello, la plantation qu'il possédait en Virginie. Mais ce qui choqua ses contemporains ne fut pas simplement que Jefferson eût une maîtresse. Le vrai scandale vint de ce que Sally Hemings était une esclave quarteronne et de ce que Jefferson engendra avec elle une famille d'esclaves dont de nombreux descendants, connus et inconnus, vivent de nos jours. Cette liaison étrange et passionnée commença dans le Paris de 1787, où Jefferson était ambassadeur de la jeune république américaine auprès de la Cour. Sally n'avait pas alors plus de quinze ans. Du royaume de France, cet extraordinaire récit romantique entraîne le lecteur dans les antichambres du pouvoir à Philadelphie et Washington, puis le fait participer à la vie quotidienne, à la magnificence de Monticello.

 IT'S MY OPINION :

Hello à tous!!!

Me Voici, me voila avec un nouveau roman d'un genre un peu particulier. Je l'appellerais "novela romantico historica mais pas eau de rosa de un otro tiempo" Hahaha. Bref, sérieusement et en français, je vous invite à découvrir la Virginienne de Barbara Chase-Riboud. Ce livre est un magnifique ouvrage nous ramenant vers une des pages les plus complexes et "noires" de l'histoire américaine : celle de l'Amérique ESCLAVAGISTE.  La romanciére nous montre ici, si on peut oser le dire, "l'envers du décor" de cette sociéte, où on sort du  cadre classique "maître - esclave": Les relations y sont plus ambigues et compliqués qu'on ne peut le penser , et la notion d'éthique y est paradoxale jusqu'au plus haut sommet de l'état.

 Barbara Chase-Riboud est une romanciére afro-américaine vivant actuellement en France, elle est l' auteur des livres Le Négre de L'Amistad et  la Vénus Hottentote, personnalités dont les histoires ont  récemment inspirés des adaptations cinématographiques. A travers ses différentes oeuvres, l'auteur semble vouloir nous faire rappeller à son histoire, celle qui lui est "propre" dont il est souvent sujet mais qu'on ne connait pas vraiment.

Mon la Virginienne :

Je commence en vous disant que je me sentais le devoir de vous parler de ce livre. J'ai longtemps hesité avant de publier mon article sur celui-ci de peur de faire passer Booklab pour un site communautaire (Hahaha Hihihi) au vu d'autres livres sur lequel j'avais déja écrit, puis je me suis rappellée que j'ai commencé à écrire sur Booklab pour faire partager les livres que j'ai aimé lire ( EGOISTE !!!), pourquoi m'autocensurer et vous laisser  passer à côté d'un si beau livre qui mérite d'être lu ???

J'ai débuté en qualifiant ce livre de ROMANTIQUE : La trame de l'histoire tourne autour d'une rélation amoureuse, qui est pour le moins équivoque, mais qui reste une relation amoureuse. J'ai aussi  dit que ce roman n'était pas "EAU DE ROSA", car on ne tombe pas dans le cliché de la jeune fille éperdument amoureuse qui parfume les courriers qu'elle envoye à son amant. On y découvre une Sally adolescente mais réaliste arper dans une relation où elle n'a pas son mot à dire de par sa condition. J'ai dit HISTORIQUE, (j'extrapole un peu desolé !!!) car meme si les détails de cette histoire releve de la fiction, Thomas Jefferson et Sally Hemings ont bien existé et leur descendance (souvent contesté) est aujourd'hui prouvé.J'ai adoré!!!!!!!!! On peut y voir tout l' égoïsme et l'ambiguité de l' être humain, qui n' a pas disparu avec l'esclavage malheureusement. Je trouvais intéressant de vous inviter à dévorer un bouquin vous amenant à voir  la forme la plus "sauvage" d'esclavage qui puisse exister:  L'esclavage AMOUREUX. Let's GO !!!!

A bientôt...

 

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Vilaine de Constance Briscoe | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-vilaine-de-constance-briscoe/5Tue, 29 Jul 2014 21:09:18 +0000Image de l'article

  Résumé du livre:

Londres, milieu des années 1960. Depuis son plus jeune âge, Constance Briscoe est persécutée par sa mère, qui en a fait son souffre-douleur. Insultes, coups, humiliation, privation de nourriture... Les mauvais traitements ne connaissent aucune limite, sans pour autant attirer l'attention des services sociaux.
Mais grâce à son incroyable résilience, et avec l'aide de quelques personnes bienveillantes, Constance parviendra à réaliser son rêve : devenir avocate, un idéal alors difficile à atteindre pour une jeune Noire issue d'un milieu défavorisé. Son témoignage, poignant, prouve que malgré un très mauvais départ dans la vie un individu peut accomplir de grandes choses.

 

Hello Fellas !!!!!!!

 It's been a long, long time ago !!! I know but Past is Past ... So , j' ai décidé de commencer ma sélection du jour avec Vilaine de Constance Briscoe. Le ciel est beau, le soleil est là , les oiseaux chantent .... Pourquoi commencer avec ce livre ???  Je répondrais Pourquoi pas ?!!!. En fait, je pense qu' en cette période où les choses de la vie ne sont pas toujours facile pour tout le monde, il est bon de se souvenir que rien n'est définitif et qu'il faut toujours garder espoir. Je sais vous allez dire jolie leçon de vie, facile à dire mais pas facile à appliquer. Je suis d' accord mais que faire sinon ?? Se morfondre ??!!! Je pense que la vie a souvent démontré que chacun est fait pour quelque chose et que "Tout vient à point à celui qui sait attendre " ( C'est ma phrase préferée :-) !!). Vilaine est un de ces heureux et nombreux exemples de départs pas si bien entamé mais dont on n'envie un peu tous l'arrivée.

Constance  Briscoe est une avocate britannique et aussi une des premières juges noires du pays . Vilaine est son histoire, son combat pour devenir celle qu'elle devait être . Elle nous y raconte avec lucidité et sans lamentations les mauvais traitements, les humiliations et la haine maternelle à son égard. Son autobiographie Outre-Manche est un succès qui ne fera pas le bonheur de tous. Sa mère portera plainte pour diffamation ...

Mon Vilaine :

Je suis heureuse de vous conter mon aventure lecture de Vilaine. Je ne l'ai ni acheter  ni emprunter à Elsa Triolet( voler ?? pauvres bibliothéques municipales ;-) )non cette fois  il m'a été prêté par un amie qui m'est chère. Elle m' en a parlé et me l'a conseillée. En fait, je n'étais pas plus enthousiaste que cela à l' idée de lire ce bouquin. J'avais, selon moi, fait le tour des romans difficiles sur les relations mére-enfant avec des oeuvres comme Vipére au poing ou Poil de Carotte. Qu'est ce que ce livre pourra m' apporter de plus si ce n'est un autre "point de vue" culturel de la maltraitance ??!!! Bon, le livre est là donc autant le lire. C'est parti ... Je m'attends  au pire !

Eh bien !!! On connait tous (je suppose) le peer-to-peer, je décrete qu'il existe aujourd'hui le PIRE-to-PIRE. Comment peut t- on faire preuve d'autant d'acharnement, de haine et de méchanceté envers quelq'un sans raison ?? C'est vraiment possible ?!!! Les différentes facettes de l'être humain, toute une histoire sur laquelle je n'ai pas envie de déblatérer ici (Peace). Pour en revenir à mon roman, certes, ce n'est pas un livre d'une grande plume ( Elle est avocate!!!) mais il est touchant et intéressant. Il  nous invite à relativiser sur nos vies et nos personnes et à prendre les choses avec patience et courage. A lire pour des petits coups de boost ...

A bientôt sur Booklab.

 

 

 

 

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Miss La Gaffe l'intégrale de Meg Cabot | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/roman/j-ai-lu-les-tomes-1-et-2-de-miss-la-gaffe-de-meg-cabot/4Tue, 29 Jul 2014 21:03:35 +0000Image de l'article

  Résumé du livre :

Plus pipelette que Lizzie, on ne trouve pas. Plus gaffeuse qu'elle, on ne trouve pas non plus. Elle décide de rejoindre Andrew, son petit ami anglais, à Londres. Mais arrivée là-bas, elle va de déception en déception. Le petit ami s'avère goujat, feignant, et arnaqueur. Heureusement, il y a Shari, la meilleure amie de Lizzie, qui passe l'été avec son copain dans un château du sud de la France. Ni une ni deux, Lizzie gagne Souillac pour passer un été mouvementé. Au programme : mariage en déroute, rencontre avec le fils du propriétaire, et l'ombre d'Andrew qui plane pas loin...

IT'S MY OPINION :

Hello Fella and Fellazzzz!!!! I'm back Haha ... Si vous êtes en train de me lire à cet instant, c'est que vous avez déja lu le résume des livres que je vous propose. Et là, vous vous dites what's happen ??? C'est quoi ces livres!!!J'avoue qu'ils détonnent un peu par rapport à ce que je vous propose d'habitude : Des livres plus "sérieux" avec des histoires qui arrivent à arracher les larmes à certains (Jedissajedisrien :-) ); et en plus ce sont des livres catégorie "Jeunesse" dont pour des personnes dont l'âge moyen est aux alentours de 15 ans. Je sais que je suis jeune mais je confesse avoir dépasser cet âge depuis X ans. Alors pourquoi proposer ces livres qu' ils ne me ressemblent pas ??? Ils sont  juste EXCELLENTS !!! Ils sont drôles à souhait et c'est bon pour la santé de rire donc on va pas se gêner.Ensuite, ils sont trés réalistes sur les relations sociales, qu'elles soient amoureuses, amicales ou familiales. On peut s'y retrouver et cela qu'importe notre âge.De plus, je trouve intéressant d'élargir mon champ lecture à différentes catégories pour pouvoir  découvrir d'autres tendances et je trouve que l'initiative a été payante cette fois ci.

Meg Cabot est une romanciére à succés IN AMERICA que l'on peut clairement placer dans la catégorie "

auteur  jeunesse "car c'est pour ce type de lives qu'elle est reconnue. Vous connaissez surêment la saga "Le Journal d'une princesse" ou la série "Missing : Portés Disparues ". C'est ses livres qui ont inspirés ces séries.

Good imagination !!!

My " Miss La Gaffe " :

Miss La Gaffe !!! Je  vous assure, l'auteur n'aurait pas pu choisir meilleur titre pour son héroine. Si on devait donner un titre de gaffeuse à  Miss Lizzie , ce serait la reine . Je sais pas si vous avez déja  vécu cette situation où vous sentez que quelqu'un va faire une grosse gaffe et que vous avez déja  honte pour lui, moi dans ces cas là ,je n'ai qu'une envie : Fuir  ou éteindre la télé pour ne pas voir le désatre ;-) . Bah dites vous que ce sentiment va se répeter de nombreuses fois au cours de la lecture  du ou des tomes de la série. Plus vous lisez et plus vous vous demandez si elle est "sérieuse " et si c'est possible de faire autant de boulettes . Je reconnais que c'est ce  qui fait son charme.

De plus, j'ai un humour assez "déroutant "et j'avoue que je n'ai plus m'empecher d'avoir les mêmes reflexions moqueuses qu'elle à certains moments  et sa m'a fait beaucoup sourire. Certes, il y a toujours ces histoires d' amour prévisibles ( il faut bien faire réver les jeunes filles) mais c'est une saga trés distrayante et amusante et parfois assez crue .On a envie de savoir quelles autres bêtises elle va être capable d'inventer.

Si vous voulez passer un bon moment, n'hesitez  pas ... Moi, je m'en vais de ce pas chercher mon tome 3.

A Bientôt sur Booklab.

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http://www.booklab.fr/article/roman/j-ai-lu-les-tomes-1-et-2-de-miss-la-gaffe-de-meg-cabot/4
La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joel Dicker | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-la-verite-sur-l-affaire-harry-quebert-de-joel-dicker/3Tue, 29 Jul 2014 21:01:09 +0000Image de l'article

Résumé :

À New York, au printemps 2008, alors que l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois.

Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?
Sous ses airs de thriller à l'américaine, La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l'Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Joël Dicker est né à Genève en 1985. La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert est son deuxième roman. Il y dépeint une Amérique qu'il connaît bien pour y avoir beaucoup voyagé et longuement séjourné.

IT'S MY OPINION:

Hihi, me voici me revoilà comme une fleur, après une longue absence. Je vais commencer en jouant la fayotte et  vous souhaiter à tous mes meilleurs voeux et les plus sincéres pour cette année 2013. Je vais ensuite vous souhaiter d'être aussi comblée que moi en lecture toute cette année car c'est ce qui nous lie à travers ce site : notre amour des livres.BD, fiction,roman à l'eau rose, petit ou grand....Hum, hum n'ai je donc pas déja dit que chacun trouve son bonheur comme il peut ???

 Je suis toute de même gonflée il faut le reconnaitre. Je pars,je reviens,je pars... Aime je vraiment les livres ??? Oui plus que vous ne pensez et je lis constamment. Je lis pleins de livres et je me dis "Il est bien, je vais écrire un article dessus sur Booklab". Je commence à écrire et puis tout d'un coup, la magie n'opére plus et je ne le publie pas. C'est bizarre mais sa c'était avant ;-). Avant ... La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker qui m'a redonné la flamme. Le roman qui a réussi à me tenir en haleine jusqu'à l'aube et me fait vous écrire les yeux couverts de cernes  après avoir finir prés de 700 pages en une nuit. Ce  livre est superbe et on ne peut saluer que le talent de son jeune (trés jeune) auteur  Joel Dicker qui arrive à embriquer de maniére si subtile tout un ensemble de préripeties. Il y a une imagination incroyable et un talent certain pour l'écriture.Talent salué par tous, il a reçu le prix Goncourt des lycéens 2012 et le prix du roman de l'académie Française.

  1. Ma "Vérite sur l'affaire Harry Quebert":

Tout a commencé un samedi soir , un soir de novembre je crois. Devant mon poste, je suis mon émission favorite du samedi soir où se mèlent invités politiques, culturels et d'autres. Comme c'est souvent fréquent dans cette émission, il y a des invités qui viennent proposer leurs oeuvres littéraires dont je n'ecoute que la moitié de la promo. Et pour être franche, ce fut pareil pour le livre de  Joel Dicker. Je ne me souvenais que de la couverture  et de l'enthousiasme du présentateur et de quelques invités pour le livre. Ensuite je n'ai cessé de voir la couverture en pôle position dans les librairies et les grands magasins. Je me suis donc décidé à le commander pour Noel sur un site en ligne. Ce livre m'intriguait.

Je l'ai reçu aprés moult péripeties et j'ai commence sa lecture en tgv diretion quelque part. Dès les prémièrers pages, le style singulier de l'ecriture nous prend. On est supris par les entrées en chapitre  et les innombrables flashbacks et jeux temporels. L'intrigue se pose et semble offrir à chaque nouveau chapitre une nouvelle interrogation. On veut trouver des réponses à ces questions, mais ces réponses peuvent attendre car ce qui nous intéresse vraiment est de savoir le POURQUOI et le COMMENT de toute cette affaire. Loin de nous l'idée d'aller en fin de livre pour savoir ce qui s'y passe, notre curiosité patientera avec plaisir. Ce livre est un trésor, un vrai roman à mi-parcours entre le policier et le romantique. On y découvre des héros plus humains que jamais avec tout les travers que cela comporte, dans une bourgade américaine aux apparences plaisible. Qui sont réellement Nola Kellergan et Harry Quebert ??? Sommes-nous des Marcus Goldman??? Une chose est sûre: j'espere que ce livre ne sera pas repris pour faire un film de peur que sa trame soit deformé. C'est un livre donc commençons par le LIRE ...

Pour ne pas trop en dire, je termine en reprenant un des derniers conseils d' Harry Quebert à Marcus : Un bon livre, Marcus, est un livre qu'on regrette d'avoir terminé. Rien d'autre à rajouter !!!

A Bientôt ...

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http://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-la-verite-sur-l-affaire-harry-quebert-de-joel-dicker/3
Tout, tout de suite de Morgan Sportès | Critique par Benilicioushttp://www.booklab.fr/article/livre/j-ai-lu-tout-tout-de-suite-de-morgan-sportes/2Tue, 29 Jul 2014 20:57:03 +0000Image de l'article

 Résumé:

En 2006, dans la banlieue parisienne, un jeune homme est enlevé. Ses agresseurs l’ont choisi parce qu’il est juif et donc, pensent-ils, riche. Séquestré pendant vingt-quatre jours, il est finalement assassiné. Les auteurs de ce crime sont chômeurs, livreurs de pizzas, lycéens, délinquants… Leur bande est soudée par une obsession morbide : « Tout, tout de suite ». Morgan Sportès a reconstitué pièce par pièce leur acte de démence. Sans s'autoriser le moindre jugement, il s'est attaché à restituer leurs dialogues, à retracer leur parcours. Ce livre est une autopsie, celle de nos sociétés saisies par la barbarie.

 

 IT'S MY OPINION:

Hola !! Papizzz and Mamizzz!! Je profite des petits rayons que Monsieur Soleil veut bien laisser échapper par ci et par là pour me poser et prendre le temps de remplir mon "devoir littéraire". Je viens partager my expérience sur une histoire malheuresement vraie dont on a tous entendu parler à l'époque et qui a choqué ( normal !!! o_O ) l'opinion publique. Je ne peux pas crier que j'ai aimé lire ce livre, ce qui déroge un peu avec mes principes. WARNING !! : Cela n'est pas à prendre au sens péjoratif du terme, juste que l'on  ne peut apprécier ce genre d'histoire, tout en sachant sa véracité et la peine que cela a pu causé aux différents proches. Je vous le propose parce que j' ai été sensible à la maniére OBJECTIVE ( pour une fois ?!) dont les faits ont été relatés par Monsieur Sportès.Cela nous permettre de mieux "comprendre" cette histoire et ses malheureux dessous.Chacun de nous peut se faire sa propre opinion, si opinion il y a se faire sur cette histoire.

En ce qui concerne l'auteur, Morgan Sportès, je le connaissais pas et c est bizarre,malgré le fait que le livre soit bien écrit, je n'ai pas plus envie que cela de m'attarder sur sa bibliographie. Je vous invite à l'étudier si vous êtes curieux, un de ces livres L'Appât a été repris sur grand écran, so ... Qui sait ?? 

Mon Tout,Tout de suite :

Une des raisons pour laquelle j' ai choisi d'ecrire sur les livres et la littérature est que j'ai été inspirée par la lectures d' autres blogs et c'est  en lisant le blog perso d'une des créatrices de mon webzine preféree que  j' ai decouvert ce livre. En lisant son article sur le livre, cela m'a ramenée à l'époque de ce fait où j'étudiais dans une faculté parisienne où étaient présentes différentes communautés religieuses, y compris celle des personnes de confession  juive. Et je peux dire que je n'ai jamais compris toute les prejugés et la curiosité  qu'il avait autour de cette communauté, et je reitére mes impressions en qui concerne les jugements et les clichés dont sont souvent sujet les gens vivant en "cité". Je sais que tout cela est plus grand que moi ( C'est ce qu'on me dit quand j'essaie d' en discuter) , mais en  me replacant à la place de l'individu lambda que je suis, et tout au long de la lecture de ce livre, je me rends compte que c'est vrai c'est plus grand et plus complexe que je crois. Oui, il ne s'agit pas de untel contre untel uniquement.OH Noo!!! Il y a un peu de tout: de l'ignorance, de l'insouciance, de la malchance,de la maladie (mentale ???) , du désepoir, de la peur, de la jeunesse et trop de fictions télés. Un véritable Shake up destructeur dans notre histoire, qui devient explosif quand on y rajoute l'element dangereux : Le Tout,Tout de suite. You know that ?? Vous savez cette volonté, si on peut appellez cela comme sa, d'avoir tout ceux qu'on veut maintenant et surtout sans se fatiguer pour : argent, plaisir charnel, respect, notoriété. Un réel probléme dans cette société mais je ne suis pas sociologue. Bref , je vous invite comme toujours à le lire le bouquin, qui m' a encore confirmé que d'être impatient n'apporte jamais rien de bon.

A bientôt sur Booklab.

 

 

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